{"id":14789,"date":"2019-09-15T18:34:23","date_gmt":"2019-09-15T18:34:23","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yogaesoteric.net\/sante-fr\/articles-4260-fr\/cerveau-et-immunite-un-monde-nouveau-sest-ouvert-pour-la-recherche\/"},"modified":"2019-09-15T18:34:23","modified_gmt":"2019-09-15T18:34:23","slug":"cerveau-et-immunite-un-monde-nouveau-sest-ouvert-pour-la-recherche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/cerveau-et-immunite-un-monde-nouveau-sest-ouvert-pour-la-recherche\/","title":{"rendered":"Cerveau et immunit\u00e9 : un monde nouveau s\u2019est ouvert pour la recherche !"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">Les scientifiques ont longtemps pens&#233; que les diff&#233;rentes fonctions du cerveau n&#8217;&#233;taient pas affect&#233;es par le syst&#232;me immunitaire. Ce syst&#232;me, on le sait, exerce des fonctions essentielles, telles que la d&#233;fense contre les bact&#233;ries et les cellules canc&#233;reuses. Cependant, le cerveau humain est physiquement s&#233;par&#233; des cellules immunitaires pr&#233;sentes dans le flux sanguin par la barri&#232;re h&#233;mato-enc&#233;phalique qui prot&#232;ge de mani&#232;re tr&#232;s efficace le cerveau contre les agents pathog&#232;nes et les toxines circulant dans le sang.<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p>    <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/septembrie\/8\/20632_1.jpg\" \/><\/p>\n<p align=\"justify\">Mais depuis une dizaine d&#8217;ann&#233;es plusieurs d&#233;couvertes majeures sont venues remettre en cause ce dogme et ouvrir de nouvelles perspectives dans la compr&#233;hension globale du syst&#232;me immunitaire et du dialogue subtil et complexe qu&#8217;il entretient en permanence avec votre cerveau.<\/p>\n<p align=\"justify\">En 2006, l&#8217;&#233;quipe su&#233;doise du professeur Shohreh Issazadeh-Navikas, de l&#8217;Universit&#233; de Lund, &#233;tait parvenue &#224; montrer que les neurones moteurs sont capables de r&#233;guler activement la r&#233;ponse immunitaire et jouent en effet un r&#244;le central dans la pr&#233;vention de l&#8217;inflammation du syst&#232;me nerveux central. Cette &#233;tude montre que les neurones, loin d&#8217;avoir le simple r&#244;le de messagers, peuvent &#233;galement transformer les cellules T nocives p&#233;n&#233;trant dans le cerveau durant une infection virale ou &#224; la suite d&#8217;une l&#233;sion affectant le syst&#232;me nerveux central, qui sont &#224; l&#8217;origine des maladies inflammatoires et auto-immunes telles que la scl&#233;rose en plaques. La m&#234;me &#233;quipe su&#233;doise avait d&#233;j&#224; montr&#233; que les neurones s&#233;cr&#233;taient plusieurs prot&#233;ines immunologiques capables de combattre ce type de pathologie.<\/p>\n<p align=\"justify\">En juin 2015, des chercheurs de l&#8217;Universit&#233; de Virginie (&#201;tats-Unis), dirig&#233;s par Jonathan Kipnis, cr&#233;ent l&#8217;&#233;v&#233;nement en r&#233;v&#233;lant qu&#8217;ils ont d&#233;couvert la pr&#233;sence de vaisseaux lymphatiques dans le cerveau de souris, le reliant ainsi au syst&#232;me immunitaire. Il s&#8217;agit d&#8217;une d&#233;couverte majeure car les scientifiques &#233;taient convaincus que le cerveau n&#8217;avait aucun lien anatomique direct avec le syst&#232;me immunitaire. Composante-cl&#233; du syst&#232;me immunitaire, le syst&#232;me lymphatique constitue un vaste ensemble de vaisseaux qui drainent un liquide appel&#233; lymphe vers diff&#233;rents tissus et organes et vers le c&#339;ur. Parmi ces multiples fonctions, ce syst&#232;me lymphatique assure la circulation des cellules immunitaires dans tout le corps et l&#8217;activation de la r&#233;ponse immunitaire lors d&#8217;une infection. Il permet par ailleurs la circulation des hormones et des nutriments dans l&#8217;organisme.