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Les actions systématiques et abusives de répression des minorités spirituelles dans la société contemporaine

 

Les institutions qui surveillent les dites « sectes », ne savent pas ce qu’est une « secte »


par Melania Radu


« Cherchons ensemble la vérité comme quelque chose qui n’est pas encore connu, ni à l’un ni à l’autre, car c’est seulement de cette façon que nous pouvons la chercher avec amour et sérénité : si nous n’avions pas la prétention audacieuse de l’avoir déjà découvert et qu’elle soit la nôtre pour toujours. » –Saint-Augustin, Contra Epistolam Manichaei, chapitre 3

« Comme si les gens savent choisir tout : écoles, universités, du dentifrice, des voitures, des films, des maris, des épouses, des amants ... juste en matière de foi, ils se laisseront si facilement manipulés... » – Paulo Coelho, Le Zahir

« Une société est jugée par la façon dont elle traite ses minorités. » – Mahatma Gandhi

« La désinformation peut être menée si loin de la réalité qu’elle fait en sorte que la re-information soit prise pour de la propagande. » – Marc Reisinger, président de l’Association pour la vérité, Belgique

« A l’exception des rares déviations démontrées, nous sommes confrontés à une avalanche de réputations sales et marginalisées de certains des gens les plus inspirés. » – André Tarassi, fondateur du CICNS

Selon le Dictionnaire explicatif de la langue roumaine, le terme secte est définit comme étant « une communauté religieuse qui s’est séparée de l’église officielle ou (sens figuratif) un groupe de personnes isolées qui soutiennent une doctrine philosophique, politique, etc. ». Normalement, il n’est pas un terme péjoratif. La première qui a donné une connotation négative à ce mot a été l’Église catholique, quand elle a étiqueté les théories de Martin Luther comme étant sectaires.

Aujourd’hui on associe intentionnellement le terme « secte » avec l’idée de danger. Le but caché et pervers de cette action est de déterminer la population que, par peur de danger, elle permette aux autorités des mesures qui créent l’illusion de sécurité, renonçant ainsi à ses libertés légitimes. Le traitement appliqué aux minorités spirituelles est un exemple de création d’un ennemi illusoire, ce qui permet ensuite aux autorités publics d’imposer des mesures répressives qui privent de la liberté.

L’obsession sécuritaire est devenue le principal moteur de l’action publique, montre l’avocat Jean-Marc Fédida dans son essai « L’horreur sécuritaire », et cela a des conséquences dramatiques sur les libertés individuelles. Sans s’en rendre compte, les gens abandonnent les libertés fondamentales comme celle de se déplacer, de penser, de croire, d’exister en tant qu’êtres humains. Ils se laissent transformés en prisonnier dans une société caractérisée par la lâcheté, le conformisme et la pensée unique exigée.

Méthode de fabrication d’un faux danger

« Les techniques de manipulation mentale n’ont jamais été aussi perfectionnées. Et leur utilisation sur les masses (via les médias, la publicité, etc.) n’a jamais été aussi répandue. Le procès intenté aux sectes est donc périclité dès le départ par une vague d’hypocrisie. Tout se passe comme si la société essayait de se mettre à l’abri, en toute sécurité, en éloignant tout ce qui la dérange. C’est une honte. C’est inefficace et dangereux. », dit l’écrivain Jean-Claude Guillebaud.

Faire apparaître la peur du danger que les sectes soient censées d’apporter est l’une des méthodes actuelles pour maintenir et augmenter la « peur collective », qui permet de restreindre les libertés individuelles et de contrôler les masses. C’est une méthode pratiquée partout dans le monde et poussé à l’extrême, en particulier en France. L’autre méthode similaire est celle qui utilise la peur du terrorisme, exacerbée aux Etats-Unis après les attentats de septembre 2001.

La méthode est simple : on lance à travers les médias un avis de contrefaçon accompagné par des accusations qui sont toujours les mêmes (suggestion sexuelles – orgies; suggestions psychologiques – lavage de cerveau, manipulation ; la drogue, etc.), ensuite on cherche des preuves pour correspondre à cet avis, en rejetant les éléments éventuels qui le contredisent.

