{"id":13929,"date":"2019-04-09T14:50:16","date_gmt":"2019-04-09T14:50:16","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yogaesoteric.net\/actualite-fr\/interviews-1602-fr\/le-cerveau-est-il-le-deuxieme-repaire-des-bacteries-intestinales\/"},"modified":"2019-04-09T14:50:16","modified_gmt":"2019-04-09T14:50:16","slug":"le-cerveau-est-il-le-deuxieme-repaire-des-bacteries-intestinales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/le-cerveau-est-il-le-deuxieme-repaire-des-bacteries-intestinales\/","title":{"rendered":"Le cerveau est-il le deuxi\u00e8me repaire des bact\u00e9ries intestinales ?"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">Il est bien connu que les microbes situ&#233;s dans les intestins peuvent avoir d&#8217;importants effets sur la sant&#233;. Mais &#224; pr&#233;sent, les chercheurs se demandent si certaines de ces bact&#233;ries pourraient d&#233;cider d&#8217;aller s&#8217;installer dans le cerveau ?<\/p>\n<p align=\"center\">\n<p>      <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/aprilie\/9\/19156_2.jpg\" \/><\/p>\n<p>    Des images de tranches de cerveau humain r&#233;v&#232;lent des bact&#233;ries, situ&#233;es ici &#224; gauche d&#8217;un vaisseau sanguin. Une preuve all&#233;chante, mais pr&#233;liminaire, d&#8217;un &#171; microbiome c&#233;r&#233;bral &#187;.<\/p>\n<p align=\"center\">\n<p align=\"justify\">Une affiche pr&#233;sent&#233;e lors de la r&#233;union annuelle de la Society for Neuroscience a attir&#233; l&#8217;attention, avec des images prises au microscope et en haute r&#233;solution, de bact&#233;ries p&#233;n&#233;trant apparemment dans les cellules d&#8217;un cerveau humain en bonne sant&#233;. Les chercheurs soulignent le fait qu&#8217;il s&#8217;agit de travaux pr&#233;liminaires et que les &#233;chantillons de tissus, pr&#233;lev&#233;s sur des cadavres, auraient potentiellement pu &#234;tre contamin&#233;s.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cependant, pour de nombreux passants dans la salle d&#8217;exposition de la r&#233;union annuelle, la possibilit&#233; que des bact&#233;ries puissent directement influer sur les processus c&#233;r&#233;braux, y compris peut-&#234;tre l&#8217;&#233;volution d&#8217;une maladie neurologique, &#233;tait plus qu&#8217;exaltante. &#171; C&#8217;est comme une toute nouvelle usine mol&#233;culaire [dans le cerveau] avec ses propres besoins. (&#8230;) C&#8217;est &#233;poustouflant &#187;, a d&#233;clar&#233; le neuroscientifique Ronald McGregor, de l&#8217;Universit&#233; de Californie &#224; Los Angeles (USA), qui n&#8217;a pas particip&#233; aux travaux.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le cerveau est un environnement bien prot&#233;g&#233; : il est partiellement isol&#233; du contenu du sang par un r&#233;seau de cellules qui entourent ses vaisseaux sanguins. Cependant, les bact&#233;ries et les virus qui parviennent &#224; p&#233;n&#233;trer dans cette barri&#232;re h&#233;mato-enc&#233;phalique, peuvent provoquer une inflammation potentiellement fatale.<\/p>\n<p align=\"justify\">Certaines recherches ont sugg&#233;r&#233; que les bact&#233;ries vivant dans les intestins pourraient affecter l&#8217;humeur et le comportement, voire augmenter le risque de maladies neurologiques, mais par des moyens indirects. Par exemple, une perturbation de l&#8217;&#233;quilibre des microbiomes intestinaux pourrait augmenter la production d&#8217;une prot&#233;ine qui pourrait causer la maladie de Parkinson, si elle vient &#224; voyager &#224; travers le nerf reliant l&#8217;intestin au cerveau.<\/p>\n<p align=\"justify\">Durant la r&#233;union, la neuroanatomiste Rosalinda Roberts de l&#8217;Universit&#233; d&#8217;Alabama &#224; Birmingham (UAB), a fait comprendre aux participants pr&#233;sents que la d&#233;couverte, si elle s&#8217;av&#232;re correcte, sugg&#232;re une relation intime inattendue entre les microbes et le cerveau.