{"id":24872,"date":"2018-02-20T15:16:24","date_gmt":"2018-02-20T15:16:24","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yogaesoteric.net\/demasquer-la-maconnerie-fr\/tendances-maconniques-dans-la-societe-contemporaine-3480-fr\/travail-force-et-esclavage-moderne-sont-de-retour-en-europe\/"},"modified":"2018-02-20T15:16:24","modified_gmt":"2018-02-20T15:16:24","slug":"travail-force-et-esclavage-moderne-sont-de-retour-en-europe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/travail-force-et-esclavage-moderne-sont-de-retour-en-europe\/","title":{"rendered":"Travail forc\u00e9 et esclavage moderne sont de retour en Europe"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n    \n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Ils sont 600.000 &#171; esclaves modernes &#187; rien qu&#8217;en Europe. Un ph&#233;nom&#232;ne &#171; alarmant &#187; au point que le Royaume-Uni a adopt&#233; un Modern Slavery Act et que des formations au droit du travail sont dispens&#233;es aux r&#233;fugi&#233;s en Allemagne. Car maintenus dans la pr&#233;carit&#233; par leur statut fragile, les travailleurs migrants, en particulier les sans-papiers et demandeurs d&#8217;asile, sont les plus expos&#233;s &#224; cette exploitation. En France, la justice peine &#224; lutter contre ce travail forc&#233; qui se r&#233;pand dans l&#8217;agriculture, la construction, l&#8217;industrie ou la restauration. <\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"border-top-color: ; border-left-color: ; border-bottom-color: ; border-right-color: \" border=\"0\" hspace=\"5\" alt=\"\" vspace=\"5\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/februarie\/20.02.2018\/14832\/14832_1.jpg\" width=\"550\" height=\"309\" \/>&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">&#171; Vous connaissez ce mot, &#8220;droits&#8221; ? &#187;, demande Birgitta Wodke. Elle &#233;crit le mot sur le tableau, pendant un cours d&#8217;allemand &#224; destination des r&#233;fugi&#233;s dans un quartier du sud de Berlin. &#171; Rechte (droits). Arbeitsrecht (droit du travail)&#8230; &#187; Face &#224; elle, une dizaine d&#8217;&#233;tudiants &#233;crivent consciencieusement sur leur cahier. Ils ont entre vingt et cinquante ans, viennent de Syrie, du Pakistan, d&#8217;&#201;gypte, d&#8217;Iran, du Ghana, d&#8217;Afghanistan, et parlent d&#233;j&#224; bien allemand. Birgitta Wodke n&#8217;est pas professeure de langue. Elle intervient ici pour une courte formation au droit du travail allemand. L&#8217;objectif : prot&#233;ger ces nouveaux arrivants contre les abus et exploitations en tous genres. <\/p>\n<p align=\"justify\">Il y a ici six hommes, quatre femmes. L&#8217;une est dipl&#244;m&#233;e d&#8217;anglais et a travaill&#233; neuf ans dans une agence de voyage en Iran. Il y a un ancien professionnel de la broderie qui projette de se reconvertir comme chauffeur de bus, une jeune Ghan&#233;enne qui &#233;tait esth&#233;ticienne dans son pays, un Afghan qui conduisait des poids lourds et travaille une dizaine d&#8217;heures par semaine dans un fast-food. Ou encore, un ing&#233;nieur &#233;gyptien avec 18 ann&#233;es d&#8217;exp&#233;rience, une enseignante, un menuisier, un jeune Syrien qui a travaill&#233; trois ans en Turquie au d&#233;but de son exil et esp&#232;re d&#233;sormais trouver un emploi dans la vente ou la r&#233;paration de t&#233;l&#233;phones portable. <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>&#171; On est pay&#233; pendant les cong&#233;s ? &#187;<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">La formatrice distribue une bande-dessin&#233;e toute simple : un personnage propose du travail &#224; un autre, pour cinq euros de l&#8217;heure. Ce dernier accepte ; il fait la plonge, sans gants. Re&#231;oit sa premi&#232;re paie, presque rien. Il r&#233;clame son d&#251;, et l&#8217;employeur lui r&#233;pond : &#171;Tu n&#8217;auras pas plus. Maintenant tu peux partir &#187;. &#171; Cela m&#8217;est d&#233;j&#224; arriv&#233; &#187;, r&#233;agit