Le but de la méthode n’est pas de trouver la vérité, mais de renforcer la rumeur lancée. La logique utilisée pour conduire des témoignages dans la direction souhaitée est également fausse :

1. tout groupe inconnu ou différent, qui ne peut être classé, est une secte ou à risque de le devenir ;
2. une secte signifie danger ;
3. toute secte est une menace pour la société, elle doit donc être combattue et éradiquée ;
4. toute personne qui en fait partie est manipulée, de sorte que tout ce qu’elle dit n’est pas digne de confiance ; ce n’est pas lui qui parle, il est influencé, donc il est une victime ;
5. on ne peut pas lui parler, ses idées ne lui appartiennent pas.

En langage juridique, il n’existe pas de définition pour le mot « secte ». L’appartenance à une secte n’est pas une accusation du point de vue juridique. Secte ne signifie rien d’autre que ce que l’on insinue. Le terme « secte » n’a non seulement aucune valeur juridique, mais il n’est même pas diffamatoire, la connotation criminelle lui a été ajoutée dans ce processus de répression des minorités spirituelles et elle a été soutenue et renforcée par les médias serviles et ignorants.

Avec cela, les militants regroupés sous la bannière de la « lutte contre les addictions sectaires » surveillent chaque thérapeute, groupe spirituel ou citoyen ordinaire qui ose sortir parmi les masses amorphes et obéissantes. Ils cherchent à intimider et à pénaliser toute tendance à la verticalité et l’honnêteté. Comme Christian Saint-Germain a déclaré : « Beaucoup plus dangereuse que les sectes en elles-mêmes serait leur disparition. Cela signifierait que la liberté d’association dans l’espace public est inconcevable. »

Qui sont ceux qui surveillent les minorités spirituelles

Bernard Lempert dit dans son livre « Le retour de l’intolérance »: « Quand l’état donne de tels pouvoirs à certains de ses outils, cela signifie que c’est lui qui a ordonné la chasse. Si un état a permis l’apparition d’une police des consciences, cela signifie que c’est ce qu’il voulait faire. Les démocraties peuvent devenir d’un jour à l’autre des états policiers sans qu’il ne coule aucune goutte de sang. »

Et l’historien Anne Morelli remarquait dans la « Lettre ouverte à la secte des adversaires de la secte »: « Cela me semble suspect que partout dans le monde, des milliers de personnes reliées dans un réseau international avec plusieurs branches, vivent par et pour la chasse aux sectes. Leurs méthodes sont les mêmes partout : discréditer les groupes religieux en dehors des grandes religions classiques, et la désinformation à ce sujet. La secte des adversaires des sectes dirige en particulier les médias et la classe politique, mais ne manifeste pas de négligence envers le milieu académique. »

L’un des plus impressionnants systèmes de surveillance des minorités spirituelles est  français. Certains de ses organes constitutifs sont : MIVILUDES – Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, UNADFI – Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu, CCMM – Centre contre les Manipulations Mentales, la Commission d’étude des phénomènes sectaire de l’Assemblée nationale. La principale mission des soi-disant experts qui composent ce système est celle de réprimer les minorités spirituelles sous le masque de surveiller et de contrôler des sectes.

Les vrais professionnels, reconnus dans le monde entier, dans la religion, la spiritualité, la laïcité, les avocats spécialisés dans la discrimination religieuse et spirituelle, considèrent et affirment publiquement que ce système est incompétent, extrémiste, totalitaire et répressif. Par exemple Asma Jahangir, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l’homme, attire chaque année l’attention sur ce sujet.

Comment ces autorités publiques définissent le terme secte montre une ignorance des pratiques spirituelles en général, menant à l’incompétence dans le domaine. Par exemple MIVILUDES considère comme suspectes les objectifs spirituels : « quête spirituelle, désir de connaissance de soi, désir de changer le monde pour le mieux, désir de combler un vide affectif ». Cette ignorance se poursuit ensuite dans un mélange d’idées et dans les confusions qu’ils font et qui vont jusqu’à croire que « la renonciation aux dogmes périmés », « l’adoption de pratiques spirituelles », « la vocation à libérer les autres de tabous et préjugés » sont des crimes, les rapportant au Code criminel. L’ignorance ressort aussi de l’ignorance des caractéristiques d’un processus de transformation spirituelle. Le fait que dans un tel processus « l’individu abandonne les repères précédents », que le groupe « apporte des enseignements qui conduisent au but spirituel » sont des aspects méprisables à leurs yeux.

