{"id":15734,"date":"2020-02-26T19:01:39","date_gmt":"2020-02-26T19:01:39","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yogaesoteric.net\/demasquer-la-maconnerie-fr\/nouvelles-sensationnelles-censurees-3480-fr\/nouvelles-censurees-union-europeenne-5127-fr\/la-commission-europeenne-est-comme-ladministration-coloniale-de-jadis-elle-meprise-les-peuples\/"},"modified":"2020-02-26T19:01:39","modified_gmt":"2020-02-26T19:01:39","slug":"la-commission-europeenne-est-comme-ladministration-coloniale-de-jadis-elle-meprise-les-peuples","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/la-commission-europeenne-est-comme-ladministration-coloniale-de-jadis-elle-meprise-les-peuples\/","title":{"rendered":"\u00ab La Commission europ\u00e9enne est comme l\u2019administration coloniale de jadis, elle m\u00e9prise les peuples \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p>  &#160;<\/p>\n<p>    L&#8217;historien David Van Reybrouck analyse le d&#233;ficit d&#233;mocratique europ&#233;en et la mont&#233;e des populismes &#224; la lumi&#232;re de ce que fut le colonialisme finissant.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/februarie 2020\/11\/22340_1.jpg\" align=\"center\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>  Chronique. La presse occidentale de qualit&#233; semble depuis peu obs&#233;d&#233;e par un parall&#232;le historique. &#171; Revivons-nous les ann&#233;es 1930 ? &#187;, s&#8217;interroge The Guardian apr&#232;s le Brexit. &#171; Le monde revient-il aux ann&#233;es 1930 avec le triomphe de Trump ? &#187;, &#233;crit El Pais. &#171; Donald Trump : est-ce d&#233;j&#224; le fascisme ? &#187;, questionne le r&#233;dacteur en chef du Spiegel.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  En temps de houle, nous cherchons des points de rep&#232;re familiers. A l&#8217;&#233;poque aussi, il y avait une crise bancaire, une r&#233;cession consid&#233;rable, un ch&#244;mage massif et d&#8217;immenses in&#233;galit&#233;s. Mais le probl&#232;me que posent les ann&#233;es 1930 est l&#8217;id&#233;e qu&#8217;une guerre mondiale s&#8217;ensuivra obligatoirement. Et cela ne facilite pas le d&#233;bat. Chaque analyse est imm&#233;diatement &#233;clips&#233;e par les cons&#233;quences d&#233;vastatrices.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>    <strong>Un eurocentrisme exacerb&#233;<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  N&#8217;y a-t-il pas d&#8217;autres comparaisons possibles ? Nous clamons &#234;tre des citoyens du monde, mais nous &#233;valuons l&#8217;histoire europ&#233;enne de pr&#233;f&#233;rence &#224; la lumi&#232;re de&#8230; l&#8217;histoire europ&#233;enne. Que des tendances &#233;mergentes en Afrique, en Asie, en Am&#233;rique latine puissent &#234;tre des outils pour comprendre l&#8217;Union europ&#233;enne (UE) ne semble pas nous venir &#224; l&#8217;esprit. Cet eurocentrisme exacerb&#233; me d&#233;range toujours.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Les douze derni&#232;res ann&#233;es, je me suis int&#233;ress&#233; de tr&#232;s pr&#232;s aux processus de d&#233;colonisation des Indes n&#233;erlandaises et du Congo belge. Qu&#8217;ont-ils &#224; nous apprendre ? Peut-on comparer l&#8217;anticolonialisme croissant d&#8217;alors &#224; l&#8217;anti-europ&#233;anisme d&#8217;aujourd&#8217;hui ?<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  De toute &#233;vidence, l&#8217;UE est tout autre chose qu&#8217;une colonie. Elle s&#8217;est cr&#233;&#233;e de l&#8217;int&#233;rieur, par le biais de la diplomatie et &#224; sa propre demande. Les colonies, elles, sont cr&#233;&#233;es sans y avoir &#233;t&#233; invit&#233;es, manu militari et de l&#8217;ext&#233;rieur. Elles &#233;taient p&#233;tries de pens&#233;es raciales.