{"id":3127,"date":"2017-12-06T12:34:54","date_gmt":"2017-12-06T12:34:54","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yogaesoteric.net\/parapsychologie-fr\/le-mystere-des-mondes-paralleles-1589-fr\/les-fees-de-cottingley\/"},"modified":"2017-12-06T12:34:54","modified_gmt":"2017-12-06T12:34:54","slug":"les-fees-de-cottingley","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/les-fees-de-cottingley\/","title":{"rendered":"Les F\u00e9es de Cottingley"},"content":{"rendered":"<p>Les f&#233;es de Cottingley, ou l&#8217;affaire des f&#233;es de Cottingley, fait r&#233;f&#233;rence &#224; une c&#233;l&#232;bre s&#233;rie de cinq photographies prises au d&#233;but du XXe si&#232;cle par Elsie Wright et Frances Griffiths, deux jeunes cousines qui vivent &#224; Cottingley, pr&#232;s de Bradford, dans la r&#233;gion du Yorkshire anglais. Elles montrent les deux filles en compagnie de f&#233;es et d&#8217;autres cr&#233;atures du petit peuple. En 1917, lorsque les deux premi&#232;res photos sont prises, Elsie est &#226;g&#233;e de 16 ans et Frances de 10. Ces photos attirent l&#8217;attention du c&#233;l&#232;bre &#233;crivain &#233;cossais sir Arthur Conan Doyle, qui s&#8217;en sert pour illustrer plusieurs articles sur le sujet ainsi qu&#8217;un livre, The Coming of the Fairies. Il avait &#233;t&#233; charg&#233; d&#8217;&#233;crire dans l&#8217;&#233;dition du Strand Magazine pour No&#235;l 1920. Conan Doyle, qui est spiritualiste, se montre enthousiasm&#233; par les photographies et les interpr&#232;te comme une preuve concr&#232;te de la r&#233;alit&#233; des ph&#233;nom&#232;nes psychiques. La r&#233;action du public est plus mitig&#233;e, certains pensent que les images sont authentiques, d&#8217;autres estiment qu&#8217;elles sont truqu&#233;es.<\/p>\n<p>L&#8217;int&#233;r&#234;t du public pour les f&#233;es de Cottingley diminue graduellement apr&#232;s 1921. Les deux filles grandissent, se marient et vivent &#224; l&#8217;&#233;tranger pendant longtemps. Pourtant, les photographies continuent &#224; nourrir l&#8217;imagination du public puisqu&#8217;en 1966, un journaliste du Daily Express retrouve Elsie, alors de retour au Royaume-Uni. Cette derni&#232;re laisse entendre qu&#8217;elle croit avoir photographi&#233; ses pens&#233;es, et les m&#233;dias s&#8217;int&#233;ressent &#224; nouveau &#224; l&#8217;histoire, organisant des rencontres avec les deux femmes qui nient toujours avoir mont&#233; un canular malgr&#233; des preuves apport&#233;es au fil du temps, entre autres par le scientifique sceptique James Randi. Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, Elsie et Frances, alors &#226;g&#233;es d&#8217;environ 80 ans, d&#233;clarent que les photographies sont des trucages fabriqu&#233;s &#224; partir de f&#233;es en carton d&#233;coup&#233;es dans un livre pour enfants populaire &#224; leur &#233;poque. Frances a toutefois toujours affirm&#233; que la cinqui&#232;me et derni&#232;re photo est authentique.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_1.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"520\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_2.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"502\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_3.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"303\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_4.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"306\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_5.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"308\" \/><br \/>\nLes photographies et les deux appareils utilis&#233;s par Elsie et Frances sont d&#233;sormais expos&#233;s au National Media Museum de Bradford.<\/p>\n<p><strong>Les photographies de 1917<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_6.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"398\" \/>Photographie de Frances Griffiths et Elsie Wright en juin 1917.<\/p>\n<p>Au cours de l&#8217;&#233;t&#233; 1917, la petite Frances Griffiths, 10 ans, arrive au Royaume-Uni depuis l&#8217;Afrique du Sud avec sa m&#232;re. Elle est accueillie par sa tante Polly, la m&#232;re de sa cousine Elsie Wright, dans le village de Cottingley, comt&#233; du Yorkshire de l&#8217;Ouest. Elsie a 16 ans et les deux jeunes filles, qui partagent la m&#234;me grande chambre mansard&#233;e, une forte complicit&#233; et le go&#251;t des escapades foresti&#232;res, vont souvent jouer pendant des heures &#224; c&#244;t&#233; de la rivi&#232;re Beck qui coule au fond de leur jardin, loin de la vue de tous, et au grand dam de leurs m&#232;res puisqu&#8217;elles en reviennent un jour avec pieds et v&#234;tements mouill&#233;s. Frances et Elsie r&#233;pondent qu&#8217;elles sont all&#233;es pr&#232;s de la Beck pour voir des f&#233;es, et que les cr&#233;atures du petit peuple (f&#233;es, gnomes et lutins) se rencontrent fr&#233;quemment dans la vall&#233;e qui entoure le village (m&#234;me devenues grands-m&#232;res, les deux filles ont toujours affirm&#233; avoir naturellement vu des f&#233;es dans cette r&#233;gion, et cette vision ne les a jamais surprises).<\/p>\n<p>Par ailleurs, dans ses Chronicles and stories of Bingley and district, en 1904, Harry Speight dit qu&#8217;&#171; autour de Bingley (village voisin de Cottingley) il y avait une forte croyance en l&#8217;existence des f&#233;es &#187;. A Gilstead Crags, une ouverture dans la roche se nomme &#171; Fairies Hole &#187;, les petites cr&#233;atures l&#8217;utilisent pour danser et jouer [&#8230;] Au Harden, dans une partie isol&#233;e de Deep Cliff, on peut entendre la musique des f&#233;es et ce qui ressemble &#224; de minuscules v&#234;tements blancs accroch&#233;s sur les arbres est visible durant les nuits claires.<\/p>\n<p><strong>Prises<\/strong><\/p>\n<p>Selon Conan Doyle et Edward L. Gardner, c&#8217;est la m&#232;re d&#8217;Elsie, Polly (elle-m&#234;me croit aux f&#233;es et aux dires des enfants) qui convainc son mari Arthur (il est &#233;lectricien) de pr&#234;ter son appareil photo, un Midg quarter-plate, afin que les filles puissent prouver qu&#8217;elles voient r&#233;guli&#232;rement le petit peuple dans la for&#234;t. C&#8217;est ainsi qu&#8217;un samedi de juillet 1917, apr&#232;s le souper, le p&#232;re d&#8217;Elsie charge l&#8217;appareil d&#8217;une unique plaque photographique et le donne aux deux filles. Elles reviennent de leur exp&#233;dition moins d&#8217;une heure plus tard (trente minutes selon Magn&#250;s Magn&#250;sson), &#171; triomphantes &#187;.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_7.