« Tout homme peut confondre les limites de son champ visuel avec les limites du monde », disait Arthur Schopenhauer. Il est possible que cette ignorance triple, ou cette incompétence, soit liée au fait que les membres des groupes antisectes s’interdisent de se rendre sur place pour observer ou même de pratiquer les techniques spirituelles. Ils agissent de façon exotérique plutôt qu’ésotérique (de l’extérieur, pas de l’intérieur). Comment pourraient-ils en venir à une conclusion objective, pleine de discernement, s’ils ne vont pas voir ce qui se passe réellement ? Par exemple, quand quelqu’un veut construire une maison ou même une église, il fait appel à un architecte et un charpentier, à savoir à des personnes compétentes dans ce domaine, des gens qui savent de quoi il s’agit, qui sont des experts dans leur domaine parce qu’ils pratiquent.

Ce qu’est une minorité spirituelle

« Toute personne a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui inclut le droit de ne pas avoir peur de ses opinions et le droit de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression y est. » – Déclaration internationale des droits de l’homme, article 19

« Nous ne devons pas croire que la vie mystique, au sens que le comprenaient St. Paul et les mystiques chrétiens qui ont suivi au cours des siècles, serait quelque chose de réservé uniquement à quelques excentriques, à une caste privilégiée. La vie mystique, c’est-à-dire la transformation spirituelle de l’homme, le passage de l’animal à la participation à la vie divine, est l’exceptionnel destiné pour chaque homme, qu’il soit conscient ou pas. » – Claude Tresmontant

Les différentes communautés spirituelles, qui peuvent être qualifiées comme « minorités spirituelles », sont péjorativement appelées « sectes » et sont présentées dans les médias par un mélange d’informations – la majorité fausses – parvenant à représenter pour le grand public un flou de divers groupes ou des croyances souvent considérées comme excentriques ou même dangereuses. Cette perception floue, savamment entretenue par les autorités à l’aide des médias, a permis la stigmatisation des idées et des manifestations spirituelles les dernières décennies. L’attitude de rejet à l’égard des groupes de vocations spirituelles n’est pas tant causée par un danger qu’ils pourraient vraiment l’être, mais ils sont cyniquement et violemment rejetés par le rationalisme prédominant dans la société qui se sent attaqué par toute véritable quête spirituelle.

Les minorités spirituelles ont commencé à apparaître comme tentative de libération des dogmes rigides dans lesquels la société humaine est forcée de vivre. Une caractéristique commune est leur aspiration à vivre en communion avec le Divin, auquel on ajoute parfois l’idée de développement personnel, qui découle parfois d’une compréhension rationnelle de la vie. Ce sont des aspirations humaines communes, dans lesquelles même les masses aveuglées par leurs dirigeants se reconnaissent parfois.

Le fait que les minorités spirituelles sont inoffensives a été démontré statistiquement de façon indiscutable. La criminalité dans le cadre des minorités spirituelles est presque nulle. Le fléau des gourous est juste une manipulation de militants antisectes. La vérité est que les chefs des groupes non-spirituels pourraient même apprendre du haut niveau d’intégrité des chefs spirituels, manquant souvent des ambitions communes. Et le problème de l’argent est de la démagogie et peut plus sembler comme une blague dans la société persécutée et maintenue dans la pauvreté par ceux qui gouvernent. Pas la criminalité ou les écarts perturbent les militants antisectes, mais toute une dimension de la vie, celle spirituelle, ridiculisée, diffamée et combattue par des individus ou des groupes d’intérêts qui se cachent derrière de fausses vertus violentes.

Andre Tarassi, fondateur du CICNS (Centre d’Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités) donne une définition : « Une minorité spirituelle est, au pire, un groupe inoffensif de gens qui essaient de construire une sorte d’univers parallèle, un foyer de méditation où faire revivre les vraies valeurs spirituelles, perdues dans la société dominée par le profit et le mensonge. Parmi eux, il peut y avoir des groupes discrets, qui refusent la publicité, même méritée, dignes d’être à l’origine de la renaissance d’une riche vie intérieure, sans conditionnements, d’un réveil spirituel qui puisse faire sourire les cœurs engourdis, mais qui est une réalité essentielle de la destinée humaine. Cette dimension de la vie, chère à ces groupes pacifiques, sollicite à être respectée et le CICNS est déterminé à la protéger. »

Alternatives aux organismes officiels

« Le courage c’est de chercher la vérité et de l’affirmer ; cela signifie de ne pas tolérer la loi du mensonge triomphant et transitoire, de ne pas faire de son âme, de sa bouche, de ses mains l’écho des applaudissements imbéciles, des acclamations fanatiques. » – Jean Jaurès (1903)