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour r&#233;aliser cette d&#233;couverte majeure, ces scientifiques ont invers&#233; la proc&#233;dure habituelle, qui pr&#233;voit d&#8217;abord l&#8217;ablation des m&#233;ninges (les membranes recouvrant le cerveau), puis leur fixation, de mani&#232;re &#224; figer les cellules dans l&#8217;&#233;tat o&#249; elles se trouvaient juste avant la dissection. Ils ont ainsi pu d&#233;celer la pr&#233;sence de vaisseaux lymphatiques, particuli&#232;rement bien cach&#233;s, au sein des m&#233;ninges. &#171; Maintenant nous savons que le cerveau est comme tous les autres organes, c&#8217;est-&#224;-dire connect&#233; au syst&#232;me immunitaire via des vaisseaux lymphatiques &#187;, souligne Jonathan Kipnis.<\/p>\n<p align=\"justify\">Plus largement, cette d&#233;couverte &#233;claire d&#8217;une lumi&#232;re nouvelle les causes de nombreuses maladies affectant &#224; la fois le syst&#232;me nerveux central et le syst&#232;me immunitaire. C&#8217;est notamment le cas de la maladie d&#8217;Alzheimer et de la scl&#233;rose en plaques, des maladies qui s&#8217;attaquent au syst&#232;me nerveux central. Dans la maladie d&#8217;Alzheimer par exemple, on observe une accumulation massive de prot&#233;ines b&#234;ta-amylo&#239;des dans le cerveau. Cette d&#233;couverte am&#233;ricaine renforce l&#8217;hypoth&#232;se selon laquelle cette accumulation pourrait &#234;tre due &#224; une mauvaise &#233;vacuation de ces prot&#233;ines par les vaisseaux lymphatiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une autre d&#233;couverte tr&#232;s int&#233;ressante a &#233;t&#233; faite en 2016 par Asya Rolls, chercheur &#224; l&#8217;institut technologique isra&#233;lien (Technion). Ces scientifiques ont mis en incubation des cellules immunitaires de souris et les ont expos&#233;es &#224; des bact&#233;ries E. coli apr&#232;s avoir stimul&#233; des cellules sp&#233;cifiques du syst&#232;me de r&#233;compense des animaux. Ils ont alors pu constater que ces cellules &#233;taient deux fois plus efficaces pour tuer les bact&#233;ries que les cellules ordinaires.<\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/septembrie\/15\/20632_1.jpg\" \/>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Au cours d&#8217;une seconde exp&#233;rience, ces scientifiques ont vaccin&#233; diff&#233;rentes souris avec les m&#234;mes cellules immunitaires. Ils ont alors observ&#233; que ces rongeurs &#233;taient &#233;galement, un mois plus tard, deux fois plus susceptibles de combattre l&#8217;infection. Conclusion de ces recherches : les informations stimulant le syst&#232;me immunitaire pourraient provenir d&#8217;une r&#233;gion du cerveau que l&#8217;on appelle l&#8217;aire tegmentale ventrale et qui h&#233;berge un m&#233;canisme de r&#233;compense aliment&#233; par la dopamine.<\/p>\n<p align=\"justify\">En 2017, des scientifiques de l&#8217;Universit&#233; de B&#226;le ont r&#233;alis&#233; une nouvelle avanc&#233;e en montrant, gr&#226;ce &#224; deux &#233;tudes, que ce lien entre le syst&#232;me immunitaire et le cerveau est bien plus &#233;troit que l&#8217;on le croyait auparavant. Dans la premi&#232;re &#233;tude, portant sur 533 participants, ces chercheurs ont montr&#233; que l&#8217;&#233;paisseur du cortex c&#233;r&#233;bral &#233;tait corr&#233;l&#233;e avec le profil &#233;pig&#233;n&#233;tique des g&#232;nes li&#233;s &#224; l&#8217;immunit&#233;. Ces chercheurs ont pu montrer que ce sont pr&#233;cis&#233;ment les g&#232;nes responsables de la r&#233;gulation des fonctions immunitaires importantes dans le sang qui sont impliqu&#233;s dans ce lien entre le profil &#233;pig&#233;n&#233;tique et ces propri&#233;t&#233;s structurelles du cerveau. Les travaux de cette &#233;quipe suisse remettent donc &#233;galement en cause le principe d&#8217;une fonction c&#233;r&#233;brale ind&#233;pendante et non affect&#233;e par le syst&#232;me immunitaire.