{"id":27505,"date":"2006-07-17T03:25:14","date_gmt":"2006-07-17T03:25:14","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yogaesoteric.net\/2006\/07\/17\/les-outils-psychologiques-du-pouvoir-manipulations-par-le-controle-de-linfo\/"},"modified":"2006-07-17T03:25:14","modified_gmt":"2006-07-17T03:25:14","slug":"les-outils-psychologiques-du-pouvoir-manipulations-par-le-controle-de-linfo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/les-outils-psychologiques-du-pouvoir-manipulations-par-le-controle-de-linfo\/","title":{"rendered":"Les outils psychologiques du pouvoir &#8211; Manipulations par le contr\u00f4le de l&#8217;info"},"content":{"rendered":"<p>  David B. Deserano <br \/>Traduction : Andr\u00e9 Dufour<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>      <strong>L\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de cet article est consultable en anglais sur le site web de Nexus:<\/strong><br \/>\n      <strong>http:\/\/www.nexusmagazine.com<\/strong><br \/>\n      <strong><br \/>\n      <\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n<p>      <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"258\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/k.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>Les milliers de messages quotidiens que nous recevons, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019informations d\u2019actualit\u00e9s, commerciales ou de divertissement, mod\u00e8lent inconsciemment nos pens\u00e9es, nos opinions et nos comportements. Produits et transmis par les m\u00e9dias professionnels, ils constituent de puissants outils subtils au service des inter\u00eats des gouvernements et du lobby militaro-industriel.<\/p>\n<p>  \u00a0<br \/>\n  Les Etats Unis sont sans conteste le pays le plus m\u00e9diatiquement satur\u00e9 du monde. Nous sommes quotidiennement bombard\u00e9s de mille et un messages con\u00e7us pour retenir notre attention, nous divertir et nous informer de tout depuis les chaussures jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;id\u00e9ologie politique\u00a0en passant par la nourriture et les c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s. On a \u00e9valu\u00e9 \u00e0 plus de 3.000 le nombre d&#8217;annonces auxquelles l&#8217;am\u00e9ricain moyen est expos\u00e9 chaque jour, mais il y a en plus les nouveaux programmes, les com\u00e9dies de moeurs, les films, la radio et autres formes de m\u00e9dias que nous choisissons de consommer. Tout cela contribue \u00e0 modeler notre vision du monde et beaucoup de temps, d&#8217;effort et d&#8217;argent sont consacr\u00e9s \u00e0 guider notre opinion dans certaines voies bien d\u00e9finies. Ceci, jadis, s&#8217;appelait la propagande.<br \/>\n  Aujourd&#8217;hui, \u00e9tant donn\u00e9 la connotation totalitaire que ce mot charrie encore, il est remplac\u00e9 dans le lexique contemporain par d\u00e9sinformation, conseil sur les images de marque, communication politique, strat\u00e9gies de presse, publicit\u00e9, publimessages, relations publiques, gestion des dommages et art de la pirouette, autant de mots qui voilent sa vraie nature et son omnipr\u00e9sence. Et on retrouve bien la propagande partout. Les entreprises de communication, tant dans le secteur \u00e9conomique qu&#8217;au niveau gouvernemental, engloutissent chaque ann\u00e9e des centaines de millions de dollars. Les masses ignorantes, non inform\u00e9es, sont bien plus faciles \u00e0 manipuler que les gens qui r\u00e9fl\u00e9chissent. Il est n\u00e9cessaire de s\u2019interroger : Qui d\u00e9tient l&#8217;information ? Comment est-elle diffus\u00e9e ? Dans quels contextes l\u2019est-elle ?<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  Les industries et les gouvernements ont consacr\u00e9 des d\u00e9cennies et des centaines de milliards de dollars \u00e0 chercher les meilleurs moyens d&#8217;influencer la population. La plus grande partie de ces donn\u00e9es sont gard\u00e9es secr\u00e8tes pour se prot\u00e9ger de l\u2019espionnage industriel, et ce que l&#8217;on en sait \u00e9mane de travaux effectu\u00e9s r\u00e9cemment par des chercheurs du monde entier qui, en comparaison, sont extr\u00eamement mal financ\u00e9s. Par cons\u00e9quent l&#8217;information accessible au citoyen moyen, y compris aux chercheurs en question, est infiniment moins compl\u00e8te que celle dont disposent les producteurs des m\u00e9dias ou de campagnes d&#8217;information (c&#8217;est \u00e0 dire, les agences de publicit\u00e9, de relations publiques, les conseillers politiques, etc.). Il est cependant un fait connu : le cerveau humain analyse diff\u00e9remment le message selon le m\u00e9dia qui le v\u00e9hicule. Les termes \u00e9crits et parl\u00e9s sont soumis \u00e0 un processus de d\u00e9codage o\u00f9 le cerveau d\u00e9chiffre les mots et la structure des phrases de fa\u00e7on \u00e0 interpr\u00e9ter correctement ce qui est lu ou entendu. S&#8217;instaure alors un d\u00e9bat int\u00e9rieur entre conscient et inconscient, confrontant ce qui est en voie d&#8217;interpr\u00e9tation et ce qui est d\u00e9j\u00e0 connu comme vrai. Dans le cas de l&#8217;image, cependant, le cerveau traite instantan\u00e9ment l&#8217;information comme vraie, ce qui veut dire que l&#8217;information visuelle a un impact beaucoup plus grand sur l&#8217;inconscient. Au bout de p\u00e9riodes prolong\u00e9es, une imagerie r\u00e9currente produit un effet cumulatif sur le spectateur, ce qui permet \u00e0 des concepts de v\u00e9rit\u00e9 inconsciemment acquis de se manifester comme issus de nulle part. Il est donc \u00e9vident que quiconque d\u00e9tient le contr\u00f4le des moyens de communication poss\u00e8de un pouvoir \u00e9norme sur les populations qui les recoivent.(1).<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>\n    <strong>Intentions, capacit\u00e9s, usages et origines des medias<\/strong><br \/>\n    \u00a0<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"301\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/u.