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"544\" \/>Arthur Wright est un photographe amateur qui a cr&#233;&#233; sa propre chambre noire.<\/p>\n<p>L&#8217;image sur la plaque photographique (qu&#8217;il d&#233;veloppe durant l&#8217;apr&#232;s-midi) montre Frances derri&#232;re un buisson, et au premier plan ce qui semble &#234;tre quatre f&#233;es : trois d&#8217;entre elles sont ail&#233;es et dansent, la quatri&#232;me joue de la fl&#251;te. Connaissant la capacit&#233; artistique de sa fille, et sachant qu&#8217;elle a travaill&#233; quelque temps dans un studio de photographe, il d&#233;clare que les f&#233;es ne sont que des d&#233;coupages de carton. Deux mois plus tard (soit en septembre 1917), les filles empruntent &#224; nouveau son appareil, et reviennent cette fois avec une photo d&#8217;Elsie assise sur la pelouse et touchant des doigts un gnome de trente centim&#232;tres de haut avec lequel elle semble jouer. Exasp&#233;r&#233; par ce qu&#8217;il ne croit &#234;tre &#171; rien d&#8217;autre qu&#8217;une farce &#187;, et convaincu que les filles doivent avoir trafiqu&#233; son appareil photographique d&#8217;une certaine mani&#232;re, Arthur Wright refuse de le pr&#234;ter &#224; nouveau jusqu&#8217;&#224; ce qu&#8217;elles avouent la v&#233;rit&#233;. Son &#233;pouse, Polly, estime cependant que les photographies sont authentiques.<\/p>\n<p>Le 9 novembre 1918, Frances envoie une lettre &#224; Johanna Parvin, l&#8217;une de ses amies r&#233;sidant au Cap, en Afrique du Sud, o&#249; elle a v&#233;cu la majeure partie de son enfance.<\/p>\n<p>Avec cette lettre qui fait part de la photographie d&#8217;une f&#233;e comme d&#8217;une chose tout &#224; fait normale de la part d&#8217;une &#233;coli&#232;re de dix ans, Frances joint la fameuse photo d&#8217;elle en compagnie des f&#233;es. Au dos, elle &#233;crit &#171; C&#8217;est dr&#244;le, je n&#8217;en avais jamais utilis&#233; [d&#8217;appareil photographique] pour les voir en Afrique. Il fait trop chaud pour elles l&#224;-bas &#187;.<\/p>\n<p>Les photographies restent d&#8217;abord dans le cercle familial, puis des imprim&#233;s sont distribu&#233;s aux amis et aux voisins de la famille Wright, et &#224; ceux des deux filles vers l&#8217;automne 1918.<\/p>\n<p><strong>Pr&#233;sentation &#224; la soci&#233;t&#233; th&#233;osophique<\/strong><\/p>\n<p>Polly Wright s&#8217;int&#233;resse &#224; l&#8217;occultisme pour avoir elle-m&#234;me connu des exp&#233;riences de projection astrale et poss&#233;der des souvenirs de ses vies ant&#233;rieures. Elle assiste &#224; une r&#233;union de la soci&#233;t&#233; th&#233;osophique &#224; Bradford durant l&#8217;&#233;t&#233; 1919. La conf&#233;rence de ce soir-l&#224; porte sur le petit peuple. Polly ne peut s&#8217;emp&#234;cher de parler de la photographie de f&#233;e prises par sa fille &#224; la personne assise &#224; c&#244;t&#233; d&#8217;elle durant la soir&#233;e, et vers la fin de la r&#233;union, les deux photographies de sa fille et sa ni&#232;ce arrivent sous les yeux de l&#8217;orateur. Par voie de cons&#233;quence, Arthur Wright en fait des imprim&#233;s, puis elles sont rendues publiques et deux &#171; tirages bruts &#187; sont pr&#233;sent&#233;s &#224; la conf&#233;rence annuelle de la Soci&#233;t&#233; &#224; Harrogate, qui se tient &#224; l&#8217;automne, quelques mois plus tard. Par l&#224;, elles attirent l&#8217;attention d&#8217;un membre &#233;minent de la Soci&#233;t&#233;, le responsable de la Blavatsky Lodge (branche th&#233;osophique londonienne), Edward L. Gardner, au d&#233;but de l&#8217;ann&#233;e 1920.<\/p>\n<p><strong>Intervention d&#8217;Edward L. Gardner<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_8.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"549\" \/>Edward L. Gardner d&#8217;apr&#232;s la photographie du frontispice de l&#8217;&#233;dition am&#233;ricaine de The Coming of the Fairies, 1922.<\/p>\n<p>D&#8217;apr&#232;s Katharine Mary Briggs, Edward Gardner venait d&#8217;&#233;voquer la possibilit&#233; de photographier les esprits. Par ailleurs, il voit dans les f&#233;es une branche d&#8217;&#233;volution d&#233;rivant des insectes ail&#233;s. Selon une autre source, c&#8217;est M. Griffiths, lui-m&#234;me th&#233;osophe pratiquant, qui envoie les clich&#233;s. Les photographies arrivent quoi qu&#8217;il en soit chez Gardner, &#224; Londres. Il en reconna&#238;t l&#8217;importance potentielle pour son mouvement. L&#8217;une des croyances centrales de la th&#233;osophie r&#233;side dans le fait que l&#8217;humanit&#233; tend, au fil de cycles d&#8217;&#233;volution, &#224; approcher de la &#171; perfection &#187; :<\/p>\n<p>D&#233;claration d&#8217;Edward Gardner :<br \/>\n&#171;&#8230; le fait que deux jeunes filles aient non seulement &#233;t&#233; en mesure de voir des f&#233;es, ce que d&#8217;autres avaient fait, mais en plus aient pour la premi&#232;re fois &#233;t&#233; en mesure de les mat&#233;rialiser &#224; une densit&#233; suffisante pour que leurs images soient enregistr&#233;es sur une plaque photographique, signifie qu&#8217;il est possible que le prochain cycle d&#8217;&#233;volution soit en cours. &#187;<\/p>\n<p>Edward L. Gardner commence une correspondance avec la famille des deux jeunes filles, et celles-ci lui paraissent &#171; si innocentes &#187; qu&#8217;il demande les n&#233;gatifs d&#8217;origine sur plaque de verre &#224; Arthur Wright, lesquels lui parviennent quelques jours plus tard. Il est familier des trucages photographiques, les examine et n&#8217;y d&#233;c&#232;le aucun signe de supercherie.<\/p>\n<p>Les deux photographies sont alors consid&#233;r&#233;es comme une preuve affirmant la v&#233;racit&#233; des concepts promulgu&#233;s par la soci&#233;t&#233; th&#233;osophique. L&#8217;&#233;poque est favorable &#224; l&#8217;exposition de clich&#233;s montrant des esprits et des fant&#244;mes, bien que la plupart se r&#233;v&#233;l&#232;rent plus tard &#234;tre des doubles expositions de plaques photographiques (une personne r&#233;cemment d&#233;c&#233;d&#233;e peut alors sembler appara&#238;tre de fa&#231;on &#171; fantomatique &#187; sur l&#8217;image d&#233;velopp&#233;e, mais il s&#8217;agit en fait de deux images superpos&#233;es). Ce fait &#233;tait encore peu connu &#224; l&#8217;&#233;poque, et l&#8217;opinion populaire veut que les appareils photographiques soient capables de r&#233;v&#233;ler la pr&#233;sence des esprits. Ce n&#8217;est que bien plus tard, avec les progr&#232;s de la photographie, que la prise de ce type d&#8217;images et l&#8217;int&#233;r&#234;t du public pour le ph&#233;nom&#232;ne ont largement diminu&#233;.