l&#8217;homme afghan. Mais il ne savait pas comment se d&#233;fendre. C&#8217;est justement de ce genre d&#8217;abus que cet enseignement entend prot&#233;ger les r&#233;fugi&#233;s. &#171; M&#234;me sans contrat &#233;crit, un accord oral vaut pour contrat en Allemagne. Si vous venez travailler apr&#232;s cet accord oral, il faut que l&#8217;employeur vous paie. Et s&#8217;il vous licencie, il doit le faire dans les r&#232;gles &#187;, souligne la formatrice. &#171; Qui peut vous aider dans une telle situation ? &#187;, demande-t-elle. &#171; Les associations d&#8217;aides aux migrants, les syndicats, et aussi la police. M&#234;me si vous travaillez sans autorisation, il y a des situations o&#249; vous pouvez quand m&#234;me vous adresser &#224; la police. Si le patron vous frappe, ou qu&#8217;il a pris votre passeport. Un employeur n&#8217;a pas le droit de vous prendre votre passeport. &#187; <\/p>\n<p align=\"justify\">Au cours des trois heures, la formatrice explique ce qu&#8217;il faut savoir pour se d&#233;fendre : bien noter le nom de l&#8217;entreprise, son adresse, des contacts de coll&#232;gues qui pourraient t&#233;moigner du fait que l&#8217;on a bien travaill&#233; sur le site, prendre une photo de soi sur son lieu de travail. Ce que doit contenir un contrat, quel est le salaire minimum, quels sont les droits aux cong&#233;s, en cas de maladie&#8230; &#171; On est pay&#233; pendant les cong&#233;s ? &#187;, interroge un homme. &#171; Oui &#8211; Et en cas d&#8217;accident du travail ? &#8211; Oui &#8211; En cas de maladie ? &#8211; Oui. &#187; Autant de points essentiels &#224; conna&#238;tre. <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>En fin de mois, une fiche de paie de&#8230; z&#233;ro euro !<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Brigitta Wodke travaille pour l&#8217;organisation Travail et vie ( Arbeit und Leben) qui accompagne au quotidien des travailleurs migrants faisant face &#224; de telles situations. &#171; R&#233;cemment, nous avons re&#231;u une dizaine de chauffeurs polonais travaillant pour une entreprise de la r&#233;gion, indique Philipp Schwertmann, directeur du d&#233;partement &#171; migration et travail &#187; au sein de cette organisation. Sur leur fiche de paie, le salaire de d&#233;part &#233;tait indiqu&#233;, puis des retenues sur salaire, pour des palettes pr&#233;tendument endommag&#233;es ou perdues&#8230; Jusqu&#8217;&#224; atteindre, &#224; la fin, un salaire de z&#233;ro euro ! Ils ne recevaient rien. L&#8217;un d&#8217;entre eux est all&#233;, avec notre aide, au tribunal du travail et a &#233;videmment gagn&#233;. Il a pu r&#233;cup&#233;rer ses arri&#233;r&#233;s. Mais il y a d&#8217;autres chauffeurs qui viennent et qui, de la m&#234;me mani&#232;re, n&#8217;ont pas du tout &#233;t&#233; pay&#233;s pour le travail effectu&#233;. C&#8217;est un comportement criminel de la part de cette entreprise. Le juge lui-m&#234;me l&#8217;a affirm&#233;. &#187; <\/p>\n<p align=\"justify\">Des histoires comme celles-ci, les conseillers qui aident les travailleurs migrants en rencontrent constamment en Allemagne. Des livreurs de colis bulgares qui n&#8217;ont re&#231;u aucun salaire apr&#232;s plusieurs mois de travail, apr&#232;s avoir d&#251; payer l&#8217;essence de leur poche. Des ouvriers du b&#226;timent roumains sans salaire pendant des mois, et qui se retrouvent finalement &#224; la rue dans un pays qui n&#8217;est pas le leur. &#171; M&#234;me quand nous gagnons au tribunal, pour faire payer les salaires, nous voyons les m&#234;mes cas se r&#233;p&#233;ter par la suite. Si l&#8217;on veut vraiment changer les choses, il faut des sanctions p&#233;nales contre les employeurs exploiteurs. &#187; <\/p>\n<p align=\"justify\">Au bureau de Philippe Schwertmann, ce sont surtout des travailleuses et travailleurs d&#8217;Europe de l&#8217;Est qui viennent pour l&#8217;instant chercher une aide. Mais avec l&#8217;arriv&#233;e de pr&#232;s d&#8217;un million de r&#233;fugi&#233;s depuis 2015 en