{"id":3893,"date":"2017-12-13T19:06:09","date_gmt":"2017-12-13T19:06:09","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yogaesoteric.net\/spiritualite-universelle-fr\/tradition-roumaine-1603-fr\/noel-le-sens-dune-fete-1\/"},"modified":"2017-12-13T19:06:09","modified_gmt":"2017-12-13T19:06:09","slug":"noel-le-sens-dune-fete-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/noel-le-sens-dune-fete-1\/","title":{"rendered":"No\u00ebl : le sens d\u2019une f\u00eate (1)"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">\n    \n  <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Ressusciter No&#235;l<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">No&#235;l en tant qu&#8217;&#233;v&#233;nement historique est loin d&#8217;&#234;tre la partie de la vie de J&#233;sus la mieux attest&#233;e. Deux Evangiles sur les quatre retenus dans la Bible n&#8217;en font m&#234;me pas mention, et Matthieu et Luc ont des versions diff&#233;rentes sinon divergentes. Pourtant, c&#8217;est cet &#233;pisode qui a connu le plus grand succ&#232;s, au point de devenir une f&#234;te c&#233;l&#233;br&#233;e largement au-del&#224; des cercles croyants. D&#8217;autres &#233;pisodes tout aussi importants (J&#233;sus pr&#234;chant sur une colline de Galil&#233;e, J&#233;sus nourrissant des foules, J&#233;sus r&#233;v&#233;lant que nous sommes capables de ne pas sombrer dans la mer de nos peurs&#8230;) n&#8217;ont pas connu un destin aussi heureux. <\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"border-top-color: ; border-left-color: ; border-bottom-color: ; border-right-color: \" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/13.12.17\/5648\/5648_1.jpg\" width=\"550\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" height=\"309\" border=\"0\" \/>&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">L&#8217;inflation qu&#8217;a connue No&#235;l a provoqu&#233; une d&#233;bauche de moyens pour marquer cet &#233;v&#233;nement (c&#233;l&#233;brations, repas, cadeaux, d&#233;corations, contes, chants) et, dans le m&#234;me temps, une exasp&#233;ration croissante chez ceux qui constatent un &#233;cart grandissant entre le message de No&#235;l et sa comm&#233;moration, entre l&#8217;esprit et la lettre. A cela s&#8217;ajoute la tristesse voire la profonde m&#233;lancolie de tous ceux qui n&#8217;ont pas la t&#234;te &#224; se r&#233;jouir soit parce qu&#8217;ils sont seuls alors qu&#8217;une majorit&#233; parle de No&#235;l comme d&#8217;une f&#234;te &#233;minemment familiale, soit parce qu&#8217;ils sont bless&#233;s par la vie &#224; bien des titres alors qu&#8217;une majorit&#233; voit en No&#235;l mati&#232;re &#224; se r&#233;jouir. Le contraste est d&#8217;autant plus saisissant lorsqu&#8217;on se sent pauvre de relations humaines, pauvre de moyens mat&#233;riels, pauvre d&#8217;esp&#233;rance, pauvre de joie et de toutes ces belles choses dont No&#235;l fait ses choux gras. <\/p>\n<p align=\"justify\">Mais c&#8217;est justement &#224; tous ces d&#233;&#231;us et ces laiss&#233;s pour compte que No&#235;l a quelque chose &#224; dire. En effet, rappelons-nous que ce n&#8217;est pas pour les bien portants que J&#233;sus est venu, mais pour les malades de la vie, ceux qui ont le c&#339;ur bris&#233;, ceux qui ont une vie boiteuse, ceux qui ne voient pas plus loin que le malheur qui les accable. No&#235;l, le v&#233;ritable No&#235;l, parle avant tout et essentiellement &#224; ces personnes-l&#224;. C&#8217;est la raison pour laquelle il semble juste et bon de s&#8217;imposer