{"id":25533,"date":"2018-12-04T10:59:19","date_gmt":"2018-12-04T10:59:19","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yogaesoteric.net\/spiritualite-universelle-fr\/articles-1603-fr\/singularite-initiale-5\/"},"modified":"2018-12-04T10:59:19","modified_gmt":"2018-12-04T10:59:19","slug":"singularite-initiale-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/singularite-initiale-5\/","title":{"rendered":"Singularit\u00e9 initiale (5)"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">Lisez <a style=\"color: \" href=\"\/moved_content.php?lang=FR&amp;item=17887\">la quatri&#232;me partie <\/a>de cet article&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <br \/>\n    <strong>La question de l&#8217;infini<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/decembrie\/4\/17944_1.jpg\" \/>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Dans la r&#233;alit&#233;, l&#8217;Univers peut-il &#234;tre vraiment infini ? Si dans la physique de Newton un mod&#232;le infini constituait l&#8217;hypoth&#232;se la plus naturelle, la situation a chang&#233; avec l&#8217;invention de la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale. En effet selon la th&#233;orie de la gravitation &#233;labor&#233;e par Einstein l&#8217;espace est dot&#233; d&#8217;une courbure induite par les masses pr&#233;sentes dans l&#8217;univers et peut de ce fait s&#8217;av&#233;rer fini et n&#233;anmoins sans fronti&#232;re, comme le montre le mod&#232;le de Friedmann, le plus simple que l&#8217;on puisse construire. Le probl&#232;me de l&#8217;infini se pose alors diff&#233;remment : tandis que le mod&#232;le fini est incontestablement coh&#233;rent d&#8217;un point de vue physique le mod&#232;le infini (solution math&#233;matique des &#233;quations d&#8217;Einstein) ne l&#8217;est pas &#224; priori pour un physicien, l&#8217;infini &#233;tant en principe exclu du champ de la physique. Contenant des r&#233;gions (de taille infinie) par essence inaccessibles le mod&#232;le infini n&#8217;est pas mesurable et devrait donc &#234;tre banni de la cat&#233;gorie des mod&#232;les cosmologiques admissibles.<\/p>\n<p align=\"justify\">La plupart des cosmologistes actuels semblent estimer que le probl&#232;me de l&#8217;infini ne se pose pas. Ils jugent que les observations, d&#233;terminantes, plaident en faveur d&#8217;un univers infini. Cependant tout en d&#233;fendant r&#233;solument la justesse de l&#8217;id&#233;e de Big Bang certains scientifiques contestent cette position majoritaire. &#192; leurs yeux l&#8217;expansion de l&#8217;Univers est un fait parfaitement &#233;tabli, notamment parce que ce concept repose &#224; la fois sur une th&#233;orie solide, celle de la gravitation d&#8217;Einstein, dont les &#233;quations conduisent in&#233;luctablement &#224; l&#8217;expansion, et sur les observations de Hubble, qui ont directement mis en &#233;vidence la fuite des galaxies. Mais pensant que seul un mod&#232;le fini peut d&#233;crire la r&#233;alit&#233; ces m&#234;mes scientifiques jugent impossible d&#8217;accorder un sens physique &#224; un mod&#232;le d&#8217;univers infini.<\/p>\n<p align=\"justify\">Attentifs aux ordres de grandeur manipul&#233;s, les partisans de l&#8217;univers fini font remarquer que la partie visible de l&#8217;Univers ne s&#8217;&#233;tend &#171; que &#187; (si on peut dire) 17 ordres de grandeur environ depuis la distance de la Lune (&#224; 1,3 seconde de lumi&#232;re) &#224; celle de l&#8217;horizon cosmologique (&#224; quelque 14 milliards d&#8217;ann&#233;es de lumi&#232;re, ou 4,4&#215;1017 secondes de lumi&#232;re). Selon eux il est absurde de vouloir &#233;tendre le domaine d&#8217;investigation de la th&#233;orie sur non plus 17 mais sur 17 mille, 17 millions, 17 milliards (voire infiniment plus) d&#8217;ordres de grandeur, cela n&#8217;ayant plus aucun rapport avec le monde des choses r&#233;elles. Il est vrai que sur l&#8217;&#233;chelle des puissances de 10 les nombres physiques (ceux donc qui mesurent la r&#233;alit&#233;) ont tous un exposant de seulement deux chiffres et il semble en effet irrationnel de pr&#233;tendre mesurer le r&#233;el par des exposants comportant des milliers ou des milliards de milliards de chiffres.