{"id":115795,"date":"2023-03-30T08:49:19","date_gmt":"2023-03-30T08:49:19","guid":{"rendered":"https:\/\/yogaesoteric.net\/?p=115795"},"modified":"2023-03-30T08:49:19","modified_gmt":"2023-03-30T08:49:19","slug":"dune-actualite-effarante-la-france-contre-les-robots-de-georges-bernanos-ou-la-rupture-de-civilisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/dune-actualite-effarante-la-france-contre-les-robots-de-georges-bernanos-ou-la-rupture-de-civilisation\/","title":{"rendered":"D&#8217;une actualit\u00e9 effarante : \u00ab La France contre les robots \u00bb, de Georges Bernanos, ou la rupture de civilisation"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\">par Juan Asencio<\/p>\n<p>Publi\u00e9 \u00e0 Paris en 1933, le court texte de Nicolas Berdiaeff intitul\u00e9 <em>L&#8217;homme et la machine<\/em> pr\u00e9c\u00e8de celui de Georges Bernanos de quelques ann\u00e9es. Il faut une fois de plus remercier les excellentes \u00e9ditions R&amp;N de nous redonner ce petit texte assez vif et qui annonce d&#8217;une certaine fa\u00e7on le propos de l&#8217;auteur de <em>La France contre les robots<\/em>, puisqu&#8217;il pointe, non pas telle ou telle sp\u00e9cificit\u00e9 propre \u00e0 la technique, tel ou tel rhizome par lequel cette derni\u00e8re parvient \u00e0 tisser sa toile plan\u00e9taire, mais le changement ou plut\u00f4t : la rupture de civilisation qu&#8217;elle provoque.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-115808\" src=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_1.jpg\" alt=\"\" width=\"560\" height=\"285\" srcset=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_1.jpg 560w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_1-300x153.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/>Ainsi, \u00ab <em>la technique, elle, reste \u00e9trang\u00e8re aux symboles, elle est r\u00e9aliste, elle ne refl\u00e8te rien, elle cr\u00e9e une nouvelle r\u00e9alit\u00e9, tout en elle est pr\u00e9sent <\/em>\u00bb puisqu&#8217;elle parvient \u00e0 soustraire \u00ab<em> l&#8217;homme aussi bien \u00e0 la nature qu&#8217;\u00e0 l&#8217;au-del\u00e0 <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Georges Bernanos e\u00fbt pu signer cette autre \u00e9vidence que souligne Berdiaeff : \u00ab <em>on n&#8217;a pas encore envisag\u00e9 la machine comme un probl\u00e8me spirituel, comme un facteur de la destin\u00e9e humaine<\/em> \u00bb qui provoque la destruction de \u00ab <em>l&#8217;ancien ordre organique<\/em> \u00bb alors qu&#8217;une \u00ab<em> nouvelle forme d&#8217;organisation, cr\u00e9\u00e9e par la technique, s&#8217;impose n\u00e9cessairement<\/em> \u00bb, un ordre de fer contre lequel nous pourrons nous rebeller, mais annonce le philosophe, qu&#8217;il nous sera d\u00e9sormais impossible d&#8217;arracher compl\u00e8tement de la surface d\u00e9vast\u00e9e de la plan\u00e8te comme une touffe de mauvaise herbe. C&#8217;est plut\u00f4t la surface enti\u00e8re de la plan\u00e8te qu&#8217;il nous faudrait d\u00e9truire, comme si notre monde se transformait, de moins en moins lentement, en cette capitale galactique qu&#8217;est la Trantor imagin\u00e9e par Asimov dans le cycle <em>Fondation<\/em>.<\/p>\n<p>Il est ainsi assez remarquable de constater que m\u00eame si Berdiaeff estime que nous \u00ab <em>conna\u00eetrons de grandes r\u00e9actions contre la technique et la machine<\/em> \u00bb, voire \u00ab <em>des retours \u00e0 la nature originelle<\/em> \u00bb, il n&#8217;en reste pas moins vrai que \u00ab<em> tant que l&#8217;homme poursuivra son chemin terrestre, jamais la machine et la technique ne seront an\u00e9anties<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi Berdiaeff nous avertit contre toute volont\u00e9 chim\u00e9rique de revenir \u00e0 l&#8217;\u00e9tat premier, pr\u00e9tendument pur, de la vie de l&#8217;homme, car il \u00ab<em> n&#8217;est pas donn\u00e9 \u00e0 l&#8217;homme de r\u00e9int\u00e9grer le jardin du paradis avant la fin et la transfiguration du monde<\/em> \u00bb, bien que \u00ab <em>le souvenir et la nostalgie de l&#8217;\u00c9den<\/em> \u00bb ne puissent que subsister en nous, \u00ab <em>comme subsisteront toujours les reflets du paradis dans la nature, dans les jardins et les fleurs, dans l&#8217;art<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p><em>Le Djihad Butl\u00e9rien<\/em> imagin\u00e9 par Frank Herbert dans un autre cycle de SF au moins aussi c\u00e9l\u00e8bre que le premier n&#8217;est qu&#8217;une chim\u00e8re.