No&#235;l, surtout quand le c&#339;ur n&#8217;y est pas. Il y a, dans ces pages de la Bible, un Evangile particuli&#232;rement pertinent lorsque nous sommes &#233;c&#339;ur&#233;s, lorsque notre isolement est &#224; son comble, lorsque tout avenir semble disparu. Il semble juste et bon de trouver en nous au moins une petite place pour accueillir le v&#233;ritable No&#235;l, laisser un peu de place &#224; ce que le divin a encore &#224; nous faire vivre, un peu de place pour ce que nous n&#8217;attendons plus, mais qui peut n&#233;anmoins advenir, l&#224;, maintenant, justement parce que No&#235;l nous apprend que nous ne ma&#238;trisons pas ce qu&#8217;il y a d&#8217;essentiel dans la vie. M&#234;me les exc&#232;s de la f&#234;te populaire peuvent nous mettre sur la voie de ce que No&#235;l nous promet : une gr&#226;ce surabondante. La d&#233;bauche de No&#235;l atteste que nous sommes capables d&#8217;une &#233;conomie o&#249; le don l&#8217;emporte sur le donnant-donnant, o&#249; la beaut&#233; l&#8217;emporte sur la banalit&#233;. Derri&#232;re les clich&#233;s marchands de cette f&#234;te, un d&#233;sir de vie et de joie se manifeste. Les st&#233;r&#233;otypes ressortis une ann&#233;e de plus renvoient &#224; une pri&#232;re implicite, celle de notre d&#233;sir d&#8217;un autre ordre du monde. <\/p>\n<p align=\"justify\">No&#235;l, r&#233;alit&#233; contemporaine parfois horrible, &#224; premi&#232;re vue, a donc quelque chose de tr&#232;s ancien et de profond&#233;ment actuel &#224; nous offrir, qui peut se r&#233;sumer dans cette formule que Wilfred Monod avait &#233;crite sur les murs du centre social La Clairi&#232;re : &#171; croire quand-m&#234;me, esp&#233;rer quand m&#234;me, aimer quand-m&#234;me. &#187; <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>C&#8217;est No&#235;l<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Au moment o&#249; la nuit est si longue, o&#249; le froid nous transperce, o&#249; la fatigue de la vie nous p&#232;se, on sent bien la soif qui est la n&#244;tre d&#8217;un peu plus de fraternit&#233; et de compr&#233;hension. Depuis toujours les hommes, &#224; cette &#233;poque de l&#8217;ann&#233;e, c&#233;l&#232;brent la lumi&#232;re qui perce encore et malgr&#233; tout l&#8217;obscurit&#233; du monde, en signe de l&#8217;humanit&#233; que nous ressentons tous, r&#233;elle au fond de nos c&#339;urs. <\/p>\n<p align=\"justify\">Du temps des Romains on c&#233;l&#233;brait les Saturnales. &#192; la date qui correspond aujourd&#8217;hui au 17 d&#233;cembre, pendant une semaine, on se r&#233;pandait dans les rues avec des lumi&#232;res et on &#233;changeait des cadeaux. On traitait mieux les esclaves et on faisait m&#234;me semblant de les servir. On f&#234;tait aussi le Dieu Mithra. C&#8217;&#233;tait un Dieu sauveur qui donnait vie et prosp&#233;rit&#233;, victoire sur le mal. Il avait tu&#233; le Taureau dont le &#171; sang &#233;ternel &#187; faisait vivre les &#234;tres. Il conduisait le char du soleil et l&#8217;on attendait qu&#8217;&#224; la fin des temps il paraisse et embrase le monde : le 25 d&#233;cembre &#233;tait le jour du &#171; Soleil invaincu &#187;. <\/p>\n<p align=\"justify\">Les chr&#233;tiens ont aim&#233; ces f&#234;tes, comme nous aujourd&#8217;hui. Ils ont pens&#233; tout naturellement que c&#8217;&#233;tait la f&#234;te de J&#233;sus-Christ. Qui mieux que lui suscite la tendresse dans nos c&#339;urs ? Qui, plus que lui, met dans nos yeux le regard de la fraternit&#233; humaine ? Qui, mieux que lui, renouvelle