<\/p>\n<p align=\"justify\">En deuxi&#232;me lieu les &#233;quations d&#8217;Einstein sont des &#233;quations que l&#8217;on qualifie de diff&#233;rentielles. Pour en trouver la solution il est n&#233;cessaire de poser des conditions aux limites. Or ces conditions sont probl&#233;matiques dans le cas d&#8217;un univers infini car elles doivent &#234;tre rajout&#233;es de fa&#231;on artificielle, alors qu&#8217;on pourrait s&#8217;attendre &#224; ce que le probl&#232;me soit bien d&#233;termin&#233;. En revanche la question ne se pose pas pour un univers fini puisque ce dernier n&#8217;a pas de limites. &#171; Pas de limites, pas de conditions aux limites &#187; : la situation d&#233;crite par un telle formule est particuli&#232;rement simple. Or le crit&#232;re de simplicit&#233; est un principe que la physique a toujours eu &#224; c&#339;ur de ne pas n&#233;gliger.<\/p>\n<p align=\"justify\">Enfin le principe de Mach, selon lequel l&#8217;inertie d&#8217;un corps d&#233;pend de la pr&#233;sence et de l&#8217;action mutuelle des corps en pr&#233;sence, est contenu de fa&#231;on implicite dans les &#233;quations de la th&#233;orie de la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale, mais cette id&#233;e n&#8217;est valable que dans un univers fini et non dans un univers infini. Or m&#234;me s&#8217;il reste encore myst&#233;rieux, le principe de Mach reste digne d&#8217;attention.<\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/decembrie\/4\/17944_2.jpg\" \/>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Einstein consid&#233;rait que seul le mod&#232;le ferm&#233; &#233;tait une solution acceptable des &#233;quations qu&#8217;il avait &#233;crites et les arguments pr&#233;c&#233;dents relatifs aux conditions initiales et au principe de Mach viennent de lui. Dans le mod&#232;le infini la th&#233;orie de la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale appara&#238;t comme incompl&#232;te et Einstein ne pouvait pas accepter une telle situation. Wheeler est la figure embl&#233;matique, et incontestablement qualifi&#233;e, d&#233;fendant encore de nos jours l&#8217;univers ferm&#233;. Il expose ce point de vue avec C. W. Misner, Kip Thorne dans le livre Gravitation et avec Taylor dans le livre d&#8217;introduction &#224; la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale. Wheeler d&#233;clare que si l&#8217;on cherche &#224; r&#233;soudre les &#233;quations d&#8217;Einstein un espace ferm&#233; est la seule condition initiale existante conduisant &#224; une solution d&#8217;espace-temps &#224; quatre dimensions unique et bien d&#233;finie. En France, Christian Magnan, astrophysicien au GRAAL et au Coll&#232;ge de France, s&#8217;oppose &#224; la notion d&#8217;univers infini, quoique d&#233;fendant fermement la r&#233;alit&#233; du Big Bang. Il s&#8217;attache &#224; montrer que faute d&#8217;&#233;tablir un rapport avec la r&#233;alit&#233; les th&#233;ories sont vou&#233;es &#224; la st&#233;rilit&#233; et critique notamment ce qu&#8217;il d&#233;crit comme &#171; la soumission inconditionnelle au mod&#232;le d&#8217;univers homog&#232;ne et isotrope &#187; (c&#8217;est-&#224;-dire satisfaisant au Principe cosmologique) qui conduirait selon lui aux incoh&#233;rences physiques des mod&#232;les actuels (comme celle de l&#8217;irruption de l&#8217;infini).