{"id":111349,"date":"2023-02-22T14:29:51","date_gmt":"2023-02-22T14:29:51","guid":{"rendered":"https:\/\/yogaesoteric.net\/?p=111349"},"modified":"2023-02-22T14:29:51","modified_gmt":"2023-02-22T14:29:51","slug":"aide-medicale-a-mourir-est-ce-encore-un-soin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/aide-medicale-a-mourir-est-ce-encore-un-soin\/","title":{"rendered":"Aide m\u00e9dicale \u00e0 mourir : est-ce encore un soin ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\">par Docteur Chantal Brichet-Nivoit<\/p>\n<p><em>R\u00e9flexions \u00e0 la suite de deux journ\u00e9es organis\u00e9es conjointement par<br \/>\nl\u2019universit\u00e9 Paris Cit\u00e9, l\u2019IIREB, le Centre de Recherche en droit public, la SFFEM<\/em>, <em>\u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris Cit\u00e9, site Saint-Germain, 45 rue des Saints-P\u00e8res, l<\/em><em>es 24 et 25 octobre 2022.<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-111350\" src=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/1-77-300x173.jpg\" alt=\"\" width=\"561\" height=\"323\" srcset=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/1-77-300x173.jpg 300w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/1-77-768x443.jpg 768w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/1-77-750x430.jpg 750w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/1-77.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 561px) 100vw, 561px\" \/><\/p>\n<p>Le sujet trait\u00e9 est si d\u00e9licat, si sensible, que j\u2019ai questionn\u00e9 bon nombre de personnes avant de jeter sur ce papier mes propres pens\u00e9es. Vous lirez aussi ce que d\u2019autres auteurs ont dit \u00e0 propos de la souffrance, de la repr\u00e9sentation que l\u2019\u00eatre humain se fait de la mort, et des moyens qu\u2019il a invent\u00e9s pour en supporter la r\u00e9alit\u00e9, notamment au travers des religions. Bien peu d\u2019individus arrivent \u00e0 voir la mort comme une n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9cologique et \u00e0 ne point s\u2019en inqui\u00e9ter. La sagesse arrivant chez quelques-uns avec l\u2019\u00e2ge, \u00ab <em>la soif de vivre (\u00e0 ce moment-l\u00e0) devient moins grande<\/em> \u00bb, nous disait Emmanuel Hirsch. La mort est scandale lorsqu\u2019elle arrive trop t\u00f4t. Elle est naturelle dans le grand \u00e2ge. Au-del\u00e0 de la mort, et m\u00eame des douleurs de la maladie qui y conduit, ce sont les souffrances morales qui empoignent la plupart de nos contemporains. En effet :<br \/>\n\u00ab <em>Les pires souffrances de l\u2019homme sont celles qu\u2019il redoute, car le grand obstacle c\u2019est toujours la repr\u00e9sentation et non la r\u00e9alit\u00e9<\/em> \u00bb Etty Hillesom, dans \u00ab <em>Une vie boulevers\u00e9e <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>La mort rend anxieux beaucoup d\u2019entre nous ; elle affole, elle tourmente, car elle est inconnue de tous les vivants. La mort angoisse certains, elle est plongeon dans cette \u00e9ternit\u00e9 redout\u00e9e. C\u2019est la plus grande crainte de l\u2019homme. Si cette peur fr\u00f4le la terreur, cela se nomme thanatophobie. Dans ce monde, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 chacun veut d\u00e9cider du moment o\u00f9 un \u00e9v\u00e8nement arrivera, comme une naissance, ne pas pouvoir \u00eatre ma\u00eetre du jour et de l\u2019heure de sa mort d\u00e9pla\u00eet \u00e0 une grande partie de la population ; avoir la ma\u00eetrise sur tout, durant toute son existence, est le r\u00eave fou de nos concitoyens. Par ailleurs :<br \/>\n\u00ab<em> La pire des souffrances, c\u2019est celle qu\u2019on ne peut pas partager<\/em> \u00bb Emmanuel Carr\u00e8re.<\/p>\n<p>La mort arrivant \u00e0 n\u2019importe quel moment, il peut arriver qu\u2019on se retrouve seul \u00e0 cet instant o\u00f9 l\u2019on bascule dans l\u2019inconnu. Pr\u00e9voir sa mort en faisant agir un autre pour \u00ab <em>passer de vie \u00e0 tr\u00e9pas<\/em> \u00bb permet d\u2019avertir ses proches et d\u2019\u00eatre entour\u00e9. C\u2019est une illusion et un leurre que de penser qu\u2019ainsi tout ira mieux, car le mourant qu\u2019on assassine reste seul pour le grand passage. Et sur cet acte qui va devenir m\u00e9dical, de tuer un patient sur sa demande, une amie r\u00e9pond ainsi \u00e0 ma question <em>Est-ce encore un<\/em> <em>soin<\/em> ? : \u00ab <em>effectivement, tuer n\u2019est pas prendre soin de son patient<\/em> \u00bb. Et ajoute \u00ab <em>notre soci\u00e9t\u00e9 fait tout pour ignorer la mort ; il en est de m\u00eame de la vieillesse <\/em>\u00bb<em>.