<\/p>\n<p><strong>Premi&#232;re expertise<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;analyse des clich&#233;s originaux tarde &#224; venir, puis Gardner envoie les copies des n&#233;gatifs &#224; Harold Snelling, un expert en photographie qui se dit fort de trente ans d&#8217;exp&#233;rience, et sp&#233;cialis&#233; dans les &#171; trucages parapsychiques &#187;. Snelling les examine longuement et conclut dans une lettre du 31 juillet 1920 que &#171; les deux n&#233;gatifs sont tout &#224; fait authentiques, et les photographies ne sont pas truqu&#233;es [&#8230;] [elles ne pr&#233;sentent] aucune trace de travail en studio impliquant des mod&#232;les en carton ou en papier &#187;. Il ne va toutefois pas jusqu&#8217;&#224; dire que les photographies montrent des f&#233;es, indiquant seulement que &#171; ces photographies montrent avant tout ce qui &#233;tait en face de l&#8217;appareil au moment o&#249; elles ont &#233;t&#233; prises &#187;. Par contre, il pense qu&#8217;il n&#8217;y a eu qu&#8217;une seule prise de vue et que toutes les f&#233;es ont boug&#233; pendant celle-ci, qui &#233;tait instantan&#233;e. Il effectue des agrandissements et rend un verdict d&#233;finitif une semaine plus tard, d&#233;clarant les photographies authentiques.<\/p>\n<p>Gardner est d&#233;sormais d&#233;tenteur d&#8217;impressions des photographies &#171; clarifi&#233;es &#187; par Snelling, de nouveaux n&#233;gatifs plus propices &#224; l&#8217;impression, et de plaques pour lanterne magique. En effet, le photographe corrige la premi&#232;re plaque, bien trop surexpos&#233;e. Ce d&#233;tail n&#8217;est r&#233;v&#233;l&#233; que soixante-trois ans plus tard, et c&#8217;est la photo retouch&#233;e qui devient c&#233;l&#232;bre. Snelling fournit les tirages photographiques qui sont disponibles &#224; la vente apr&#232;s les conf&#233;rences, ces derniers sont utilis&#233;s dans le cadre des conf&#233;rences que Gardner donne &#224; travers le Royaume-Uni, par exemple &#224; Mortimer Hall en mai 1920 &#224; Londres, avec, d&#8217;apr&#232;s lui, un grand succ&#232;s en raison de l&#8217;histoire des photographies. Une semaine plus tard, il re&#231;oit une lettre de Sir Arthur Conan Doyle.<\/p>\n<p><strong>Intervention de Sir Arthur Conan Doyle<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_10.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"250\" \/><br \/>\nL&#8217;&#233;crivain &#233;cossais et &#233;minent spiritualiste Sir Arthur Conan Doyle apprend l&#8217;existence des photographies par M. Gow, l&#8217;&#233;diteur de la publication spiritualiste Light, &#224; qui il venait demander des renseignements sur les f&#233;es en mai 1920. Ce dernier le renvoie vers Miss Felicia Scatcherd, qui lui confie &#224; son tour l&#8217;adresse de la s&#339;ur d&#8217;Edward Gardner, une occultiste. Conan Doyle apprend que le membre &#233;minent et militant de la soci&#233;t&#233; th&#233;osophique a rencontr&#233; deux fillettes du Yorkshire, qui disent entrer en contact avec les &#234;tres f&#233;eriques durant leurs promenades foresti&#232;res, il se fait aussi rapporter que leurs parents ne les prennent pas au s&#233;rieux.<\/p>\n<p>Plusieurs raisons expliquent que l&#8217;auteur de Sherlock Holmes s&#8217;int&#233;resse de si pr&#232;s &#224; cette affaire : depuis la mort de son fils (bless&#233; lors de l&#8217;offensive de la Somme et victime de la grippe espagnole), il se passionne pour la psychographie (&#233;criture d&#8217;un m&#233;dium influenc&#233; par un esprit ou impression de visages de d&#233;funts sur des photographies), dans le but de recevoir un message de lui. Il devient par la suite vice-pr&#233;sident de la Society for Study of Supernormal Pictures (SSSP), cr&#233;&#233;e &#224; Londres en 1919. Par ailleurs, il s&#8217;est passionn&#233; tr&#232;s t&#244;t pour le mesm&#233;risme, l&#8217;hypnose et la t&#233;l&#233;pathie. Initi&#233; au spiritisme, il s&#8217;oppose particuli&#232;rement au mat&#233;rialisme qu&#8217;il juge ind&#233;fendable d&#8217;un point de vue scientifique. Il a de qui tenir pour ce qui est de la croyance aux f&#233;es : son oncle, Richard Doyle, est un illustrateur de l&#8217;&#233;poque victorienne sp&#233;cialis&#233; dans les repr&#233;sentations du petit peuple tandis que son p&#232;re, Charles Doyle, lui aussi dessinateur (entre autres) de f&#233;es, affirmait en voir dans ses derni&#232;res ann&#233;es, alors qu&#8217;il avait sombr&#233; dans l&#8217;alcoolisme et la folie.<\/p>\n<p>The Strand Magazine venait de lui demander d&#8217;&#233;crire un article sur les f&#233;es pour son num&#233;ro de No&#235;l, et les photographies prises par les deux jeunes filles &#171; lui sont apparues comme une aubaine &#187; selon l&#8217;historien Magn&#250;s Magn&#250;sson. En juin 1920, il &#233;crit &#224; Miss Blomfield, cousine de Gardner, qui a &#233;tudi&#233; les photos de pr&#232;s. Elle n&#8217;y voit &#171; rien qui indique une escroquerie ou un canular &#187;. Il re&#231;oit au m&#234;me moment la lettre de Miss May Bowley, qui s&#8217;est livr&#233;e &#224; un examen &#224; la loupe des dites photographies et abonde dans le m&#234;me sens, disant que l&#8217;apparence &#171; plate &#187; et trop claire des f&#233;es est due au fait qu&#8217;elles ne projettent pas d&#8217;ombre. Conan Doyle re&#231;oit une copie des photos, et contacte Edward L. Gardner dans le but d&#8217;en apprendre davantage sur leur origine. Au d&#233;but, et contrairement &#224; l&#8217;opinion commun&#233;ment r&#233;pandue, Conan Doyle s&#8217;est bien renseign&#233; sur l&#8217;authenticit&#233; des photos.<\/p>\n<p><strong>Contact entre Conan Doyle et Edward L. Gardner<\/strong><\/p>\n<p>Gardner r&#233;pond dans une lettre du 25 juin que les deux filles se montrent tr&#232;s timides et r&#233;serv&#233;es, sont issues d&#8217;une famille d&#8217;ouvriers et joueraient avec les f&#233;es et les elfes dans la for&#234;t depuis leur plus tendre enfance. Les deux hommes conviennent d&#8217;en apprendre plus sur ces photos qui &#171; leur paraissent un peu trop belles pour &#234;tre vraies &#187;, Gardner encourageant Conan Doyle &#224; faire la lumi&#232;re sur cette affaire aussi vite que possible car &#171; deux enfants poss&#233;dant ces dons sont rares, tr&#232;s rares &#187; et si l&#8217;une d&#8217;elles tombe amoureuse, c&#8217;en sera probablement fini de son pouvoir. Il confie &#233;galement &#224; Conan Doyle le r&#233;sultat de deux expertises pr&#233;liminaires effectu&#233;es sur les photographies dont une par un sp&#233;cialiste des photographies spirites : les deux concluent &#224; leur authenticit&#233;.