<\/p>\n<p>Contre toute volont\u00e9 pu\u00e9rile de volont\u00e9 de \u00ab <em>retour \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie naturelle et \u00e0 l&#8217;\u00e9tat patriarcal, au r\u00e8gne de l&#8217;\u00e9conomie agricole et de l&#8217;artisanat, comme le r\u00eavait Ruskin <\/em>\u00bb, Berdiaeff nous rappelle que l&#8217;\u00e9lan seul de notre volont\u00e9 nous sauvera, puisque \u00ab <em>la force exig\u00e9e avant tout de l&#8217;homme est la force spirituelle qui l&#8217;emp\u00eachera d&#8217;\u00eatre asservi \u00e0 la technique et d&#8217;\u00eatre an\u00e9anti par elle <\/em>\u00bb.La philosophie de Berdiaeff pourrait d\u00e8s lors \u00eatre d\u00e9crite comme un <em>pragmatisme pessimiste<\/em> puisqu&#8217;il d\u00e9pend, \u00ab <em>en derni\u00e8re instance, du degr\u00e9 de la force spirituelle en l&#8217;homme, pour qu&#8217;il \u00e9chappe \u00e0 ce terrible destin ou qu&#8217;il ait \u00e0 le subir<\/em> \u00bb, puisque \u00ab <em>la puissance exclusive de la technique et de la machine nous entra\u00eene pr\u00e9cis\u00e9ment vers cette limite : au non-\u00eatre dans la perfection technique<\/em> \u00bb, et qu&#8217;en outre, c&#8217;est bien \u00ab <em>cette invraisemblable rapidit\u00e9 de vie qu&#8217;exige<\/em> [de l&#8217;\u00e2me humaine] <em>la civilisation moderne<\/em> \u00bb qui tend \u00ab<em> \u00e0 faire de l&#8217;homme une machine<\/em> \u00bb (p. 49). Finalement, c&#8217;est moins la Machine qui pose un probl\u00e8me, nous avertit le grand penseur, que le fait que l&#8217;homme est de plus en plus son semblable.<\/p>\n<p>C&#8217;est pourtant, assez paradoxalement, en raison m\u00eame de son caract\u00e8re impitoyable que la technique pourra \u00eatre contenue sinon renvers\u00e9e, car \u00ab<em> c&#8217;est cette piti\u00e9 qu&#8217;elle ignore qui limitera sa souverainet\u00e9 dans la vie<\/em> \u00bb et aussi, bien s\u00fbr, Berdiaeff le r\u00e9p\u00e8te au cours des derni\u00e8res pages de son petit, mais riche ouvrage, l&#8217;action inlassable de l&#8217;homme qui n&#8217;est soumis \u00e0 aucun fatalisme, m\u00eame si la situation pourrait nous para\u00eetre d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e : \u00ab <em>l&#8217;homme est libre, il est appel\u00e9 \u00e0 l&#8217;activit\u00e9, le d\u00e9nouement, par cons\u00e9quent, d\u00e9pend de lui<\/em> \u00bb, et c&#8217;est donc \u00e0 lui et \u00e0 lui seul d&#8217;emp\u00eacher que le monde, qui se d\u00e9christianise, ne se d\u00e9shumanise aussi, c&#8217;est m\u00eame l\u00e0, pr\u00e9cise Berdiaeff, \u00ab <em>toute la gravit\u00e9 du probl\u00e8me que soul\u00e8ve la puissance monstrueuse de la technique<\/em> \u00bb contre laquelle la lutte, m\u00eame si elle est longue et disproportionn\u00e9e en raison m\u00eame de ce manque de piti\u00e9 qui est la force surpuissante et la terrifiante faiblesse de la Machine, son talon d&#8217;Achille peut-\u00eatre, est non seulement possible, mais n\u00e9cessaire, puisque tout reste \u00e0 faire, non seulement dans \u00ab <em>le royaume des cieux<\/em> \u00bb, mais aussi dans \u00ab<em> le royaume de la terre et de l&#8217;univers transfigur\u00e9s <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-115796\" src=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_2.jpg\" alt=\"\" width=\"560\" height=\"430\" srcset=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_2.jpg 560w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_2-300x230.