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>La radio, l&#8217;ordinateur et Internet sont tous des d\u00e9riv\u00e9s d\u2019applications militaires. La radio fut invent\u00e9e au milieu des ann\u00e9es 1890 et son premier acqu\u00e9reur fut le British War Office en 1896 pendant la guerre des Boers suivi trois ans plus tard par la US Navy. Pendant la premi\u00e8re guerre mondiale, les USA plac\u00e8rent tout l&#8217;\u00e9quipement radio, commercial, amateur et militaire (sauf pour l&#8217;arm\u00e9e), sous le contr\u00f4le de la marine US, un monopole maintenu quelque temps apr\u00e8s la guerre. Le premier ordinateur \u00e9lectronique op\u00e9rationnel, Colossus, fut construit dans le cadre du projet ULTRA pour le d\u00e9partement britannique des communications au Foreign Office, afin d&#8217;aider au d\u00e9codage des transmissions nazies intercept\u00e9es. Le premier ordinateur \u00e9lectronique digital, ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer), fut le r\u00e9sultat d&#8217;une collaboration entre la Moore School of Electrical Engineering de l&#8217;universit\u00e9 de Pennsylvanie et le Ballistics Research Lab utilis\u00e9 par l\u2019Army Ordnance Department du centre d&#8217;essais d&#8217;Aberdeen, dans le Maryland. Il fut &#8220;con\u00e7u sp\u00e9cialement pour r\u00e9soudre des probl\u00e8mes balistiques et pour l&#8217;impression de tables de tir&#8221;. L&#8217;anc\u00eatre d\u2019Internet \u00e9tait le ARPAnet, qui fit son apparition vers 1969. La DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), du Minist\u00e8re de la D\u00e9fense, souhaitait cr\u00e9er pour les militaires am\u00e9ricains une infrastructure de communication qui puisse survivre \u00e0 une attaque nucl\u00e9aire. De nombreux attributs d\u2019Internet, y compris son architecture, sa technologie et sa configuration, sont les h\u00e9ritiers &#8220;de ce prototype militaire.&#8221;(Sussman, 1997, pp. 87, 89, 90 ; Slater, 1987, pp.16-17 ; Stern, 1981, pp.1, 15 ; Reid, 1997, p. xx)<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  Au d\u00e9but de la premi\u00e8re guerre mondiale en Europe, le Pr\u00e9sident Woodrow Wilson (1913-1921) fut confront\u00e9 \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de convaincre le public am\u00e9ricain, fondamentalement pacifiste (et se remettant \u00e0 peine des s\u00e9quelles de la guerre civile), d&#8217;accepter que ses fils soient exp\u00e9di\u00e9s \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres pour mener un combat qui ne les concernaient pas. Le Pr\u00e9sident Wilson con\u00e7ut l&#8217;id\u00e9e de cr\u00e9er le Committee of Public Information, connu aussi sous le nom de Creel Commission. Il \u00e9tait compos\u00e9 de dessinateurs de BD, d&#8217;\u00e9crivains, de r\u00e9dacteurs, d&#8217;\u00e9diteurs et d&#8217;autres dont la profession eentrait dans le domaine de l&#8217;information. S&#8217;y trouvaient : Edward Bernays, p\u00e8re de l&#8217;industrie des relations publiques, et Walter Lippmann, doyen des journalistes am\u00e9ricains, \u00e9minent critique de politique int\u00e9rieure et \u00e9trang\u00e8re et th\u00e9oricien majeur de la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale. En un an ils parvinrent \u00e0 faire du peuple am\u00e9ricain une population vivement germanophobe. Ce r\u00e9sultat extr\u00eamement positif attira l&#8217;attention particuli\u00e8re de deux groupes. L&#8217;un d&#8217;eux \u00e9tait la communaut\u00e9 intellectuelle qui per\u00e7ut en ces nouvelles techniques de propagande &#8211; (ce mot \u00e9tait utilis\u00e9 ouvertement \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, car il ne portait pas encore la connotation n\u00e9gative qui vint avec l&#8217;utilisation de ces techniques par les nazis quelques ann\u00e9es plus tard) &#8211; un moyen universel et permanent de manipuler les foules. L&#8217;autre groupe \u00e9tait constitu\u00e9 de capitaines d&#8217;industrie qui y virent un moyen de promouvoir leurs ventes en faisant du peuple am\u00e9ricain une population de consommateurs. La le\u00e7on qui fut tir\u00e9e de tout cela fut que pour persuader efficacement les gens de faire quelque chose, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;aller en guerre ou d&#8217;acheter un hamburger, il fallait les solliciter \u00e0 des niveaux dont ils n&#8217;avaient pas conscience. (Chomsky, 1991, pp 7-10, 17-18; Chomsky &amp; Barsamian, 2000, pp 151-152; Boihem &amp; Emmanouilides, 1996.)<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"252\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/m.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>On sait bien que &#8220;la violence est \u00e0 la dictature ce que la propagande est \u00e0 la d\u00e9mocratie&#8221;, et les nazis utilis\u00e8rent les deux. Joseph Goebbels nomm\u00e9, le 14 mars 1933, ministre du Reich pour l&#8217;Education du Public et la Propagande, rassembla la presse, la radio, le cin\u00e9ma, le th\u00e9\u00e2tre et la propagande en une seule vaste organisation et pr\u00e9senta les m\u00e9dias comme &#8220;un piano&#8230; sous les doigts du gouvernement&#8221;, qui pouvait en jouer \u00e0 sa guise. Bien que la diffusion de la m\u00eame information par tous les canaux puisse engendrer une certaine monotonie, il pr\u00f4nait une th\u00e9orie selon laquelle les m\u00e9dias devaient \u00eatre &#8220;uniformes dans les principes&#8221; mais &#8220;polyformes dans les nuances&#8221;. Ce concept s&#8217;est propag\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 nos m\u00e9dias d&#8217;aujourd&#8217;hui. Bien que nous disposions aujourd&#8217;hui d&#8217;une quantit\u00e9 \u00e9norme de magazines et de journaux, la plupart \u00e9manent de &#8220;sources hautement centralis\u00e9es qui r\u00e9pandent une pens\u00e9e remarquablement homog\u00e8ne. Les services d&#8217;informations pour les quotidiens dans tout le pays sont fournis par Associated Press&#8230; et les t\u00e9l\u00e9scripteurs du New York Times et du Los Angeles Times-Washington Post et plusieurs t\u00e9l\u00e9scripteurs \u00e9trangers tels que Reuters ou l\u2019AFP. Les points de vues id\u00e9ologiques de ces nouvelles sources sont sensiblement les m\u00eames marqu\u00e9es d&#8217;une standardisation pr\u00e9fabriqu\u00e9e restreinte et angoissante des nouvelles.(Neale et ass., 1992; Reuth, 1993, p 174; Parenti, 1986, pp 30-31).<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  La peur est un moyen puissant d&#8217;asseoir le contr\u00f4le des populations, et c&#8217;est exactement l\u2019 effet n\u00e9gatif des m\u00e9dias sur les consommateurs. Depuis des ann\u00e9es on a amplement pu constater que les spectateurs assidus de films ou de programmes t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s violents ont du monde une vision beaucoup plus effrayante, dangereuse et violente qui ceux qui regardent ces m\u00e9dias beaucoup moins souvent voire pas du tout. Le m\u00eame constat s&#8217;applique aux spectateurs des journaux du soir. En outre, &#8220;le psychiatre Robert Coles \u00e9crit que les enfants de certaines r\u00e9gions des USA sont davantage enclins \u00e0 la peur [du monde] que ceux du Liban ou de l&#8217;Irlande du nord&#8221;; cela peut avoir un rapport avec le fait que certains des programmes t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s et des BD les plus violents ont pour cible les tr\u00e8s jeunes enfants. Les cons\u00e9quences potentielles en sont atterrantes. Une g\u00e9n\u00e9ration \u00e9lev\u00e9e dans la peur du monde sera port\u00e9e \u00e0 des comportements malsains pour se prot\u00e9ger de choses qui n&#8217;existent pas, comme par exemple d&#8217;accepter le sacrifice de leurs libert\u00e9s civiques fondamentales au nom d&#8217;une recherche fallacieuse de la s\u00e9curit\u00e9. (Jhally &amp; Dinozzi, 1994; Pipher, 1994).