{"id":101031,"date":"2022-11-19T19:33:21","date_gmt":"2022-11-19T19:33:21","guid":{"rendered":"https:\/\/yogaesoteric.net\/?p=101031"},"modified":"2022-11-19T19:33:21","modified_gmt":"2022-11-19T19:33:21","slug":"pour-le-corps-humain-il-ny-aurait-que-deux-saisons-dans-lannee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/pour-le-corps-humain-il-ny-aurait-que-deux-saisons-dans-lannee\/","title":{"rendered":"Pour le corps humain, il n\u2019y aurait que deux \u00ab saisons \u00bb dans l\u2019ann\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Pour le monde v\u00e9g\u00e9tal, aucun doute possible : hiver, printemps, \u00e9t\u00e9, automne, chaque saison est marqu\u00e9e par des changements flagrants dans le m\u00e9tabolisme des plantes. Qu\u2019en est-il de l\u2019\u00eatre humain ? Notre biologie s\u2019adapte-t-elle elle aussi au rythme des saisons ? C\u2019est ce qu\u2019ont souhait\u00e9 v\u00e9rifier des chercheurs de la <em>Stanford School of Medicine<\/em>. Leurs r\u00e9sultats sugg\u00e8rent que notre organisme ne distingue que deux p\u00e9riodes principales dans l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-101032\" src=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/1-50-300x191.jpg\" alt=\"\" width=\"561\" height=\"358\" srcset=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/1-50-300x191.jpg 300w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/1-50-1024x653.jpg 1024w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/1-50-768x490.jpg 768w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/1-50.jpg 1332w\" sizes=\"auto, (max-width: 561px) 100vw, 561px\" \/><\/strong><\/p>\n<p><strong>Fin du printemps et d\u00e9but de l\u2019hiver : deux p\u00e9riodes cl\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes pass\u00e9es ont montr\u00e9 que certaines pathologies \u00e9taient associ\u00e9es aux changements saisonniers. Par exemple, les taux de mortalit\u00e9 aux \u00c9tats-Unis r\u00e9v\u00e8lent une saisonnalit\u00e9 notable avec des taux en hiver 25% plus \u00e9lev\u00e9s qu\u2019en \u00e9t\u00e9. Les allergies, les maladies auto-immunes, les maladies cardiovasculaires, ainsi que les troubles psychiatriques sont eux aussi intimement li\u00e9s aux saisons. De plus, une s\u00e9rie d\u2019\u00e9tudes d\u00e9mographiques \u00e0 grande \u00e9chelle a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les pressions art\u00e9rielles systolique et diastolique \u00e9taient plus \u00e9lev\u00e9es en hiver qu\u2019en \u00e9t\u00e9. La fa\u00e7on dont les processus biologiques et physiologiques humains varient avec les saisons reste toutefois \u00e0 \u00e9claircir.<\/p>\n<p>Pour en savoir plus \u00e0 ce sujet, des scientifiques ont \u00e9tudi\u00e9 la composition mol\u00e9culaire de l\u2019organisme d\u2019une centaine d\u2019individus, pendant quatre ans, pour tenter de trouver une corr\u00e9lation avec le d\u00e9roulement des saisons. Mais les changements observ\u00e9s ne correspondaient pas aux diff\u00e9rents signaux caract\u00e9ristiques des quatre saisons.<\/p>\n<p>Michael Snyder \u2013 directeur du d\u00e9partement de g\u00e9n\u00e9tique \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Standford et auteur principal de l\u2019\u00e9tude \u2013 et ses collaborateurs ont identifi\u00e9 plus de 1000 mol\u00e9cules dans l\u2019organisme, dont le taux fluctuait chaque ann\u00e9e, \u00e0 deux moments bien pr\u00e9cis : \u00e0 la fin du printemps, puis lors du passage de l\u2019automne \u00e0 l\u2019hiver. Ces deux p\u00e9riodes charni\u00e8res correspondent \u00e0 des changements dans l\u2019air, mais aussi dans le corps. Si l\u2019on peut globalement r\u00e9sumer l\u2019ann\u00e9e en deux p\u00e9riodes, une froide et une chaude \u2013 ce qui pourrait expliquer l\u2019existence de deux p\u00e9riodes de transition dans notre organisme \u2013 Snyder pr\u00e9cise que cela n\u2019est pas si simple que cela, car les donn\u00e9es ne concordent pas r\u00e9ellement avec les transitions m\u00e9t\u00e9orologiques observ\u00e9es.