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/>Le combat \u00e0 mener contre le triomphe sans partage de la Machine ne pourra qu&#8217;impliquer une r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration aussi bien morale, qu&#8217;intellectuelle et, donc, spirituelle, de l&#8217;homme. Au train d\u00e9ment o\u00f9 courent les choses vers, on ne sait quel horizon d\u00e9vorant, nous avons le droit, contre Berdiaeff, de nous montrer, pour le coup, plus pessimistes que lui.<\/p>\n<p>Le texte de Georges Bernanos, que nous citons ici dans l&#8217;\u00e9dition donn\u00e9e par Gallimard dans la collection de <em>La Pl\u00e9iade<\/em> (1), a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit au cours de l&#8217;ann\u00e9e 1944 et publi\u00e9 en 1947. Il frappe si on le compare \u00e0 celui de Nicolas Berdiaeff par au moins un de ses plus notables aspects qui n&#8217;est autre que son pessimisme foncier. Je parle bien de pessimisme, un mot qui fera sans doute bondir les pi\u00e8tres lecteurs qui n&#8217;imaginent pouvoir lire Georges Bernanos que derri\u00e8re des verres de lunettes lav\u00e9s \u00e0 l&#8217;eau b\u00e9nite.<\/p>\n<p><strong>Georges Bernanos<\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est bien au contraire la grandeur de cet \u00e9crivain de race que de ne nous rien cacher de ses tourments, de ses profondes angoisses, et de ne pas h\u00e9siter \u00e0 employer un ton oraculaire qui semble s&#8217;acc\u00e9l\u00e9rer au fur et \u00e0 mesure que l&#8217;insulte <em>imb\u00e9cile !<\/em> elle-m\u00eame envahit ses phrases jusqu&#8217;\u00e0 en constituer une forme d&#8217;interjection plus amicale que r\u00e9ellement insultante, alors qu&#8217;il nous annonce, plus que les effets du d\u00e9sastre en cours, celui dont nous ne savons rien, mais qui se l\u00e8ve in\u00e9luctablement \u00e0 l&#8217;horizon plan\u00e9taire :<br \/>\n\u00ab<em> Les forces r\u00e9volutionnaires n&#8217;en continueront pas moins \u00e0 s&#8217;accumuler, comme les gaz dans le cylindre, sous une pression consid\u00e9rable. Leur d\u00e9tente, au moment de la d\u00e9flagration, sera \u00e9norme.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Ce premier extrait nous offre du reste un excellent aper\u00e7u sur l&#8217;un des th\u00e8mes nourrissant ce texte de col\u00e8re qu&#8217;est <em>La France contre les robots, R\u00e9volution Industrielle et Technologique<\/em>, dont Bernanos \u00e9voque l&#8217;esprit et souligne la n\u00e9cessit\u00e9, face \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle les r\u00e9gimes, \u00ab <em>jadis oppos\u00e9s par l&#8217;id\u00e9ologie<\/em> \u00bb, sont maintenant \u00ab<em> \u00e9troitement unis par la technique<\/em> \u00bb qui n&#8217;a pour seul but qu&#8217;abolir la libert\u00e9, puisqu&#8217;il s&#8217;agit toujours \u00ab <em>d&#8217;assurer la mobilisation totale pour la guerre totale, en attendant la mobilisation totale pour la paix totale <\/em>\u00bb, Bernanos concluant ce passage en \u00e9crivant qu&#8217;un \u00ab <em>monde gagn\u00e9 pour la Technique est perdu pour la Libert\u00e9 <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Dans un texte intitul\u00e9 <em>La r\u00e9volution de la libert\u00e9<\/em> et donn\u00e9 en appendice de <em>La France contre les robots<\/em>, le romancier rappellera aussi le souvenir de Rousseau, parrain de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, pour le d\u00e9fendre contre \u00ab<em> les \u00e9crivains catholiques [qui] le criblent de sarcasmes<\/em> \u00bb, contre Maurras que son id\u00e9e phare (<em>L&#8217;homme est libre, la soci\u00e9t\u00e9 le d\u00e9prave,<\/em> rappelle Bernanos) \u00ab<em> fait \u00e9cumer <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Le triomphe de la technique