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans leur seconde &#233;tude, les chercheurs ont &#233;tudi&#233; les g&#233;nomes de participants sains mais traumatis&#233;s par des souvenirs n&#233;gatifs. Ils ont pu identifier une variante du g&#232;ne TROVE2, un g&#232;ne &#233;galement impliqu&#233; dans les maladies immunologiques. Ces chercheurs ont pu montrer que ce g&#232;ne semblait gouverner la capacit&#233; des participants de se souvenir d&#8217;un nombre particuli&#232;rement &#233;lev&#233; d&#8217;images et d&#8217;&#233;v&#233;nements n&#233;gatifs, sans toutefois que leur m&#233;moire globale ne s&#8217;en trouve affect&#233;e. Cette variante semble donc fortement associ&#233;e &#224; une activation de r&#233;gions c&#233;r&#233;brales particuli&#232;res, impliqu&#233;s dans la m&#233;morisation des traumatismes et des &#233;motions.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&#224; encore, ces deux &#233;tudes confirment de mani&#232;re solide que la structure du cerveau et certaines de ses fonctions essentielles, comme la m&#233;moire, sont li&#233;es &#224; l&#8217;activit&#233; de g&#232;nes cl&#233;s de la fonction immunitaire dans le sang ; ces travaux montrent &#233;galement par quels m&#233;canismes votre syst&#232;me immunitaire peut &#234;tre affect&#233; par certaines substances ou m&#233;dicaments qui ont tr&#232;s probablement &#233;galement des effets sur votre cerveau. La mise en lumi&#232;re de ces nouveaux liens ne constitue pas seulement une avanc&#233;e fondamentale dans la connaissance du cerveau et du syst&#232;me immunitaire, elle ouvre aussi de nouvelles voies th&#233;rapeutiques et ces scientifiques imaginent d&#233;j&#224; que certains m&#233;dicaments du syst&#232;me immunitaire pourraient &#233;galement avoir un effet positif sur certaines fonctions c&#233;r&#233;brales alt&#233;r&#233;es.<\/p>\n<p align=\"justify\">Enfin, &#224; la fin de 2018, des chercheurs de l&#8217;Inserm, du CNRS et d&#8217;Aix-Marseille Universit&#233; (AMU) ont r&#233;ussi &#224; observer des m&#233;canismes de coop&#233;ration entre le syst&#232;me nerveux et le syst&#232;me immunitaire dans la r&#233;ponse &#224; certaines agressions pathog&#232;nes. Ces recherches ont permis de montrer pour la premi&#232;re fois, de mani&#232;re aussi solide, le r&#244;le du cerveau dans la r&#233;gulation de la r&#233;action inflammatoire induite par le syst&#232;me immunitaire lors d&#8217;une infection et notamment de r&#233;v&#233;ler son effet protecteur et r&#233;gulateur qui limite le processus inflammatoire et l&#8217;emp&#234;che d&#8217;avoir des cons&#233;quences trop d&#233;vastatrices.<\/p>\n<p align=\"justify\">On sait que lorsque l&#8217;organisme est expos&#233; &#224; une infection par des virus ou des bact&#233;ries, le syst&#232;me immunitaire se mobilise pour combattre et si possible &#233;liminer ces agents infectieux. Dans ce cas, les cellules du syst&#232;me immunitaire vont alors produire des mol&#233;cules inflammatoires, appel&#233;es cytokines, responsables du processus d&#8217;inflammation n&#233;cessaire pour lutter contre la diss&#233;mination des agents pathog&#232;nes dans notre corps. Mais dans un certain nombre de situations, cette r&#233;action inflammatoire s&#8217;emballe de mani&#232;re incontr&#244;l&#233;e et devient alors nocive pour l&#8217;organisme, provoquant des l&#233;sions des organes infect&#233;s et pouvant m&#234;me entra&#238;ner la mort du patient.<\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/septembrie\/15\/20632_2.jpg\" \/>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">De pr&#233;c&#233;dentes &#233;tudes ont montr&#233; qu&#8217;en cas d&#8217;infection, le cerveau se mobilise pour r&#233;guler la r&#233;action inflammatoire. Concr&#232;tement, lorsqu&#8217;il d&#233;tecte une production excessive de cytokines produites par les cellules immunitaires, le cerveau, par un m&#233;canisme classique de boucle r&#233;troactive n&#233;gative, va commander la s&#233;cr&#233;tion dans le sang d&#8217;hormones &#8211; les glucocortico&#239;des &#8211; qui vont venir r&#233;guler cette inflammation excessive.