<\/em><\/p>\n<p>Maintenant, voyons comment les m\u00e9decins vivront cette action d\u2019injecter un produit l\u00e9tal \u00e0 leurs patients. Leur part d\u2019humanit\u00e9 r\u00e9elle ne sera-t-elle jamais interpell\u00e9e ? Leur conscience ne viendra-t-elle pas leur dire l\u2019abomination d\u2019un tel geste, lorsque, justement, ce sera leur tour d\u2019\u00eatre sur un lit de mort ? Dans la th\u00e8se de William Dalbin et Mathieu Guymard, Nancy 2020, on peut y lire page 29 :<br \/>\n\u00ab <em>Que penser de la responsabilit\u00e9 du m\u00e9decin \u00e0 qui incombe d\u2019une part un r\u00f4le de pr\u00e9vention du suicide et d\u2019autre part une institutionnalisation \u00e9ventuelle d\u2019un \u201csuicide assist\u00e9\u201d ? <\/em>\u00bb<\/p>\n<p>Ce dont je m\u2019aper\u00e7ois, c\u2019est que bien peu savent ce que le po\u00e8te libanais Khalil Gibran connaissait, \u00e0 savoir que \u00ab <em>les souffrances ont donn\u00e9 vie aux plus grandes \u00e2mes, les personnages les plus \u00e9minents portent en eux des cicatrices <\/em>\u00bb ; de m\u00eame, Marcel Proust avait observ\u00e9 que \u00ab <em>pour apaiser la souffrance<\/em>, <em>il faut d\u2019abord la vivre jusqu\u2019au bout <\/em>\u00bb et Arthur Koestler nous apprend que \u00ab <em>la souffrance a ses limites, pas la peur <\/em>\u00bb. Or la patience est une vertu qui se perd ; elle nous apprend pourtant la sagesse. De m\u00eame, Confucius avait observ\u00e9 que :<br \/>\n\u00ab <em>Nulle pierre ne peut \u00eatre polie sans friction, nul homme ne peut parfaire son exp\u00e9rience sans \u00e9preuve <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Pour continuer de citer les grands esprits, j\u2019\u00e9crirais une phrase de Stefan Zweig :<br \/>\n\u00ab <em>Toute souffrance est l\u00e2che, elle recule devant la puissance du vouloir-vivre qui est ancr\u00e9 plus fortement dans notre chair que la<\/em> <em>passion de la mort ne l\u2019est dans notre esprit <\/em>\u00bb dans \u00ab<em> 24 heures de la vie d\u2019une femme<\/em> \u00bb (Pauvre Zweig qui a bascul\u00e9 \u00e0 la fin de sa vie dans \u00ab<em> la passion de la mort <\/em>\u00bb.)<\/p>\n<p>Je n\u2019ai pas pos\u00e9 comme pr\u00e9alable la distinction entre douleur qui est d\u2019origine physique et peut g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre apais\u00e9e, et souffrance psychique qui, th\u00e9oriquement, devrait l\u2019\u00eatre aussi par le monde \u00ab <em>psy<\/em> \u00bb qui en a fait sa vocation. Si vous demandez \u00e0 un ancien d\u00e9pressif qui a eu aussi \u00e0 se faire soigner, par exemple, d\u2019un cancer, vous pouvez \u00eatre s\u00fbr qu\u2019il vous r\u00e9pondra que la souffrance psychique est la pire chose qui puisse arriver \u00e0 l\u2019homme. Baudelaire disait : \u00ab <em>sois sage, \u00f4 ma douleur, et<\/em> <em>tiens-toi tranquille <\/em>\u00bb, comme si par ses pens\u00e9es il pouvait l\u2019att\u00e9nuer. Mais la souffrance morale est tourment qui nous prend, nous emporte et nous rend autre : nous ne sommes plus alors qu\u2019un n\u0153ud d\u2019id\u00e9es morbides vues comme infinies. Quant \u00e0 Voltaire, il jugeait \u00ab <em>la douleur\u2026 aussi n\u00e9cessaire que la mort <\/em>\u00bb<em>.<\/em><\/p>\n<p>Pour finir sur ce chapitre, c\u2019est \u00e0 un confr\u00e8re que je laisserai la parole, que je connais puisqu\u2019il a jug\u00e9 \u00ab<em> tr\u00e8s bien<\/em> \u00bb mon premier article qui \u00e9tait sur \u00ab<em> la personne de confiance<\/em> \u00bb : Martin Winckler exil\u00e9 au Canada qui d\u00e9clare qu\u2019\u00ab <em>en chacun de nous sommeille un bourreau. Le tien, es-tu s\u00fbr qu\u2019il dort<\/em> ? \u00bb Si la loi nous donne le droit, \u00e0 nous m\u00e9decins, de devenir des meurtriers, allons-nous profiter de celle-ci pour assouvir une vilaine soif de pouvoir, dont celui d\u2019\u00e9liminer le vieillard qui nous rappelle que nous sommes mortels ? Je pense n\u00e9cessaire de rappeler qu\u2019en temps de guerre, le militaire sait qu\u2019il peut donner la mort, mais aussi la recevoir. Que risque-t-on face \u00e0 un mourant ? De recevoir notre reflet futur qui nous affole. En gommant la mort, sera-t-on prot\u00e9g\u00e9 de celle-ci pour autant ? Bien s\u00fbr que non.