est incontestable, non pas tant parce qu&#8217;elle a transform\u00e9 l&#8217;homme en \u00ab <em>mat\u00e9riel humain<\/em> \u00bb et qu&#8217;elle a autoris\u00e9 \u00ab <em>le sacrifice de troupeaux d&#8217;hommes<\/em> \u00bb qui pourront non seulement \u00eatre marqu\u00e9s au fer, \u00ab<em> \u00e0 la joue ou \u00e0 la fesse, comme le b\u00e9tail <\/em>\u00bb, non seulement encore parce qu&#8217;ils pourront \u00eatre corv\u00e9ables \u00e0 merci par \u00ab <em>l&#8217;\u00c9tat moderne, le Moloch technique<\/em> \u00bb ou encore, bien s\u00fbr, tra\u00e7ables comme des criminels ou m\u00eame de la marchandise puisque, \u00ab <em>\u00e0 l&#8217;\u00e9galit\u00e9 absolue des citoyens devant la Loi doit correspondre, t\u00f4t ou tard, l&#8217;autorit\u00e9 absolue et sans contr\u00f4le de l&#8217;\u00c9tat sur les citoyens <\/em>\u00bb, mais parce qu&#8217;ils ont volontairement, dirait-on, consenti \u00e0 ne plus \u00eatre des hommes, \u00e0 ne plus honorer leur libert\u00e9.<\/p>\n<p>Georges Bernanos ne cesse d&#8217;ailleurs d&#8217;opposer l&#8217;homme voulu par la technique et celui d&#8217;autrefois, ne cessant de pointer la perte de substance, de volont\u00e9, de <em>tenue<\/em> qui les s\u00e9pare : \u00ab <em>Il n&#8217;e\u00fbt jamais fait partie de ce b\u00e9tail que les d\u00e9mocraties ploutocratiques, marxistes ou racistes nourrissent pour l&#8217;usine et le charnier. Il n&#8217;e\u00fbt jamais appartenu aux troupeaux que nous voyons s&#8217;avancer tristem<\/em><em>ent les uns contre les autres, en masses immenses derri\u00e8re leurs machines, chacun avec ses consignes, son id\u00e9ologie, ses slogans, d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 tuer, r\u00e9sign\u00e9s \u00e0 mourir, et r\u00e9p\u00e9tant jusqu&#8217;\u00e0 la fin, avec la m\u00eame r\u00e9signation imb\u00e9cile, la m\u00eame conviction m\u00e9canique<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-115805\" src=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_3.jpg\" alt=\"\" width=\"560\" height=\"391\" srcset=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_3.jpg 560w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_3-300x209.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/>Nous sommes l\u00e0 dans ce que l&#8217;\u00e9crivain a appel\u00e9 le <em>mauvais r\u00eave<\/em> qui a toutes les apparences de la r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 la petite exception pr\u00e8s que le r\u00eaveur croit \u00eatre libre, alors qu&#8217;il ne l&#8217;est \u00e9videmment plus, cette abdication volontaire du privil\u00e8ge qui le fait se tenir droit pouvant \u00eatre assimil\u00e9e au triomphe d&#8217;un ordre de fer qui se fait passer pour garant de nos libert\u00e9s. Nous reconnaissons l\u00e0, bien s\u00fbr d\u00e9barrass\u00e9 de ses atours par trop visiblement religieux, la vieille croyance dans le r\u00e8gne antichristique qui aura toutes les apparences de celui qu&#8217;il contrefait : \u00ab <em>nous supporterions volontiers d&#8217;\u00eatre esclaves, pourvu que personne ne puisse se vanter de l&#8217;\u00eatre moins que nous <\/em>\u00bb ou encore : \u00ab <em>Une Paix injuste r\u00e9gnerait sur un monde si totalement \u00e9puis\u00e9 qu&#8217;elle y aurait les apparences de l&#8217;ordre <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>S&#8217;il insiste sur la diff\u00e9rence entre l&#8217;homme d&#8217;autrefois et celui que le Moloch moderne, qu&#8217;importe qu&#8217;il soit une d\u00e9mocratie ou une dictature nous l&#8217;avons vu (2), a fa\u00e7onn\u00e9, Georges Bernanos s&#8217;aventure finalement assez peu \u00e0 nous donner une explication purement rationnelle de ce changement. Cette explication aurait plut\u00f4t, comme toujours chez le grand romancier, une cause surnaturelle, ici esquiss\u00e9e dans une fulgurance qui e\u00fbt parfaitement pu convenir \u00e0 l&#8217;un de ses