l&#8217;&#233;lan vital que Dieu fait monter en nous ? Qui est capable de mieux nous redonner courage pour affronter la vie ? C&#8217;est lui, ont dit les premiers chr&#233;tiens, qui fait le mieux penser &#224; cette lumi&#232;re dont nous avons tant besoin en cette p&#233;riode de fatigue. Il est plus humain que Mithra et moins sauvage aussi, son esprit va plus profond finalement que celui des Saturnales. <\/p>\n<p align=\"justify\">Les f&#234;tes de fin d&#8217;ann&#233;e sont &#224; tous, chr&#233;tiens, juifs, musulmans, agnostiques, ath&#233;es, justes, injustes, croyants, m&#233;cr&#233;ants, car Dieu est le P&#232;re de tous les hommes et il se rit de nos distinctions. C&#8217;est No&#235;l dans le c&#339;ur de tous ceux qu&#8217;on invite pour un bonheur normal. C&#8217;est No&#235;l quand le pauvre oublie tous les outrages et ne sent plus la faim. C&#8217;est No&#235;l quand enfin se l&#232;ve l&#8217;esp&#233;rance d&#8217;un amour plus r&#233;el. C&#8217;est No&#235;l quand soudain se taisent les mensonges faisant place au bonheur et qu&#8217;au fond de nos vies, la souffrance qui ronge trouve un peu de douceur. <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>J&#233;sus, fils de Dieu<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong><br \/>\n    <\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" style=\"border-top-color: ; border-left-color: ; border-bottom-color: ; border-right-color: \" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/13.12.17\/5648\/5648_2.jpg\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" border=\"0\" \/>&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong><br \/>\n    <\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">Parmi les r&#233;cits des commencements du Christ dans l&#8217;humanit&#233;, il y a plusieurs approches diff&#233;rentes. L&#8217;&#201;vangile selon Jean aborde la venue du Christ de fa&#231;on th&#233;ologique, Christ est la Parole &#233;ternelle de Dieu faite chair. L&#8217;&#201;vangile selon Marc commence par le bapt&#234;me de J&#233;sus, avec l&#8217;Esprit qui descend et la voix de Dieu qui nomme J&#233;sus son Fils bien-aim&#233;. Les &#201;vangiles selon Matthieu et Luc commencent leur r&#233;cit avec la conception miraculeuse de J&#233;sus et sa naissance. Ces deux livres sont donc assez proches sur ce point, mais il y a pourtant une diff&#233;rence essentielle entre les deux. Dans le texte de Matthieu, c&#8217;est Joseph qui est le personnage principal, c&#8217;est lui qui est en contact avec Dieu dans les moments d&#233;cisifs, alors que dans le texte de Luc, c&#8217;est Marie qui a le premier r&#244;le. C&#8217;est gr&#226;ce &#224; elle, gr&#226;ce &#224; son humilit&#233; devant Dieu et sa confiance en lui, que J&#233;sus sera con&#231;u. Qu&#8217;est-ce que ces commencements nous disent du salut qui vient en Christ ? <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Une vie &#224; recevoir<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    L&#8217;&#201;vangile selon Luc est le plus connu, donnant la trame de la plupart des histoires de No&#235;l. Luc nous propose de nous identifier &#224; Marie, la m&#232;re de J&#233;sus, et comme elle, de laisser f&#233;conder notre existence par Dieu. Luc nous propose de participer &#224; la conception du Christ en nous, qui est alors &#224; la fois l&#8217;enfant de Dieu et notre enfant, &#224; la fois fils de Dieu et fils de l&#8217;homme. Et oui, c&#8217;est un miracle, c&#8217;est &#224; dire quelque chose qui d&#233;passe