« La société civile vit aujourd’hui un renouveau spectaculaire. C’est l’espace où les nouveaux mouvements sociaux ont lieu, où apparaissent de nouvelles fonctions et des structures inédites, où se réinventent de nouvelles relations entre les personnes et les nations, où le monde et la société sont repensés au-delà des canons ordinaires et rigides, ou le banal refus de ceux-ci. » – Jean Ziegler

« Que toutes les petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signes de haine et de persécution ; que ceux qui allument des cierges en plein jour pour Te célébrer soutiennent aussi ceux qui se contentent de la lumière de Ton soleil ; que ceux qui se recouvrent d’un tissu blanc pour Te dire qu’ils T’aiment, n’haïssent pas ceux qui font la même chose vêtus d’un manteau de laine noire. » – Voltaire, Prière, 1766

Au cours des dernières années ont commencé à émerger parallèlement aux organisations officielles des organisations ou des associations qui ont pour but un renseignement plus précis sur les minorités spirituelles, le respect des droits humains, la récupération d’une attitude objective et équilibrée à l’égard de ces minorités injustement persécutées pendant des décennies dans le monde entier.

Nous citons quelques-uns : CICNS (Centre d’Informations et de Conseils des Nouvelles Spiritualités) en France, CAP-LC (Coordination des Associations et Particuliers pour la Liberté de Conscience) aussi en France, CLIMS (Centre de Liaison et d’Information concernant les Mouvements Spirituels) en Suisse, CSRM (Centre Spiritualité et Religions) au Canada, CESNUR (Centre d’études sur les nouvelles religions) en Italie, INFORM (Réseau d’information sur les mouvements religieux) en Angleterre.

Ces organisations font des enquêtes sur place, rassemblent des preuves, effectuent des recherches, des séminaires, des conférences, des consultations avec des juristes, des sociologues, des historiens et des ethnologues spécialisés dans les minorités spirituelles. Ce sont des associations indépendantes sans affiliation religieuse ou politique, avec des équipes composées de membres bénévoles. Des chefs d’entreprise, des avocats, des ingénieurs, des journalistes, qui ont été témoins au cours des années du traitement appliqué aux minorités spirituelles tentent maintenant d’aider le dialogue entre celles-ci et les autorités publiques, les médias et la société en général.

L’association la plus connue est le CICNS (Centre d’Informations et de Conseils des Nouvelles Spiritualités), à qui l’ONU (Organisation des Nations Unies) a accordé le statut de consultant spécial en juillet 2012. Parmi les objectifs énumérés sur le site Web de l’Association sont la création d’un Observateur indépendant des Minorités Spirituelles, d’un mouvement de solidarité pour le respect des libertés individuelles et des choix de vie alternatifs, le respect des approches spirituelles, éducatives et thérapeutiques contemporaines comme étant naturelles dans une société humaine.

La devise de l’Association affichée sur son site dit : « Pour le CICNS, l’expression “ nouvelles spiritualités ” désigne tout groupe à vocation spirituelle, éducative ou thérapeutique qui aspire à répondre honnêtement aux questions essentielles de l’être humain, d’améliorer la vie des individus et de notre société. » Les articles présentés ici « apparaissent dans une morale de la tolérance, de la vraie connaissance et de l’ouverture pour contrebalancer la philosophie de l’antisectarisme français. » Leur intention est d’« apporter un nouveau souffle pour aider à dissiper les mélanges entre l’information et la confusion, pour que la série des persécutions ne se répète plus, avec l’espoir que la société humaine grandira un jour sur des bases plus favorables de fraternité. »

Bibliographie :

- Jean Ziegler (rapporteur à l’ONU pour le droit à l’alimentation) – Les nouveaux maîtres du monde (et ceux qui leur résistent), Fayard, 2002
- Anne Morelli (historien), Lettre ouverte à la secte des adversaires des sectes, Editions Labor
- Jean-Claude Guillebaud (directeur littéraire de l’édition Seuil), Le Principe d’humanité, Seuil, 2001, Prix européen de l’essai Charles Veillon
- Jean-Marc Fédida (avocat), L’Horreur sécuritaire : Les Trente Honteuses, Éditions Privé, 2006
- Bernard Lempert (psychothérapeute), Retour de l’intolérance : Sectarisme et chasse aux sorcières, Bayard, 2002

 

yogaesoteric
21 octobre 2017