Allemagne, lui et ses coll&#232;gues se pr&#233;parent &#224; voir de plus en plus de travailleurs extra-europ&#233;ens victimes des m&#234;mes abus. &#171; Nous avons d&#233;j&#224; vu quelques cas de r&#233;fugi&#233;s exploit&#233;s. Les gens veulent absolument travailler, ils ne pensent pas forc&#233;ment d&#232;s le d&#233;but &#224; se prot&#233;ger contre les abus, t&#233;moigne le responsable. Dans les cours d&#8217;int&#233;gration pour r&#233;fugi&#233;s, les gens re&#231;oivent des notions de l&#8217;histoire allemande. C&#8217;est bien. Mais ils doivent aussi &#234;tre inform&#233;s de leurs droits en tant que travailleurs ! &#187; En plus des interventions dans les cours de langue, l&#8217;organisation Arbeit und Leben donne aussi des formations au droit du travail dans les organisations communautaires, aupr&#232;s des b&#233;n&#233;voles et travailleurs sociaux qui accompagnent les r&#233;fugi&#233;s. <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Le travail forc&#233; augmente de mani&#232;re alarmante<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Une &#233;tude publi&#233;e en ao&#251;t 2017 par un cabinet d&#8217;analyse de risques &#233;tats-unien, Verisk Maplecroft, estime que le risque de subir une forme d&#8217;esclavage moderne, dont le travail forc&#233;, augmente de mani&#232;re alarmante en Europe. En cause : l&#8217;exposition &#224; l&#8217;exploitation des nouveaux migrants tout juste arriv&#233;s sur le continent. Selon cette &#233;tude, les pays avec les plus hauts taux de risque de mise en esclavage moderne sont aussi ceux par lesquels arrivent les r&#233;fugi&#233;s : Gr&#232;ce, Italie, Roumanie, Bulgarie. Les migrants sont aussi particuli&#232;rement expos&#233;s au risque de travail forc&#233; en Turquie. <\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" style=\"border-top-color: ; border-left-color: ; border-bottom-color: ; border-right-color: \" border=\"0\" hspace=\"5\" alt=\"\" vspace=\"5\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/februarie\/20.02.2018\/14832\/14832_2.jpg\" \/>&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">&#171; L&#8217;afflux de centaines de milliers d&#8217;exil&#233;s de Syrie, combin&#233; au syst&#232;me turc restrictif de permis de travail pour les r&#233;fugi&#233;s, a conduit des milliers d&#8217;entre eux vers le march&#233; du travail informel &#187;, note l&#8217;&#233;tude. L&#8217;exploitation extr&#234;me des r&#233;fugi&#233;s syriens dans diff&#233;rents secteurs de l&#8217;&#233;conomie turque a &#233;t&#233; largement document&#233;e par la presse internationale et les ONG. Plusieurs enqu&#234;tes r&#233;v&#232;lent comment l&#8217;industrie textile turque, qui exporte notamment vers l&#8217;Europe, recourt au travail d&#8217;enfants syriens. <\/p>\n<p align=\"justify\">&#171; Nous savons qu&#8217;il y a aussi des r&#233;fugi&#233;s qui travaillent dans l&#8217;industrie textile en Europe de l&#8217;Est et du Sud, mais nous n&#8217;en savons pas plus sur leurs conditions de travail, indique Bettina Musiolek, membre de la campagne Clean Clothes, un groupement d&#8217;ONG &#339;uvrant pour de meilleures conditions de travail dans l&#8217;industrie textile. En Bulgarie en particulier, qui est un point d&#8217;entr&#233;e des r&#233;fugi&#233;s dans l&#8217;UE, il y une importante industrie textile. Mais les fabriques qui emploient des r&#233;fugi&#233;s veulent rester discr&#232;tes. &#187; <\/p>\n<p align=\"justify\">En Italie, autre point d&#8217;arriv&#233;e des r&#233;fugi&#233;s sur le continent, un ph&#233;nom&#232;ne de travail forc&#233; massif existait d&#233;j&#224;, en particulier dans l&#8217;agriculture, avant la crise migratoire actuelle. En mars 2017, The Guardian attire l&#8217;attention sur le cas de dizaines de milliers de femmes roumaines maltrait&#233;es dans des exploitations agricoles de Sicile. Elles y &#233;taient soumises &#224; des conditions de travail qui s&#8217;apparentent en tous points &#224; de l&#8217;esclavage