<\/p>\n<p>Confort&#233; par ces t&#233;moignages favorables, Conan Doyle demande &#224; Gardner de mener une &#171; enqu&#234;te impartiale &#187; sur l&#8217;authenticit&#233; des clich&#233;s. Les deux hommes se rencontrent &#224; Londres afin de mettre en place leurs investigations. Conan Doyle d&#233;crit Gardner comme un homme &#171; tranquille, &#233;quilibr&#233;, r&#233;serv&#233;, ni excentrique ni illumin&#233; &#187; (l&#8217;auteur de Cottingley: At Last the Truth et The case of the Cottingley fairies, Joe Cooper, le d&#233;crit comme solennel et portant souvent un n&#339;ud papillon). Il le charge de se mettre en contact avec les deux jeunes filles tandis que lui-m&#234;me livre le r&#233;sultat de ses investigations sur le papier.<\/p>\n<p>Lettre de Sir Arthur Conan Doyle &#224; Elsie Wright, 30 juin :<br \/>\n&#171; Ch&#232;re Mademoiselle Elsie Wright<br \/>\nJ&#8217;ai vu les magnifiques photos de f&#233;es que vous et votre cousine Frances avez prises, et je n&#8217;ai pas &#233;t&#233; int&#233;ress&#233; &#224; ce point depuis longtemps. Je vous enverrai demain l&#8217;un de mes petits livres car je suis s&#251;r que vous n&#8217;&#234;tes pas trop vieilles pour vivre des aventures. Je vais bient&#244;t en Australie, mais je voudrais pouvoir passer une demi-heure &#224; Bradford avant de partir et vous parler, afin d&#8217;entendre tout cela.<br \/>\nAvec mes meilleurs v&#339;ux.<br \/>\nCordialement<br \/>\nSignature de Conan Doyle &#187;<\/p>\n<p><strong>Contre-expertises photographiques<\/strong><\/p>\n<p>Apr&#232;s le r&#233;sultat favorable de la premi&#232;re expertise photographique par Harold Snelling, Gardner et Conan Doyle demandent une contre-expertise par la soci&#233;t&#233; Kodak, et sont re&#231;us par M. West, responsable du laboratoire de Kingsway. Plusieurs techniciens de l&#8217;entreprise examinent les tirages, et bien qu&#8217;ils conviennent tout comme Snelling que les images &#171; ne montrent aucun signe de trucage &#187;, ils concluent que &#171; ces clich&#233;s ne peuvent &#234;tre pris comme une preuve concluante&#8230; qu&#8217;ils sont d&#8217;authentiques photographies de f&#233;es &#187;. Kodak refuse de d&#233;livrer un certificat d&#8217;authenticit&#233;. Gardner croit que les techniciens de Kodak n&#8217;ont pas examin&#233; les photographies en toute objectivit&#233;, observant que l&#8217;un d&#8217;eux avait d&#233;clar&#233; qu&#8217;&#171; apr&#232;s tout, puisque les f&#233;es n&#8217;existent pas, les photos doivent avoir &#233;t&#233; truqu&#233;es de quelque fa&#231;on &#187;. Les tirages sont &#233;galement examin&#233;s par une autre soci&#233;t&#233; photographique, Ilford, qui d&#233;clare sans &#233;quivoque qu&#8217;elles sont &#171; de toute &#233;vidence truqu&#233;es &#187;. Gardner et Conan Doyle, peut-&#234;tre par optimisme, interpr&#232;tent les r&#233;sultats de ces trois &#233;valuations par des experts comme deux en faveur de l&#8217;authenticit&#233; des photographies, et une contre. La plupart des experts s&#8217;accordent toutefois pour dire qu&#8217;il n&#8217;y a pas eu de double exposition des plaques, ce qui semble exclure la possibilit&#233; d&#8217;un trucage.<\/p>\n<p>Conan Doyle rapporte que les photographies ont &#233;t&#233; prises gr&#226;ce &#224; un Midg &#171; quarter-plate &#187;, sur des plaques Imperial Rapid. La premi&#232;re date de juillet 1917, un jour particuli&#232;rement chaud et ensoleill&#233;, vers 3 heures de l&#8217;apr&#232;s-midi, et est prise &#224; une distance de 4 pieds (environ 1,20 m&#232;tre). La seconde, dat&#233;e de septembre 1917, a pour cadre un jour ensoleill&#233; &#233;galement (mais pas autant que le pr&#233;c&#233;dent), &#224; 4 heures de l&#8217;apr&#232;s-midi, &#224; une distance de huit pieds (environ 2,40 m&#232;tres). Frances et Elsie lui ont confi&#233; d&#8217;autres d&#233;tails sur le petit peuple qui appara&#238;t dans les photos : les couleurs des f&#233;es sont un m&#233;lange de mauve, de rose et de vert, bien plus apparent au niveau des ailes que sur le reste de leur corps. Le gnome aurait port&#233; des collants noirs, un jersey dans les tons marron-rouge, et un chapeau rouge pointu.<\/p>\n<p>De son c&#244;t&#233;, l&#8217;&#233;crivain &#233;cossais obtient d&#8217;autres d&#8217;avis sur les clich&#233;s, dont celui du physicien Sir Oliver Lodge, qui les d&#233;clare truqu&#233;s en sugg&#233;rant qu&#8217;une troupe de danseurs masqu&#233;s comme des f&#233;es a &#233;t&#233; prise en photo et sur-impressionn&#233;e sur un paysage rural. Quelques amis spiritualistes de l&#8217;&#233;crivain s&#8217;&#233;tonnent que des &#234;tres d&#8217;autres plans se mat&#233;rialisent et pensent que l&#8217;existence des photographies &#171; complique le d&#233;bat parapsychique &#187;. M. Lancaster, un clairvoyant ami de Conan Doyle qui affirme avoir vu plusieurs fois des f&#233;es, exprime ses doutes quant &#224; leur &#171; coiffure distinctement parisienne &#187; sur la photographie.<\/p>\n<p>Fred Barlow, un grand sp&#233;cialiste des photographies spiritualistes, d&#233;clare tout d&#8217;abord en juin 1920 &#171; &#234;tre enclin &#224; penser, en l&#8217;absence d&#8217;indications plus d&#233;taill&#233;es, que la photographie montrant les quatre f&#233;es dansantes n&#8217;est pas ce qu&#8217;elle pr&#233;tend &#234;tre &#187;. Toutefois, suite &#224; la publication de l&#8217;article de Conan Doyle, son attitude change radicalement, et il pr&#233;sente les trois photographies comme &#171; les plus merveilleuses et int&#233;ressantes qu&#8217;il n&#8217;a jamais vues &#187;.<\/p>\n<p><strong>Les photographies de 1920<\/strong><\/p>\n<p>Gardner croit la famille Wright honn&#234;te et respectable. Pour placer la question de l&#8217;authenticit&#233; des photographies &#171; hors de doute &#187;, il retourne &#224; Cottingley fin juillet avec deux appareils photographiques Cameo et 24 plaques photographiques secr&#232;tement marqu&#233;es. Frances est invit&#233;e &#224; rester avec la famille Wright pendant les vacances scolaires d&#8217;&#233;t&#233;, et vient en train depuis Scarborough afin de prendre plus de photos avec Elsie. Elle est alors &#224; un mois de son 14e anniversaire, et titulaire d&#8217;une bourse d&#8217;&#233;tude. Elsie, en revanche, a quitt&#233; l&#8217;&#233;cole d&#232;s l&#8217;&#226;ge de 13 ans. Gardner d&#233;crit la m&#233;thode qu&#8217;il emploie avec les deux adolescentes dans son ouvrage de 1945 : Fairies: A Book of Real Fairies :<br \/>\n&#160;<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_9.