{"id":65027,"date":"2021-12-16T14:46:19","date_gmt":"2021-12-16T14:46:19","guid":{"rendered":"https:\/\/yogaesoteric.net\/?p=65027"},"modified":"2021-12-16T14:49:16","modified_gmt":"2021-12-16T14:49:16","slug":"lart-detre-au-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/lart-detre-au-monde\/","title":{"rendered":"L\u2019art d\u2019\u00eatre au monde"},"content":{"rendered":"<p>Il y a pr\u00e8s d&#8217;un si\u00e8cle, Okakura Kakuz\u00f4, un \u00e9rudit japonais convaincu de la valeur universelle de la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, a r\u00e9dig\u00e9 un trait\u00e9 en forme de manifeste \u00e0 l&#8217;intention du public occidental. Il a d\u00e9crit en opposition \u00e0 l&#8217;industrialisation incontr\u00f4l\u00e9e, un art de vivre, un refuge pr\u00e9cieux pour les \u00eatres humains. <em>Le Livre du th\u00e9<\/em> balaie l\u2019aspect s\u00e9v\u00e8re et fig\u00e9 que peut rev\u00eatir le c\u00e9r\u00e9monial aux yeux d\u2019un \u00e9tranger. Okakura, passeur passionn\u00e9, brise la glace, et offre du m\u00eame coup une introduction synth\u00e9tique, concr\u00e8te, \u00e0 la conception asiatique de la vie et de l\u2019art.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/lart-detre-au-monde\/g-1-5\/\" rel=\"attachment wp-att-65031\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-65031\" src=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/g-1-1.jpg\" alt=\"\" width=\"560\" height=\"353\" srcset=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/g-1-1.jpg 560w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/g-1-1-300x189.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/><\/a>\u00ab <em>Selon l\u2019une de nos expressions usuelles, une personne \u201cmanque de th\u00e9\u201d lorsqu\u2019elle se montre insensible aux \u00e9pisodes tragi-comiques qui ponctuent l\u2019existence. Mais notre langue stigmatise \u00e9galement l\u2019esth\u00e8te sauvage qui, indiff\u00e9rent \u00e0 la trag\u00e9die du monde, s\u2019abandonne sans retenue au flot de ses \u00e9motions ; de celui-l\u00e0, elle dit qu\u2019il a \u201ctrop de th\u00e9\u201d.<\/em> \u00bb Et Okakura Kakuz\u00f4 d\u2019interpeller le public occidental auquel il destine son <em>Livre du th\u00e9<\/em> : \u00ab <em>Sans doute pourriez-vous moquer notre \u201cexc\u00e8s de th\u00e9\u201d, mais ne pourrions-nous pas aussi soup\u00e7onner quelque \u201cinsuffisance de th\u00e9\u201d dans votre constitution ?<\/em> \u00bb<\/p>\n<p><strong>La chambre de th\u00e9, \u00ab oasis dans le d\u00e9sert morne de l\u2019existence \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 l\u2019Occident ne voit qu\u2019un banal breuvage dor\u00e9, l\u2019Asie per\u00e7oit le symbole d\u2019un rapport \u00e9quilibr\u00e9 entre le dehors et le dedans. \u00ab <em>Le long isolement du Japon sur la sc\u00e8ne mondiale, isolement si propice \u00e0 l\u2019introspection, s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des plus favorables au d\u00e9veloppement de la voie du th\u00e9<\/em> \u00bb, note Okakura Kakuz\u00f4. Il publie <em>le Livre du th\u00e9<\/em> en 1906, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 son pays s\u2019occidentalise, s\u2019industrialise et force le respect de l\u2019Europe en faisant la d\u00e9monstration de sa puissance militaire face \u00e0 la Russie. Lettr\u00e9 et amateur d\u2019art \u00e9clair\u00e9, il l\u2019\u00e9crit comme un manifeste. Loin du fracas des champs de bataille, \u00e0 contre-courant de l\u2019\u00e9volution de son pays, il veut braquer les projecteurs sur l\u2019atmosph\u00e8re sereine et raffin\u00e9e de la chambre de th\u00e9, \u00ab <em>oasis dans le d\u00e9sert morne de l\u2019existence<\/em> \u00bb, et affirmer le rituel qui s\u2019y d\u00e9roule comme un fait de civilisation \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab <em>Il fallait assur\u00e9ment une certaine audace pour mettre sur le m\u00eame plan les feuilles d\u2019un arbuste \u00e0 l\u2019apparence ordinaire et la puissance industrielle de l\u2019Occident<\/em> \u00bb, \u00e9crit le ma\u00eetre de th\u00e9 Sen Soshitsu dans sa postface au <em>Livre du th\u00e9<\/em>. Okakura s\u2019insurge : \u00ab <em>Combien de commentaires n\u2019a-t-on pas consacr\u00e9s au code des samoura\u00efs, \u00e0 cet art de la Mort pour lequel nos guerriers se sont sacrifi\u00e9s avec tant d\u2019exaltation ! Alors que la voie du th\u00e9, laquelle incarne au mieux notre art de la Vie, n\u2019a gu\u00e8re suscit\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eat.