moderne : des journ&#233;es sans fin, des menaces, des violences sexuelles quotidiennes et syst&#233;matiques. <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Plus de 600.000 esclaves modernes en Europe<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Selon les chiffres de la F&#233;d&#233;ration italienne des travailleurs de l&#8217;agro-industrie, 100.000 personnes travailleraient dans des conditions d&#8217;exploitation et de vuln&#233;rabilit&#233; extr&#234;me en Italie. En Grande Bretagne, une estimation du gouvernement chiffrait en 2013 entre 10.000 et 13.000 le nombre de personnes qui y seraient victimes de travail forc&#233;. Dans le monde, ce chiffre s&#8217;&#233;l&#232;verait &#224; 16 millions, selon l&#8217;Organisation internationale du travail (OIT, agence des Nations unies). Sans compter les victimes d&#8217;exploitation sexuelle, ni celles de travaux forc&#233;s impos&#233;s par des &#201;tats. Ces travailleurs sont exploit&#233;s dans diff&#233;rents secteurs de l&#8217;&#233;conomie priv&#233;e : services domestiques, agriculture et p&#234;che, construction, industrie manufacturi&#232;re&#8230; En 2012, toujours d&#8217;apr&#232;s l&#8217;OIT, le nombre de victimes se montait &#224; 600.000 en Europe. <\/p>\n<p align=\"justify\">&#171; Le travail forc&#233; peut &#234;tre d&#233;fini comme un travail accompli contre son gr&#233; et sous la menace d&#8217;une peine quelconque &#187;, pr&#233;cise l&#8217;OIT. Ajoutant : &#171; Le travail forc&#233; se distingue de simples conditions de travail d&#8217;exploitation ou qui ne respectent pas les normes. Divers indicateurs peuvent &#234;tre utilis&#233;s (&#8230;), notamment les restrictions &#224; la libert&#233; de mouvement des travailleurs, la confiscation des salaires ou des documents d&#8217;identit&#233;, les violences physiques ou sexuelles, les menaces ou l&#8217;intimidation, ou les dettes impos&#233;es de mani&#232;re frauduleuse, auxquelles les travailleurs ne peuvent &#233;chapper. &#187; <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>En France, les sans-papiers et demandeurs d&#8217;asile premi&#232;res victimes <\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">&#171; Les travailleurs sans-papiers et les demandeurs d&#8217;asile sont les proies les plus &#233;videntes de l&#8217;exploitation, souligne Marilyne Poulain de la CGT Paris. Les demandeurs d&#8217;asile n&#8217;ont pas l&#8217;autorisation de travailler. Et l&#8217;allocation &#224; laquelle ils ont droit, quand ils arrivent &#224; l&#8217;obtenir, ne permet pas de vivre. Avec les guerres et conflits politiques en cours, cette situation ne peut que s&#8217;aggraver. &#187;. <\/p>\n<p align=\"justify\">Marilyne Poulain a accompagn&#233; la lutte des coiffeuses sans-papiers du 57 boulevard de Strasbourg &#224; Paris. D&#233;but 2014, sept travailleuses d&#8217;un salon de coiffure du 10&#232;me arrondissement entamaient une gr&#232;ve apr&#232;s la disparition de leur patron, avec leurs arri&#233;r&#233;s de salaires. Elles sont Nig&#233;rianes, Ivoiriennes, Burkinab&#233;es, S&#233;n&#233;galaises, Maliennes, Chinoises, avec un statut de sans-papiers ou demandeuses d&#8217;asile. Les conditions de travail, d&#233;plorables, et de salaire sont diff&#233;rentes selon les nationalit&#233;s. &#171; Les africaines touchaient entre 100 et 300 euros par mois, pour 80 heures par semaine &#187;, souligne la responsable syndicale. Elles subissaient aussi des menaces. <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Une loi qui n&#8217;est pas appliqu&#233;e par les tribunaux fran&#231;ais<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">La CGT a port&#233; plainte contre les responsables du salon de coiffure, en autres pour traite d&#8217;&#234;tres humains &#224; vis&#233;e d&#8217;exploitation par le travail. Mais le procureur n&#8217;a pas retenu cette qualification. Les patrons du salon ont seulement &#233;t&#233; condamn&#233;s pour conditions de travail indignes. Pourtant, la