{"id":11097,"date":"2017-11-04T16:13:09","date_gmt":"2017-11-04T16:13:09","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yogaesoteric.net\/actualite-fr\/societe-1602-fr\/archives-3495-fr\/un-foetus-sauve-sa-mere-en-se-sauvant-lui-meme\/"},"modified":"2017-11-04T16:13:09","modified_gmt":"2017-11-04T16:13:09","slug":"un-foetus-sauve-sa-mere-en-se-sauvant-lui-meme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/un-foetus-sauve-sa-mere-en-se-sauvant-lui-meme\/","title":{"rendered":"Un f\u0153tus sauve sa m\u00e8re en se sauvant lui-m\u00eame"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p>      <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-oct17\/04.11.17\/13510\/13510.jpg\" alt=\"\" height=\"443\" width=\"500\" \/><\/p>\n<p><\/p>\n<p>      Angioscanner (coupe sagittale) : le dos du f&#339;tus est ext&#233;rioris&#233; &#224; travers la zone de rupture ut&#233;rine.<\/p>\n<p>C&#8217;est un cas clinique spectaculaire que rapportent des obst&#233;triciens, n&#233;onatologistes et radiologues du CHRU de Lille dans un article publi&#233; en ligne le 3 juin 2017 dans l&#8217;European Journal of Obstetrics, Gynecology, and Reproductive Biology. Il concerne une femme qui se pr&#233;sente aux urgences de l&#8217;h&#244;pital, &#224; 36 semaines d&#8217;am&#233;norrh&#233;e, pour d&#8217;importantes douleurs abdominales d&#8217;apparition soudaine. Ag&#233;e de 31 ans, cette patiente a d&#233;j&#224; eu une c&#233;sarienne en 2013. Celle-ci avait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en urgence, &#224; 30 semaines d&#8217;am&#233;norrh&#233;e, devant la d&#233;couverte d&#8217;anomalies du rythme cardiaque f&#339;tal.<\/p>\n<p>Cette fois, le c&#339;ur du f&#339;tus bat tout &#224; fait normalement. La jeune femme n&#8217;est pas en p&#233;riode de travail : elle n&#8217;a pas de contractions ut&#233;rines. L&#8217;&#233;chographie montre un f&#339;tus qui bouge et se pr&#233;sente par le si&#232;ge. La quantit&#233; de liquide amniotique est normale. La patiente ne pr&#233;sente pas de saignement vaginal, ni d&#8217;h&#233;morragie abdominale. Elle continue d&#8217;avoir mal malgr&#233; un traitement antalgique &#224; la posologie maximale. La douleur remonte vers les &#233;paules, faisant craindre une dissection aortique, c&#8217;est-&#224;-dire une d&#233;chirure de la paroi de l&#8217;aorte. Cette pathologie vasculaire constitue une urgence chirurgicale majeure. Un angioscanner est effectu&#233; sans d&#233;lai afin de visualiser le gros vaisseau. C&#8217;est alors que le radiologue pose un tout autre diagnostic. La patiente pr&#233;sente une rupture ut&#233;rine, complication grave pour la m&#232;re et le f&#339;tus.<\/p>\n<p>Une c&#233;sarienne est r&#233;alis&#233;e en urgence, qui confirme que la paroi du muscle ut&#233;rin est rompue au niveau de la cicatrice de la c&#233;sarienne ant&#233;rieure sur une longueur d&#8217;environ 10 cm. Les images radiologiques montrent un f&#339;tus se pr&#233;sentant par le si&#232;ge, positionn&#233; de telle fa&#231;on que son dos fait face &#224; la paroi ant&#233;rieure de l&#8217;ut&#233;rus et que son abdomen se trouve en regard de la colonne vert&#233;brale de sa m&#232;re.