<\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Implications philosophiques et statut &#233;pist&#233;mologique<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">L&#8217;aspect &#233;tonnamment &#171; cr&#233;ationniste &#187; que sugg&#232;re le Big Bang &#8211; du moins dans sa version na&#239;ve &#8211; a &#233;t&#233; &#224; l&#8217;origine de nombreuses r&#233;flexions, y compris hors des cercles scientifiques, puisque pour la premi&#232;re fois &#233;tait entrevue la possibilit&#233; que la science apporte des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse &#224; des domaines jusque-l&#224; r&#233;serv&#233;s &#224; la philosophie et la th&#233;ologie. Ce point de vue sera en particulier exprim&#233; par le pape Pie XII.<\/p>\n<p align=\"justify\">La chronologie sugg&#233;r&#233;e par le Big Bang va &#224; l&#8217;inverse des convictions des deux grands architectes des th&#233;ories de la gravitation, Isaac Newton et Albert Einstein, qui croyaient que l&#8217;univers &#233;tait &#233;ternel. Dans le cas d&#8217;Einstein, toutefois, il ne semble pas av&#233;r&#233; qu&#8217;il y avait un pr&#233;con&#231;u philosophique pour motiver cette intuition, qui pourrait &#234;tre avant tout issue de motivations physiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lema&#238;tre &#233;labora un point de vue diff&#233;rent de celui exprim&#233; par le pape : la cosmologie, et la science en g&#233;n&#233;ral, n&#8217;a pas vocation &#224; conforter ou &#224; infirmer ce qui est du domaine du religieux (ou philosophique). Elle se contente de proposer un sc&#233;nario r&#233;aliste permettant de d&#233;crire de fa&#231;on coh&#233;rente l&#8217;ensemble des observations dont on dispose &#224; un instant donn&#233;.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour l&#8217;heure, l&#8217;interpr&#233;tation des d&#233;calages vers le rouge en terme d&#8217;expansion de l&#8217;univers est &#233;tablie au-del&#224; de tout doute raisonnable, aucune interpr&#233;tation alternative ne r&#233;sistant &#224; un examen s&#233;rieux, ou &#233;tant motiv&#233;e par des arguments physiques pertinents, et l&#8217;existence de la phase dense et chaude est &#233;galement av&#233;r&#233;e (voir plus haut).<\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Critiques de la part de scientifiques<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/decembrie\/4\/17944_3.jpg\" \/>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Les convictions ou les r&#233;ticences des acteurs qui ont particip&#233; &#224; l&#8217;&#233;mergence du concept ont jou&#233; un r&#244;le dans ce processus de maturation, et il a souvent &#233;t&#233; dit que les convictions religieuses de Lema&#238;tre l&#8217;avaient aid&#233; &#224; proposer le mod&#232;le du Big Bang, bien que ceci ne repose pas sur des preuves tangibles. &#192; l&#8217;inverse, l&#8217;id&#233;e que tout l&#8217;univers e&#251;t pu avoir &#233;t&#233; cr&#233;&#233; &#224; un instant donn&#233; paraissait &#224; Fred Hoyle bien plus critiquable que son hypoth&#232;se de cr&#233;ation lente mais continue de mati&#232;re dans la th&#233;orie de l&#8217;&#233;tat stationnaire, ce qui est sans doute &#224; l&#8217;origine de son rejet du Big Bang. De nombreux autres exemples de r&#233;ticences sont connus chez des personnalit&#233;s du monde scientifique, en particulier :<\/p>\n<p align=\"justify\">&#8211; Hannes Alfv&#233;n, prix Nobel de physique 1970 pour ses travaux sur la physique des plasmas, qui rejeta en bloc le Big Bang, pr&#233;f&#233;rant lui proposer sa propre th&#233;orie, l&#8217;univers plasma, bas&#233;e sur une pr&#233;&#233;minence des ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectromagn&#233;tiques sur les ph&#233;nom&#232;nes gravitationnels &#224; grande &#233;chelle, th&#233;orie aujourd&#8217;hui totalement abandonn&#233;e.