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"556\" \/>Photographie de Frances Griffiths prise en 1920.<\/p>\n<p>&#171; Je suis parti &#224; Cottingley de nouveau, emportant les deux appareils photographiques et les plaques de Londres, j&#8217;ai rencontr&#233; la famille et expliqu&#233; aux deux filles le fonctionnement simple des appareils, avant d&#8217;en confier un &#224; chacune. Les appareils ont &#233;t&#233; charg&#233;s, et mon dernier conseil a &#233;t&#233; qu&#8217;elles ne devaient aller dans la vall&#233;e que les beaux jours, comme elles avaient pris l&#8217;habitude de le faire auparavant, et d&#8217;y taquiner les f&#233;es, comme elles appelaient leur fa&#231;on de les attirer, puis de voir ce qu&#8217;elles pourraient obtenir. Je ne leur ai donn&#233; que les conseils les plus simples et les plus &#233;vidents au sujet de l&#8217;&#233;clairage et de la distance, car je savais qu&#8217;il &#233;tait essentiel qu&#8217;elles se sentent libres et sans entraves, sans trop de responsabilit&#233;s. M&#234;me si rien ne sortait de tout cela, leur ai-je dit, elles n&#8217;avaient pas &#224; s&#8217;en faire le moins du monde. &#187;<\/p>\n<p>Il compte sur le fait que les deux filles soient ensemble pour que &#171; la r&#233;union de leurs auras produise un effet plus puissant &#187;. Le 3 ao&#251;t 1920, Arthur Conan Doyle renvoie une autre lettre &#224; Arthur Wright, dans laquelle il r&#233;v&#232;le que son article pour le Strand Magazine est achev&#233; et illustr&#233; de deux estampes issues des photographies de 1917. Il voit Gardner le m&#234;me jour et exprime &#224; nouveau le souhait de recevoir de nouvelles photographies de f&#233;es lorsqu&#8217;il sera parti en Australie pour une tourn&#233;e de conf&#233;rences. Il demande &#224; la famille d&#8217;&#234;tre tr&#232;s prudente, de ne rien r&#233;v&#233;ler des clich&#233;s, et promet de les prot&#233;ger si la presse s&#8217;empare de l&#8217;affaire. Puis il part &#224; l&#8217;autre bout du monde une semaine plus tard, quittant du m&#234;me coup Gardner qui affronte ensuite seul les r&#233;actions du public face &#224; la publication des clich&#233;s.<\/p>\n<p><strong>Prises<\/strong><\/p>\n<p>Les deux jeunes filles n&#8217;ayant pris aucun clich&#233; entre 1917 et ao&#251;t 1920, les parapsychologues supposent que leur don a disparu avec la pubert&#233;, et Conan Doyle s&#8217;inqui&#232;te de cette probabilit&#233;. Apr&#232;s la visite de Gardner, il pleut pendant deux semaines et jusqu&#8217;au 19 ao&#251;t, le temps est impropre &#224; la photographie. Frances et Elsie insistent en disant que les f&#233;es ne se montrent pas si d&#8217;autres les regardent, et la m&#232;re d&#8217;Elsie rend alors visite &#224; sa s&#339;ur pour le th&#233;, laissant les filles seules. En son absence, elles prennent plusieurs photos, dont deux semblent montrer des f&#233;es. Dans la premi&#232;re, Frances et la f&#233;e bondissante, Frances est repr&#233;sent&#233;e de profil avec une f&#233;e pr&#232;s de son nez. La deuxi&#232;me, La f&#233;e offrant un bouquet de campanules &#224; Elsie, montre une f&#233;e en vol stationnaire ou sur la pointe des pieds se tenant sur une branche, et offrant une fleur &#224; Elsie.<\/p>\n<p>&#171; La f&#233;e se tient debout, presque immobile, en &#233;quilibre sur les feuilles du buisson. Les ailes sont proches du jaune, et la partie sup&#233;rieure de la robe est rose tr&#232;s p&#226;le &#187; Sir Arthur Conan Doyle, The Coming of the Fairies.<\/p>\n<p>Deux jours plus tard, les filles prennent une derni&#232;re photo : Les F&#233;es et leur bain de soleil. Ces &#233;v&#233;nements sont connus gr&#226;ce &#224; plusieurs lettres que Polly Wright envoie &#224; Gardner.<\/p>\n<p>Lettres de Polly Wright &#224; Edward L. Gardner :<br \/>\n&#171; La matin&#233;e &#233;tait sombre et brumeuse, de sorte qu&#8217;elles n&#8217;ont pas pris de photos avant le d&#238;ner, quand la brume s&#8217;est dissip&#233;e et le soleil a brill&#233;. Je suis all&#233;e voir ma s&#339;ur pour le th&#233;, et je les ai laiss&#233;es seules. Quand je suis rentr&#233;e, elles avaient seulement r&#233;ussi deux photos avec des f&#233;es, j&#8217;ai &#233;t&#233; d&#233;&#231;ue. [&#8230;] Elles y sont retourn&#233;es samedi apr&#232;s-midi et ont pris plusieurs photos mais il n&#8217;y en avait qu&#8217;une seule montrant quelque chose, et c&#8217;est si &#233;trange que nous ne pouvons y croire. Elsie s&#8217;occupe des plaques en ce moment et Arthur les a d&#233;velopp&#233;es le lendemain.<br \/>\nPS : Elle n&#8217;en a pas pris une en train de voler, apr&#232;s tout. &#187;<\/p>\n<p>Les n&#233;gatifs sont d&#233;velopp&#233;s par Harold Snelling. Cette fois, deux clich&#233;s mettent en sc&#232;ne l&#8217;une ou l&#8217;autre des adolescentes et deux f&#233;es aux ailes fig&#233;es. Le troisi&#232;me montre un petit groupe de personnages f&#233;eriques dont les ailes semblent r&#233;agir au vent ou se mouvoir. Polly et Arthur Wright n&#8217;ont pas le m&#234;me point de vue sur l&#8217;affaire. Si Polly reconna&#238;t l&#8217;existence du petit peuple sans &#233;quivoque, ainsi que le prouvent ses lettres, son mari Arthur reste perplexe et a du mal &#224; croire que Conan Doyle, qu&#8217;il tenait jusque l&#224; en grande estime, ait pu &#234;tre tromp&#233; par sa fille. C&#8217;est lui qui emballe soigneusement les plaques dans du coton et les retourne &#224; Gardner, qui envoie depuis Londres un t&#233;l&#233;gramme &#171; extatique &#187; &#224; Conan Doyle le 6 septembre 1920, alors que ce dernier s&#233;journe &#224; Melbourne. Conan Doyle r&#233;pond :<\/p>\n<p>R&#233;ponse de Conan Doyle au t&#233;l&#233;gramme d&#8217;Edward L. Gardner :<br \/>\n&#171; Mon c&#339;ur s&#8217;est r&#233;joui lorsque, ici en Australie, j&#8217;ai pris connaissance de votre note et de la publication des trois magnifiques photos qui confirment les r&#233;sultats que nous avons publi&#233;s. Quand la r&#233;alit&#233; de nos f&#233;es sera admise, les autres ph&#233;nom&#232;nes psychiques trouveront une meilleure acceptation&#8230; Nous avons re&#231;u des messages de fa&#231;on continue, lors de s&#233;ances pendant un certain temps, nous indiquant qu&#8217;un signe visible allait se manifester. &#187;<\/p>\n<p>Gardner prend soin de v&#233;rifier que les plaques qu&#8217;il re&#231;oit sont bien celles qu&#8217;il avait donn&#233;es aux deux filles.