les simples lois de ce monde, il y a l&#224; une dimension suppl&#233;mentaire qui advient dans notre &#234;tre et dans notre histoire, celle d&#8217;un souffle venu de Dieu. <\/p>\n<p align=\"justify\">Cette id&#233;e est encore compl&#233;t&#233;e par celle du b&#233;b&#233; J&#233;sus d&#233;pos&#233; dans la mangeoire d&#8217;une &#233;table, &#224; Bethl&#233;em (nom qui signifie la maison du pain). Ce salut qui nous est ainsi donn&#233; en Christ est comme un pain de vie qui nous est donn&#233; pour nourrir l&#8217;animal que nous sommes et nous donner la vie. Le Christ ne nous sauve donc pas en achetant le pardon de Dieu, il ne s&#8217;agit pas non plus pour nous de &#171; rev&#234;tir Christ &#187; ou de devenir ext&#233;rieurement semblable &#224; lui, mais plut&#244;t de le manger, c&#8217;est &#224; dire de l&#8217;assimiler, de le faire n&#244;tre, de dig&#233;rer ses paroles et sa fa&#231;on d&#8217;&#234;tre, sa foi et son esp&#233;rance pour nourrir notre propre foi, notre propre esp&#233;rance et notre fa&#231;on d&#8217;aimer. <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Une vie &#224; reconna&#238;tre et &#224; aimer<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    L&#8217;&#201;vangile selon Matthieu est donc assez proche du r&#233;cit de Luc par la dimension surnaturelle du salut qui nous est donn&#233; en Christ. Mais Matthieu nous propose, lui, de nous identifier plut&#244;t &#224; Joseph et d&#8217;adopter J&#233;sus. Contrairement &#224; Marie, Joseph n&#8217;est pour rien dans la conception de J&#233;sus, c&#8217;est ind&#233;pendant de sa volont&#233;. Au d&#233;but de l&#8217;&#201;vangile selon Matthieu, J&#233;sus est d&#233;j&#224; con&#231;u, la question n&#8217;est alors pas de faire na&#238;tre la vie spirituelle en nous mais plut&#244;t de reconna&#238;tre qu&#8217;elle existe d&#233;j&#224;, de l&#8217;adopter, puis de prot&#233;ger cet enfant de la fureur de ce monde, comme Joseph prot&#232;ge Marie et J&#233;sus d&#8217;H&#233;rode. <\/p>\n<p align=\"justify\">En offrant &#224; la fois les deux t&#233;moignages de Luc et de Matthieu, la premi&#232;re &#201;glise chr&#233;tienne a fait preuve d&#8217;une sagesse pleine de respect, d&#8217;intelligence et de foi. Car nous sommes tous concern&#233;s par ces deux pr&#233;dications. Il y a d&#233;j&#224; en chacun de nous du Christ qui est d&#233;j&#224; l&#224; et du Christ qui est encore &#224; concevoir. Peut-&#234;tre, juste, est-il pr&#233;f&#233;rable de commencer avec Matthieu en reconnaissant ce d&#233;but de Christ en nous, et ensuite, fort de cette foi d&#233;j&#224; naissante, nous aurons la force, &#224; l&#8217;image de Marie, de dire oui &#224; Dieu, et &#234;tre de plus en plus porteur de vie, avec lui et gr&#226;ce &#224; lui. <\/p>\n<p align=\"justify\">D&#8217;ailleurs, l&#8217;&#201;vangile selon Luc se poursuit paradoxalement par un autre engendrement de J&#233;sus comme fils de Dieu, et enfin par une troisi&#232;me fa&#231;on dont J&#233;sus est fils de Dieu ! <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>Un amour qui nous aime tel que nous sommes<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong><br \/>\n    <\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" style=\"border-top-color: ; border-left-color: ; border-bottom-color: ; border-right-color: \" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/13.12.17\/5648\/5648_3.jpg\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" border=\"0\" \/>&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong><br \/>\n    <\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">J&#233;sus fut baptis&#233;; et, pendant qu&#8217;il priait, le ciel s&#8217;ouvrit, et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles : &#171; Tu es mon Fils bien-aim&#233;; en toi j&#8217;ai mis toute mon affection &#187;, ou &#171; Tu es mon fils, c&#8217;est moi qui t&#8217;ai engendr&#233; aujourd&#8217;hui &#187; (Luc 3:21-22). <\/p>\n<p align=\"justify\">Selon les manuscrits, la parole que dit Dieu diff&#232;re ainsi, mais les deux versions sont int&#233;ressantes. <\/p>\n<p align=\"justify\">La premi&#232;re nous dit que J&#233;sus, et nous &#224; sa suite, est fils de Dieu par l&#8217;amour que Dieu a pour nous, sa tendresse qui fait que Dieu nous adopte, nous regarde et nous aime comme son enfant aim&#233; plus que tout. C&#8217;est par la foi que l&#8217;on prend conscience de cette r&#233;alit&#233;. Cette notion est proche de ce dont t&#233;moigne l&#8217;Evangile selon Marc. <\/p>\n<p align=\"justify\">La seconde version de la parole entendue au bapt&#234;me de J&#233;sus nous dit que Dieu nous engendre, nous cr&#233;e comme du m&#234;me genre que lui, de la m&#234;me esp&#232;ce. Ce que les traductions fran&#231;aises appellent maladroitement l&#8217;Esprit est dans la Bible le souffle de Dieu, sa fa&#231;on de se rendre pr&#233;sent &#224; ce monde pour l&#8217;embellir et le vivifier. Ce souffle nous donne la vie comme de l&#8217;oxyg&#232;ne &#224; quelqu&#8217;un qui &#233;touffe, quand nous l&#8217;inspirons, tout notre &#234;tre, apportant de l&#8217;oxyg&#232;ne &#224; nos orteils, &#224; notre c&#339;ur et &#224; notre cerveau. Ce souffle sort de la bouche de Dieu, il est comme une parole qui nous dit notre dignit&#233;, qui nous dit une confiance. Cette parole est entendue par la foi, cette parole peut nous rendre meilleur, nous engendrer comme capable d&#8217;un peu plus de foi, d&#8217;esp&#233;rance et d&#8217;amour, &#224; l&#8217;image de Dieu. <\/p>\n<p align=\"justify\">Cette seconde fa&#231;on dont J&#233;sus est fils de Dieu, par la gr&#226;ce et la foi, est proche de ce dont t&#233;moigne l&#8217;&#201;vangile selon Jean. <\/p>\n<p align=\"justify\">Et enfin, Luc nous indique une troisi&#232;me fa&#231;on dont J&#233;sus est fils de Dieu, dans une longue g&#233;n&#233;alogie dont voici le d&#233;but et la fin : &#171; J&#233;sus avait environ trente ans lorsqu&#8217;il commen&#231;a son minist&#232;re, &#233;tant, comme on le croyait, fils de Joseph, fils d&#8217;H&#233;li&#8230;fils de Seth, fils d&#8217;Adam, fils de Dieu. &#187; (Luc 3:23-38). <\/p>\n<p align=\"justify\">Lui, J&#233;sus, comme nous, sommes enfants de notre histoire, nous sommes enfants de la terre, mais dans cette dimension-m&#234;me nous sommes &#233;galement enfants de Dieu. Cette g&#233;n&#233;alogie de J&#233;sus est faite de personnages de chair et de sang, avec leurs qualit&#233;s, leurs faiblesses et leurs fautes. Ce n&#8217;est pas seulement dans notre dimension spirituelle ou en vue de cette seule dimension spirituelle que nous sommes b&#233;nis par Dieu, aim&#233;s par Dieu. Notre &#234;tre tout entier, dans toutes ses dimensions, notre vie tout enti&#232;re, dans ses plus hautes facult&#233;s comme dans ses dimensions les plus triviales est faite pour &#234;tre b&#233;nie par Dieu. Car, comme le dit Jean dans son &#201;vangile, en Christ, nous voyons que la Parole &#233;ternelle s&#8217;est faite chair, qu&#8217;elle a habit&#233; parmi nous, en nous, pleine de