<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  Il est tr\u00e8s difficile pour un humain de tuer un membre de sa propre esp\u00e8ce; pour l&#8217;y amener il faut qu&#8217;il soit manipul\u00e9. Pendant la deuxi\u00e8me guerre mondiale, on a estim\u00e9 \u00e0 seulement 15 \u00e0 20% la proportion de fantassins isol\u00e9s, livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames, capables d&#8217;utiliser leur arme contre un ennemi constituant une cible visible. On attribua cela \u00e0 l&#8217;entra\u00eenement re\u00e7u, au cours duquel on leur apprenait \u00e0 viser le centre d&#8217;une cible. Evidemment, il n&#8217;y a pas de cible de tir sur les champs de bataille, aussi apr\u00e8s la guerre les militaires les remplac\u00e8rent-ils par des silhouettes humaines. Et lorsque survint la guerre du Vietnam, 95% des fantassins firent feux lorsque des ennemis se pr\u00e9sent\u00e8rent dans leur ligne de mire. Aujourd&#8217;hui le Corps des Marines utilise comme outil d&#8217;entra\u00eenement une version modifi\u00e9e du jeu vid\u00e9o Doom (nomm\u00e9 Marine Doom), conjointement aux exercices traditionnels au champ de tir avec munitions de guerre sur cibles r\u00e9alistes, de fa\u00e7on \u00e0 rendre habituel aux hommes l&#8217;acte de tuer. En fait, cela eut tant de succ\u00e8s que le Marine Corps Combat and Development Command \u00e0 Quantico, Virginie, a choisi plus de trente jeux \u00e9lectroniques commerciaux potentiellement utilisables comme syst\u00e8mes d&#8217;entra\u00eenement. Ceci soul\u00e8ve une question fort troublante. Si, depuis des dizaines d&#8217;ann\u00e9es, les militaires am\u00e9ricains ont confirm\u00e9 l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;utilisation de cibles \u00e0 formes humaines pour normaliser l&#8217;acte de tuer, quel peut \u00eatre alors l&#8217;influence de jeux similaires sur des gamins, lorsque le but est d&#8217;abattre sans discernement un &#8220;ennemi&#8221; avec des armes de jeux ? A la lumi\u00e8re de ceci, rien d&#8217;\u00e9tonnant qu&#8217;il y ait des tueries dans les \u00e9coles. (Jhally &amp; Huntermann, 2000; Naisbitt et ass., pp 76-77).<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"197\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/h.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>Un des principaux sujets de r\u00e9flexion \u00e0 la Maison Blanche est la ma\u00eetrise et la direction de l&#8217;\u00e9conomie mondiale par le contr\u00f4le de l&#8217;information. Alors que la deuxi\u00e8me guerre mondiale faisait encore rage, &#8220;les dirigeants am\u00e9ricains comprirent le r\u00f4le central que jouerait la ma\u00eetrise de l&#8217;information dans l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 une pr\u00e9dominance mondiale. Bien avant que le reste du monde ait r\u00e9agi, des groupes am\u00e9ricains, priv\u00e9s et gouvernementaux, avaient d\u00e9velopp\u00e9 activement la primaut\u00e9 m\u00e9diatique et culturelle sur tous les continents. &#8220;Les films et programmes de t\u00e9l\u00e9visions am\u00e9ricains &#8220;constituent la denr\u00e9e premi\u00e8re des syst\u00e8mes nationaux dans la plupart des pays. De nouveaux programmes, particuli\u00e8rement ceux de CNN, offrent des perspectives am\u00e9ricaines, souvent les seules disponibles, aux spectateurs du monde. La musique enregistr\u00e9e, les parcs \u00e0 th\u00e8me et la publicit\u00e9 constituent l\u2019essentiel de l&#8217;environnement culturel mondial&#8230;&#8221; <\/p>\n<p>&#8220;Particuli\u00e8rement int\u00e9ressante, cependant, l&#8217;habile association de la mise en oeuvre de l&#8217;information avec les principes philosophiques alimente le glissement vers un pouvoir culturel concentr\u00e9. Ce d\u00e9veloppement est sous-tendu, non par les lois du hasard, mais par une planification strat\u00e9gique rarement reconnue comme telle. Celle-ci conna\u00eet un succ\u00e8s qui d\u00e9passe les attentes de ceux-l\u00e0 m\u00eames qui l&#8217;ont con\u00e7ue.&#8221;(Schiller, 1995, pp 18-19; Alen, 2000, pp 87, 89-99).<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  Dans les pays industrialis\u00e9s, les individus consacrent en moyenne trois heures par jour \u00e0 regarder la t\u00e9l\u00e9vision, c&#8217;est \u00e0 dire environ la moiti\u00e9 de leur temps de loisir. Seuls le travail et le sommeil occupent plus de temps. A ce rythme, une personne atteignant 75 ans aura pass\u00e9 plus de neuf ann\u00e9es de sa vie devant la petite lucarne. Pourquoi agissons-nous comme cela ? Au cours de certaines \u00e9tudes, des sujets ont d\u00e9clar\u00e9 que la t\u00e9l\u00e9vision \u00e9tait une source de d\u00e9tente, ce qui fut confirm\u00e9 par les \u00e9lectroenc\u00e9phalogrammes, la conductivit\u00e9 \u00e9pidermique et le rythme cardiaque, mesur\u00e9s pendant le visionnage d&#8217;une \u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e. Cependant, m\u00eame si les t\u00e9l\u00e9spectateurs associent t\u00e9l\u00e9vision et relaxation, les recherches ont montr\u00e9 qu&#8217;il s&#8217;agira plut\u00f4t de passivit\u00e9 et d&#8217;une diminution de la vigilance. En outre, d\u00e9s que la t\u00e9l\u00e9vision est \u00e9teinte, le sentiment de d\u00e9tente s&#8217;estompe rapidement, tandis que la passivit\u00e9 et la diminution de vigilance perdurent assez longtemps. &#8220;Quelques instant apr\u00e8s s&#8217;\u00eatre assis ou couch\u00e9s et avoir pouss\u00e9 le bouton d&#8217;allumage, les t\u00e9l\u00e9spectateurs disent se sentir plus d\u00e9tendus. L&#8217;apparition rapide de la relaxation conditionne les gens \u00e0 associer la t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 une baisse de tension. L&#8217;association est renforc\u00e9e par effet positif parce que les spectateurs demeurent d\u00e9tendus tant qu&#8217;ils regardent, et par effet n\u00e9gatif \u00e0 cause du stress et de l&#8217;humeur d\u00e9grisante qui surgissent d\u00e9s que l&#8217;\u00e9cran est \u00e9teint&#8230;&#8221;<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"248\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/t.