loi fran&#231;aise a &#233;t&#233; amend&#233;e en 2013, en application d&#8217;une directive europ&#233;enne, pour mieux punir la traite des &#234;tres humains &#224; vis&#233;e d&#8217;exploitation &#233;conomique et par le travail. Depuis cette loi, le code p&#233;nal fran&#231;ais dispose que &#171; la traite des &#234;tres humains est le fait de recruter une personne, de la transporter, de la transf&#233;rer, de l&#8217;h&#233;berger ou de l&#8217;accueillir &#224; des fins d&#8217;exploitation &#187;, par la menace, la contrainte, la violence, ou en abusant d&#8217;une situation de vuln&#233;rabilit&#233;. Le travail forc&#233; y est d&#233;fini comme &#171; le fait, par la violence ou la menace, de contraindre une personne &#224; effectuer un travail sans r&#233;tribution ou en &#233;change d&#8217;une r&#233;tribution manifestement sans rapport avec l&#8217;importance du travail accompli &#187;. Il est th&#233;oriquement puni de sept ans d&#8217;emprisonnement et de 200.000 euros d&#8217;amende. <\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" style=\"border-top-color: ; border-left-color: ; border-bottom-color: ; border-right-color: \" border=\"0\" hspace=\"5\" alt=\"\" vspace=\"5\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/februarie\/20.02.2018\/14832\/14832_3.jpg\" \/>&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">&#171; Le probl&#232;me, c&#8217;est que la justice fran&#231;aise a encore une vision tr&#232;s restrictive de la traite. Elle se focalise sur la lutte contre l&#8217;exploitation sexuelle, ce qui est tr&#232;s bien. Mais l&#8217;exploitation &#233;conomique est n&#233;glig&#233;e, regrette Marilyne Poulain. Pour qualifier la traite &#224; vis&#233;e d&#8217;exploitation &#233;conomique, le parquet exige que tous les &#233;l&#233;ments de d&#233;finition soient pr&#233;sents simultan&#233;ment : le recrutement depuis le pays d&#8217;origine, le transport des personnes, un h&#233;bergement et des conditions de travail indignes. Alors que la traite n&#8217;implique pas forc&#233;ment l&#8217;existence d&#8217;une fili&#232;re compl&#232;te. L&#8217;exploitation d&#8217;une personne en situation de vuln&#233;rabilit&#233;, dans des conditions de travail contraires &#224; la dignit&#233; humaine, devrait suffire &#224; la qualifier. Si le parquet campe sur cette vision restrictive, il sera difficile de cr&#233;er une jurisprudence. &#187; Et donc de lutter contre le ph&#233;nom&#232;ne d&#8217;exploitation extr&#234;me des travailleurs les plus vuln&#233;rables. &#171; Dans les faits, depuis 2013 en France, il n&#8217;y a eu aucune affaire o&#249; l&#8217;infraction de traite &#224; vis&#233;e d&#8217;exploitation &#233;conomique a &#233;t&#233; reconnue. &#187; <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Des outils juridiques encore mal connus<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">En Italie aussi, une nouvelle loi est entr&#233;e en vigueur fin 2016, destin&#233;e &#224; durcir les sanctions contre l&#8217;exploitation extr&#234;me des travailleurs agricoles. La Grande Bretagne, de son c&#244;t&#233;, a adopt&#233; en 2015 un Modern Slavery Act, une loi de lutte contre l&#8217;esclavage moderne, dont le travail forc&#233;. Cette loi oblige en outre les plus grandes entreprises exer&#231;ant sur le territoire britannique &#224; informer chaque ann&#233;e sur la mani&#232;re dont elles luttent contre le travail forc&#233; et la traite d&#8217;&#234;tres humains au niveau de leurs cha&#238;nes d&#8217;approvisionnement. En Allemagne, le code p&#233;nal a &#233;galement &#233;t&#233; modifi&#233; en 2016. Mais il est encore trop t&#244;t pour juger de l&#8217;impact de ces modifications. &#171; Il faut du temps pour que la loi passe dans la pratique, pr&#233;cise Luiza Lupascu, de l&#8217;organisation Arbeit und Leben. Nous faisons notre possible pour informer sur ces nouvelles dispositions les organisations qui aident les travailleurs migrants, la police, le service de la douane