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Et pourtant, les derni&#232;res ann&#233;es, dans des documents de la fin de la p&#233;riode coloniale, j&#8217;ai trouv&#233; des passages qui m&#8217;ont paru familiers. Sukarno, qui deviendrait le premier pr&#233;sident de l&#8217;Indon&#233;sie, s&#8217;exprima ainsi &#224; son proc&#232;s en 1930 : &#171; Un peuple assujetti, donc tout peuple qui ne peut g&#233;rer sa propre administration comme le prescrivent son int&#233;r&#234;t et son bien-&#234;tre, vit en &#233;tat de &#8220;d&#233;sordre permanent&#8221;. (&#8230;) Le peuple indon&#233;sien est aujourd&#8217;hui un peuple vivant dans l&#8217;affliction. Et ce n&#8217;est pas notre incitation, pas l&#8217;incitation de &#8220;provocateurs&#8221;, mais cette affliction, ces larmes du peuple, qui sont la cause de ce mouvement populaire. &#187;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  O&#249; avons-nous d&#233;j&#224; entendu ceci ? Le d&#233;sir d&#8217;avoir voix au chapitre. Le malaise social croissant. Le refus de voir les larmes. La diabolisation de facilit&#233; de ceux qui nomment et activent ce malaise.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>    <strong>Quelques &#171; pommes v&#233;reuses &#187;<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  En mati&#232;re de style et de vision, les partisans d&#8217;alors peuvent difficilement &#234;tre compar&#233;s aux dirigeants populistes d&#8217;aujourd&#8217;hui, mais ils &#233;taient tout aussi honnis. Hendrikus Colijn, l&#8217;ancien ministre des colonies n&#233;erlandais, trouvait le nationalisme naissant aux Indes n&#233;erlandaises &#171; futile, ne d&#233;coulant d&#8217;aucun mouvement populaire r&#233;el, plut&#244;t une action dans laquelle seule la couche sup&#233;rieure de la soci&#233;t&#233;, aussi fine que la pellicule argent&#233;e d&#8217;un grain de riz, est impliqu&#233;e &#187;.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  R&#233;duire le &#171; probl&#232;me &#187; &#224; quelques &#171; pommes v&#233;reuses &#187; qui pourrissent les autres est un proc&#233;d&#233; familier. L&#8217;une de ces &#171; pommes pourries &#187; &#233;tait Sutan Sjahrir, qui deviendra plus tard le premier ministre d&#8217;Indon&#233;sie. Le colonisateur l&#8217;avait banni en 1934 et pour une dur&#233;e illimit&#233;e au camp d&#8217;internement de Boven-Digoel, au c&#339;ur de la for&#234;t vierge des Papous.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Dans l&#8217;une de ses lettres inspir&#233;es, il &#233;crit : &#171; Il faut croire que le gouvernement a trouv&#233; une mani&#232;re facile de gouverner. Exp&#233;dier tous les malcontents &#224; Digoel et intimider ainsi la population. Mais s&#8217;ils avaient un peu plus de bon sens, ils comprendraient que cette solution est trop simple et trop facile pour &#234;tre aussi bonne et juste. Plus cela perdurera, plus il appara&#238;tra que c&#8217;est le gouvernement qui cr&#233;e une situation r&#233;volutionnaire par l&#8217;agression qu&#8217;elle exerce &#224; tous les niveaux, situation qui tend paradoxalement &#224; politiser les couches profondes de la population. &#187;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Naturellement, l&#8217;Union europ&#233;enne n&#8217;envoie personne en camp p&#233;nitentiaire en pleine brousse. Les dirigeants populistes se voient parfois tra&#238;n&#233;s en justice, mais cela n&#8217;a rien &#224; voir avec les proc&#232;s politiques th&#233;&#226;traux d&#8217;alors. Et pourtant, nous pourrions nous demander si le populisme de notre temps ne ressemble pas plus au nationalisme des colonies qu&#8217;au fascisme en Europe.