romans :<\/p>\n<p>\u00ab <em>Le vice de la servitude va aussi profond dans l&#8217;homme que ce<\/em><em>lui de la luxure, et peut-\u00eatre que les deux ne font qu&#8217;un. Peut-\u00eatre sont-ils une expression diff\u00e9rente et conjointe de ce principe de d\u00e9sespoir qui porte l&#8217;homme \u00e0 se d\u00e9grader, \u00e0 s&#8217;avilir, comme pour se venger de lui-m\u00eame, se venger de son \u00e2me immortelle <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Ailleurs, l&#8217;\u00e9crivain \u00e9voque quelque possible \u00ab <em>perversion de l&#8217;\u00e9nergie humaine<\/em> \u00bb mais ne sera jamais aussi clair que lorsqu&#8217;il supposera l&#8217;existence d&#8217;une sorte de d\u00e9volution satanique, \u00ab <em>comme si le Verbe ne se faisait plus chair, comme si l&#8217;Humanit\u00e9 reprenait, en sens inverse, le chemin de l&#8217;Incarnation <\/em>\u00bb, la chair devenant fer, l&#8217;homme engrenages, la \u00ab <em>grande civilisation humaine<\/em> \u00bb \u00e0 la fin de laquelle nous assistons se transformant, \u00e0 la vitesse d&#8217;un bolide fendant les airs, en \u00ab <em>une civilisation inhumaine qui ne saurait s&#8217;\u00e9tablir que gr\u00e2ce \u00e0 une vaste, \u00e0 une immense, \u00e0 une universelle st\u00e9rilisation des hautes valeurs de la vie <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, il est logique qu&#8217;en d\u00e9fendant ce qu&#8217;il appelle \u00ab <em>l&#8217;homme du pass\u00e9<\/em> \u00bb, Bernanos, dans la droite ligne de l&#8217;illustre mod\u00e8le que fut pour lui Charles P\u00e9guy, affirme d\u00e9fendre \u00ab <em>notre tradition r\u00e9volutionnaire <\/em>\u00bb, seule capable d&#8217;\u00e9viter \u00ab<em> la guerre moderne, la guerre totale [qui] travaille pour l&#8217;\u00c9tat totalitaire [et] lui fournit son mat\u00e9riel humain<\/em> \u00bb : \u00ab v<em>eut-on qu&#8217;il n&#8217;ait jamais \u00e9t\u00e9 qu&#8217;un esclave dress\u00e9 depuis des si\u00e8cles \u00e0 se coucher aux pieds de ma\u00eetres impitoyables et \u00e0 leur l\u00e9cher les mains ? <\/em>\u00bb. Et le puissant \u00e9crivain, d\u00e8s lors, de multiplier les oppositions entre l&#8217;homme qui a os\u00e9 la R\u00e9volution, bien capable apr\u00e8s tout, justement parce qu&#8217;il \u00e9tait libre, de servir, le service \u00e9tant \u00ab <em>par sa nature m\u00eame un acte volontaire, l&#8217;hommage qu&#8217;un homme libre fait de sa libert\u00e9 \u00e0 qui lui pla\u00eet, \u00e0 ce qu&#8217;il juge au-dessus de lui, \u00e0 ce qu&#8217;il aime<\/em> \u00bb, et l&#8217;homme que nous croisons au d\u00e9tour de la rue ou bien pilotant un bombardier, et qui, d&#8217;une pression de doigt, l\u00e2chera 1.000 bombes ou une seule qui aura la puissance de 1.000 sur une cible pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e par un \u00e9tat-major, l&#8217;homme ha\u00efssant ce qui lui reste de libert\u00e9, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&#8217;il ne lui en reste pas assez pour \u00eatre un homme libre, \u00ab <em>mais assez pour en porter le nom<\/em> \u00bb et m\u00eame agir comme le ferait un homme v\u00e9ritablement libre.<\/p>\n<p>Nous voici de nouveau dans le mauvais r\u00eave o\u00f9 les apparences ont pris la place de la r\u00e9alit\u00e9, o\u00f9 il est impossible de d\u00e9m\u00ealer le vrai du faux, car lorsque \u00ab <em>l&#8217;\u00c9tat totalitaire exigera de n&#8217;importe qui, sous peine de mort, des risques dont l&#8217;acceptation volontaire e\u00fbt jadis suffi \u00e0 perp\u00e9tuer le nom d&#8217;un homme, qui distinguera les braves des l\u00e2ches ?