<\/p>\n<p align=\"justify\">&#8211; Edward Milne, qui proposa des cosmologies newtoniennes, et fut d&#8217;ailleurs le premier &#224; le faire (quoiqu&#8217;apr&#232;s la d&#233;couverte de la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale), dans lesquelles l&#8217;expansion &#233;tait interpr&#233;t&#233;e comme des mouvements de galaxies dans un espace statique et minkowskien (voir univers de Milne).<\/p>\n<p align=\"justify\">&#8211; Arno Allan Penzias et Robert Woodrow Wilson qui re&#231;urent le prix Nobel de physique pour leur d&#233;couverte du fond diffus cosmologique, apportant ainsi la preuve d&#233;cisive du Big Bang, ont reconnu qu&#8217;ils &#233;taient adeptes de la th&#233;orie de l&#8217;&#233;tat stationnaire. Wilson d&#233;clara notamment ne pas avoir eu la certitude de la pertinence de l&#8217;interpr&#233;tation cosmologique de leur d&#233;couverte :<\/p>\n<p align=\"justify\">&#171; Arno et moi, bien s&#251;r, &#233;tions tr&#232;s heureux d&#8217;avoir une r&#233;ponse de quelque nature que ce soit &#224; notre probl&#232;me. Toute explication raisonnable nous aurait satisfait. [&#8230;] Nous nous &#233;tions habitu&#233;s &#224; l&#8217;id&#233;e d&#8217;une cosmologie de l&#8217;&#233;tat stationnaire. [&#8230;] Philosophiquement, j&#8217;aimais la cosmologie de l&#8217;&#233;tat stationnaire. Aussi ai-je pens&#233; que nous devions rapporter notre r&#233;sultat comme une simple mesure : au moins la mesure pourrait rester vraie apr&#232;s que la cosmologie derri&#232;re s&#8217;av&#232;rerait fausse. &#187;<\/p>\n<p align=\"justify\">M&#234;me aujourd&#8217;hui, et malgr&#233; ses succ&#232;s ind&#233;niables, le Big Bang rencontre encore une tr&#232;s faible opposition de la part d&#8217;une partie du monde scientifique, y compris chez certains astronomes. Parmi ceux-ci figurent ses opposants historiques comme Geoffrey Burbidge, Fred Hoyle et Jayant Narlikar, qui apr&#232;s avoir finalement abandonn&#233; la th&#233;orie de l&#8217;&#233;tat stationnaire, en ont propos&#233; une version modifi&#233;e, toujours bas&#233;e sur la cr&#233;ation de mati&#232;re, mais avec une succession de phases d&#8217;expansion et de recontraction, la th&#233;orie de l&#8217;&#233;tat quasi-stationnaire, n&#8217;ayant pas rencontr&#233; de succ&#232;s probant en raison de leur incapacit&#233; &#224; faire des pr&#233;dictions pr&#233;cises et compatibles avec les donn&#233;es observationnelles actuelles, notamment celles du fond diffus cosmologique. Une des critiques r&#233;currentes du Big Bang porte sur l&#8217;&#233;ventuelle incoh&#233;rence entre l&#8217;&#226;ge de l&#8217;univers, plus jeune que celui d&#8217;objets lointains, comme cela a &#233;t&#233; le cas pour les galaxies Abell 1835 IR1916 et HUDF-JD2, mais la plupart du temps, ces probl&#232;mes d&#8217;&#226;ge r&#233;sultent surtout de mauvaises estimations de l&#8217;&#226;ge de ces objets, ainsi qu&#8217;une sous-estimation des barres d&#8217;erreur correspondantes.<\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/decembrie\/4\/17944_4.jpg\" \/>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Dans le monde francophone, Jean-Claude Pecker, membre de l&#8217;acad&#233;mie des sciences, Jean-Marc Bonnet Bidaud, astrophysicien au Commissariat &#224; l&#8217;&#233;nergie atomique &#233;mettent des critiques sur le Big Bang. La plupart de ces critiques ne sont cependant pas &#233;tay&#233;es par des &#233;l&#233;ments scientifiques concrets, et ces personnes ne comptent pas de publications sur le sujet dans des revues scientifiques &#224; comit&#233; de lecture. Il n&#8217;en demeure pas moins que la presse scientifique grand public se fait souvent l&#8217;&#233;cho de telles positions marginales, offrant parfois une vision fauss&#233;e [citation n&#233;cessaire] du domaine &#224; ses lecteurs.