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>L&#8217;attirance des humains pour la t\u00e9l\u00e9vision est li\u00e9e en partie \u00e0 la r\u00e9ponse biologique orient\u00e9e. &#8220;D\u00e9crite initialement par Ivan Pavlov en 1927, la r\u00e9ponse orient\u00e9e est notre r\u00e9action instinctive, visuelle ou auditive, \u00e0 tout stimulus soudain ou nouveau. Cela fait partie de notre h\u00e9ritage atavique, une sensibilit\u00e9 inn\u00e9e au mouvement et \u00e0 la menace pr\u00e9datrice potentielle. Les r\u00e9actions orient\u00e9es typiques comprennent une dilatation des vaisseaux sanguins irrigant le cerveau, un ralentissement cardiaque et une contraction des vaisseaux qui irriguent les principaux groupes musculaires. Le cerveau se concentre sur la r\u00e9colte d&#8217;un compl\u00e9ment d&#8217;information, tandis que le reste du corps se calme&#8230; En 1986, Byron Reeves de l&#8217;universit\u00e9 de Stanford, Esther Thorson de l&#8217;universit\u00e9 de Missouri et leurs coll\u00e8gues se mirent \u00e0 v\u00e9rifier si les proc\u00e9d\u00e9s formels simples de la t\u00e9l\u00e9vision &#8211; coupures, changements de plan, zooms, panoramiques, bruits inattendus &#8211; activaient la r\u00e9ponse orient\u00e9e, maintenant ainsi l&#8217;attention sur l&#8217;\u00e9cran. En observant l&#8217;impact de ces proc\u00e9d\u00e9s sur les ondes c\u00e9r\u00e9brales, les chercheurs conclurent que ces effets stylistiques pouvaient en effet d\u00e9clencher des r\u00e9ponses involontaires et capter l&#8217;attention gr\u00e2ce \u00e0 notre capacit\u00e9 atavique de d\u00e9tection du mouvement&#8230; Ce qui est remarquable en t\u00e9l\u00e9vision, c&#8217;est la forme, pas le contenu&#8230; La recherche de l&#8217;\u00e9quipe d&#8217;Annie Lang \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 d&#8217;Indiana a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le rythme cardiaque diminue pendant quatre \u00e0 six secondes apr\u00e8s un stimulus orientant. Dans la publicit\u00e9, les s\u00e9quences d&#8217;action et les vid\u00e9os musicales, les proc\u00e9d\u00e9s formels se produisent souvent \u00e0 la cadence d&#8217;un par seconde, ce qui a pour r\u00e9sultat d&#8217;activer les r\u00e9ponses orient\u00e9es de fa\u00e7on continue.&#8221; (Kubey &amp; Csikszentmihalyi, 2002; Boihem &amp; Emmanouilides)<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  En ao\u00fbt 1999, l&#8217;arm\u00e9e am\u00e9ricaine signa un contrat de 45 millions de dollars sur cinq ans avec l&#8217;universit\u00e9 de Californie du sud, choisie pour sa proximit\u00e9 d&#8217;Hollywood, afin d&#8217;impliquer les experts de l&#8217;\u00e9cole en mati\u00e8re de cin\u00e9ma, effets sp\u00e9ciaux et autres technologies, dans une contribution \u00e0 l&#8217;entra\u00eenement des troupes, avec sc\u00e9narios de batailles, combats en r\u00e9alit\u00e9 virtuelle et simulations \u00e0 grande \u00e9chelle o\u00f9 \u00e9taient reproduites des situations similaires \u00e0 l&#8217;op\u00e9ration Temp\u00eate du D\u00e9sert. Ce partenariat est connu sous le nom de Institute for Creative Technologies. Jack Valenti, du Motion Picture Association of America, d\u00e9clara que &#8220;le monde digital des r\u00e9alit\u00e9s virtuelles&#8230; sera englob\u00e9 dans cette nouvelle grande entreprise de coop\u00e9ration&#8221;. Cependant, selon James Der Derian, professeur en relations internationales \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 Brown, &#8220;Ce \u00e0 quoi nous assistons aujourd&#8217;hui n&#8217;est peut-\u00eatre pas seulement la naissance d&#8217;un nouveau genre de centre technologique, mais la cr\u00e9ation d&#8217;un complexe de divertissement militaro-industrialo-m\u00e9diatique&#8221;. (US Army, 1999).<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  En octobre 1999, la CIA organisa un somptueux gala pour la premi\u00e8re du film In Company of Spies [En Compagnie d&#8217;Espions], premier thriller \u00e0 porter le sceau &#8220;approuv\u00e9 par la CIA&#8221;. Avec en vedette Tom Beringer et Ron Silver, r\u00e9alis\u00e9 par Tim Matheson (Otter de Animal House), \u00e9crit par Roger Towne (auteur du sc\u00e9nario de The Natural) et produit par David Madden et Robert W. Cort (qui est lui-m\u00eame un ancien de la CIA). Le film a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 sp\u00e9cialement pour Showtime, une filiale d&#8217;AOL Time Warner, la plus grande corporation m\u00e9diatique du monde&#8230; En 2001, trois nouvelles s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es (The Agency, Alias, et 24) et sept films (y compris Bad Company, The Bourne Identity et The Sun of All Fears) furent tourn\u00e9s avec l&#8217;approbation de la CIA. (Loeb, 1999; Campbell, 6 septembre 2001,; Patterson, 2001).<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"230\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/strange.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>Les producteurs de films hollywoodiens et le Pentagone partagent une longue histoire de coop\u00e9ration. Le Pentagone consid\u00e8re l&#8217;industrie cin\u00e9matographique comme un relais essentiel de relations publiques. Selon un rapport r\u00e9cemment publi\u00e9, il est dit que &#8220;les repr\u00e9sentations militaires audiovisuelles sont devenues une publicit\u00e9&#8221;. Ce qui explique l&#8217;empressement de l&#8217;Air Force \u00e0 participer \u00e0 l&#8217;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re s\u00e9rie-r\u00e9alit\u00e9 de CBS, diffus\u00e9e en 2002, American Fighter Pilots, qui d\u00e9peint l&#8217;entra\u00eenement en vol de trois hommes sur F15. La direction de production etait assur\u00e9e par Tony Scott (r\u00e9alisateur de Top Gun) et son fr\u00e8re Ridley Scott (r\u00e9alisateur de Black Hawk Down). Etant donn\u00e9 le co\u00fbt faramineux de l&#8217;\u00e9quipement militaire, il est financi\u00e8rement logique qu&#8217;un producteur de films s&#8217;assure la coop\u00e9ration de l&#8217;arm\u00e9e. Cependant cela implique souvent la modification de certains scripts pour satisfaire les d\u00e9sideratas du Pentagone (c&#8217;est \u00e0 dire que le personnel militaire et gouvernemental doit \u00eatre d\u00e9peint sous des aspects positifs et h\u00e9ro\u00efques, les id\u00e9ologies am\u00e9ricaines doivent \u00eatre renforc\u00e9es et non critiqu\u00e9es). Par exemple:<\/p>\n<p>*Dans GoldenEye (1995), &#8220;le sc\u00e9nario d&#8217;origine montrait un amiral de la Navy qui trahissait des secrets d&#8217;\u00e9tat, cela fut modifi\u00e9 et le tra\u00eetre devint un membre de la Marine Fran\u00e7aise&#8221;. * Malgr\u00e9 quelques changements portant sur les personnages d&#8217;Independence Day (1996), le minist\u00e8re de la D\u00e9fense refusa toute assistance parce que &#8220;les militaires y font figure d&#8217;impuissants ou d&#8217;incapables. Tous les progr\u00e8s dans la r\u00e9sistance aux ali\u00e9nig\u00e8nes sont dus \u00e0 l&#8217;intervention de civils&#8221;.<\/p>\n<p>* D&#8217;autres films ayant re\u00e7u des aides du Pentagone sont : Air Force One (1997), A Few Good Men (1992), Armageddon (1998), The Hunt for Red October (1990), Pearl Harbour (2001), Patriot Games (1992), Windtalkers (2002), Hamburger Hill (1987), The American President (1995), Behind Enemy Lines (2001), Apollo 13 (1995), Tomorrow Never Dies (1997) et A Time to Kill (1996). <\/p>\n<p>* Certains films pour lesquels l&#8217;assistance fut refus\u00e9e comprennent : Apocalypse Now (1979), Catch-22 (1970), Dr Strangelove (1964), Full Metal Jacket (1987), The Last Detail (1973), Lone Star (1996), Mars Attacks! (1996), Platoon (1986) et The Thin Red Line (1998). (Campbell, 29 ao\u00fbt 2001; Weiss, 2002).