<\/em> \u00bb, Bernanos tra\u00e7ant alors un nouveau parall\u00e8le pour le moins inattendu, qu&#8217;il d\u00e9crit comme \u00ab <em>une transposition sacril\u00e8ge et ironique<\/em> \u00bb, entre les hommes, ob\u00e9issant jusqu&#8217;\u00e0 la mort, form\u00e9s par les <em>Exercices<\/em> de Saint Ignace et ceux que fa\u00e7onne la guerre totale qu&#8217;il qualifie de \u00ab <em>cruelle et puritaine comme elle est anonyme<\/em> \u00bb, \u00e0 savoir \u00ab <em>une sorte d&#8217;hommes [qui sont] capables de toutes les formes de la soumission et de la violence, passant in<\/em><em>diff\u00e9remment des unes aux autres, une esp\u00e8ce d&#8217;hommes o\u00f9 le Totalitarisme puise au hasard des milliers de badauds en uniforme pour son c\u00e9r\u00e9monial religieux, des b\u00eates intelligentes et f\u00e9roces pour sa police, et des bourreaux pour ses camps de concentration<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-115799\" src=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_5.jpg\" alt=\"\" width=\"560\" height=\"390\" srcset=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_5.jpg 560w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_5-300x209.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/>Ce n&#8217;est plus un parall\u00e8le, mais une \u00e9quivalence que Georges Bernanos pose lorsqu&#8217;il affirme que \u00ab <em>la Guerre totale est la Soci\u00e9t\u00e9 moderne elle-m\u00eame, \u00e0 son plus haut degr\u00e9 d&#8217;efficience <\/em>\u00bb, ce qu&#8217;il appelle plus loin \u00ab<em> l&#8217;invasion de la Machinerie [ayant] pris cette soci\u00e9t\u00e9 par surprise<\/em> \u00bb jusqu&#8217;\u00e0 se confondre avec elle, comme une tumeur \u00e9vide un organe qu&#8217;elle finira par d\u00e9vorer de l&#8217;int\u00e9rieur, \u00ab <em>la Civilisation des machines [ayant] pris l&#8217;homme au d\u00e9pourvu <\/em>\u00bb tout autant qu&#8217;elles ont pour but de le remplacer, ou alors de faire de lui l&#8217;un des leurs : cette surprise n&#8217;est pas seulement due \u00e0 la vitesse, m\u00eame si la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab <em>a pass\u00e9 presque sans transition de la vitesse d&#8217;une paisible diligence \u00e0 celle d&#8217;un rapide <\/em>\u00bb en quelques ann\u00e9es seulement, les hommes qui ont assist\u00e9 \u00e0 la naissance de l&#8217;universelle Machinerie constatant, lorsqu&#8217;ils ont regard\u00e9 par la porti\u00e8re, qu&#8217;il \u00e9tait trop tard car \u00ab <em>on ne saute pas d&#8217;un train lanc\u00e9 \u00e0 cent vingt kilom\u00e8tres sur une ligne droite <\/em>\u00bb m\u00eame si, encore, nul ne saurait d\u00e9cemment contester la \u00ab <em>multiplication prodigieuse, \u00e0 quoi rien ne semble devoir mettre fin<\/em> \u00bb de la Machine. Pour ainsi dire, nous sommes embarqu\u00e9s, comme gal\u00e9riens aux fers et sans vraiment conna\u00eetre notre destination finale : qu&#8217;importe, puisqu&#8217;il suffit d&#8217;avancer !<\/p>\n<p>Cette surprise co\u00efncide avec une autre esp\u00e8ce de fuite en avant, une fuite devant Dieu telle que l&#8217;a d\u00e9crite Max Picard dans un <a href=\"https:\/\/www.juanasensio.com\/archive\/2015\/03\/19\/la-fuite-devant-dieu-de-max-picard.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><u>livre remarquable<\/u><\/a>, et cette fuite, selon Bernanos, n&#8217;est autre que celle de l&#8217;homme pris de vertige devant l&#8217;existence de son \u00e2me. Ce passage est aussi essentiel que connu, mais je le donne dans son int\u00e9gralit\u00e9 : \u00ab <em>Car vos fils et vos filles peuvent crever : le grand probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre sera toujours de transporter vos viandes \u00e0 la vitesse de l&#8217;\u00e9clair. Que fuyez-vous donc ainsi, imb\u00e9ciles ? H\u00e9las !, c&#8217;est vous que vous fuyez, vous-m\u00eames<\/em> \u00bb puisqu&#8217;il est clair que \u00ab <em>chacun de vous se fu<\/em><em>it soi-m\u00eame, comme s&#8217;il esp\u00e9rait courir assez vite pour sortir enfin de sa gaine de peau&#8230; On ne comprend absolument rien \u00e0 la civilisation moderne si l&#8217;on n&#8217;admet pas d&#8217;abord qu&#8217;elle est une conspiration universelle