{"id":25902,"date":"2019-05-25T13:41:16","date_gmt":"2019-05-25T13:41:16","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yogaesoteric.net\/spiritualite-universelle-fr\/articles-1603-fr\/fabrication-de-lillusion-et-voie-de-sortie-8\/"},"modified":"2019-05-25T13:41:16","modified_gmt":"2019-05-25T13:41:16","slug":"fabrication-de-lillusion-et-voie-de-sortie-8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/fabrication-de-lillusion-et-voie-de-sortie-8\/","title":{"rendered":"Fabrication de l\u2019illusion et voie de sortie (8)"},"content":{"rendered":"<p>  Lisez <a href=\"\/moved_content.php?lang=FR&amp;item=19787\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la septi&#232;me partie<\/a> de cet article<\/p>\n<p>    <strong>Vol &#233;nerg&#233;tique, vol &#233;thique<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Votre corps normalement est &#171; programm&#233; &#187; pour rechercher le contentement, &#233;viter la douleur et fuir les situations dangereuses. Votre esprit sait que tout cela est partiellement fragile et vain. Il y a bien une tension ontologique in&#233;vitable. C&#8217;est en elle que naissent toutes les violences, dans ce d&#233;sir-besoin d&#8217;assurer ce qui ne peut jamais l&#8217;&#234;tre vraiment.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/mai\/25\/19829_1.jpg\" align=\"center\" \/><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Apr&#232;s quoi vous courrez pourtant dans la qu&#234;te de jouissances, de possessions, de pouvoir, de richesses, d&#8217;honneurs ou de gloire, dans la col&#232;re irr&#233;pressible de ne pouvoir y go&#251;ter assez. Il faut que quelque chose soit plut&#244;t que rien, que s&#8217;en aille l&#8217;horrible sensation du n&#233;ant de l&#8217;humain, du non-sens de la vie et de l&#8217;univers, de votre fragilit&#233;. Vous tentez d&#8217;y rem&#233;dier chaque jour tant bien que mal, mais plus vous le niez, plus votre entreprise est tragique. Plus vous acceptez le non-sens et plus votre vie devient comique. Cette double contrainte ontologique peut avoir d&#8217;autres expressions puisque l&#8217;humain ne peut &#234;tre r&#233;duit &#224; sa raison ou &#224; son intelligence : il est aussi pris dans sa dimension affective, sexu&#233;e, &#233;motive, artistique, sportive, etc., dans un conflit des instances &#224; partir desquelles il va mesurer toute chose.&#160;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  C&#8217;est pourquoi les croyances et conditionnements constituent un vol d&#8217;&#233;nergie, celle de votre puissance cr&#233;atrice et de votre libre arbitre dans la conduite de votre vie, au service de votre mission &#171; h&#233;ro&#239;que &#187;. Il vous affaiblit et vous soumet aux &#171; voleurs &#187;, leur donnant ou ayant donn&#233; force &#224; votre d&#233;triment. C&#8217;est pourquoi tout marcheur sur la voie de l&#8217;&#233;veil se voit contraint de remettre en cause les bases m&#234;mes de ce qui &#233;tait ses r&#233;f&#233;rences. Ses v&#233;rit&#233;s sont ainsi remises en cause au fur et &#224; mesure de sa capacit&#233; &#224; &#233;couter son c&#339;ur. Il d&#233;couvre que ses v&#233;rit&#233;s n&#8217;&#233;taient, en fait, que les v&#233;rit&#233;s d&#8217;un syst&#232;me qui lui fut impos&#233; d&#232;s sa naissance. Ainsi untel se croit musulman, bouddhiste ou chr&#233;tien, homme esclave ou femme asservie, victime ou poss&#233;dant un pouvoir quelconque afin de dominer les autres. Son intellect, ses connaissances sont directement issus d&#8217;un formatage en r&#232;gle, et