<\/p>\n<p><strong>Publication et r&#233;actions<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;article de Conan Doyle est livr&#233; en novembre 1920 puis publi&#233; dans le num&#233;ro du Strand Magazine de d&#233;cembre, il contient deux tirages de plus haute r&#233;solution que les photographies originales de 1917. De tr&#232;s nombreux exemplaires se vendent en quelques jours de publication. Pour prot&#233;ger l&#8217;anonymat des filles, Frances et Elsie ont &#233;t&#233; renomm&#233;es respectivement Alice et Iris, tandis que la famille Wright porte le nom de &#171; Carpenters &#187;. Un spiritualiste enthousiaste et engag&#233;, Conan Doyle esp&#232;re que, si les photographies parviennent &#224; convaincre le public de l&#8217;existence des f&#233;es, celui-ci pourra accepter plus facilement la r&#233;alit&#233; d&#8217;autres ph&#233;nom&#232;nes psychiques. Il termine son article par ces mots :<br \/>\n&#171; La reconnaissance de leur existence va bousculer l&#8217;esprit mat&#233;rialiste du XXe si&#232;cle hors de ses orni&#232;res boueuses et lui fera admettre qu&#8217;il y a du charme et du myst&#232;re dans la vie. Ayant d&#233;couvert cela, le monde ne trouvera pas si difficile d&#8217;accepter le message spirituel, &#233;tay&#233; par des preuves mat&#233;rielles, qui lui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;. &#187;<\/p>\n<p>L&#8217;article re&#231;oit un accueil mitig&#233;, g&#233;n&#233;ralement un m&#233;lange &#171; d&#8217;embarras et de perplexit&#233; &#187;, et si la plupart des lecteurs pensent qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un canular, les f&#233;es de Cottingley divisent et sont source de controverses et de disputes. L&#8217;opinion est partag&#233;e entre l&#8217;admiration pour les r&#233;alisateurs du trucage, la stup&#233;faction, l&#8217;hilarit&#233; et la col&#232;re.<\/p>\n<p>Plusieurs journalistes de la r&#233;gion du Yorkshire m&#232;nent des enqu&#234;tes afin de retrouver les deux jeunes filles et d&#8217;en savoir plus. Bon nombre de ces personnes sont impressionn&#233;es par l&#8217;apparente sinc&#233;rit&#233; des deux filles. L&#8217;une d&#8217;elles, pour la Westminster Gazette, brise l&#8217;anonymat de Frances et Elsie et conclut que Polly et Arthur Wright sont honn&#234;tes, et que l&#8217;affaire reste &#171; inexpliqu&#233;e &#187;. D&#8217;apr&#232;s Joe Cooper, cela n&#8217;am&#232;ne pas grand chose de nouveau &#224; l&#8217;affaire en comparaison avec l&#8217;article de Conan Doyle, Fairies Photographed : An Epoch-making Event, et sans les trois nouvelles photographies de l&#8217;&#233;t&#233; 1920, il estime que l&#8217;affaire se serait probablement tass&#233;e. Elsie d&#233;clare que les f&#233;es qu&#8217;elle voit en 1920 sont plus &#233;th&#233;r&#233;es qu&#8217;en 1917, ce que Conan Doyle interpr&#232;te comme une preuve que certaines formes de m&#233;diumnit&#233; sont propres &#224; l&#8217;enfance.<\/p>\n<p>M. John A. Wade, dans le London evening News du 8 d&#233;cembre 1920, apporte de nouvelles pistes de r&#233;flexion concernant le petit peuple &#224; travers de nombreux t&#233;moignages de personnes affirmant &#171; jouer avec des elfes &#187; ou &#171; danser avec des f&#233;es &#187; dans la r&#233;gion du Yorkshire, entre autres vers Skipton. L&#8217;une d&#8217;elles &#233;tait convaincue sur le coup de r&#234;ver ou d&#8217;&#234;tre victime d&#8217;une hallucination, puis a accept&#233; sa vision comme bien r&#233;elle. Il conclut son article par la question de savoir &#171; s&#8217;il y a vraiment des f&#233;es dans le Yorkshire &#187;.<\/p>\n<p><strong>R&#233;action des sceptiques<\/strong><\/p>\n<p>Conan Doyle devient la cible de nombreuses critiques et une opinion fr&#233;quemment partag&#233;e est qu&#8217;il a &#233;t&#233; abus&#233; par une supercherie. L&#8217;historien, romancier et po&#232;te Maurice Henry Hewlett publie une s&#233;rie d&#8217;articles en ce sens dans la revue litt&#233;raire John O&#8217; London&#8217;s Weekly, o&#249; il conclut : &#171; Connaissant les enfants, je pense que mademoiselle Carpenters s&#8217;est moqu&#233;e de Sir Arthur Conan Doyle. Traduction litt&#233;rale : &#8220; Connaissant les enfants, et sachant que Sir Arthur Conan Doyle a des jambes, je conclus que Miss Carpenters a tir&#233; l&#8217;une d&#8217;entre elles \u02ee (jeu de mots avec &#8220; pulling one&#8217;s leg \u02ee, c&#8217;est-&#224;-dire &#8220; se moquer de quelqu&#8217;un \u02ee). &#187;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_11.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"516\" \/>Maurice Henry Hewlett, auteur d&#8217;une s&#233;rie d&#8217;articles critiques sur les f&#233;es de Cottingley.<\/p>\n<p>Il demande aussi si &#171; le truquage d&#8217;une photographie est plus difficile &#224; admettre que l&#8217;existence objective de petits &#234;tres ail&#233;s de quarante-cinq centim&#232;tres &#187;. Le journal de Sydney, Truth, exprime une opinion similaire le 5 janvier 1921, et demande aux deux jeunes filles de r&#233;v&#233;ler le &#171; truc &#187; : &#171; Pour obtenir la v&#233;ritable explication de ces photographies de f&#233;es, il n&#8217;est pas n&#233;cessaire d&#8217;avoir des connaissances en ph&#233;nom&#232;nes occultes, mais plut&#244;t de bien conna&#238;tre les enfants. &#187;<\/p>\n<p>L&#8217;un des critiques les plus virulents se r&#233;v&#232;le &#234;tre le major John Hall-Edwards, un passionn&#233; de la photographie et un pionnier du traitement de radiologie m&#233;dicale en Grande-Bretagne, qui &#233;crit dans le Birmingham Weekly Post : &#171; &#192; l&#8217;&#233;vidence, je n&#8217;h&#233;site aucunement &#224; dire que ces photos pourraient avoir &#233;t&#233; &#171; truqu&#233;es &#187;. Je critique l&#8217;attitude de ceux qui ont d&#233;clar&#233; qu&#8217;il y a quelque chose de surnaturel dans les circonstances qui entourent la prise de ces photos, car en tant que m&#233;decin, je crois qu&#8217;impr&#233;gner l&#8217;esprit des enfants de ces id&#233;es absurdes se traduira plus tard par des troubles nerveux et des troubles mentaux. &#187;<\/p>\n<p>Il &#233;voque plusieurs possibilit&#233;s de truquages, en commen&#231;ant par s&#8217;appuyer sur la description d&#8217;Elsie par sa m&#232;re comme une enfant imaginative, artiste et famili&#232;re des promenades en pleine nature, puis en parlant de d&#233;coupes de carton, des progr&#232;s du cin&#233;ma, ou d&#8217;une rephotographie.