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ces chercheurs fran&#231;ais du CNRS, de l&#8217;Inserm et de l&#8217;Universit&#233; d&#8217;Aix-Marseille ont voulu mieux comprendre chez la souris les diff&#233;rents modes d&#8217;action de ces glucocortico&#239;des produits par le cerveau pour contr&#244;ler la r&#233;action inflammatoire provoqu&#233;e par une infection virale. Dans le prolongement des &#233;tudes pr&#233;c&#233;dentes qu&#8217;on vient d&#8217;&#233;voquer, ces recherches ont &#233;galement montr&#233; que les glucocortico&#239;des r&#233;gulaient l&#8217;activit&#233; d&#8217;une population de cellules immunitaires, productrices de cytokines inflammatoires et poss&#233;dant une capacit&#233; antivirale et antitumorale puissante : les cellules NK, dites &#171; Natural Killer &#187;. Ces derni&#232;res poss&#232;dent un r&#233;cepteur qui est activ&#233; par les glucocortico&#239;des produits apr&#232;s l&#8217;infection, ce qui entra&#238;ne, &#224; la surface de ces cellules NK, l&#8217;expression d&#8217;une mol&#233;cule appel&#233;e PD-1, qui fait l&#8217;objet de tr&#232;s nombreux travaux car son inhibition permet de restaurer de mani&#232;re puissante certaines cellules immunitaires pour les mobiliser contre les cellules canc&#233;reuses.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les chercheurs ont &#233;galement constat&#233; que les souris n&#8217;exprimant pas le r&#233;cepteur aux glucocortico&#239;des dans leurs cellules NK, d&#233;veloppaient des r&#233;actions inflammatoires beaucoup plus fortes en cas d&#8217;infection. Ces recherches ont donc permis de d&#233;montrer que l&#8217;expression du r&#233;cepteur aux glucocortico&#239;des par les cellules NK est bel et bien n&#233;cessaire pour r&#233;guler l&#8217;intensit&#233; de l&#8217;inflammation et l&#8217;emp&#234;cher de devenir n&#233;faste pour le malade. Cette &#233;tude montre &#233;galement que cette r&#233;gulation fait intervenir la mol&#233;cule PD-1 qui a le pouvoir d&#8217;inhiber la production de cytokines inflammatoires par les cellules NK.<\/p>\n<p align=\"justify\">Comme le souligne Sophie Ugolini, chercheuse Inserm et directrice de l&#8217;&#233;tude, &#171; L&#8217;aspect le plus inattendu de notre d&#233;couverte a &#233;t&#233; que cette r&#233;gulation emp&#234;che le syst&#232;me immunitaire de s&#8217;emballer et de d&#233;truire les tissus sains, tout en maintenant pleinement ses propri&#233;t&#233;s antivirales n&#233;cessaires &#224; l&#8217;&#233;limination efficace du virus &#187;. Cette d&#233;couverte pourrait permettre de d&#233;velopper de nouvelles strat&#233;gies th&#233;rapeutiques, contre les infections virales et bact&#233;riennes, mais &#233;galement contre les cancers, qui cibleraient cette puissante voie de r&#233;gulation.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il faut &#233;galement souligner que de nombreuses recherches renforcent l&#8217;hypoth&#232;se d&#8217;une implication du syst&#232;me immunitaire dans les troubles psychiatriques. Une &#233;quipe de la Fondation FondaMental (Inserm U955) conduite par le Docteur Ryad Tamouza, s&#8217;est par exemple int&#233;ress&#233;e au r&#244;le du syst&#232;me HLA (human leukocyte antigens ou leucog&#232;nes des lymphocytes humains,), d&#233;couvert il y plus de soixante ans cette ann&#233;e par le Nobel fran&#231;ais Jean Dausset, dans l&#8217;autisme et les troubles bipolaires.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une premi&#232;re &#233;tude, publi&#233;e en mai 2018 et portant sur 471 personnes autistes et 350 sujets t&#233;moins, a montr&#233; l&#8217;implication de deux haplotypes (Un haplotype est un ensemble de g&#232;nes situ&#233;s c&#244;te &#224; c&#244;te sur un chromosome et g&#233;n&#233;ralement transmis ensemble &#224; la g&#233;n&#233;ration suivante) et a confirm&#233; les hypoth&#232;ses de l&#8217;implication de l&#8217;axe cerveau-intestin dans l&#8217;autisme.