comme un mouton-perroquet, il r&#233;p&#232;te une v&#233;rit&#233; qu&#8217;il croit sienne mais qui, en r&#233;alit&#233;, ne l&#8217;est pas du tout. Il s&#8217;est fait bluffer, jusqu&#8217;au jour o&#249; une certaine petite voix est arriv&#233;e &#224; se faire entendre&#8230; C&#8217;est alors qu&#8217;il d&#233;couvre que nombre de ses probl&#232;mes viennent tout simplement de cette &#233;ducation mentale, qui a fabriqu&#233; ce mur de croyances devenu invisible tellement il &#233;tait pr&#233;sent en son quotidien. Et puis, parce que tout le monde baignait dans la m&#234;me ambiance, il se convainquait lui-m&#234;me que tout cela &#233;tait r&#233;el puisque v&#233;cu par tous ses pairs. Il se mit donc &#224; croire que la mort est in&#233;luctable, que la maladie est normale, et que les gros chagrins et souffrances sont le lot in&#233;vitable de tout humain qui essaie de faire sa vie en ce monde impitoyable pour les faibles. Tout semble prouver qu&#8217;il faut se battre pour r&#233;ussir. C&#8217;est &#233;crit, et des milliards d&#8217;individus ont suivi ce chemin depuis l&#8217;aube de l&#8217;humanit&#233; !&#160;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Mais vous n&#8217;avez toutefois pas &#224; revenir en arri&#232;re pour traiter les probl&#232;mes h&#233;rit&#233;s de l&#8217;enfance, perp&#233;tu&#233;s &#224; l&#8217;adolescence puis &#224; l&#8217;&#226;ge adulte. Si ces probl&#232;mes &#8211; blessures &#233;motionnelles, traumatismes psychiques, conditionnements toxiques et d&#233;l&#233;t&#232;res &#8211; ont produit en vous une vibration que vous &#234;tes encore en train d&#8217;&#233;mettre par vos pens&#233;es, paroles, actes et omissions, et qui produit les probl&#232;mes d&#8217;aujourd&#8217;hui, vous pouvez changer votre vibration beaucoup plus facilement en traitant les probl&#232;mes d&#8217;aujourd&#8217;hui qu&#8217;en essayant de traiter les probl&#232;mes de l&#8217;enfance. Car c&#8217;est la m&#234;me vibration. En l&#8217;observant dans votre pr&#233;sent, vous pouvez d&#233;cider avec quelle pens&#233;e vous vous sentez mieux.&#160;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Cette tension entre le corps, ancr&#233; dans les racines de la mati&#232;re, et l&#8217;esprit, qui vient d&#8217;un Ailleurs, n&#8217;a ainsi pas vraiment de raison d&#8217;&#234;tre. Le corps dans sa dynamique interne est relay&#233; par la conscience. Par elle, l&#8217;homme poss&#232;de la cl&#233; d&#8217;acc&#232;s &#224; des espaces de r&#233;alit&#233; plus riches et plus profonds que ceux propos&#233;s par les institutions traditionnelles, sources de son bien-&#234;tre. Cette cl&#233; est log&#233;e dans la vision mill&#233;naire de tous les grands &#233;crits mystiques de l&#8217;humanit&#233;, et &#233;pur&#233;e des limitations des seules survie et reproduction.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Si l&#8217;&#234;tre humain a un corps physique et instinctif, il est &#233;galement dot&#233; d&#8217;une raison, d&#8217;une spiritualit&#233;, d&#8217;une mystique pour y parvenir. Cette construction du bonheur dans l&#8217;inconscient collectif r&#233;side dans les philosophies existentielles. L&#8217;&#233;cole grecque (Platon, Socrate&#8230;), le religieux (tout particuli&#232;rement le christianisme) et d&#8217;autres philosophies spiritualistes (Bouddhisme, Tao&#239;sme), consacrent l&#8217;id&#233;e du bonheur comme raison d&#8217;&#234;tre de l&#8217;humanit&#233;.