<\/p>\n<p align=\"justify\">En effet, son laboratoire recherche en ce moment les diff&#233;rences entre les personnes en bonne sant&#233; et celles atteintes de schizophr&#233;nie, en examinant des tranches de tissu c&#233;r&#233;bral pr&#233;serv&#233;es, quelques heures apr&#232;s le d&#233;c&#232;s seulement.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il y a environ 5 ans, la neuroscientifique Courtney Walker, alors &#233;tudiante au laboratoire de Roberts, &#233;tait fascin&#233;e par des &#233;l&#233;ments non identifi&#233;s en forme de b&#226;tonnets, qui figuraient justement dans les images tr&#232;s d&#233;taill&#233;es de ces tranches, captur&#233;es au microscope &#233;lectronique. Roberts avait d&#233;j&#224; vu ces formes : &#171; Mais je les ai juste n&#233;glig&#233;es, car je cherchais autre chose &#187;, explique-t-elle.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cependant, Walker a persist&#233; et a commenc&#233; &#224; consulter d&#8217;autres coll&#232;gues de l&#8217;UAB. Puis, l&#8217;ann&#233;e 2018, une bact&#233;riologiste lui a annonc&#233; une nouvelle inattendue : les &#233;l&#233;ments qu&#8217;elle voyait &#233;taient en r&#233;alit&#233; des bact&#233;ries. L&#8217;&#233;quipe de recherche a d&#233;couvert des bact&#233;ries dans chaque cerveau contr&#244;l&#233;, soit 34 au total, dont la moiti&#233; &#233;tait en bonne sant&#233;, tandis que l&#8217;autre moiti&#233; provenait de personnes atteintes de schizophr&#233;nie.<\/p>\n<p align=\"justify\">Roberts s&#8217;est demand&#233;e si des bact&#233;ries de l&#8217;intestin pouvaient avoir p&#233;n&#233;tr&#233; dans le cerveau par des vaisseaux sanguins, durant les heures qui ont suivi sa mort. Elle a donc examin&#233; des cerveaux de souris en bonne sant&#233;, qui ont &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;es imm&#233;diatement apr&#232;s la mort de ces derni&#232;res : il y avait encore plus de bact&#233;ries. Ensuite, elle a examin&#233; le cerveau de souris exemptes de germes, qui ont &#233;t&#233; soigneusement &#233;lev&#233;es pour &#234;tre d&#233;pourvues de vie microbienne. Ces derniers &#233;taient uniform&#233;ment propres.<\/p>\n<p>      <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/martie\/20\/19156_1.jpg\" \/><\/p>\n<p>Le s&#233;quen&#231;age de l&#8217;ARN a r&#233;v&#233;l&#233; que la plupart des bact&#233;ries provenaient de trois embranchements communs &#224; l&#8217;intestin : les firmicutes, les prot&#233;obact&#233;ries et les bact&#233;ro&#239;des. Roberts ne sait pas comment ces bact&#233;ries auraient pu p&#233;n&#233;trer dans le cerveau. En effet, ces derni&#232;res pourraient avoir travers&#233; des vaisseaux sanguins, remont&#233; des nerfs de l&#8217;intestin, ou m&#234;me &#234;tre entr&#233;es par le nez. L&#8217;&#233;quipe de recherche ne sait pas non plus qu&#8217;elle est l&#8217;utilit&#233; ou la nuisance potentielle de ces bact&#233;ries dans le cerveau.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&#8217;&#233;quipe de recherche n&#8217;a cependant d&#233;cel&#233; aucun signe d&#8217;inflammation sugg&#233;rant qu&#8217;elles causaient des dommages, mais ces derni&#232;res n&#8217;ont pas encore &#233;t&#233; quantifi&#233;es ni compar&#233;es aux cerveaux de personnes souffrant de schizophr&#233;nie, ainsi qu&#8217;aux cerveaux en bonne sant&#233;. S&#8217;il s&#8217;av&#233;rait qu&#8217;il y ait des diff&#233;rences majeures, de futures recherches pourraient analyser comment ce &#171; microbiome c&#233;r&#233;bral &#187; propos&#233; pourrait maintenir, ou menacer, la sant&#233; du cerveau.