contre toute esp\u00e8ce de vie int\u00e9rieure <\/em>\u00bb, ce qui signifie qu&#8217;en se fuyant, l&#8217;homme abdique sa libert\u00e9 qui n&#8217;est pourtant pas ailleurs qu&#8217;en lui-m\u00eame et, du coup, c\u00e8de au vertige de la soumission volontaire devant \u00ab <em>la Civilisation des machines [qui] est elle-m\u00eame une machine, dont tous les mouvements doivent \u00eatre de plus en plus parfaitement synchronis\u00e9s ! <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>La vie int\u00e9rieure abolie, puisque, \u00ab <em>dans la Civilisation des machines la vie int\u00e9rieure prend peu \u00e0 peu un caract\u00e8re anormal<\/em> \u00bb, la Machine peut continuer son expansion folle, sans autre but que son auto-engendrement, s&#8217;il est vrai que la \u00ab <em>seule machine qui n&#8217;int\u00e9resse pas la Machine, c&#8217;est la Machine \u00e0 d\u00e9go\u00fbter l&#8217;homme des machines, c&#8217;est-\u00e0-dire d&#8217;une vie tout enti\u00e8re orient\u00e9e par la notion de rendement, d&#8217;efficience et finalement de profit <\/em>\u00bb, l&#8217;av\u00e8nement de la civilisation techniciste ne pouvant \u00eatre corr\u00e9l\u00e9e, dans l&#8217;esprit de Bernanos, qu&#8217;au triomphe du Nombre, de l&#8217;esprit de profit qui n&#8217;est rien d&#8217;autre que \u00ab <em>l&#8217;esprit de cupidit\u00e9 <\/em>\u00bb, car \u00ab <em>un monde domin\u00e9 par la Force est un monde abominable, mais le monde domin\u00e9 par le Nombre est ignoble <\/em>\u00bb. Nous retrouverons cette analyse sous la plume d&#8217;un Jaime Semprun. En effet, si la \u00ab <em>Force fait t\u00f4t ou tard surgir des r\u00e9volt\u00e9s<\/em> \u00bb, si elle engendre \u00ab <em>l&#8217;esprit de R\u00e9volte <\/em>\u00bb, \u00ab <em>fait des h\u00e9ros et des martyrs<\/em> \u00bb, la \u00ab<em> tyrannie abjecte du Nombre est une infection lente qui n&#8217;a jamais provoqu\u00e9 de fi\u00e8vre<\/em> \u00bb, ce qui signifie que le \u00ab <em>Nombre cr\u00e9e une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 son image, une soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;\u00eatres non pas \u00e9gaux, mais pareils, seulement reconnaissables \u00e0 leurs empreintes digitales<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Dans une telle soci\u00e9t\u00e9, o\u00f9 il sera parfaitement \u00ab <em>inutile de d\u00e9ranger Rabelais, Montaigne, Pascal, pour exprimer une certaine conception sommaire de la vie, dont le caract\u00e8re sommaire fait pr\u00e9cis\u00e9ment toute l&#8217;efficience <\/em>\u00bb, dans une telle soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 \u00ab <em>l&#8217;\u00e9cart\u00e8lement, l&#8217;\u00e9corchement, la dilac\u00e9ration de plusieurs milliers d&#8217;innocents [n&#8217;est plus qu&#8217;]une besogne dont un gentleman peut venir \u00e0 bout sans salir ses manchettes, ni m\u00eame son imagination<\/em> \u00bb, dans une telle soci\u00e9t\u00e9 min\u00e9rale et froide dans laquelle <em>ob\u00e9issance et irresponsabilit\u00e9<\/em> seront \u00ab <em>les deux mots magiques qui ouvriront demain le Paradis de la civilisation des Machines<\/em> \u00bb, rien ne sert, nous dit Bernanos dans l&#8217;autre texte que nous avons cit\u00e9, de \u00ab <em>faire ce r\u00eave absurde de les d\u00e9truire par la force, \u00e0 la mani\u00e8re des iconoclastes qui, en brisant les images, se flattaient d&#8217;an\u00e9antir aussi les croyances<\/em> \u00bb, car le \u00ab <em>danger n&#8217;est pas dans la multiplication des machines, mais dans le nombre sans cesse croissant d&#8217;hommes habitu\u00e9s, d\u00e8s leur enfance, \u00e0 ne d\u00e9sirer que ce que les machines peuvent donner<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-115802\" src=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_4.jpg\" alt=\"\" width=\"560\" height=\"448\" srcset=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_4.jpg 560w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/115795_4-300x240.