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-111353\" src=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/3-17-e1677076140233-300x172.png\" alt=\"\" width=\"561\" height=\"322\" srcset=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/3-17-e1677076140233-300x172.png 300w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/02\/3-17-e1677076140233.png 490w\" sizes=\"auto, (max-width: 561px) 100vw, 561px\" \/><\/p>\n<p>J\u2019ai fait appel \u00e0 diverses personnes pour r\u00e9diger cet article ; elles m\u2019ont envoy\u00e9 des coupures de journaux, dont une de <em>La Vie<\/em> d\u2019octobre 2022, N\u00b0 13, o\u00f9 il est \u00e9crit :<br \/>\n\u00ab <em>Il est tellement plus facile de permettre \u00e0 ceux dont on rend les conditions de vie trop difficiles, en EHPAD notamment, de quitter<\/em> <em>le<\/em> <em>terrain et pour moins cher <\/em>\u00bb\u2026\u2026.<\/p>\n<p>Au Canada le Dr Saba reproche au gouvernement de favoriser l\u2019euthanasie pour des raisons \u00e9conomiques, plut\u00f4t que d\u2019investir dans les soins palliatifs. Le Dr St\u00e9phanie Kafie d\u00e9clare que :<br \/>\n\u00ab <em>De nombreuses demandes d\u2019AMM \u00e9taient en fait une demande de soins palliatifs de bonne qualit\u00e9 et lorsqu\u2019on lui prodiguait ces soins, le patient changeait d\u2019avis <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Certains ont fait le lien avec l\u2019avortement qui \u00e9limine l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre. C\u2019est aux deux extr\u00e9mit\u00e9s de la vie qu\u2019on supprime celle-ci. Notre soci\u00e9t\u00e9 vit une r\u00e9volution dans ses m\u0153urs, d\u00e9finie ainsi par Ren\u00e9 Gu\u00e9non :<br \/>\n\u00ab <em>Ceux qui ont voulu renverser tous les dogmes ont cr\u00e9\u00e9 \u00e0 leur usage, nous ne dirons pas un dogme nouveau, mais une caricature de dogme, qu\u2019ils sont parvenus \u00e0 imposer \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 du monde occidental ; ainsi ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies, sous pr\u00e9texte d\u2019\u201caffranchissement de la pens\u00e9e\u201d les croyances les plus chim\u00e9riques qu\u2019on ait jamais vues en aucun temps <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Et plus conclure, je citerai une phrase de l\u2019<em>Eccl\u00e9siaste<\/em> que citait souvent mon p\u00e8re : \u00ab <em>Vanit\u00e9 des vanit\u00e9s, tout est vanit\u00e9 <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Allons-nous prendre \u00ab <em>un peu de poison de-ci de-l\u00e0, pour se procurer des r\u00eaves agr\u00e9ables, et beaucoup de poison enfin, pour mourir agr\u00e9ablement <\/em>\u00bb, disait Nietzsche, dans \u00ab <em>ainsi parlait Zarathoustra<\/em> \u00bb ? Les risques de d\u00e9rapage d\u2019une loi au d\u00e9part bien encadr\u00e9e peuvent arriver. Le livre d\u2019Edward W. Keyserlingk (1979) est, \u00e0 cet \u00e9gard, int\u00e9ressant. Intitul\u00e9 \u00ab <em>Le caract\u00e8re sacr\u00e9 de la vie ou la qualit\u00e9 de la vie du point de vue de l\u2019\u00e9thique, de la m\u00e9decine et du droit : \u00e9tude \u00e9crite pour la commission de<\/em> <em>r\u00e9forme du droit au Canada <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>On peut y lire cette observation :<br \/>\n\u00ab <em>Sous le r\u00e9gime nazi, l\u2019euthanasie et les exp\u00e9riences r\u00e9alis\u00e9es ont commenc\u00e9 avec des intentions &#8220;humaines&#8221;, et n\u2019ont pas, \u00e0 leur d\u00e9but, rev\u00eatues un aspect raciste. Graduellement, cependant, pas apr\u00e8s pas, l\u2019euthanasie volontaire pour les malades en phase terminale s\u2019est transform\u00e9e en une euthanasie involontaire impos\u00e9e \u00e0 toute personne jug\u00e9e inutile \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ou aux ennemis de l\u2019\u00c9tat, y compris les retard\u00e9s mentaux et en particulier les Juifs <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Pr\u00e9c\u00e9dent historique \u00e0 ne pas oublier.