<\/p>\n<p>De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les sceptiques &#224; l&#8217;&#233;gard des clich&#233;s notent que &#171; les f&#233;es ressemblent &#233;tonnamment aux personnages traditionnels des contes de nourrice &#187;, mais aussi qu&#8217;elles arborent des &#171; coiffures &#224; la mode &#187;, et que les photographies sont particuli&#232;rement nettes, comme si des am&#233;liorations avaient &#233;t&#233; effectu&#233;es par un expert. Les experts photographiques concluent qu&#8217;ils pourraient produire le m&#234;me type d&#8217;image en studio avec des d&#233;coupages en carton, et une explication donn&#233;e pour la premi&#232;re photo est que Frances est debout derri&#232;re une table recouverte de verdure et de mousse, sur laquelle sont pos&#233;es des f&#233;es en carton.<\/p>\n<p><strong>R&#233;actions de sympathie<\/strong><\/p>\n<p>Certains journaux, comme l&#8217;Evening News et la Westminster Gazette, apportent leur soutien &#224; Conan Doyle. Des personnalit&#233;s publiques aussi. Margaret McMillan, la r&#233;formatrice &#233;ducative et sociale, &#233;crit : &#171; Quelle merveille que de voir ces chers enfants &#224; qui un merveilleux cadeau a &#233;t&#233; donn&#233;. &#187;<\/p>\n<p>Le romancier Henry De Vere Stacpoole prend les photographies des f&#233;es au c&#244;t&#233; des filles sans les mettre en doute. Dans une lettre &#224; Gardner, il &#233;crit : &#171; Regardez le visage d&#8217;Alice [Frances]. Regardez le visage de Iris [Elsie]. Il y a une chose extraordinaire appel&#233;e V&#201;RIT&#201;, qui a 10 millions de visages et de formes. Elle est la monnaie de Dieu et le plus habile faussaire ne peut pas l&#8217;imiter. &#187;<\/p>\n<p><strong>R&#233;futation des objections<\/strong><\/p>\n<p>Conan Doyle et Edward Gardner prennent soin de r&#233;pondre aux sceptiques, mais ignorent les questions qui leur sont pos&#233;es sur la vitesse d&#8217;obturation, la d&#233;finition des photos ou encore les coiffures et les v&#234;tements des f&#233;es, arguant entre autres que deux jeunes filles issues d&#8217;un milieu ouvrier sont incapables de supercherie. Dans le Yorkshire Weekly Post, Conan Doyle d&#233;clare que &#171; si l&#8217;on consid&#232;re que ce sont les premi&#232;res photos que ces enfants ont faites de toute leur vie, il est inconcevable qu&#8217;elles aient &#233;t&#233; capables d&#8217;artifices techniques susceptibles de tromper des experts &#187;. D&#8217;apr&#232;s les enqu&#234;teurs et les z&#233;t&#233;ticiens, ce qui leur importe est la propagation de la doctrine th&#233;osophique et de la doctrine spiritualiste, gr&#226;ce aux clich&#233;s qui leur apparaissent comme une preuve claire de l&#8217;existence du petit peuple.<\/p>\n<p>Comme plusieurs th&#233;osophes, Gardner a effectu&#233; de longues recherches concernant le folklore f&#233;erique et entendu de multiples t&#233;moignages relatant des observations d&#8217;&#234;tres fabuleux. Les z&#233;t&#233;ticiens observent que les r&#233;actions des sceptiques n&#8217;ont jamais eu sur lui le moindre impact. Conan Doyle r&#233;fute lui aussi les objections des photographes les uns apr&#232;s les autres, imputant les incoh&#233;rences ou l&#8217;absence des ombres port&#233;es par les f&#233;es &#224; la &#171; faible luminosit&#233; &#187; qui &#233;mane de leurs corps &#233;th&#233;r&#233;s. Dans The Coming of the Fairies, il apporte de nombreux arguments, notamment le nombre &#233;lev&#233; de rapports d&#8217;observations de f&#233;es, le fait que le gnome de Cottingley ressemble &#224; une cr&#233;ature islandaise similaire, et que son ami William Riley cite le Haut-Airedale et le Wharfedale comme des lieux o&#249; sont consign&#233;es des observations de pixies. Il voit dans les elfes une esp&#232;ce interm&#233;diaire entre l&#8217;&#234;tre humain et le papillon, tandis que le gnome tiendrait davantage du papillon de nuit. D&#8217;apr&#232;s lui, il sera difficile, suite &#224; cette affaire, de conclure &#224; l&#8217;impossibilit&#233; que le petit peuple puisse exister : ces derniers sont peut-&#234;tre aussi nombreux que la race humaine, et pourraient vivre &#224; la surface de la terre en &#233;tant s&#233;par&#233;s par une diff&#233;rence vibratoire, puisque les humains sont limit&#233;s par leurs perceptions. Il affirme qu&#8217;il est scientifiquement admis que certaines personnes per&#231;oivent des choses que d&#8217;autres ne per&#231;oivent pas : c&#8217;est le principe de la clairvoyance et de la m&#233;diumnit&#233;. Il se demande si les silhouettes f&#233;eriques sont des ectoplasmes produits par l&#8217;imagination des fillettes, et envisage d&#233;j&#224; l&#8217;&#233;tude future du petit peuple gr&#226;ce &#224; de nouveaux moyens techniques permettant de les voir, et qui les rendront bient&#244;t &#171; aussi r&#233;els que les eskimos &#187;. Par l&#224;-m&#234;me, Conan Doyle affirme que le petit peuple poss&#232;de une r&#233;alit&#233; physique, et non pas qu&#8217;il serait compos&#233; d&#8217;esprits intangibles.<\/p>\n<p>Il d&#233;sire fournir des preuves irr&#233;futables, et acquiert du mat&#233;riel photographique de pointe pour obtenir des clich&#233;s de meilleure qualit&#233;. Conan Doyle utilise les photos de 1920 pour illustrer un second article dans The Strand Magazine en mars 1921 (il a pris soin de payer les nouvelles photographies aux jeunes filles pour &#163; 20, ce qui repr&#233;sente une petite somme &#224; l&#8217;&#233;poque). Il d&#233;crit d&#8217;autres comptes-rendus d&#8217;observations de f&#233;es dans cet article.<\/p>\n<p>La position de Conan Doyle dans cette affaire a fait l&#8217;objet d&#8217;un d&#233;bat entre l&#8217;historien sceptique Paul-&#201;ric Blanrue qui relate les faits pr&#233;c&#233;demment cit&#233;s, et le d&#233;fenseur de la parapsychologie Yves Lignon, sur le cercle z&#233;t&#233;tique. Le premier estime que Conan Doyle a gravement manqu&#233; d&#8217;esprit critique dans cette affaire, tandis que le second affirme que l&#8217;auteur de Sherlock Holmes n&#8217;a pas tant pris parti dans la pol&#233;mique. Toutefois, l&#8217;ouvrage de 1922 The Coming of the Fairies r&#233;v&#232;le tr&#232;s clairement la position de l&#8217;&#233;crivain, qui &#171; consid&#232;re, apr&#232;s avoir examin&#233; toutes les causes d&#8217;erreur possibles, que le dossier est recevable &#187;, que &#171; toutes les objections possibles et imaginables ont &#233;t&#233; formul&#233;es et r&#233;fut&#233;es &#187; et que &#171; tous les doutes quant &#224; l&#8217;honn&#234;tet&#233; de l&#8217;entreprise furent balay&#233;s ; il &#233;tait clair que ces photos, et surtout celles des f&#233;es dans le buisson, &#233;taient impossibles &#224; truquer &#187;. Si Conan Doyle a bien rapport&#233; la plupart des critiques qui lui ont &#233;t&#233; adress&#233;es dans son ouvrage, il n&#8217;en a jamais tenu compte selon Paul-&#201;ric Blanrue qui conclut que &#171; le seul et vrai reproche qu&#8217;on est en droit de lui adresser n&#8217;est pas de s&#8217;&#234;tre int&#233;ress&#233; aux f&#233;es : il est de n&#8217;avoir pas su mener une enqu&#234;te avec la m&#233;thode que celle-ci requ&#233;rait &#187;.