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/>Le danger n&#8217;est donc pas, poursuit l&#8217;\u00e9crivain, que \u00ab <em>les machines fassent de vous des esclaves, mais qu&#8217;on restreigne ind\u00e9finiment votre libert\u00e9 au nom des Machines, de l&#8217;entretien, du fonctionnement, du perfectionnement de l&#8217;universelle Machinerie <\/em>\u00bb. Nous ne devons donc pas une seule seconde perdre de vue le fait que \u00ab <em>le danger n&#8217;est pas dans les Machines, car il n&#8217;y a d&#8217;autre danger pour l&#8217;homme que l&#8217;homme m\u00eame<\/em> \u00bb, l&#8217;homme abject que la Machine r\u00eave et, bient\u00f4t, concevra, nourrira puis tuera \u00e0 son image implacable.<\/p>\n<p><strong>Note :<br \/>\n<\/strong>(1) <em>Essais et \u00e9crits de combat<\/em>, tome 2 (1995, textes \u00e9tablis, pr\u00e9sent\u00e9s et annot\u00e9s par plusieurs sp\u00e9cialistes sous la direction de Michel Est\u00e8ve). C&#8217;est Joseph Jurt, avec ce m\u00eame Michel Est\u00e8ve, qui a \u00e9tabli l&#8217;apparat critique de <em>La France contre les robots<\/em>.<\/p>\n<p>(2) Rappelons ce passage assez saisissant o\u00f9 Georges Bernanos rapproche les d\u00e9mocraties des r\u00e9gimes totalitaires, les unes et les autres n&#8217;\u00e9tant que les serviteurs plus ou moins z\u00e9l\u00e9s et d\u00e9complex\u00e9s de la Machine :<br \/>\n\u00ab <em>Il ne faut vraiment pas comprendre grand-chose aux faits politiques de ces derni\u00e8res ann\u00e9es pour refuser <\/em><em>encore d&#8217;admettre que le Monde moderne a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9solu, au seul avantage de la Technique, le probl\u00e8me de la D\u00e9mocratie. Les \u00c9tats totalitaires, enfants terribles et trop pr\u00e9coces de la Civilisation des machines, ont tent\u00e9 de r\u00e9soudre ce probl\u00e8me brutalement,<\/em><em> d&#8217;un seul coup. Les autres nations br\u00fblaient de les imiter, mais leur \u00e9volution vers la dictature s&#8217;est trouv\u00e9e un peu ralentie du fait que, contraintes apr\u00e8s Munich d&#8217;entrer en guerre contre l&#8217;hitl\u00e9risme et le fascisme, elles ont d\u00fb, bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, fai<\/em><em>re de l&#8217;id\u00e9e d\u00e9mocratique le principal, ou plus exactement l&#8217;unique \u00e9l\u00e9ment de leur propagande. Pour qui sait voir, il n&#8217;en est pas moins \u00e9vident que le R\u00e9alisme des d\u00e9mocraties ne se d\u00e9finit nullement lui-m\u00eame par des d\u00e9clarations retentissantes et vaines<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>yogaesoteric<\/strong><strong><br \/>\n31 mars 2023<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Juan Asencio Publi\u00e9 \u00e0 Paris en 1933, le court texte de Nicolas Berdiaeff intitul\u00e9 L&#8217;homme et la machine pr\u00e9c\u00e8de celui de Georges Bernanos de quelques ann\u00e9es. Il faut une fois de plus remercier les excellentes \u00e9ditions R&amp;N de nous redonner ce petit texte assez vif et qui annonce d&#8217;une certaine fa\u00e7on le propos de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[1570],"tags":[],"class_list":["post-115795","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-menace-de-lintelligence-artificielle"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115795","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=115795"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115795\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":115811,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/115795\/revisions\/115811"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=115795"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=115795"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=115795"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}