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Les r&#233;volutions dites des Lumi&#232;res, fran&#231;aise comme am&#233;ricaine, affirment l&#8217;id&#233;e que tout humain a droit au bonheur. La d&#233;claration des Droits de l&#8217;Homme de 1789 et ses 17 articles constituent l&#8217;essence des droits individuels et de la libert&#233;, droits r&#233;put&#233;s inali&#233;nables, imprescriptibles et sacr&#233;s. Dans le pr&#233;ambule de la D&#233;claration d&#8217;ind&#233;pendance des &#201;tats-Unis d&#8217;Am&#233;rique, les trois droits fondamentaux &#233;voqu&#233;s sont les droits &#224; la vie, &#224; la libert&#233; et &#224; la poursuite du bonheur. Ce dernier devient ainsi une aspiration &#224; laquelle chacun peut pr&#233;tendre. Mais, d&#232;s l&#8217;instant o&#249; tout le monde y a droit, les m&#234;mes &#171; &#233;lites &#187; le proclamant semblent trouver le bonheur moins noble, se mettant &#224; traiter d&#8217;id&#233;aliste, de nigaud ou de bisounours celui qui en parle, et se retranchent derri&#232;re un mod&#232;le &#233;conomique n&#233;oclassique reposant sur l&#8217;impuissance individuelle pour s&#8217;en affranchir. Pour quelle finalit&#233; ? La v&#233;ritable &#233;l&#233;vation de l&#8217;homme dans le myst&#232;re qu&#8217;est l&#8217;existence, la vie, ou l&#8217;utilitarisme et le mat&#233;rialisme, &#224; savoir l&#8217;illusion de l&#8217;&#233;mancipation par l&#8217;assouvissement des d&#233;sirs ? C&#8217;est l&#8217;hubris (ou hybris) grec, tout ce qui dans la conduite de l&#8217;homme est consid&#233;r&#233; comme d&#233;mesure et orgueil aveugle, nourrissant l&#8217;arrogance et l&#8217;autosatisfaction.&#160;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>    <strong>Une civilisation &#224; contre-destin<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  La religion grecque antique ignore la notion de p&#233;ch&#233; tel que le con&#231;oit le christianisme dogmatique, tout particuli&#232;rement le catholicisme. Il n&#8217;en reste pas moins que l&#8217;hubris \/ hybris constitue la faute fondamentale dans cette civilisation, consid&#233;r&#233;e comme un crime. Elle recouvrait des violations comme non seulement les voies de fait, les agressions sexuelles, le vol de propri&#233;t&#233; publique ou sacr&#233;e, mais &#233;galement l&#8217;arrogance, l&#8217;exc&#232;s, la pr&#233;somption, la superbe, l&#8217;orgueil, la pr&#233;varication, la recherche du pouvoir pour le pouvoir. Les Grecs lui opposaient la temp&#233;rance et la mod&#233;ration. Elle est &#224; rapprocher de la notion de mo&#239;ra, terme grec qui signifie entre autres &#171; destin &#187;.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Les anciens concevaient en effet le destin en termes de partition. Le destin, c&#8217;est le lot, la part de bonheur ou de malheur, de fortune ou d&#8217;infortune, de vie ou de mort, qui &#233;choit &#224; chacun en fonction de son rang social, de ses relations aux dieux et aux hommes. Or, l&#8217;homme qui commet l&#8217;hubris est coupable de vouloir plus que la part qui lui est attribu&#233;e par la partition destinale. La d&#233;mesure d&#233;signe le fait de d&#233;sirer plus que ce que la juste mesure du destin vous a attribu&#233;. Le ch&#226;timent de l&#8217;hubris est la N&#233;m&#233;sis, le ch&#226;timent des dieux qui fait se r&#233;tracter l&#8217;individu &#224; l&#8217;int&#233;rieur des limites qu&#8217;il a franchies. C&#8217;est ce que repr&#233;sentaient les figures divines des Titans et des dieux, les premiers finissant &#224; l&#8217;issue d&#8217;une bataille par &#234;tre battus et jet&#233;s dans le Tartare, sorte d&#8217;&#233;quivalent &#224; l&#8217;enfer chr&#233;tien. Ils semblent &#234;tre revenus dans votre civilisation pr&#233;sente, celle qui a commenc&#233; le jour o&#249; No&#233; a fait passer le flambeau de la Connaissance d&#8217;une civilisation disparaissant sous le D&#233;luge &#224; une autre. Et comme l&#8217;histoire est un &#233;ternel recommencement, certes sous des formes diff&#233;rentes, vous pouvez en discerner l&#8217;issue &#8230;&#160;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>    <strong>L&#8217;&#233;tat des lieux<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Toute sa vie, le sociologue et philosophe Jean Baudrillard (1929\/2007) s&#8217;est attach&#233; &#224; planter des banderilles dans les illusions des Europ&#233;ens, entretenues dans l&#8217;inconscient collectif comme individuel par le syst&#232;me pr&#233;dateur et ses promesses d&#233;voy&#233;es comme celle de libert&#233;. Il en d&#233;coule des r&#234;ves de lib&#233;ration : politique, sexuelle, des forces productives, des forces destructives, de la femme, de l&#8217;enfant, des pulsions inconscientes, de l&#8217;information, de l&#8217;art &#8230; La grande supercherie a &#233;t&#233; tout particuli&#232;rement les &#171; seventies &#187;, o&#249; tout a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;, comme il l&#8217;&#233;crit en 1990 dans La Transparence du mal : &#171; Ce fut une orgie &#172;totale de r&#233;el, de rationnel, de sexuel, de critique&#8230; &#187;, orgie que vous &#234;tes condamn&#233;s &#224; &#171; simuler &#187; par la r&#233;p&#233;tition d&#8217;actes lib&#233;rateurs vides de sens, puisque leurs &#171; finalit&#233;s sont derri&#232;re vous &#187;.&#160;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Il en d&#233;coule que la lib&#233;ration pour la lib&#233;ration se retourne contre elle-m&#234;me, la conscience anesth&#233;si&#233;e la privil&#233;giant pour ne pas &#171; affronter &#187; de face la pr&#233;dation qui l&#8217;asservit en lui faisant croire &#224; l&#8217;utopie du salut dans la libert&#233;, ce nouvel anneau de servage instill&#233; dans l&#8217;inconscient, et annonc&#233; triomphalement par tous les gourous philosophes encens&#233;s par le mainstream universitaire &#224; l&#8217;image de Francis Fukuyama, philosophe-&#233;conomiste et chercheur en sciences politiques am&#233;ricain qui, en 1992, c&#233;l&#233;brait b&#233;atement &#171; l&#8217;universalisation de la d&#233;mocratie lib&#233;rale occidentale comme forme finale de tout gouvernement humain &#187; dans La Fin de l&#8217;Histoire et le dernier homme.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Quant au fameux &#171; &#226;ge de l&#8217;information &#187; et de la libre communication dans les r&#233;seaux virtuels, il n&#8217;est qu&#8217;&#224; voir l&#8217;&#233;tat des lieux (tout particuli&#232;rement dans les transports urbains) pour constater combien il rar&#233;fie les &#233;changes face &#224; face et d&#233;vore le monde r&#233;el par l&#8217;addiction pathologique &#224; son flux incessant et &#224; son tombereau d&#8217;inepties.