<\/p>\n<p>Ce cas clinique est exceptionnel dans la mesure o&#249; le dos du f&#339;tus va venir se plaquer contre la zone rompue du muscle ut&#233;rin. Il se produit alors un effet de succion : le dos du b&#233;b&#233; est aspir&#233; par la br&#232;che ut&#233;rine qu&#8217;il va compl&#232;tement colmater. Tout se passe donc comme si le dos du b&#233;b&#233; faisait ventouse. En appuyant sur l&#8217;ouverture circulaire dans la paroi de l&#8217;ut&#233;rus, le rachis lombaire f&#339;tal &#233;vite que la poche des eaux sorte de l&#8217;ut&#233;rus et finisse probablement par se rompre.<\/p>\n<p><strong>Le dos du b&#233;b&#233; colmate la br&#232;che<\/strong><\/p>\n<p>Le b&#233;b&#233; a donc eu la vie sauve en collant son dos contre la zone de rupture. Ce faisant, il a aussi comprim&#233; les art&#232;res du muscle ut&#233;rin d&#233;chir&#233;, ce qui a eu pour effet d&#8217;&#233;viter que la m&#232;re fasse une h&#233;morragie ut&#233;rine.<\/p>\n<p>Aspir&#233; par la br&#232;che ut&#233;rine, le dos du f&#339;tus a fait office de bouchon herm&#233;tique, d&#8217;autant que l&#8217;ut&#233;rus s&#8217;est r&#233;tract&#233; &#233;galement autour de lui. Le dos du b&#233;b&#233; a par ailleurs emp&#234;ch&#233; que le cordon ombilical passe &#224; travers la rupture ut&#233;rine et provoque ce que les sp&#233;cialistes appellent un prolapsus du cordon ombilical. Dans un tel cas, le cordon peut &#234;tre comprim&#233; avec pour cons&#233;quence un risque d&#8217;anomalie de croissance du f&#339;tus, voire de d&#233;c&#232;s in utero.<\/p>\n<p>&#171; Il s&#8217;agit d&#8217;un cas extraordinaire de rupture ut&#233;rine o&#249; le b&#233;b&#233; s&#8217;est sauv&#233; lui-m&#234;me ! L&#8217;aspiration compl&#232;te du dos [du b&#233;b&#233;] &#224; travers la br&#232;che a emp&#234;ch&#233; une h&#233;morragie, un prolapsus du cordon ombilical et une fuite de liquide amniotique, et par cons&#233;quent permis d&#8217;&#233;viter des complications maternelles ou f&#339;tales &#187;, soulignent le Dr Charles Garabedian et ses coll&#232;gues dans leur article.<\/p>\n<p>Ce cas clinique d&#233;crit une patiente avec un &#171; ut&#233;rus cicatriciel &#187;, expression signifiant que cet organe est porteur d&#8217;une cicatrice li&#233;e &#224; une c&#233;sarienne ant&#233;rieure qui rend l&#8217;ut&#233;rus plus fragile. Or l&#8217;ut&#233;rus cicatriciel est un facteur de risque majeur de rupture ut&#233;rine. Les auteurs indiquent qu&#8217;il n&#8217;y a pas de tableau clinique typique, ni de signes cliniques annonciateurs, d&#8217;une rupture ut&#233;rine. De fait, les sympt&#244;mes sont tr&#232;s variables : douleurs abdominales, saignement vaginal, diminution de l&#8217;intensit&#233; des contractions ut&#233;rines, chute de la tension art&#233;rielle, h&#233;morragie ut&#233;rine, anomalies s&#233;v&#232;res et brutales du rythme cardiaque f&#339;tal. Certains signes peuvent &#234;tre absents du tableau clinique. <\/p>\n<p>&#171; Chez cette femme de 31 ans pr&#233;sentant une rupture ut&#233;rine sur un ut&#233;rus cicatriciel, l&#8217;accouchement s&#8217;est fait par c&#233;sarienne en urgence. Le nouveau-n&#233;, un petit gar&#231;on, &#233;tait en pleine forme, avec un poids &#224; la naissance de 2520 grammes. Le score d&#8217;Apgar, qui &#233;value ses fonctions vitales &#224; la naissance, &#233;tait de 10\/10. Le pH sur le sang art&#233;riel de cordon ombilical, t&#233;moin d&#8217;une asphyxie lorsqu&#8217;il est inf&#233;rieur &#224; 7, &#233;tait normal, &#224; 7,27. Le b&#233;b&#233; n&#8217;a pas fait de complications &#224; la naissance. Il pr&#233;sentait cependant une grosse bosse dans le dos du fait de l&#8217;importante aspiration de la r&#233;gion lombaire &#224; travers la br&#232;che ut&#233;rine. Cette boursouflure, due &#224; un &#339;d&#232;me volumineux, s&#8217;est r&#233;sorb&#233;e d&#8217;elle-m&#234;me en quelques heures &#187;, pr&#233;cise le Dr Charles Garabedian, obst&#233;tricien &#224; l&#8217;h&#244;pital Jeanne de Flandre (CHRU de Lille).<\/p>\n<p>Ce sp&#233;cialiste pr&#233;cise que &#171; cette observation montre que l&#8217;on doit penser au diagnostic de rupture ut&#233;rine en cas de douleurs abdominales intenses m&#234;me en dehors du travail, quand la patiente ne pr&#233;sente donc pas de contractions. A l&#8217;exception des douleurs abdominales importantes, ce cas n&#8217;&#233;tait pas associ&#233; aux signes cliniques classiques de rupture ut&#233;rine. Il n&#8217;y avait notamment ni saignement, ni anomalies du rythme cardiaque f&#339;tal &#187;. Avant de conclure : &#171; Par-dessus tout, ce cas clinique montre qu&#8217;un f&#339;tus est capable de se sauver en m&#234;me temps qu&#8217;il peut sauver sa m&#232;re &#187;.<\/p>\n<p><strong>Rupture ut&#233;rine sur ut&#233;rus cicatriciel<\/strong><\/p>\n<p>Une &#233;tude men&#233;e aux Pays-Bas indique que l&#8217;incidence de rupture ut&#233;rine chez les femmes avec ut&#233;rus cicatriciel est de 5,1 pour 10.000, alors qu&#8217;il est de 0,8 pour 10.000 en cas d&#8217;ut&#233;rus non cicatriciel. Cette &#233;tude n&#233;erlandaise a d&#233;termin&#233; un taux de mortalit&#233; de 5,9 % pour le f&#339;tus en cas de rupture ut&#233;rine.<\/p>\n<p>La rupture ut&#233;rine sur ut&#233;rus cicatriciel est &#233;galement associ&#233;e &#224; des complications maternelles s&#233;v&#232;res dans environ 15 % des cas, telles que la n&#233;cessit&#233; de r&#233;aliser une hyst&#233;rectomie (ablation de l&#8217;ut&#233;rus) ou la survenue de l&#233;sions visc&#233;rales associ&#233;es. La rupture ut&#233;rine entra&#238;ne le d&#233;c&#232;s de la m&#232;re dans moins de 1 % des cas. En France, pour la p&#233;riode 2001&#8211;2003, le nombre de d&#233;c&#232;s maternels en lien direct avec une rupture ut&#233;rine &#233;tait de 11 cas (4,4 % de mortalit&#233; maternelle d&#8217;origine obst&#233;tricale) et de 2 cas (0,9 % des d&#233;c&#232;s maternels) pour la p&#233;riode 2004&#8211;2006.<strong><\/p>\n<p>yogaesoteric<br \/>\n4 novembre 2017&#160;<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Angioscanner (coupe sagittale) : le dos du f&#339;tus est ext&#233;rioris&#233; &#224; travers la zone de rupture ut&#233;rine. C&#8217;est un cas clinique spectaculaire que rapportent des obst&#233;triciens, n&#233;onatologistes et radiologues du CHRU de Lille dans un article publi&#233; en ligne le 3 juin 2017 dans l&#8217;European Journal of Obstetrics, Gynecology, and Reproductive Biology. 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