<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  Le 19 f\u00e9vrier 2002, le New York Times annon\u00e7a que l&#8217;Office de l&#8217;Influence Strat\u00e9gique (OSI) du Pentagone &#8220;concevait des moyens de fournir de nouveaux sujets, \u00e9ventuellement fallacieux, \u00e0 des organisations m\u00e9diatiques \u00e9trang\u00e8res dans le but d&#8217;influencer les sentiments du public et les planificateurs politiques, tant dans les pays amis que chez les opposants&#8221;. L&#8217;OSI fut cr\u00e9\u00e9 imm\u00e9diatement apr\u00e8s le 11 septembre &#8220;pour diffuser les vues du gouvernement am\u00e9ricain dans les pays islamiques et g\u00e9n\u00e9rer un mouvement en faveur de la &#8216;guerre am\u00e9ricaine contre le terrorisme&#8217;. Cette r\u00e9cente information fait s\u00e9rieusement craindre que, loin d&#8217;\u00eatre une honn\u00eate tentative d&#8217;explication de la politique am\u00e9ricaine, l&#8217;OSI serait un programme fondamentalement antid\u00e9mocratique consacr\u00e9 \u00e0 r\u00e9pandre la d\u00e9sinformation et \u00e0 tromper le public, tant chez nous [aux USA] qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9tranger&#8230; La loi interdit au gouvernement de faire de la propagande sur le territoire national, mais le nouveau projet de l&#8217;OSI va probablement permettre \u00e0 la d\u00e9sinformation de s&#8217;implanter dans les rapports de presse \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, lesquels seront reproduits par des organes de diffusion am\u00e9ricains&#8221;. (&#8220;Media Advisory : Pentagon propaganda plan&#8230;&#8221;,2002)<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>\n    <strong>Les m\u00e9dias et le contr\u00f4le du contenu<\/strong><br \/>\n    \u00a0<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"262\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/angry.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>Avant de prendre sa retraite, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de AOL Time Warner, Gerald Levin, d\u00e9clara \u00e0 MSNBC que le d\u00e9partement Internet de sa compagnie avait eu l&#8217;occasion de pr\u00eater assistance aux enqu\u00eateurs antiterroristes, &#8220;apparemment en livrant acc\u00e8s au trafic de courrier \u00e9lectronique&#8221;. Selon Jeff Chester, directeur du Center for Digital Democracy, &#8220;il y a un quiproquo implicite dans cette d\u00e9claration&#8230; il semble bien que l&#8217;industrie soit en train de dire \u00e0 l&#8217;administration : &#8220;nous sommes des patriotes, nous soutenons la guerre&#8230; alors lib\u00e9rez-nous des contraintes.&#8221; Que cela soit exact ou non, le 2 juin 2003, la FCC [Federal Communications Commission] vota \u00e0 3 voix contre 2 un assouplissement des r\u00e8gles sur la propri\u00e9t\u00e9 m\u00e9diatique. (Roberts, 2002 ; Kirkpatrick, 2003)<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  A l&#8217;issue de la deuxi\u00e8me guerre mondiale, les forces Alli\u00e9es emp\u00each\u00e8rent la concentration des m\u00e9dias en Allemagne occup\u00e9e et au Japon &#8220;parce qu&#8217;elles avaient observ\u00e9 que de telles concentrations favorisaient les cultures politiques antid\u00e9mocratiques, et m\u00eame fascistes&#8221;.<\/p>\n<p>\u00a0<br \/>\n  Dans les ann\u00e9es cinquante, la plus grande partie des m\u00e9dias de masse am\u00e9ricains (stations de t\u00e9l\u00e9vision, de radio, studios de cin\u00e9ma, \u00e9diteurs de magazines, journaux et livres et agences de publicit\u00e9, etc.) appartenaient \u00e0 plus de 1.500 soci\u00e9t\u00e9s. D\u00e9s 1981 elles n&#8217;\u00e9taient plus que cinquante. Aujourd&#8217;hui, elles sont six : AOL Time Warner, la Walt Disney Company, Bertelsmann, Viacom, News Corporation et Vivendi Universal avec, suivant de pr\u00e8s : Sony, Liberty Media et General Electric. Dans notre syst\u00e8me \u00e9lectoral actuel, &#8220;atteindre le public est la notion qui remplace &#8220;engranger des voix&#8221;. De m\u00eame que les publicistes vendent des produits aux auditeurs et t\u00e9l\u00e9spectateurs, les conseillers politiques vendent les candidats \u00e0 ce m\u00eame auditoire. Dans les \u00e9lections contemporaines m\u00e9diatiquement pilot\u00e9es, les consommateurs de programmes, de publicit\u00e9 et de films constituent un march\u00e9 cibl\u00e9 d&#8217;\u00e9lecteurs. Dans un sens plus large, les citoyens sont transform\u00e9s en consommateurs, on leur propose un produit m\u00e9diatique plut\u00f4t qu&#8217;une plate-forme politique&#8221;. (McChesney, 2000, p.61; Nichols &amp; McChesney, 2000, p.28; Bagdikian, 2000, pp.21-22; Andersen, 2000, p.251; Taylor, 2002)<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  Rupert Murdoch est propri\u00e9taire de News Corporation, la cinqui\u00e8me en importance des entreprises de m\u00e9dias qui comprend : 20th Century Fox, Fox Television Broadcasting Corp. (incluant de nombreuses filiales telles que Fox Sports Channel, Fox Movie Channel, etc., ainsi que F\/X et le National G\u00e9ographic Channel), des revues telles que The Weekly Standard, Inside Out et TV Guide, des journaux tels que le New York Post aux USA, 22 journaux en Australie et neuf en Angleterre incluants le Times, le Sunday Times et le Sun, ainsi que les maisons d&#8217;\u00e9dition Harper Collins et Regan Books. Murdoch a utilis\u00e9 son pouvoir m\u00e9diatique pour l\u00e9cher les bottes de quelques uns des personnages les plus influents de l&#8217;histoire r\u00e9cente, tels que Ronald Reagan, George H.W. Bush, Bill Clinton, Margaret Thatcher et Tony Blair. Ou, plus exactement, c&#8217;est l&#8217;inverse. Tony Blair, une fois \u00e9lu, parvint en \u00e9change de l&#8217;appui offert pendant sa campagne \u00e9lectorale dans les publications de Murdoch \u00e0 faire modifier, la politique britannique sur la propri\u00e9t\u00e9 des m\u00e9dias. En v\u00e9rit\u00e9 on rapporte que Murdoch lui-m\u00eame aurait dit : &#8220;Lorsque vous \u00eates le fournisseur exclusif vous avez tendance \u00e0 r\u00e9genter&#8221;. (Williams, 2000; &#8220;News Corporation&#8221;,2003; Jhally, 1997)<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"178\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/propaganda.