<\/p>\n<p>Au total, 105 personnes \u00e2g\u00e9es de 25 \u00e0 75 ans ont particip\u00e9 \u00e0 cette \u00e9tude. La moiti\u00e9 de l\u2019\u00e9chantillon pr\u00e9sentait une r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019insuline, en d\u2019autres termes, leur organisme n\u2019assimilait pas le glucose normalement. Quatre fois par an, pendant quatre ans, les participants ont fourni des \u00e9chantillons de leur sang aux chercheurs pour analyses. \u00c0 partir de ces pr\u00e9l\u00e8vements, les scientifiques ont ainsi obtenu des informations sur l\u2019immunit\u00e9, la sant\u00e9 cardiovasculaire, le m\u00e9tabolisme ou encore le microbiote nasal et intestinal de ces personnes. Parall\u00e8lement, ils ont pris note de l\u2019activit\u00e9 physique et des habitudes alimentaires de chacun.<\/p>\n<p>Snyder et son \u00e9quipe soulignent toutefois que les r\u00e9sultats de cette recherche sont \u00e0 prendre avec du recul, car les participants \u00e0 l\u2019\u00e9tude \u00e9taient tous issus de Californie. Or, il est probable que les mod\u00e8les mol\u00e9culaires d\u2019individus issus d\u2019autres r\u00e9gions des \u00c9tats-Unis (et d\u2019autres pays) diff\u00e8rent, en fonction des variations atmosph\u00e9riques et environnementales.<\/p>\n<p><strong>Vers une meilleure pr\u00e9vention de certaines pathologies<\/strong><\/p>\n<p>Quels changements interviennent dans notre corps \u00e0 ces deux p\u00e9riodes cl\u00e9s ? Les analyses ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019\u00e0 la fin du printemps, les biomarqueurs inflammatoires \u2013 associ\u00e9s notamment aux allergies \u2013 augmentaient. \u00c0 cette m\u00eame p\u00e9riode apparaissait aussi un pic de mol\u00e9cules impliqu\u00e9es dans la polyarthrite rhumato\u00efde et l\u2019arthrose. Les chercheurs ont \u00e9galement remarqu\u00e9 qu\u2019une forme glyqu\u00e9e d\u2019h\u00e9moglobine, not\u00e9e HbAc1 \u2013 une prot\u00e9ine qui permet de d\u00e9terminer la concentration de glucose dans le sang, g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9v\u00e9latrice d\u2019un diab\u00e8te de type 2 \u2013 atteignait elle aussi son maximum au printemps et en \u00e9t\u00e9, alors qu\u2019elle est faible en hiver. Les globules rouges suivent un sch\u00e9ma saisonnier similaire.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 du cholest\u00e9rol, le taux de HDL (connu comme \u00ab le bon cholest\u00e9rol \u00bb) culmine en \u00e9t\u00e9, tandis que le rapport LDL\/HDL est maximal en hiver. Enfin, le g\u00e8ne PER1, connu pour son r\u00f4le majeur dans la r\u00e9gulation des rythmes circadiens (cycles veille-sommeil) et du m\u00e9tabolisme, \u00e9tait \u00e9galement \u00e0 son plus haut niveau d\u2019expression au printemps.<\/p>\n<figure id=\"attachment_101035\" aria-describedby=\"caption-attachment-101035\" style=\"width: 561px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-101035\" src=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/2-18-255x300.png\" alt=\"\" width=\"561\" height=\"660\" srcset=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/2-18-255x300.png 255w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/2-18.png 753w\" sizes=\"auto, (max-width: 561px) 100vw, 561px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-101035\" class=\"wp-caption-text\">\u00c9volution du taux de certains marqueurs biologiques sur une ann\u00e9e. On observe par exemple des niveaux plus \u00e9lev\u00e9s de marqueurs inflammatoires \u00e0 la fin du printemps et une augmentation des marqueurs de l\u2019hypertension au d\u00e9but de l\u2019hiver. Cr\u00e9dits\u00a0: M. Reza Sailani et al.