gr&#226;ce et de v&#233;rit&#233;, pleine de tendresse et de fid&#233;lit&#233;. Elle donne un pouvoir extraordinaire &#224; toute personne, celui de devenir, par la foi, l&#8217;enfant que Dieu a d&#233;j&#224; reconnu en nous par son amour. <\/p>\n<p align=\"justify\">\n    <strong>No&#235;l, le Solstice d&#8217;hiver &#8211; ou la r&#233;cup&#233;ration<\/strong>\n  <\/p>\n<p align=\"justify\">La f&#234;te de No&#235;l (Jul) correspond aux anciennes festivit&#233;s indo-europ&#233;ennes du solstice d&#8217;hiver. Le mythologue Marc de Smedt le rappelle, apr&#232;s bien d&#8217;autres : &#171; No&#235;l n&#8217;est qu&#8217;une adaptation &#224; la nouvelle religion (chr&#233;tienne) des f&#234;tes que les Anciens et les Barbares c&#233;l&#233;braient lors du solstice d&#8217;hiver &#8211; et il en est de m&#234;me pour toutes les f&#234;tes chr&#233;tiennes, bien que l&#8217;Eglise l&#8217;ait tr&#232;s longtemps ni&#233; &#187; (Le Nouvel Observateur, 23 d&#233;cembre 1974). C&#8217;est ainsi que la f&#234;te de l&#8217;annonce &#224; Marie, le 25 mars, soit neuf mois avant No&#235;l (dur&#233;e de la p&#233;riode de gestation) &#233;tait c&#233;l&#233;br&#233;e &#224; Rome bien avant le christianisme : c&#8217;&#233;tait la f&#234;te de l&#8217;annonce &#224; Cyb&#232;le. <\/p>\n<p align=\"center\">\n    <img decoding=\"async\" style=\"border-top-color: ; border-left-color: ; border-bottom-color: ; border-right-color: \" alt=\"\" src=\"\/all_uploads\/uploads-dec17\/decembrie\/13.12.17\/5648\/5648_4.jpg\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" border=\"0\" \/>&#160;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">Apr&#232;s beaucoup d&#8217;h&#233;sitations, l&#8217;Eglise s&#8217;est d&#233;cid&#233;e &#224; fixer la date de la naissance suppos&#233;e du Christ au 25 d&#233;cembre afin de la faire co&#239;ncider avec un rite plus ancien : la premi&#232;re mention latine de cette date comme f&#234;te de la Nativit&#233; remonte &#224; l&#8217;an 354, la c&#233;l&#233;bration proprement dite n&#8217;&#233;tant apparue qu&#8217;&#224; la fin du IVe si&#232;cle. En 525, Dyonisius le Petit, consacrant une tradition alors vieille d&#8217;un peu moins d&#8217;un si&#232;cle, fixe la date de la naissance suppos&#233;e de J&#233;sus au 25 d&#233;cembre de l&#8217;an 1, qu&#8217;il assimile &#224; l&#8217;an 754 de la fondation de Rome. En fait, si les festivit&#233;s du solstice d&#8217;hiver ont toujours eu lieu &#224; la m&#234;me &#233;poque de l&#8217;ann&#233;e, nous ignorons non seulement le jour de la naissance de J&#233;sus, mais m&#234;me l&#8217;ann&#233;e. Sur ce point comme sur bien d&#8217;autres, la contradiction entre les canonistes est totale. <\/p>\n<p align=\"justify\">On notera &#224; ce sujet que les contradictions concernant la naissance de J&#233;sus s&#8217;&#233;tendent plus loin encore, jusqu&#8217;au lieu m&#234;me de sa naissance (Nazareth, ou Bethl&#233;em ?) et &#224; son ascendance davidique pr&#233;sum&#233;e. David Flusser &#233;crit &#224; ce sujet : &#171; Les deux g&#233;n&#233;alogies de Matthieu et de Luc ne sont identiques que d&#8217;Abraham &#224; David. Les difficult&#233;s propres aux deux successions et leurs importantes divergences laissent donc l&#8217;impression que les deux g&#233;n&#233;alogies de J&#233;sus ont &#233;t&#233; &#233;tablies dans le seul but d&#8217;&#233;tablir la descendance davidique de J&#233;sus &#187;. (J&#233;sus, Le Seuil, 1970). La volont&#233; de manipuler et de r&#233;cup&#233;rer l&#8217;histoire