<\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Statut actuel<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Les progr&#232;s constants dans le domaine de la cosmologie observationnelle donnent une assise consid&#233;r&#233;e comme d&#233;finitive au Big Bang, du moins parmi les chercheurs travaillant dans le domaine. Il n&#8217;existe d&#8217;autre part aucun mod&#232;le concurrent s&#233;rieux au Big Bang. Le seul qui ait jamais exist&#233;, la th&#233;orie de l&#8217;&#233;tat stationnaire, est aujourd&#8217;hui compl&#232;tement marginal du fait de son incapacit&#233; &#224; expliquer les observations &#233;l&#233;mentaires du fond diffus cosmologique, de l&#8217;abondance des &#233;l&#233;ments l&#233;gers et surtout de l&#8217;&#233;volution des galaxies. Ses auteurs se sont d&#8217;ailleurs finalement r&#233;sign&#233;s &#224; en proposer au d&#233;but des ann&#233;es 1990 une version significativement diff&#233;rente, la th&#233;orie de l&#8217;&#233;tat quasi-stationnaire, qui comme son nom ne l&#8217;indique pas comporte un cycle de phases denses et chaudes, lors desquelles les conditions sont essentiellement semblables &#224; celles du Big Bang.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il n&#8217;existe d&#233;sormais pas d&#8217;argument th&#233;orique s&#233;rieux pour remettre en cause le Big Bang. Celui-ci est en effet une cons&#233;quence relativement g&#233;n&#233;rique de la th&#233;orie de la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale qui n&#8217;a &#224; l&#8217;heure actuelle (2006) pas &#233;t&#233; mise en d&#233;faut par les observations. Remettre en cause le Big Bang n&#233;cessiterait donc soit de rejeter la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale (malgr&#233; l&#8217;absence d&#8217;&#233;l&#233;ments observationnels allant dans ce sens), soit de supposer des propri&#233;t&#233;s extr&#234;mement exotiques d&#8217;une ou plusieurs formes de mati&#232;re. M&#234;me dans ce cas il semble impossible de nier que la nucl&#233;osynth&#232;se primordiale ait eu lieu, ce qui implique que l&#8217;univers soit pass&#233; par une phase un milliard de fois plus chaude et un milliard de milliards de milliards de fois plus dense qu&#8217;aujourd&#8217;hui. De telles conditions rendent le terme de Big Bang l&#233;gitime pour parler de cette &#233;poque dense et chaude. De plus, les seuls mod&#232;les r&#233;alistes permettant de rendre compte de la pr&#233;sence des grandes structures dans l&#8217;univers supposent que celui-ci a connu une phase dont les temp&#233;ratures &#233;taient entre 1026 et 1029 fois plus &#233;lev&#233;es qu&#8217;aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ceci &#233;tant, il arrive que la presse scientifique grand public se fasse parfois l&#8217;&#233;cho de telles positions marginales. Le sc&#233;nario d&#233;crivant cette phase dense et chaude n&#8217;est toutefois pas int&#233;gralement compris. Plusieurs &#233;poques ou ph&#233;nom&#232;nes en sont encore mal connus, comme en particulier celle de la baryog&#233;n&#232;se, qui a vu se produire un l&#233;ger exc&#232;s de mati&#232;re par rapport &#224; l&#8217;antimati&#232;re avant la disparition de cette derni&#232;re, ainsi que les d&#233;tails de la fin de la phase d&#8217;inflation (si celle-ci a effectivement eu lieu), en particulier le pr&#233;chauffage et le r&#233;chauffage : si les mod&#232;les de Big Bang sont en constante &#233;volution, le concept g&#233;n&#233;ral est en revanche tr&#232;s difficilement discutable.