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lors de l&#8217;&#233;tude initiale des micrographies &#233;lectroniques, l&#8217;&#233;quipe de Roberts a observ&#233; que les bact&#233;ries r&#233;sidentes avaient des pr&#233;f&#233;rences d&#233;routantes. En effet, elles semblaient habiter des cellules en forme d&#8217;&#233;toile, appel&#233;es astrocytes, qui interagissent avec les neurones et les soutiennent.<\/p>\n<p align=\"justify\">Plus pr&#233;cis&#233;ment, les microbes se sont regroup&#233;s autour des extr&#233;mit&#233;s des astrocytes qui entourent les vaisseaux sanguins au niveau de la barri&#232;re h&#233;mato-enc&#233;phalique. Ils semblaient &#233;galement &#234;tre plus abondants autour des neurones qui sont envelopp&#233;s dans la substance grasse appel&#233;e my&#233;line.<\/p>\n<p align=\"justify\">Roberts ne peut pas expliquer ces pr&#233;f&#233;rences mais l&#8217;&#233;quipe de recherche se demande si ces bact&#233;ries sont attir&#233;es par les graisses et le sucre contenus dans ces cellules du cerveau.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pourquoi plus de chercheurs n&#8217;ont-ils pas vu ces bact&#233;ries dans le cerveau auparavant ? Selon Roberts, l&#8217;une des raisons pourrait &#234;tre que peu de chercheurs soumettent les cerveaux post-mortem &#224; la microscopie &#233;lectronique. &#171; Le jumelage d&#8217;un neuroanatomiste avec une collection de cerveaux ne se produit tout simplement pas tr&#232;s souvent &#187;, explique-t-elle. De plus, les neuroscientifiques peuvent (comme ce fut son cas), n&#233;gliger ou ne pas reconna&#238;tre les bact&#233;ries dans leurs &#233;chantillons.<\/p>\n<p align=\"justify\">Roberts reconna&#238;t que son &#233;quipe doit encore exclure toute possibilit&#233; de contamination. Par exemple, des microbes contenus dans l&#8217;air ou qui &#233;taient pr&#233;sents sur les instruments chirurgicaux, auraient potentiellement pu p&#233;n&#233;trer lors de l&#8217;extraction du cerveau. Les chercheurs pr&#233;voient donc des &#233;tudes suppl&#233;mentaires pour exclure ces options.<\/p>\n<p align=\"justify\">Parmi les visiteurs ayant pu observer l&#8217;affiche, &#171; il y avait quelques sceptiques &#187;, note Roberts. Mais m&#234;me si les bact&#233;ries ne se sont jamais vraiment d&#233;velopp&#233;es dans des cerveaux vivants, &#171; les sch&#233;mas de leur invasion post-mortem sont intrigants &#187;, ajoute-t-elle. Cependant, s&#8217;il existe r&#233;ellement une sorte de &#171; microbiome c&#233;r&#233;bral &#187;, comme propos&#233; par Roberts, &#171; il y aurait beaucoup &#224; &#233;tudier &#187;, d&#233;clare Teodor Postolache, psychiatre &#224; l&#8217;Universit&#233; du Maryland &#224; Baltimore.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ce dernier a &#233;tudi&#233; le parasite protozoaire Toxoplasma gondii, qui envahit le cerveau, mais ne cause pas toujours une maladie &#233;vidente. &#171; Je ne suis pas tr&#232;s surpris que d&#8217;autres choses puissent vivre dans le cerveau, mais bien entendu, si c&#8217;est le cas, alors c&#8217;est r&#233;volutionnaire &#187; dit-il.<\/p>\n<p align=\"justify\">Selon les chercheurs, si ces bact&#233;ries intestinales communes constituent une pr&#233;sence b&#233;nigne dans et autour des cellules c&#233;r&#233;brales, alors elles pourraient bien jouer un r&#244;le cl&#233; dans la r&#233;gulation de l&#8217;activit&#233; immunitaire du cerveau. &#171; Il y a encore un long chemin &#224; parcourir pour le d&#233;couvrir, mais c&#8217;est un chemin passionnant &#187;, a-t-il ajout&#233;.<\/p>\n<p align=\"justify\">&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>yogaesoteric<br \/>9 avril 2019<\/strong><br \/>\n    \n  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#160; Il est bien connu que les microbes situ&#233;s dans les intestins peuvent avoir d&#8217;importants effets sur la sant&#233;. 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