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads5\/mai\/25\/19829_2.jpg\" align=\"center\" \/><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Il pointe de mani&#232;re chirurgicale l&#8217;emprise &#233;motionnelle &#8211; l&#8217;attisement des d&#233;sirs &#8211; exerc&#233;e sur le citoyen consommateur lobotomis&#233; par le marketing et la publicit&#233; dans son essai La Soci&#233;t&#233; de consommation (1970). C&#8217;est la fin des &#171; trente glorieuses &#187; que d&#8217;aucuns qualifient de &#171; trente piteuses &#187; de l&#8217;humanit&#233; &#224; la sauce des Lumi&#232;res ma&#231;onniques : le plein-emploi est quasiment assur&#233;, les grands magasins ne d&#233;semplissent pas, la publicit&#233; envahit l&#8217;espace.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  D&#233;sormais, l&#8217;individu ne consomme plus pour satisfaire des besoins &#233;l&#233;mentaires, mais pour assouvir des d&#233;sirs attis&#233;s par le marketing, se diff&#233;rencier des autres, rivaliser avec eux. Le shopping devient la qu&#234;te moderne du bonheur, la nouvelle &#171; morale &#187; culpabilisante du citoyen responsable du bon fonctionnement d&#233;mocratique lib&#233;ral &#8230; L&#8217;objet a pris le pas sur le sujet, qui vit &#171; comme une libert&#233; (&#8230;) ce qui est contrainte d&#8217;ob&#233;issance &#224; un code &#187;.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  La personne est r&#233;ifi&#233;e, ali&#233;n&#233;e par la marchandise et sa promotion sur les ondes lib&#233;ratrices en cours de d&#233;ploiement, l&#8217;audiovisuel, et son seigneur totalitaire t&#233;l&#233;visuel. Il va sans dire qu&#8217;il va nourrir les penseurs de la gauche antilib&#233;rale, altermondialistes, anti-utilitaristes ou n&#233;omarxistes, totalement impr&#233;gn&#233;s de cette critique de la consommation mais qui, parvenus pour certains au pouvoir quelques d&#233;cennies plus tard, renverseront leur cuti tout en continuant &#224; illusionner leurs gogos partisans. R&#233;alit&#233; du pouvoir oblige, &#171; s&#8217;excuseront-ils &#187; (et quand on excuse soi-m&#234;me&#8230;).&#160;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Sous l&#8217;influence des th&#233;ories du canadien Herbert Marshall McLuhan (1911\/1980), un des fondateurs des &#233;tudes contemporaines sur les m&#233;dias, il d&#233;crit la pr&#233;gnance physique et intellectuelle des m&#233;dias qui placent l&#8217;&#234;tre humain au c&#339;ur d&#8217;une combinaison fatale pour sa conscience, soit le ragout t&#233;l&#233;visuel\/publicitaire\/culturel servi en continu par un vortex g&#233;ant d&#8217;&#233;crans, de battage informationnel et symbolique, d&#8217;actualit&#233;s dramatiques et de technologies qui captent toute votre attention, votre imaginaire et vos corps.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Cette culture du narcissisme d&#233;coulant de l&#8217;h&#233;donisme consum&#233;riste d&#8217;un monde de &#171; simulacres vrais &#187;, abolit toute distance critique, l&#8217;enveloppant par une multiplication de signes et d&#8217;images sc&#233;naris&#233;es o&#249; le m&#233;dia r&#233;alise l&#8217;&#233;v&#233;nement en le d&#233;r&#233;alisant. Ainsi, dans cette prolif&#233;ration des simulacres, la &#171; gauche divine &#187; pr&#233;tend &#171; changer la vie &#187; tout en ne faisant que g&#233;rer la crise, au m&#234;me titre que &#171; la droite &#187; ; les centres-villes et les hauts lieux touristiques sont transform&#233;s en mus&#233;es ; les corps r&#234;v&#233;s du bodybuilding et de la chirurgie esth&#233;tique se popularisent ; les grands-messes t&#233;l&#233;vis&#233;es autour d&#8217;un &#233;v&#233;nement-spectacle &#8211; guerre du Golfe ou morts de Diana et de Johnny &#8211; scandent vos vies passionnelles ; la t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233; s&#8217;empare du divertissement.