<br \/><strong><br \/>\nDerni&#232;re visite &#224; Cottingley et tassement de l&#8217;affaire<\/strong><\/p>\n<p>Gardner effectue une derni&#232;re visite de Cottingley en ao&#251;t 1921. Il apporte &#224; nouveau des appareils de qualit&#233; (un st&#233;r&#233;oscopique et une cam&#233;ra) et des plaques photographiques &#224; Frances et Elsie, mais est accompagn&#233; cette fois par le m&#233;dium clairvoyant Geoffrey Hodson, un sp&#233;cialiste des f&#233;es et des gnomes recommand&#233; par Sir Arthur Conan Doyle, qui devait publier &#224; ce sujet. Hodson voit dans les f&#233;es des esprits de la nature d&#233;volus aux soins et &#224; la croissance des plantes. Bien qu&#8217;aucune photo suppl&#233;mentaire ne soit prise, au contraire, &#171; il [Hodson] les a vues [les f&#233;es] partout &#187; et relate ses observations gr&#226;ce &#224; de nombreuses notes de terrain d&#233;crivant avec pr&#233;cision les gnomes, nymphes des eaux, elfes des bois, f&#233;es aquatiques, brownies et autres gobelins qui croisent son chemin, leur apparence et leurs activit&#233;s, et publiant les r&#233;sultats dans son ouvrage Fairies at Work and Play. Il d&#233;clare aussi : &#171; Je suis personnellement convaincu de la bonne foi des deux filles qui ont pris ces photos. J&#8217;ai pass&#233; quelques semaines avec elles et leur famille, et je suis assur&#233; de l&#8217;authenticit&#233; de leur clairvoyance, de la pr&#233;sence de f&#233;es, exactement comme celles photographi&#233;es dans le vallon de Cottingley, et de l&#8217;honn&#234;tet&#233; compl&#232;te de toutes les parties concern&#233;es. &#187;. Il ajoute que les deux filles sont clairvoyantes et que Frances est une m&#233;dium capable de rendre visible le peu d&#8217;ectoplasme qui s&#8217;&#233;chappe du corps des f&#233;es. Toutefois, Elsie et Frances expliquent qu&#8217;elles n&#8217;ont plus le c&#339;ur assez pur pour que les f&#233;es les honorent de leur compagnie du fait de la pubert&#233;. Pour ne rien arranger, il pleut presque tout l&#8217;&#233;t&#233; alors que, selon les deux filles, les f&#233;es n&#8217;apparaissent qu&#8217;au soleil.<\/p>\n<p>L&#8217;opinion populaire voudrait que Cottingley soit un village isol&#233;, puisque la plupart des observations du petit peuple ont lieu loin de toute zone habit&#233;e. Ce n&#8217;est pas le cas : le village est situ&#233; tout pr&#232;s de Bradford. Toutefois, la rivi&#232;re Beck est bord&#233;e de ch&#234;nes, de fr&#234;nes, d&#8217;arbustes &#233;pineux et de pierres traditionnellement associ&#233;s aux activit&#233;s surnaturelles et aux observations de f&#233;es. La zone o&#249; Frances et Elsie rapportent avoir vu les f&#233;es est soigneusement marqu&#233;e, et comprend un r&#233;servoir d&#8217;eau ainsi qu&#8217;un pont m&#233;di&#233;val.<\/p>\n<p>Les deux filles semblent lass&#233;es de ce tapage autour des f&#233;es. Des ann&#233;es plus tard, Elsie regarde une photo de Frances et d&#8217;elle-m&#234;me prise avec Hodson, et dit : &#171; Regarde &#231;a, marre des f&#233;es ! &#187; Frances et Elsie ont avou&#233; plus tard qu&#8217;elles avaient &#171; jou&#233; le jeu &#187; avec Hodson, &#171; ont fait des b&#234;tises &#187; et ne le prenaient pas au s&#233;rieux.<\/p>\n<p>Confort&#233; par les dires du m&#233;dium Geoffrey L. Hodson, Conan Doyle r&#233;utilise ses articles pour former la base de son livre publi&#233; en 1922 : The Coming of the Fairies. Comme auparavant, les photographies re&#231;oivent un accueil mitig&#233;, mais pire, l&#8217;ouvrage &#171; le couvre de ridicule &#187; au point que les spiritualistes et des amis comme J.M. Barrie se d&#233;tournent de lui. Ce soutien inconditionnel &#224; l&#8217;affaire venant de la part du cr&#233;ateur du personnage le plus froidement logique de la litt&#233;rature anglaise (Sherlock Holmes) contribue &#224; discr&#233;diter Conan Doyle, et &#224; lui donner une r&#233;putation de &#171; vieil homme cr&#233;dule &#187;. Des po&#232;mes et des caricatures se mettent &#224; circuler bien qu&#8217;il ne soit pas, et de loin, le seul &#224; croire &#224; la r&#233;alit&#233; physique des esprits &#233;l&#233;mentaires &#224; son &#233;poque :<br \/>\n&#171; Si vous, Sir Conan Doyle, croyez aux f&#233;es,<br \/>\nDois-je croire en monsieur Sherlock Holmes ?<br \/>\nSi vous croyez que l&#8217;air autour de nous<br \/>\nest plein d&#8217;elfes, de petits hommes et de gnomes,<br \/>\nalors, dois-je croire aussi au docteur Watson,<br \/>\ndans les bandes tachet&#233;es et ce genre de choses ? Oh non, mon chapeau !<br \/>\nBien que tous les t soient barr&#233;s et les i aient leurs points dessus,<br \/>\nje ne peux tout simplement pas le faire, Sir Conan. C&#8217;est ainsi ! &#187;<\/p>\n<p>De la m&#234;me mani&#232;re, Gilbert Chesterton dit qu&#8217;&#171; [il] y a longtemps que la mentalit&#233; de sir Arthur est bien plus proche de celle de Watson que celle de Holmes &#187;.<\/p>\n<p>Il aura tout de m&#234;me apport&#233; &#171; une &#233;norme publicit&#233; &#187; &#224; lui seul, d&#233;fendant leur r&#233;alit&#233; jusqu&#8217;&#224; sa mort (en 1930) bien qu&#8217;il ne se soit jamais rendu sur le site de Cottingley, et &#224; tel point que &#171; nulle part au monde les f&#233;es n&#8217;auront &#233;t&#233; aussi populaires qu&#8217;&#224; Cottingley au d&#233;but du XXe si&#232;cle &#187;.<\/p>\n<p>L&#8217;affaire en reste l&#224; pour longtemps.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/6.12.2017\/4961\/4961_12.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" vspace=\"5\" height=\"230\" \/>Elsie Wright en 1920, assise sur le buisson o&#249; la premi&#232;re photographie des f&#233;es de Cottingley a &#233;t&#233; prise.<\/p>\n<p><strong>yogaesoteric<br \/>\n6 d&#233;cembre 2017<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les f&#233;es de Cottingley, ou l&#8217;affaire des f&#233;es de Cottingley, fait r&#233;f&#233;rence &#224; une c&#233;l&#232;bre s&#233;rie de cinq photographies prises au d&#233;but du XXe si&#232;cle par Elsie Wright et Frances Griffiths, deux jeunes cousines qui vivent &#224; Cottingley, pr&#232;s de Bradford, dans la r&#233;gion du Yorkshire anglais. 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