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>    <strong>Une imposture injuste<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Question du jour : qui a prononc&#233; le discours suivant, Boris Johnson ou Yannis Varoufakis ? &#171; Et que toutes les mesures qui se trament l&#224;-bas, &#224; Bruxelles, bien loin de chez nous, sans nous, mais pour nous, sont consid&#233;r&#233;es comme une imposture injuste. Nous avons toujours combattu cette m&#233;thode qui n&#8217;inspire pas confiance du fait que ces mesures ne r&#233;sultent pas d&#8217;un dialogue sinc&#232;re, franc et d&#8217;&#233;gal &#224; &#233;gal. &#187; R&#233;ponse : aucun des deux. C&#8217;est Joseph Kasa-Vubu qui prend ici la parole, en 1958. Deux ans plus tard, il serait le premier pr&#233;sident du Congo.<\/p>\n<p>      <img decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/februarie 2020\/26\/22340_2.jpg\" align=\"center\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>    Joseph Kasa-Vubu, premier pr&#233;sident de 1960 &#224; 1965 de la R&#233;publique du Congo, aujourd&#8217;hui R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC).<\/p>\n<p>  Les mots de Patrice Lumumba, son premier ministre, sont eux aussi d&#8217;une actualit&#233; &#233;tonnante. &#171; Le progr&#232;s r&#233;alis&#233; ici dans le domaine &#233;conomique et social surpasse &#8211; comme nous l&#8217;avons constat&#233; de nos propres yeux &#8211; celui de certains pays. Mais l&#224; o&#249; le b&#226;t blesse, c&#8217;est que le gouvernement belge a n&#233;glig&#233; l&#8217;&#233;mancipation politique des Congolais. (&#8230;) Nous regrettons la politique qui consiste &#224; n&#8217;accorder aux Congolais que les droits que le gouvernement consent &#224; leur octroyer au compte-gouttes comme une aum&#244;ne et non les droits l&#233;gitimes que les nationaux r&#233;clament. &#187;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  L&#8217;&#233;mancipation sans participation conduit &#224; la frustration. C&#8217;est aussi simple que cela. &#171; Entrer en ligne de compte &#187;, voil&#224; de quoi il en retourne. Qu&#8217;on l&#8217;ignore, et la situation vire &#224; l&#8217;explosif.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Dans une soci&#233;t&#233; de fin du colonialisme, les gens vivent sous le joug d&#8217;une administration qui r&#233;glemente pour ainsi dire tous les aspects de la vie publique et priv&#233;e. Malgr&#233; son omnipr&#233;sence, cette administration de nature &#233;nigmatique est plut&#244;t invisible. Des accords sont pass&#233;s avec des potentats locaux pr&#233;existants. Ce qui permet &#224; la population indig&#232;ne d&#8217;acc&#233;der &#224; la nouvelle prosp&#233;rit&#233; : l&#8217;enseignement et la sant&#233; publique p&#233;n&#232;trent jusque dans les villages. Mais les possibilit&#233;s de participation de la population &#224; la vie publique, et donc politique, restant extr&#234;mement limit&#233;es, la frustration s&#8217;installe, en premier lieu chez les jeunes qui ont pu faire des &#233;tudes, et plus tard chez les masses populaires qu&#8217;ils r&#233;ussissent &#224; mobiliser. Le colonisateur se voit forc&#233; d&#8217;instituer des organes officiels de cod&#233;cision, comme le Volksraad aux Indes n&#233;erlandaises et le Conseil colonial au Congo. Mais ceux-ci n&#8217;auront finalement que peu &#224; d&#233;cider. De plus en plus de gens r&#234;vent d&#232;s lors de sc&#233;narios radicaux. La d&#233;colonisation s&#8217;av&#232;re d&#232;s lors in&#233;vitable.