responsable de la lutte contre le travail au noir, les syndicats, les administrations. Mais pour certaines de ces derni&#232;res, l&#8217;exploitation par le travail n&#8217;est pas une priorit&#233;. Nous leur expliquons le lien entre la r&#233;forme du code p&#233;nal et leur action. Par exemple, cela fait partie du mandat de l&#8217;administration de lutte contre le travail au noir de combattre le travail forc&#233;, mais ils ne le savent pas forc&#233;ment. &#187; <\/p>\n<p align=\"justify\">L&#8217;administration allemande charg&#233;e du contr&#244;le de la lutte contre le travail au noir (appel&#233;e Finanzkontrolle Schwarzarbeit), interrog&#233;e par Basta !, reconna&#238;t que &#171; La traite des &#234;tres humains tout comme le travail forc&#233;, ne font pas partie des priorit&#233;s de l&#8217;administration de lutte contre le travail au noir. La responsabilit&#233; des enqu&#234;tes et de la pr&#233;vention dans ce domaine revient &#224; la police. &#187; <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Un sous-march&#233; du travail utilis&#233; par les sous-traitants<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">&#171; S&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;autorit&#233; comp&#233;tente capables d&#8217;identifier le travail forc&#233; et d&#8217;agir en cons&#233;quence, s&#8217;il n&#8217;y pas de soutien aux victimes mis en place pour cause d&#8217;&#233;conomies budg&#233;taires, alors la lutte contre le travail forc&#233; est perdue d&#8217;avance &#187;, d&#233;plore Cinzia Sechi, responsable &#224; la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats (CES). Pendant ce temps, les travailleurs migrants sont toujours les plus expos&#233;s aux abus. &#171; Les dispositions qui interdisent aux &#233;trangers extra-europ&#233;ens de travailler g&#233;n&#232;rent de fait un sous-march&#233; du travail utilis&#233; par les sous-traitants en cascade &#187;, analyse J&#233;r&#244;me Beuzelin, inspecteur du travail et responsable syndical chez Sud travail. Une forme de &#171; d&#233;localisation sur place &#187;, pour reprendre l&#8217;expression forg&#233;e il y a d&#233;j&#224; plus de quinze ans par l&#8217;anthropologue Emmanuel Terray. &#171; Notre syndicat porte comme revendication l&#8217;abrogation de toutes les dispositions du code du travail relatives &#224; la nationalit&#233;, poursuit J&#233;r&#244;me Beuzelin. Pour nous, l&#8217;important est que le travailleur soit d&#233;clar&#233;, et ce, quelle que soit sa nationalit&#233;. &#187; De fait, la meilleure protection pour les travailleurs sans-papiers exploit&#233;s reste encore la r&#233;gularisation. <\/p>\n<p>  D&#233;but 2017, une cinquantaine d&#8217;ouvriers kurdes du chantier du m&#233;tro des Halles &#224; Paris s&#8217;&#233;taient mis en gr&#232;ve apr&#232;s avoir travaill&#233; des mois sans recevoir de salaire du sous-traitant qui les avait embauch&#233;s. Le donneur d&#8217;ordre, Vinci, a finalement pay&#233; les arri&#233;r&#233;s de salaires et offert des CDI aux ouvriers, la cl&#233; pour qu&#8217;ils soient r&#233;gularis&#233;s. &#171; Le conflit des coiffeuses a &#233;t&#233; extr&#234;mement dur, mais cela a permis de faire bouger les lignes au minist&#232;re du Travail et &#224; la Pr&#233;fecture de police, ajoute Marilyne Poulain, de la CGT Paris. Pour faire reconna&#238;tre le fait que les salari&#233;s sans-papiers ne sont pas des complices, mais des victimes de leurs employeurs. &#187; <br \/>\n  &#160;<br \/>\n  &#160;<br \/>\n  &#160;<\/p>\n<p>    <strong>yogaesoteric<\/strong><br \/>\n    <br \/>\n    <strong>20 f&#233;vrier 2018<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils sont 600.000 &#171; esclaves modernes &#187; rien qu&#8217;en Europe. Un ph&#233;nom&#232;ne &#171; alarmant &#187; au point que le Royaume-Uni a adopt&#233; un Modern Slavery Act et que des formations au droit du travail sont dispens&#233;es aux r&#233;fugi&#233;s en Allemagne. 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