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>Pendant la premi\u00e8re guerre du Golfe, chacun des trois grands r\u00e9seaux m\u00e9diatiques \u00e9tait profond\u00e9ment impliqu\u00e9 dans la guerre : ABC alors propri\u00e9t\u00e9 de Capitol Cities (appartenant maintenant \u00e0 la Walt Disney Company), et dont la pr\u00e9sidence faisait partie de conseil d&#8217;administration de la Texaco Oill, CBS, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque propri\u00e9t\u00e9 de Westinghouse, appartenant aujourd&#8217;hui \u00e0 Viacom, et qui poss\u00e9dait aussi la Rand Corporation et la Honeywell Corporation, et toutes deux sous-traitants majeurs dans l&#8217;industrie de la d\u00e9fense, ce qui implique que la guerre leur \u00e9tait une grande source de revenus et NBC qui \u00e9tait, et est toujours, propri\u00e9t\u00e9 exclusive de la General Electric. Cette derni\u00e8re avait conclu un contrat de 2 milliards de dollars avec les militaires am\u00e9ricains pour la fabrication des Tomahawk et des missiles remarquablement inefficaces Patriot, et on estime que cette soci\u00e9t\u00e9 a encore gagn\u00e9 des millions de dollars suppl\u00e9mentaires apr\u00e8s la guerre, pour la reconstruction du Kowe\u00eft. Il faut ajouter que les membres de la famille royale kowe\u00eftienne \u00e9taient des actionnaires tr\u00e8s importants de G.E. On rapporte que John Welch, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la General Electric, fit un jour \u00e0 Lawrence Grossman, pr\u00e9sident de NBC, la remarque suivante : &#8220;Souvenez-vous que vous travaillez pour G.E.&#8221;.<br \/>(Naureckas, 1991; Williams, 2000; &#8220;Corporate Info&#8221;, 2003; Jhally, 1997)<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  &#8220;Il est un fait tr\u00e8s simple : dans la plupart des salles de r\u00e9daction traditionnelles, la pratique journalistique consiste \u00e0 d\u00e9terminer la trame de base d&#8217;une histoire avant m\u00eame d&#8217;en avoir assembl\u00e9 tous, ou m\u00eame la plus grande partie, des \u00e9l\u00e9ments. De m\u00eame que de nombreux th\u00e9oriciens avancent une hypoth\u00e8se de travail avant d&#8217;achever la collecte des donn\u00e9es, ainsi de nombreux journalistes ont l&#8217;habitude de concevoir le sens ou le cadre d&#8217;une actualit\u00e9 avant d&#8217;avoir interview\u00e9 qui que ce soit, d&#8217;avoir lu une documentation ou d&#8217;avoir pris connaissance de tous les faits. Parfois ils ont m\u00eame tendance \u00e0 observer l&#8217;adage : &#8216;Ne laissez jamais les faits vous emp\u00eacher de produire une bonne histoire&#8217;.&#8221; Pourquoi en est-il ainsi ? De nombreuses raisons peuvent \u00eatre invoqu\u00e9es mais l\u2019une des principales en est toujours l\u2019\u00e9rosion de leurs valeurs \u00e9thiques par la structure \u00e9conomique changeante des r\u00e9seaux de t\u00e9l\u00e9vision. L\u00e0 o\u00f9 fleurissait une culture vou\u00e9e \u00e0 du grand journalisme, se substituent \u00e0 pr\u00e9sent des pratiques domin\u00e9es par les ma\u00eetres de gestion et la responsabilit\u00e9 financi\u00e8re. La responsabilit\u00e9 envers les actionnaires (faire de l&#8217;argent) a remplac\u00e9 celle envers la d\u00e9mocratie et les citoyens qu&#8217;elle est cens\u00e9e servir&#8221;. Pavlik, &#8220;&#8221;News framing and new media&#8221;, 2001, pp.312-314)<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"180\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/w.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>Vous croyez qu&#8217;il y a une libert\u00e9 de parole dans ce pays ? Pas si vous \u00eates \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Demandez donc \u00e0 Bill Maher. Peu apr\u00e8s les attaques du 11 septembre, en r\u00e9action au fait que les pirates de l&#8217;air avaient \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9s de l\u00e2ches, Maher d\u00e9clara au cours d&#8217;une diffusion tardive de son \u00e9mission ABC Politically Incorrect : &#8220;Nous avons \u00e9t\u00e9 l\u00e2ches en balan\u00e7ant des missiles de croisi\u00e8re \u00e0 3.000 km des objectifs. Ca c&#8217;est une l\u00e2chet\u00e9. Rester dans un avion qui va droit vers un immeuble, dites-en ce que vous voudrez, \u00e7a n&#8217;est pas une l\u00e2chet\u00e9.&#8221; Moins d&#8217;une semaine plus tard, son \u00e9mission fut supprim\u00e9. (Armstrong, 20 et 27 septembre 2001,; &#8220;Maher tapes final episode&#8230;&#8221;, USA Today, 29 juin 2002,; Hirsen, 15 mars 2002,) 52) Au cours d&#8217;un concert \u00e0 Londres, le 10 mars 2003, Natalie Maines, le chanteuse vedette des Dixie Chicks d\u00e9clara \u00e0 son auditoire : &#8221; Vous savez, c&#8217;est ainsi, nous sommes honteux que le Pr\u00e9sident des Etats Unis soit un texan !&#8221; Depuis lors ses repr\u00e9sentations ont subi des boycotts organis\u00e9s un peu partout dans le pays. Clear Channel, le plus gros propri\u00e9taire de stations de radio des US (plus de 1.200), a supprim\u00e9 les Dixie Chicks de leurs r\u00e9pertoires. Clear Channel est aussi impliqu\u00e9 dans l&#8217;organisation de manifestations de masses en faveur de la guerre et contre les mouvements pacifistes. Tom Hicks, vice-pr\u00e9sident de cette compagnie, est membre du Bush Pioneer Club, un club de la tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9reuse \u00e9lite qui soutient certaines campagnes politiques. Il fut membre du conseil de l&#8217;universit\u00e9 du Texas. Pendant cette p\u00e9riode, il \u00e9tait &#8220;responsable de l&#8217;\u00e9tablissement de contrats de gestion de fondations de la nouvelle UT Investment Management Co. (UTIMCO), [sous une l\u00e9gislation sign\u00e9e par celui qui \u00e9tait \u00e0 l&#8217;\u00e9poque le Gouverneur George W. Bush]. Les contrats \u00e9taient accord\u00e9s \u00e0 des firmes politiquement li\u00e9es \u00e0 la fois \u00e0 Hicks et \u00e0 Bush, dont le Carlyle Group, une firme qui a d\u00e9j\u00e0 servi la soupe au premier pr\u00e9sident Bush&#8230;&#8221; En plus des quelques 1.200 stations de radio, Clear Channel poss\u00e8de aussi 36 stations de t\u00e9l\u00e9vision et 41 amphith\u00e9\u00e2tres et organise chaque ann\u00e9e plus de 26.000 spectacles incluant des concerts, des productions de Broadway, des produits de tourisme ainsi que des sports et courses de voitures.(Ali, 2003; Fitzgerald, 2003; &#8220;Corrected&#8221;, 2003; Nichols &amp; McChesney, 2003; &#8220;Radio ga ga&#8221;, 2003; Clear Channel, 2003)<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>\n    <strong>Le journalisme et la menace sur le Premier Amendement (voir NDT)<\/strong><br \/>\n    \u00a0<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"305\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/odd.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>En 1970, Peter Dale Scott, professeur d&#8217;anglais au coll\u00e8ge de Berkeley, publia The War Conspiracy [la Conspiration Guerri\u00e8re], une investigation cinglante sur la CIA et les soci\u00e9t\u00e9s p\u00e9troli\u00e8res \u00e0 propos de manipulations de la politique \u00e9trang\u00e8re am\u00e9ricaine dans le but d&#8217;intensifier \u00e0 leurs profits la guerre du Vietnam. Avant que le livre n&#8217;atteigne le public, la CIA intervint et r\u00e9ussit \u00e0 emp\u00eacher sa diffusion.