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>    <strong>Sous le joug d&#8217;une administration omnipr&#233;sente<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Qu&#8217;en est-il de l&#8217;UE ? Nous aussi, nous vivons sous le joug d&#8217;une administration omnipr&#233;sente, invisible, qui fa&#231;onne notre existence jusque dans ses moindres d&#233;tails. L&#8217;UE compose elle aussi avec les potentats locaux tout en parvenant &#224; am&#233;liorer le sort de beaucoup. Nous aussi, nous avons un organe de cod&#233;cision, le Parlement europ&#233;en. Il a plus de pouvoir que les organes consultatifs coloniaux de jadis, mais toujours bien moins que la Commission europ&#233;enne et le Conseil europ&#233;en. Le d&#233;ficit d&#233;mocratique ne s&#8217;en trouve pas combl&#233;. Nombreux sont ceux qui trouvent l&#8217;UE hautaine et &#233;litaire. Avec pour corollaire que l&#8217;UE voit aussi de plus en plus de ses habitants s&#8217;en distancer. Le Brexit est entre-temps un fait, et la crise profonde que conna&#238;t l&#8217;Europe est loin d&#8217;&#234;tre termin&#233;e. L&#8217;aventure europ&#233;enne, comme l&#8217;aventure d&#8217;outre-mer pourrait bien se terminer abruptement.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Outre le d&#233;ficit d&#233;mocratique, un autre s&#8217;est ajout&#233;, le d&#233;ficit bureaucratique. L&#8217;Europe a commis de graves erreurs, dans les ann&#233;es 1990. Quelle id&#233;e d&#8217;opter pour une monnaie unique en 1992, sans d&#233;velopper auparavant les institutions n&#233;cessaires &#224; une gestion mon&#233;taire, financi&#232;re et &#233;conomique ! Et quelle id&#233;e d&#8217;avoir aboli les fronti&#232;res int&#233;rieures depuis 1993, sans avoir r&#233;fl&#233;chi s&#233;rieusement aux fronti&#232;res ext&#233;rieures, avec toutes les r&#233;percussions possibles sur la gestion de l&#8217;asile et de la migration !<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Ce n&#8217;est qu&#8217;aujourd&#8217;hui que les lacunes syst&#233;miques se r&#233;v&#232;lent : la crise de l&#8217;euro a commenc&#233; en 2010, la crise migratoire a culmin&#233; en 2015. Ne pas avoir voix au chapitre est grave en soi, mais &#234;tre livr&#233; &#224; une technocratie d&#233;faillante est catastrophique.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Dans son dernier livre De nieuwe politiek van Europe (&#233;d. Historische Uitgeverij, 2017), l&#8217;&#233;crivain et philosophe n&#233;erlandais Luuk Van Middelaar d&#233;crit comment ces crises ont profond&#233;ment remani&#233; l&#8217;UE. Soudain, il a fallu improviser, pratiquer des choix drastiques. M&#233;nager la Gr&#232;ce ou pas ? R&#233;partir les r&#233;fugi&#233;s ou pas ? L&#8217;Union s&#8217;en est trouv&#233;e plus politis&#233;e que jamais auparavant. La question est : s&#8217;est-elle aussi plus d&#233;mocratis&#233;e ?<\/p>\n<p>      <img decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/februarie 2020\/26\/22340_3.jpg\" align=\"center\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>    Luuk Van Middelaar<\/p>\n<p>  A l&#8217;heure o&#249; l&#8217;UE aurait d&#251; miser sur la d&#233;mocratie, elle est retourn&#233;e, sous la pression des circonstances, &#224; sa bonne vieille technocratie. Il a fallu sauver l&#8217;euro &#224; coups de r&#233;unions nocturnes d&#8217;urgence, et le flot soudain de r&#233;fugi&#233;s ne tol&#233;rait plus une approche r&#233;fl&#233;chie. Agir, et vite, tel &#233;tait le mot d&#8217;ordre. Le d&#233;ficit d&#233;mocratique a ainsi augment&#233;. Le citoyen le voyait et le subissait, mur&#233; dans l&#8217;impuissance &#8211; tout comme le colonis&#233;.