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Cette &#171; hyper-r&#233;alit&#233; &#187; d&#233;sacralis&#233;e conduit tout naturellement &#224; l&#8217;individualisme forcen&#233;, fond&#233; sur la seule satisfaction du Moi et oubliant tout &#8211; altruisme et solidarit&#233;. Il participe du d&#233;tricotage m&#233;thodique de la conscience collective, pr&#233;alable &#224; l&#8217;instauration d&#8217;une gouvernance totalitaire au moyen d&#8217;une technologie de surveillance de pointe au pr&#233;texte d&#8217;une protection s&#233;curitaire d&#8217;exactions initi&#233;es par les m&#234;mes ma&#238;tres-artificiers.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  L&#8217;historien du cin&#233;ma Jean-Baptiste Thoret a list&#233; dans le Cahier de L&#8217;Herne les nombreux films baignant dans une atmosph&#232;re &#171; baudrillardienne &#187;, au sens o&#249; s&#8217;y exprime, dit-il, &#171; le sentiment diffus d&#8217;un monde qui complote, sous contr&#244;le, &#224; la fois transparent (tout est visible) et totalement opaque (tout est cach&#233;), un monde paradoxal o&#249; ce que l&#8217;on me montre n&#8217;est pas ce qui est &#187;. Ce sont Vid&#233;odrome et Crash (David Cronenberg, 1983 et 1996), Dark City (Alex Proyas, 1998), The Truman Show (Peter Weir, 1998) et, bien s&#251;r, la trilogie Matrix (1999-2003) des Wachowski, explicitement inspir&#233;e par Simulacres et simulation, o&#249; les humains r&#234;vent une r&#233;alit&#233; &#233;lectronique enferm&#233;s dans des cocons c&#226;bl&#233;s &#224; un ordinateur central.&#160;<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  Dans les ann&#233;es 1990, alors que les r&#233;seaux tissent la toile du World Wide Web doublant le monde r&#233;el d&#8217;un cyberespace, Jean Baudrillard prend acte d&#8217;un glissement sans pr&#233;c&#233;dent vers la d&#233;r&#233;alisation du monde &#8211; et, partant, vers l&#8217;ali&#233;nation radicale dans son essai Le Crime parfait (Galil&#233;e, 1995), autrement dit &#171; le meurtre de la r&#233;alit&#233; &#187;. Pris dans un incessant aller-retour o&#249; ils finissent par se confondre, le monde r&#233;el et les mondes virtuels et m&#233;diatique vous engluent, assure-t-il, dans leur &#171; r&#233;alit&#233; int&#233;grale, comme si les choses avaient aval&#233; leur miroir et &#233;taient devenues transparentes &#224; elles-m&#234;mes. (&#8230;) Elles sont forc&#233;es de s&#8217;inscrire sur les milliers d&#8217;&#233;crans &#224; l&#8217;horizon desquels non seulement le r&#233;el, mais l&#8217;image a disparu. La r&#233;alit&#233; a &#233;t&#233; chass&#233;e de la r&#233;alit&#233;. &#187; C&#8217;est &#171; l&#8217;&#233;cran total &#187; &#8230;<\/p>\n<p>  Lisez&#160;<a style=\"color: \" href=\"\/moved_content.php?lang=FR&amp;item=19893\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">la neuvi&#232;me partie<\/a> de cet article<\/p>\n<p><\/p>\n<p>  &#160;<\/p>\n<p>&#160;<\/p>\n<p>    <strong>yogaesoteric<\/strong><\/p>\n<p>    <strong>25 mai 2019<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>  &#160;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lisez la septi&#232;me partie de cet article Vol &#233;nerg&#233;tique, vol &#233;thique Votre corps normalement est &#171; programm&#233; &#187; pour rechercher le contentement, &#233;viter la douleur et fuir les situations dangereuses. Votre esprit sait que tout cela est partiellement fragile et vain. Il y a bien une tension ontologique in&#233;vitable. 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