au service de la R&#233;v&#233;lation ne pouvait manquer de s&#8217;appliquer &#233;galement &#224; des festivit&#233;s aussi populaires et aussi enracin&#233;es que celles qui entourent les deux p&#233;riodes solsticiales. <\/p>\n<p align=\"justify\">Comme en bien d&#8217;autres occasions, l&#8217;Eglise, apr&#232;s avoir cherch&#233; &#224; d&#233;truire, a fini par composer. Au d&#233;part, son hostilit&#233; ne fait pas de doute. N&#8217;est-il pas &#233;crit dans le Deut&#233;ronome : &#171; Quiconque aura honor&#233; le soleil ou la lune, ou un &#234;tre dans les cieux, devra &#234;tre lapid&#233; jusqu&#8217;&#224; ce que mort s&#8217;ensuive &#187; (XVII, 2-5) ? <\/p>\n<p align=\"justify\">Aujourd&#8217;hui, Ren&#233; Laurentin reconna&#238;t que cette &#171; naissance de J&#233;sus, dont les Evangiles ne nous disent pas la date, l&#8217;Eglise l&#8217;a situ&#233;e au solstice d&#8217;hiver &#187; (Le Figaro, 26-27 novembre 1977). Il ajoute : &#171; Le symbole cosmique du solstice d&#8217;hiver popularise et vulgarise &#224; la fois la f&#234;te de No&#235;l parmi nous. &#187; (ibid.) <\/p>\n<p align=\"justify\">Marc de Smedt explique : &#171; Ce n&#8217;est pas par hasard que, la date exacte de la naissance de J&#233;sus restant inconnue, un concile d&#233;cid&#233; n&#233;anmoins de f&#234;te l&#8217;anniversaire de cette nativit&#233; le jour du 25 d&#233;cembre, jour du solstice d&#8217;hiver, qui ouvre la phase ascendante et lumineuse du cycle annuel. Partout, on allumait alors des feux en signe de joie. Saint-Augustin et l&#8217;Eglise d&#233;mentirent, bien s&#251;r, ces origines pa&#239;ennes, mais il n&#8217;en reste pas moins que le 25 d&#233;cembre &#233;tait l&#8217;anniversaire des dieux soleil [&#8230;] J&#233;sus na&#238;t la nuit, il vainc l&#8217;obscurit&#233;, cette vieille angoisse de l&#8217;homme, et symbolise la victoire p&#233;riodique de la lumi&#232;re fraternelle qui va aider au renouveau de la vie et &#224; l&#8217;&#233;closion cyclique de la nature porteuse de fruits. La r&#233;animation de la lumi&#232;re &#233;quivaut &#224; un renouvellement du monde. La partie du solstice d&#8217;hiver ouvre un cycle : dans la tradition hindoue, c&#8217;est le d&#233;but du DEVA-YANA, la voie des dieux, par opposition &#224; la PITRI-YANA du solstice d&#8217;&#233;t&#233;, qui figurait le commencement de la voie des anc&#234;tres &#187; (Le Nouvel Observateur, art.cit.). <\/p>\n<p align=\"justify\">D&#8217;un autre c&#244;t&#233;, la fragilit&#233; de l&#8217;argumentation historiciste appuyant cette r&#233;cup&#233;ration, ainsi que la pr&#233;gnance de vieux symboles pa&#239;ens dans les c&#233;l&#233;brations de No&#235;l, ont induit dans certains milieux chr&#233;tiens une tendance marqu&#233;e &#224; la &#171; d&#233;mythologisation &#187; de No&#235;l. <\/p>\n<p align=\"justify\">Lisez <a href=\"\/moved_content.php?lang=FR&amp;item=14078\">la deuxi&#232;me partie<\/a> de cet article<\/p>\n<p>  <strong><br \/>\n  <\/strong><\/p>\n<p>    <strong><\/p>\n<p>yogaesoteric<\/strong><\/p>\n<p>    <strong>13 d&#233;cembre 2017<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ressusciter No&#235;l No&#235;l en tant qu&#8217;&#233;v&#233;nement historique est loin d&#8217;&#234;tre la partie de la vie de J&#233;sus la mieux attest&#233;e. Deux Evangiles sur les quatre retenus dans la Bible n&#8217;en font m&#234;me pas mention, et Matthieu et Luc ont des versions diff&#233;rentes sinon divergentes. 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