<\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/septembrie\/15\/20632_3.jpg\" \/>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Une autre &#233;tude, conduite aupr&#232;s de 475 patients atteints de troubles bipolaires et 195 t&#233;moins et publi&#233;e en juin 2018, a compar&#233; la distribution de deux grandes familles de g&#232;nes connus pour leur r&#244;le dans la r&#233;ponse immunitaire, et leur capacit&#233; &#224; reconna&#238;tre les agents pathog&#232;nes, qu&#8217;il s&#8217;agisse de virus, de bact&#233;ries ou de parasites. Elle a permis d&#8217;identifier des combinaisons de g&#232;nes associ&#233;es &#224; un plus grand risque de d&#233;velopper une forme grave de la maladie bipolaire, ainsi qu&#8217;au risque de tendance suicidaire. Fait tr&#232;s int&#233;ressant, ces haplotypes sont d&#233;j&#224; connus pour leur implication dans la scl&#233;rose en plaques et la maladie d&#8217;Alzheimer, deux pathologies neuro-inflammatoires.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ces d&#233;couvertes confortent l&#8217;hypoth&#232;se selon laquelle des infections pr&#233;coces combin&#233;es &#224; certains facteurs g&#233;n&#233;tiques pourraient provoquer des r&#233;actions inflammatoires excessives et brutales, entra&#238;nant ainsi des cons&#233;quences d&#233;vastatrices sur le syst&#232;me immunitaire et le cerveau des malades. Ces avanc&#233;es montrent par ailleurs, qu&#8217;outre son r&#244;le dans la d&#233;fense face &#224; des agents pathog&#232;nes, le syst&#232;me HLA joue &#233;galement un r&#244;le majeur dans la structuration et la connexion des neurones et qu&#8217;il est probablement impliqu&#233;, &#224; un niveau et selon des m&#233;canismes qui restent &#224; &#233;lucider, dans le d&#233;clenchement de pathologies psychiatriques lourdes, comme la schizophr&#233;nie, l&#8217;autisme ou les troubles bipolaires.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&#8217;ensemble de ces recherches et avanc&#233;es convergent donc pour montrer d&#8217;une mani&#232;re saisissante que le syst&#232;me immunitaire et le cerveau, bien qu&#8217;&#233;videmment distincts et ob&#233;issant &#224; des m&#233;canismes sp&#233;cifiques de fonctionnement, sont interconnect&#233;s de mani&#232;re multiple et subtile et ne cessent de dialoguer pour tenter de maintenir une hom&#233;ostasie &#224; la fois physiologique, c&#233;r&#233;brale et psychologique. On peut d&#8217;ailleurs penser que la d&#233;couverte publi&#233;e, montrant que certains &#233;v&#233;nements violents ou traumatiques pouvaient s&#8217;inscrire dans l&#8217;ADN, par m&#233;thylation, et m&#234;me &#234;tre transmis aux g&#233;n&#233;rations futures, s&#8217;inscrit dans cette vision globale qui efface les fronti&#232;res conceptuelles entre le corps et l&#8217;esprit, le vivant et la pens&#233;e.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais de mani&#232;re beaucoup plus concr&#232;te, toutes ces passionnantes d&#233;couvertes devraient permettre d&#8217;ouvrir de nouvelles approches th&#233;rapeutiques, peut-&#234;tre r&#233;volutionnaires, pour traiter bien plus efficacement et globalement non seulement de redoutables maladies inflammatoires et neurod&#233;g&#233;n&#233;ratives et psychiatriques, mais &#233;galement des maladies comme le cancer, jusqu&#8217;&#224; quelque temps essentiellement consid&#233;r&#233;es sous l&#8217;angle organique et m&#233;tabolique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Gageons que, demain, on verra l&#8217;&#233;mergence et l&#8217;essor spectaculaire d&#8217;une nouvelle discipline scientifique vou&#233;e &#224; bouleverser la science et la m&#233;decine : la neuro-immunologie.<\/p>\n<p align=\"justify\">&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>yogaesoteric<br \/>15 septembre 2019<\/strong><br \/>\n    \n  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#160; Les scientifiques ont longtemps pens&#233; que les diff&#233;rentes fonctions du cerveau n&#8217;&#233;taient pas affect&#233;es par le syst&#232;me immunitaire. 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