<\/p>\n<p>Vous voudrez bien m\u2019excuser pour mon style, lourd et pesant, car il m\u2019a \u00e9t\u00e9 p\u00e9nible et difficile d\u2019\u00e9crire sur ce sujet. Cela bouleverse toute ma conception du soin, du d\u00e9vouement, du respect de la vie. Je souhaite que jamais le droit d\u2019\u00eatre objecteur de conscience ne cesse. Dans la \u00ab <em>Revue canadienne de bio\u00e9thique <\/em>\u00bb Vol2, N\u00b0 2 (diffusion num\u00e9rique le 13\/06\/22), Louise Bernier note ceci :<br \/>\n\u00ab <em>Il semble que la mise en \u0153uvre des droits reconnus par les l\u00e9gislateurs et les tribunaux en contexte d\u2019avortement et<\/em> <em>d\u2019aide m\u00e9dicale \u00e0 mourir conna\u00eet, en pratique, un probl\u00e8me d\u2019effectuation <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Ira-t-on jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9quisitionner des praticiens pour cette besogne de bourreau ? J\u2019esp\u00e8re que, si la loi passe, elle ne conduise pas \u00e0 l\u2019euthanasie non d\u00e9sir\u00e9e, et surtout pas \u00e0 l\u2019eug\u00e9nisme.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019oppos\u00e9, lorsque le sujet dont je traite est gai, les mots sautillent, se r\u00e9jouissent, et forment une ronde ; ils coulent de source et me font du bien. Car j\u2019ai besoin de joie pour cr\u00e9er de la beaut\u00e9 et de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. H\u00e9las l\u2019actualit\u00e9 est triste, en ce 25 novembre, journ\u00e9e consacr\u00e9e aux violences faites aux femmes, o\u00f9 l\u2019on m\u2019annonce que la d\u00e9put\u00e9 et m\u00e9decin Martine Wonner est interdite d\u2019exercer injustement pour un an, et la mort du po\u00e8te Christian Bobin. Lequel a \u00e9crit ceci : \u00ab <em>lorsque les mots ne franchissent pas les l\u00e8vres, ils s\u2019en vont hurler au fond de l\u2019\u00e2me <\/em>\u00bb et cr\u00e9ent des drames ; des maladies et des trag\u00e9dies si nul n\u2019est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 pour les \u00e9couter, les recueillir, et les redire. On meurt plus de solitude et de manque de sollicitude, que de toute autre chose.<\/p>\n<p>Pour finir, je laisserai la parole \u00e0 Lucien Bonnaf\u00e9 qui disait :<br \/>\n\u00ab <em>On juge du degr\u00e9 de civilisation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re dont elle traite ses marges, ses fous et ses d\u00e9viants <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>La vieillesse n\u2019est-elle pas \u00e0 une extr\u00e9mit\u00e9 de la vie, \u00e0 sa marge ? La sant\u00e9 \u00e9tant d\u00e9sormais promue comme une quasi-obligation, les malades ne sont-ils pas \u00ab <em>\u00e0 la marge<\/em> \u00bb de la soci\u00e9t\u00e9 ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>yogaesoteric<br \/>\n22 f\u00e9vrier 2023<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Docteur Chantal Brichet-Nivoit R\u00e9flexions \u00e0 la suite de deux journ\u00e9es organis\u00e9es conjointement par l\u2019universit\u00e9 Paris Cit\u00e9, l\u2019IIREB, le Centre de Recherche en droit public, la SFFEM, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris Cit\u00e9, site Saint-Germain, 45 rue des Saints-P\u00e8res, les 24 et 25 octobre 2022. Le sujet trait\u00e9 est si d\u00e9licat, si sensible, que j\u2019ai questionn\u00e9 bon [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[978],"tags":[1521],"class_list":["post-111349","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-tendances-maconniques-dans-la-societe-contemporaine-3480-fr","tag-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/111349","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=111349"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/111349\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":111356,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/111349\/revisions\/111356"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=111349"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=111349"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=111349"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}