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>    <strong>Eni&#232;me petit jeu des politiques<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Vivre en Europe aujourd&#8217;hui ressemble de plus en plus &#224; vivre sous la gouvernance d&#8217;un colonialisme finissant. S&#8217;&#233;tonne-t-on d&#232;s lors que la r&#233;volte gronde ? Le populisme actuel est une tentative brutale de politiser &#224; nouveau l&#8217;espace europ&#233;en. La politique est une question de choix, affirme-t-il, pas de conformit&#233; aux lois. L&#8217;aust&#233;rit&#233; n&#8217;est pas la seule solution, dit le populiste de gauche. La crise migratoire n&#8217;a pas &#224; &#234;tre subie les bras crois&#233;s, dit le populiste de droite.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Plus de prosp&#233;rit&#233; gr&#226;ce &#224; l&#8217;UE ? En fait, les couches vuln&#233;rables de la soci&#233;t&#233; se sentent surtout menac&#233;es. Il suffit au populiste d&#8217;affirmer qu&#8217;il parle &#171; au nom du peuple &#187; &#8211; contre l&#8217;&#233;lite au-dessus, contre les migrants au-dessous &#8211; et sa fortune est faite. Int&#233;r&#234;t m&#233;diatique garanti, clics sur Internet, si&#232;ges au Parlement.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Le populiste laisse parler le peuple tant que c&#8217;est sous la forme d&#8217;un r&#233;f&#233;rendum, par lequel il peut parfaitement manipuler les masses. Le peuple croit que les r&#233;f&#233;rendums sont lib&#233;rateurs, mais ne comprend pas qu&#8217;il s&#8217;agit du &#233;ni&#232;me petit jeu des politiques. La politique du parti s&#8217;en trouve renforc&#233;e, pas restreinte.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Si l&#8217;UE ne se d&#233;mocratise pas radicalement, la fin peut arriver tr&#232;s vite. Et cette d&#233;mocratisation exige plus que quelques tours de passe-passe avec des t&#234;tes de liste. Car cela ne livre qu&#8217;encore plus de m&#233;diatisation et de personnalisation, ces m&#234;mes processus qui ont fait un tel spectacle de la politique nationale.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Et si le peuple pouvait vraiment avoir voix au chapitre ? Cela pourrait se traduire ainsi. Aux &#233;lections europ&#233;ennes, chaque bulletin de vote avec les candidats serait accompagn&#233; d&#8217;une liste de vingt-cinq prises de position sur l&#8217;avenir de l&#8217;Europe. Elles pourraient &#233;noncer : &#171; L&#8217;UE doit interdire les voitures &#224; carburant fossile &#224; partir de 2040. &#187; Ou encore : &#171; L&#8217;UE doit mettre en place une arm&#233;e europ&#233;enne. &#187; Le votant indiquerait en cochant &#224; quel point il est d&#8217;accord avec chacun de ces &#233;nonc&#233;s. A la fin, il indiquerait aussi quels sont les cinq &#233;nonc&#233;s qui lui paraissent les plus importants.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>    <strong>Participation citoyenne<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Cela ressemble &#224; la boussole &#233;lectorale, mais il s&#8217;agit ici de vos propres id&#233;es, et pas de pour qui il vous faut voter. En amont des &#233;lections, vous pourriez recevoir une brochure avec les arguments en faveur ou contre, comme le font les Suisses dans le cas d&#8217;un r&#233;f&#233;rendum. Le soir &#224; la t&#233;l&#233;vision, vous ne suivriez pas seulement qui a remport&#233; le vote, mais aussi quelles propositions ont &#233;t&#233; adopt&#233;es. Cette liste de priorit&#233;s partag&#233;es offrirait un canevas pour la politique europ&#233;enne des Pays-Bas pour les cinq ans &#224; venir.