(Scott, &#8220;The War Conspiracy&#8221;, n.d.t) 109) Vladimir Pozner est un commentateur de l\u2019Ex-union sovi\u00e9tique, n\u00e9 \u00e0 Paris. C\u00e9l\u00e9brit\u00e9 internationale de t\u00e9l\u00e9vision, il fut un des principaux interpr\u00e8tes du pays pour la glasnost et la perestro\u00efka et il est aujourd&#8217;hui pr\u00e9sident de l&#8217;Acad\u00e9mie Russe de T\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>\u00a0<br \/>\n  Voici ce qu&#8217;il \u00e9crit, dans son autobiographie de 1990, \u00e0 propos de l&#8217;art du journalisme : &#8220;&#8230;la r\u00e9alit\u00e9 du journalisme ne concerne pas que les faits car, si c&#8217;\u00e9tait le cas, les ordinateurs remplaceraient les journalistes. Le journalisme implique toujours des choix; choix dans les sujets, dans leurs traitements, dans les mots. Il en r\u00e9sulte que la pr\u00e9tention d&#8217;objectivit\u00e9 des reportages sert simplement \u00e0 camoufler ce qui, en fait, est une activit\u00e9 charg\u00e9e de jugements de valeurs. Le public n\u2019est pas le seul tromp\u00e9 par cette pr\u00e9tention; les journalistes eux-m\u00eames peuvent \u00eatre pris \u00e0 leur propre jeu.&#8221; Lors d&#8217;une interview pour la Pravda en mars 2003, Pozner affirma que, \u00e0 son avis, la t\u00e9l\u00e9vision russe actuelle est plus lib\u00e9rale et plus libre que la t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricaine. En outre, il d\u00e9clara : &#8220;parmi les pays d\u00e9mocratiques, c&#8217;est aux USA qu\u2019il y a en ce moment le moins de libert\u00e9 de parole \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision&#8221;. (Pozner, 1990, pp.187-188; &#8220;Vladimir Pozner&#8221;, n.d.; Pozner &amp; Novikova, 19 mars 2003)<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  Gary Webb, journaliste c\u00e9l\u00e8bre, a re\u00e7u au fil d&#8217;une carri\u00e8re de plus de 19 ann\u00e9es, plus de 30 distinctions honorifiques, dont le prix Pulitzer en 1990, le H.L. Mencken Award de la Free Press Association en 1994 et le Media Hero&#8217;s Award en 1997. En 1996 il \u00e9crivit une s\u00e9rie d&#8217;articles intitul\u00e9s &#8220;Sombres Alliances&#8221;, qui r\u00e9v\u00e9laient comment une arm\u00e9e terroriste soutenue par les USA, les Contras du Nicaragua, avait financ\u00e9 ses activit\u00e9s en vendant du crack [chlorhydrate de coca\u00efne] au plus grand dealer des ghettos de Los Angeles. Le document \u00e9tablissait l&#8217;existence de contacts directs entre les trafiquants qui apportaient la drogue \u00e0 L.A. et deux agents nicaraguayens de la CIA qui organisaient les Contras en Am\u00e9rique Centrale. En outre il r\u00e9v\u00e9lait que des membres du gouvernement am\u00e9ricain de l&#8217;\u00e9poque connaissaient les activit\u00e9s de ce narco-circuit et firent peu de chose, sinon rien, pour les emp\u00eacher. Les preuves comprenaient un t\u00e9moignage sous serment d&#8217;un des trafiquants, informateur du gouvernement, selon lequel un agent de la CIA leur avait donn\u00e9 des instructions pr\u00e9cises pour r\u00e9colter des fonds en Californie destin\u00e9s aux Contras.&#8221; L&#8217;article fut publi\u00e9 sur le site internet du journal pour lequel il travaillait, le San Jose Mercury News, et fut rapidement lu dans le monde entier, les consultations du site se chiffr\u00e8rent \u00e0 1,3 millions pour ce seul jour. Les retomb\u00e9es de l&#8217;affaire furent \u00e9normes : les trois plus grands journaux du pays, le New York Times, le Washington Post, et le Los Angeles Times, publi\u00e8rent des histoires sur Webb lui-m\u00eame, plut\u00f4t que sur son article. &#8220;Jamais auparavant les trois plus grands journaux n&#8217;avaient consacr\u00e9 autant d&#8217;\u00e9nergie \u00e0 tenter de d\u00e9truire une information rapport\u00e9e par un autre journal.&#8221; Pourquoi? &#8220;Fondamentalement parce que le reportage pr\u00e9sentait des id\u00e9es dangereuses. Il sugg\u00e9rait que des crimes d&#8217;Etat avaient \u00e9t\u00e9 commis. Si l&#8217;histoire \u00e9tait v\u00e9ridique, cela impliquait la responsabilit\u00e9 du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral \u00e9tait , m\u00eame indirecte dans la manne de crack qui envahit les quartiers dans les ann\u00e9es 1980&#8230;&#8221;(Edwards, 2003; Webb, 2002, pp.306, 309)<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"201\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/z.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>En f\u00e9vrier 2000, le journal hollandais Trouw et le bulletin fran\u00e7ais Intelligence rapport\u00e8rent que le Fourth Psychological Operations Group (PSYOPS) [Quatri\u00e8me Groupe d&#8217;Op\u00e9rations Psychologiques] de l&#8217;arm\u00e9e am\u00e9ricaine \u00e0 Fort Bragg, NC, op\u00e9rait au d\u00e9partement dee l\u2019information du quartier g\u00e9n\u00e9ral de CNN \u00e0 Atlanta, vers la fin de la guerre du Kosovo, en 1999. &#8220;Dans les ann\u00e9es 1980, des officiers du PSYOPS occupaient des postes au sein de l\u2019Office of Public Diplomacy (OPD) [Office de la Diplomatie Publique) du Conseil National de S\u00e9curit\u00e9; une obscure agence de propagande gouvernementale qui ensemen\u00e7ait les m\u00e9dias am\u00e9ricains d&#8217;informations favorables \u00e0 la politique de l&#8217;administration Reagan en Am\u00e9rique Centrale. Un officier sup\u00e9rieur am\u00e9ricain d\u00e9crivit l&#8217;OPD comme \u00e9tant \u00abune vaste op\u00e9ration de guerre psychologique identique \u00e0 celles men\u00e9es par les militaires pour influencer les populations dans les territoires ennemis\u00bb [Miami Herald, 19 juillet, 1997]&#8230;&#8221;(&#8220;Action Alert&#8221;, 2000; Cockburn; &#8220;Media Advisory&#8221;, 2002;Fisk, 25 f\u00e9vrier 2003)<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  Dans une impressionnante collection de rapports de presse, Fairness &amp; Accuracy in Reporting (FAIR) fit observer que, en 1998, les organes suivants : World News This Morning de ABC, Today de NBC, le Los Angeles Times de Associated Press, la radio publique nationale, CNN, USA Today, le New York Times, le Washington Post et Newsday ont tous publi\u00e9 le fait que l&#8217;\u00e9quipe d&#8217;inspecteurs en l\u2019armement mandat\u00e9e en Irak par l\u2019 ONU avaient \u00e9t\u00e9 retir\u00e9e sur ordre de cette m\u00eame administration. Quatre ans plus tard, chacun de ces organes de presse rapporta que les inspecteurs avaient \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s par Saddam. Avaient-ils oubli\u00e9 leurs propres reportages ou bien, fonctionnant en agents de propagande, \u00e9taient-ils en train d&#8217;assister consciemment le gouvernement des USA \u00e0 r\u00e9\u00e9crire l&#8217;histoire selon une version de nature \u00e0 favoriser les vis\u00e9es guerri\u00e8res de l&#8217;administration Bush ? (&#8220;What a difference four years makes&#8230;&#8221;, 2002)<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  Pour \u00eatre &#8220;int\u00e9gr\u00e9s&#8221;, les journalistes doivent signer, avec le gouvernement, un contrat qui exige explicitement qu&#8217;ils &#8220;suivent les directives et ordres du gouvernement&#8221; et qui leur interdit d&#8217;intenter des actions en justice pour dommages corporels et