<\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Pie XII et le Big Bang<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">L&#8217;illustration la plus r&#233;v&#233;latrice sans doute des r&#233;actions suscit&#233;es par l&#8217;invention du Big Bang est celle du pape Pie XII. Celui-ci, dans un discours rest&#233; c&#233;l&#232;bre tr&#232;s explicitement intitul&#233; Les preuves de l&#8217;existence de Dieu &#224; la lumi&#232;re de la science actuelle de la nature, fait le point sur les derni&#232;res d&#233;couvertes en astrophysique, physique nucl&#233;aire et cosmologie, faisant d&#8217;ailleurs preuve d&#8217;une connaissance aigu&#235; de la science de son temps [citation n&#233;cessaire]. Il ne mentionne aucunement la th&#233;orie de l&#8217;&#233;tat stationnaire, mais tire de l&#8217;observation de l&#8217;expansion et de la coh&#233;rence entre &#226;ge estim&#233; de l&#8217;univers et autres m&#233;thodes de datation la preuve de la cr&#233;ation du monde :<\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/decembrie\/4\/17944_5.jpg\" \/>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">&#171; [&#8230;] Avec le m&#234;me regard limpide et critique dont, il [l&#8217;esprit &#233;clair&#233; et enrichi par les connaissances scientifiques] examine et juge les faits, il y entrevoit et reconna&#238;t l&#8217;&#339;uvre de la Toute-Puissance cr&#233;atrice, dont la v&#233;rit&#233;, suscit&#233;e par le puissant &#8220; Fiat &#8221; prononc&#233; il y a des milliards d&#8217;ann&#233;es par l&#8217;Esprit cr&#233;ateur, s&#8217;est d&#233;ploy&#233;e dans l&#8217;univers [&#8230;]. Il semble, en v&#233;rit&#233;, que la science d&#8217;aujourd&#8217;hui, remontant d&#8217;un trait des millions de si&#232;cles, ait r&#233;ussi &#224; se faire t&#233;moin de ce &#8220; Fiat Lux &#8221; initial, de cet instant o&#249; surgit du n&#233;ant avec la mati&#232;re, un oc&#233;an de lumi&#232;re et de radiations, tandis que les particules des &#233;l&#233;ments chimiques se s&#233;paraient et s&#8217;assemblaient en millions de galaxies. &#187;<\/p>\n<p align=\"justify\">Il conclut son texte en affirmant : &#171; Ainsi, cr&#233;ation dans le temps ; et pour cela, un Cr&#233;ateur ; et par cons&#233;quent, Dieu ! Le voici, donc &#8211; encore qu&#8217;implicite et imparfait &#8211; le mot que Nous demandions &#224; la science et que la pr&#233;sente g&#233;n&#233;ration attend d&#8217;elle. [&#8230;] &#187;<\/p>\n<p align=\"justify\">N&#8217;approuvant pas une telle interpr&#233;tation de d&#233;couvertes scientifiques, Lema&#238;tre demanda audience &#224; Pie XII, lui faisant part de son point de vue que science et foi ne devaient pas &#234;tre m&#234;l&#233;es. Il est souvent dit [citation n&#233;cessaire] que Pie XII se r&#233;tracta de ce premier commentaire lors d&#8217;un discours prononc&#233; l&#8217;ann&#233;e suivante, devant un auditoire d&#8217;astronomes. Sans parler de r&#233;tractation, Pie XII n&#8217;&#233;voque plus la cr&#233;ation de l&#8217;univers, mais invite les astronomes &#224; &#171; acqu&#233;rir un perfectionnement plus profond de l&#8217;image astronomique de l&#8217;univers &#187;.<\/p>\n<p align=\"justify\">&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>yogaesoteric<br \/>4 d&#233;cembre 2018<\/strong><br \/>\n    \n  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&#160; Lisez la quatri&#232;me partie de cet article&#160; La question de l&#8217;infini Dans la r&#233;alit&#233;, l&#8217;Univers peut-il &#234;tre vraiment infini ? Si dans la physique de Newton un mod&#232;le infini constituait l&#8217;hypoth&#232;se la plus naturelle, la situation a chang&#233; avec l&#8217;invention de la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale. 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