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Certaines de ces variations trouvent une explication \u00e9vidente. Les marqueurs inflammatoires, par exemple, sont en augmentation au printemps du fait de la quantit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e de pollens dans l\u2019air \u00e0 cette p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e. Pour d\u2019autres mol\u00e9cules, une augmentation soudaine est plus intrigante. Concernant le taux \u00e9lev\u00e9 d\u2019HbAc1, les chercheurs sugg\u00e8rent qu\u2019il est probablement d\u00fb \u00e0 une alimentation plus copieuse et \u00e0 un d\u00e9clin global de l\u2019exercice physique g\u00e9n\u00e9ralement observ\u00e9 en hiver \u2013 les niveaux d\u2019HbA1c refl\u00e8tent en effet les habitudes alimentaires et comportementales des trois mois pr\u00e9c\u00e9dant la mesure.<\/p>\n<p>Par ailleurs, les chercheurs ont constat\u00e9 qu\u2019au d\u00e9but de l\u2019hiver, les mol\u00e9cules immunitaires connues pour lutter contre les infections virales \u00e9taient en hausse. Idem pour les mol\u00e9cules impliqu\u00e9es dans le d\u00e9veloppement de l\u2019acn\u00e9 : la temp\u00e9rature de l\u2019air et la faible humidit\u00e9 en hiver augmentent la perm\u00e9abilit\u00e9 de la peau, l\u2019\u00e9paississement de l\u2019\u00e9piderme et stimulent la production de m\u00e9diateurs inflammatoires, ce qui conduit \u00e0 une aggravation de l\u2019acn\u00e9. Les marqueurs biologiques li\u00e9s \u00e0 l\u2019hypertension art\u00e9rielle s\u2019av\u00e9raient \u00e9galement plus \u00e9lev\u00e9s en hiver.<\/p>\n<p>Les auteurs de l\u2019\u00e9tude ont relev\u00e9 en outre des diff\u00e9rences notables au niveau du microbiome entre les personnes insulino-r\u00e9sistantes et les autres participants. La quantit\u00e9 de veillonelles \u2013 des bact\u00e9ries impliqu\u00e9es dans la fermentation de l\u2019acide lactique et le traitement du glucose \u2013 s\u2019est av\u00e9r\u00e9e plus \u00e9lev\u00e9e chez les personnes insulino-r\u00e9sistantes tout au long de l\u2019ann\u00e9e, sauf de la mi-mars \u00e0 la fin juin.<\/p>\n<p>Toutes ces observations constituent de nouvelles pistes pour am\u00e9liorer la prise en charge des patients. En effet, comme l\u2019explique M. Reza Sailani, co-auteur de l\u2019\u00e9tude, ces d\u00e9couvertes pourraient par exemple permettre d\u2019identifier plus facilement les allerg\u00e8nes : \u00ab <em>Nous pouvons suivre les pollens qui circulent \u00e0 des moments pr\u00e9cis et les associer \u00e0 des lectures personnalis\u00e9es des mod\u00e8les mol\u00e9culaires, pour identifier exactement \u00e0 quoi une personne est allergique<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Conna\u00eetre les taux les plus bas et les plus \u00e9lev\u00e9s de certaines mol\u00e9cules de l\u2019organisme, permet de mieux comprendre le contexte de ces fluctuations biologiques et potentiellement agir de mani\u00e8re proactive sur sa sant\u00e9. Par exemple, si un individu sait que son taux d\u2019HbA1C tend \u00e0 \u00eatre anormalement \u00e9lev\u00e9 au printemps, il peut adopter un comportement pr\u00e9ventif en essayant de faire un peu plus d\u2019exercice pendant l\u2019hiver.<\/p>\n<p>Enfin, Snyder et ses collaborateurs estiment que leur d\u00e9couverte peut \u00e9galement aider \u00e0 la conception de nouveaux m\u00e9dicaments. En effet, leurs r\u00e9sultats montrent qu\u2019il est important de tenir compte de la p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e au cours de laquelle sont effectu\u00e9s les tests cliniques de nouveaux produits, car les r\u00e9sultats seront probablement diff\u00e9rents selon le taux des marqueurs biologiques concern\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>yogaesoteric<br \/>\n19 novembre 2022<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour le monde v\u00e9g\u00e9tal, aucun doute possible : hiver, printemps, \u00e9t\u00e9, automne, chaque saison est marqu\u00e9e par des changements flagrants dans le m\u00e9tabolisme des plantes. Qu\u2019en est-il de l\u2019\u00eatre humain ? Notre biologie s\u2019adapte-t-elle elle aussi au rythme des saisons ? C\u2019est ce qu\u2019ont souhait\u00e9 v\u00e9rifier des chercheurs de la Stanford School of Medicine. 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