d\u00e9c\u00e8s, m\u00eame si cela &#8220;\u00e9tait caus\u00e9 ou favoris\u00e9&#8221; par les militaires. Ils sont presque compl\u00e8tement contr\u00f4l\u00e9s par l\u2019arm\u00e9e et &#8220;acceptent de renoncer \u00e0 leur autonomie en \u00e9change d&#8217;un droit d&#8217;acc\u00e8s aux combats selon les directives des militaires&#8221;. Depuis le d\u00e9but des hostilit\u00e9s, la population britannique en g\u00e9n\u00e9ral est devenue plus favorable \u00e0 la guerre, et \u00e0 ce propos le ministre britannique de la D\u00e9fense, Geoff Hoon, dit que &#8220;les images qu&#8217;ils [les journalistes &#8216;int\u00e9gr\u00e9s&#8217;] diffusent sont au moins en partie responsables de ce revirement de l&#8217;opinion publique&#8221;. A la fin du mois de mars 2003, Hoon d\u00e9clara : &#8220;Une des raisons justifiant que les journalistes soient &#8220;int\u00e9gr\u00e9s&#8221; est justement d&#8217;\u00e9viter des trag\u00e9dies du genre de celle qui frappa r\u00e9cemment une \u00e9quipe d&#8217;ITV [t\u00e9l\u00e9vision ind\u00e9pendante] lorsque&#8230; un journaliste fut tu\u00e9 parce qu&#8217;il ne faisait pas partie de l&#8217;organisation militaire&#8221;. Terry Lloyd, reporter de ITN, et deux de ses \u00e9quipiers (le cameraman Fred Nerac et le traducteur local Hussein Othman) furent tu\u00e9s par &#8220;un tir alli\u00e9&#8221;.(Miller, 3 avril 2003; &#8220;Missing ITN crew&#8230;&#8221;, 23 mars 2003)<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" height=\"176\" alt=\"\" src=\"http:\/\/ftphost.infinology.net\/files\/\/img\/yogaes\/articles\/articol_Grieg\/y.jpg\" width=\"200\" align=\"right\" border=\"0\" \/>Le correspondant de Newsday, Patrick J. Sloyan, qui couvrit la guerre du Golfe en 1991, \u00e9crivit r\u00e9cemment : &#8220;Lorsque d\u00e9buta la guerre a\u00e9rienne en janvier 1991, les m\u00e9dias diffus\u00e8rent des extraits soigneusement s\u00e9lectionn\u00e9s par le g\u00e9n\u00e9ral Norman Schwarzkopf en Arabie Saoudite et le g\u00e9n\u00e9ral Colin Powell \u00e0 Washington DC. La plus grande partie \u00e9tait carr\u00e9ment falsifi\u00e9e.&#8221; Cela se produit encore cette fois-ci. Selon Christian Lowe, du magazine militaire Army Times, les journalistes &#8220;habilit\u00e9s&#8221; sont &#8220;traqu\u00e9s par des officiers militaires des relations publiques qui observent chacun de leurs mouvements et regardent par dessus leur \u00e9paule lorsqu&#8217;ils interviewent des aviateurs, des marins et des intendants pour recueillir leurs r\u00e9cits&#8221;. (Solomon, 2003; Miller, 3 avril 2003)<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  Le 27 janvier 2003, CNN distribua \u00e0 tout son personnel un document intitul\u00e9 : &#8220;Rappel sur l&#8217;Approbation des Scripts&#8221;. Celui-ci transmettait la directive imposant que tout papier d\u00fbt \u00eatre soumis \u00e0 un comit\u00e9 d&#8217;\u00e9diteurs anonymes de scripts \u00e0 Atlanta et que ceux-ci \u00e9taient habilit\u00e9s \u00e0 exiger des modifications. Le texte disait : &#8220;Un script ne re\u00e7oit le permis de diffusion que lorsqu&#8217;il est clairement ratifi\u00e9 par un directeur autoris\u00e9, et dupliqu\u00e9 pour copie interne&#8230; Lorsqu&#8217;un script a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9, il doit recevoir une nouvelle approbation, de pr\u00e9f\u00e9rence par l&#8217;autorit\u00e9 qui a effectu\u00e9 la premi\u00e8re lecture.&#8221;<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>Cela implique que, bien que le correspondant en Jordanie, \u00e0 Bagdad ou sur la c\u00f4te ouest comprenne assur\u00e9ment mieux la situation locale et les nuances de son histoire que les autorit\u00e9s d&#8217;Atlanta, ce sont les \u00e9diteurs anonymes de CNN qui d\u00e9cident de la tournure que prendra le r\u00e9cit. En d&#8217;autres termes, CNN se censure elle-m\u00eame, ou accepte d&#8217;\u00eatre censur\u00e9e. (Fisk, 25 f\u00e9vrier 2003; Goodman &amp; Rendall, 2003)<br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  L&#8217;agence Fairness &amp; Accuracy in Reporting (FAIR) fit une \u00e9tude quantitative, du 30 janvier au 12 f\u00e9vrier 2003, concernant ABC World News Tonight, CBS Evening News, NBC Nightly News et The NewsHour with Jim Lehrer sur PBS. L&#8217;\u00e9tude en d\u00e9duisit que, sur les 393 invit\u00e9s \u00e0 l\u2019antenne pour des reportages nocturnes sur l&#8217;Irak, plus de 2\/3 (267) \u00e9taient am\u00e9ricains, et 65% de ceux-ci (199) \u00e9taient des officiels gouvernementaux ou militaires, en service ou en retraite. Un seul exprima du scepticisme ou une d\u00e9sapprobation de la guerre. &#8220;Une telle pr\u00e9dominance de sources officielles garantit virtuellement l&#8217;absence de repr\u00e9sentation de toute perspective ind\u00e9pendante ou d&#8217;opinion publique.&#8221; En fait, 20 seulement des 393 repr\u00e9sentaient le gouvernement irakien et trois les organisations anti-guerre. A un moment o\u00f9 61% des am\u00e9ricains interrog\u00e9s disaient aux enqu\u00eateurs qu&#8217;il fallait accorder plus de temps \u00e0 la diplomatie, 6% seulement des sources am\u00e9ricaines sur les quatre r\u00e9seaux se montraient dubitatifs quant \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une guerre; la moiti\u00e9 de ceux-ci \u00e9taient des gens de la rue et l&#8217;autre moiti\u00e9 des inconnus. (&#8220;In Iraq crisis, networks are megaphones&#8230;&#8221;, 18 mars 2003)<br \/>\n  \u00a0<br \/><strong>A propos de l&#8217;auteur :<\/strong><br \/>\n  \u00a0<br \/>\n  David B. Deserano, r\u00e9cent laur\u00e9at de la Portland University, Oregon, est titulaire d&#8217;une ma\u00eetrise en science de la Th\u00e9orie des Communications. Il a consacr\u00e9 une bonne part de son temps \u00e0 faire des recherches sur les nombreux liens qui existent entre la gouvernement et les m\u00e9dias soi-disant libres. Il a transform\u00e9 cet article (qui \u00e9tait \u00e0 l&#8217;origine sa th\u00e8se de ma\u00eetrise) en une revue illustr\u00e9e. Vous pouvez contacter Dave Deserano par email \u00e0 <a href=\"mailto:fortytwoent@yahoo.com\">fortytwoent@yahoo.com<\/a>.<br \/>\n  \u00a0<\/p>\n<p>\n    <strong><\/p>\n<p>        <strong><br \/>\n          <u>yogaesoteric<\/u><br \/>\n        <\/strong><\/p>\n<p>    <\/strong>\u00a0<br \/>\n  article tir\u00e9 de la revue Nexus<\/p>\n<p>    \u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>David B. Deserano Traduction : Andr\u00e9 Dufour \u00a0 L\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de cet article est consultable en anglais sur le site web de Nexus: http:\/\/www.nexusmagazine.com Les milliers de messages quotidiens que nous recevons, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019informations d\u2019actualit\u00e9s, commerciales ou de divertissement, mod\u00e8lent inconsciemment nos pens\u00e9es, nos opinions et nos comportements. 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