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  A qui revient de r&#233;diger le second billet de vote ? Le laisser aux mains de la politique serait une mauvaise id&#233;e. Alors comment ? Par tirage au sort. R&#233;unissons par un &#233;chantillonnage repr&#233;sentatif quelques centaines de citoyens lambda par pays. Donnons-leur quelques mois pour d&#233;lib&#233;rer, un lieu pour le faire et des mod&#233;rateurs, neutres quant &#224; la teneur, mais qui font en sorte que chacun ait voix au chapitre. Les participants se voient toutes les trois semaines. Ils peuvent inviter des experts &#224; leur convenance. Ils n&#8217;ont pas &#224; &#234;tre d&#8217;accord sur tous les points. La seule chose qu&#8217;ils doivent faire, c&#8217;est r&#233;diger la liste des vingt-cinq &#233;nonc&#233;s, en accord avec les panels citoyens dans les autres &#233;tats membres.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/februarie 2020\/26\/22340_4.jpg\" align=\"center\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>  Cette forme innovante de d&#233;mocratie participative a &#233;t&#233; utilis&#233;e les derni&#232;res ann&#233;es en Irlande et en Australie dans le cas de sujets politiquement d&#233;licats, comme le mariage entre homosexuels, l&#8217;avortement ou la gestion des d&#233;chets nucl&#233;aires. Des citoyens tir&#233;s au sort ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; statuer sur des sujets br&#251;lants que les politiques pr&#233;f&#233;raient &#233;viter. Avec pour r&#233;sultat, des d&#233;cisions d&#251;ment inform&#233;es qui misent sur le long terme.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Cette d&#233;marche tout &#224; fait faisable renforcerait la teneur de la d&#233;mocratie europ&#233;enne. Elle combine les trois formes de participation citoyenne que nous connaissons &#224; ce jour : &#233;lections, r&#233;f&#233;rendum et tirage au sort. L&#8217;avantage d&#8217;une &#233;lection est qu&#8217;elle permet de choisir, son inconv&#233;nient est qu&#8217;il ne s&#8217;agit que du personnel politique. L&#8217;avantage du r&#233;f&#233;rendum est qu&#8217;il porte sur le contenu, son inconv&#233;nient est de n&#8217;offrir qu&#8217;un oui ou un non en r&#233;ponse. L&#8217;avantage du tirage au sort est un processus d&#233;cisionnel inform&#233;, son inconv&#233;nient est qu&#8217;il ne concerne qu&#8217;une petite partie de la population.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  En impliquant tout citoyen votant dans les choix politiques, l&#8217;Europe donnerait &#224; sa population l&#8217;autorit&#233; que les colonies d&#233;niaient &#224; leurs sujets. Qui comprend que le populisme europ&#233;en ressemble davantage au colonialisme finissant qu&#8217;au fascisme naissant, n&#8217;impose pas le silence au citoyen m&#233;content, mais lui donne la parole.<\/p>\n<p>    <strong><br \/>\n      <br \/>\n    <\/strong><\/p>\n<p>    <strong>yogaesoteric<\/strong><\/p>\n<p>    <strong>26 f&#233;vrier 2020<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  &#160;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#160; L&#8217;historien David Van Reybrouck analyse le d&#233;ficit d&#233;mocratique europ&#233;en et la mont&#233;e des populismes &#224; la lumi&#232;re de ce que fut le colonialisme finissant. Chronique. La presse occidentale de qualit&#233; semble depuis peu obs&#233;d&#233;e par un parall&#232;le historique. &#171; Revivons-nous les ann&#233;es 1930 ? &#187;, s&#8217;interroge The Guardian apr&#232;s le Brexit. &#171; Le monde [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[1099],"tags":[],"class_list":["post-15734","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-nouvelles-censurees-union-europeenne-5127-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15734","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15734"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15734\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15734"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15734"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15734"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}