<\/em> \u00bb La c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9 repr\u00e9sente \u00e0 ses yeux la plus pr\u00e9cieuse contribution que le Japon puisse apporter \u00e0 la construction \u00ab <em>d\u2019une culture humaine transcendant les fronti\u00e8res des nations<\/em> \u00bb &#8211; selon les mots de Sen Soshitsu.<\/p>\n<p>Pour un public \u00e9tranger, pourtant, la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9 peut n\u2019appara\u00eetre que comme \u00ab <em>l\u2019une des mille et une bizarreries d\u2019un Orient affect\u00e9 et pu\u00e9ril<\/em> \u00bb. Okakura le sait. Aussi fin connaisseur de la culture asiatique (il ma\u00eetrise parfaitement le japonais et le chinois) que de l\u2019Occident (il r\u00e9dige <em>le Livre du th\u00e9<\/em> dans un anglais \u00e9l\u00e9gant et vif), il est id\u00e9alement plac\u00e9 pour jouer les passeurs. Il prend le lecteur par la main, bouscule ses attentes et ses pr\u00e9jug\u00e9s : \u00ab <em>Je n\u2019ai nullement l\u2019intention d\u2019\u00eatre un th\u00e9iste poli<\/em> \u00bb, pr\u00e9vient-il d\u2019entr\u00e9e.<\/p>\n<p>Le cha-no-yu, la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, est un culte fond\u00e9 sur \u00ab <em>l\u2019adoration du beau jusque dans les occupations les plus triviales de la vie quotidienne<\/em> \u00bb. \u00ab <em>C\u2019est une hygi\u00e8ne<\/em>, explique Okakura, <em>puisqu\u2019elle contraint \u00e0 la propret\u00e9 ; une asc\u00e8se, puisqu\u2019elle d\u00e9montre que le bien-\u00eatre loge dans la simplicit\u00e9 et non dans quelque co\u00fbteuse complexit\u00e9 ; une g\u00e9om\u00e9trie \u00e9thique, enfin, dans la mesure o\u00f9 elle d\u00e9finit notre sens des proportions au regard de l\u2019univers. Elle repr\u00e9sente, par-dessus tout, le v\u00e9ritable esprit d\u00e9mocratique de l\u2019Extr\u00eame-Orient, en ce qu\u2019elle fait de chacun de ses adeptes un aristocrate du go\u00fbt.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p><strong>L\u2019industrialisme rend le v\u00e9ritable raffinement toujours plus inaccessible<\/strong><\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9 a le m\u00e9rite de distendre les liens entre la qualit\u00e9 de la vie et les moyens mat\u00e9riels : \u00ab <em>A nos paysans, elle a enseign\u00e9 l\u2019art de disposer les fleurs &#8211; au plus simple travailleur, la v\u00e9n\u00e9ration des rochers et des eaux.<\/em> \u00bb Ce miracle, pour Okakura, doit \u00eatre sauvegard\u00e9 contre vents et mar\u00e9es : \u00ab <em>Aujourd\u2019hui, et ce sur toute la plan\u00e8te, l\u2019industrialisme rend le v\u00e9ritable raffinement toujours plus inaccessible. Jamais l\u2019homme n\u2019a eu autant besoin de la chambre de th\u00e9 !<\/em> \u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-65028 aligncenter\" src=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/chado-1-1-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"560\" height=\"373\" srcset=\"https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/chado-1-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/chado-1-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/yogaesoteric.net\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/chado-1-1.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/><\/p>\n<p>Si le <em>cha-no-yu<\/em> est aussi profond\u00e9ment enracin\u00e9 au Japon, c\u2019est, \u00e9crit Okakura, qu\u2019\u00ab <em>une philosophie subtile le gouverne<\/em> \u00bb. En d\u00e9crivant la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, en en retra\u00e7ant l\u2019histoire, il est amen\u00e9 \u00e0 expliquer tous les grand courants philosophiques de l\u2019Asie, le Zen et le bouddhisme, le tao\u00efsme et le confucianisme, et \u00e0 les articuler entre eux. Toujours soucieux d\u2019\u00eatre compris de son public, il le fait avec la plus grande clart\u00e9 possible. Essayons de le r\u00e9sumer : le th\u00e9isme, affirme-t-il, \u00ab <em>n\u2019est autre que le tao\u00efsme d\u00e9guis\u00e9<\/em> \u00bb. La c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9 telle qu\u2019elle s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e au Japon trouve ses origines dans le <em>Tch\u2019an<\/em>, le Zen chinois, une \u00e9cole bouddhiste qui avait assimil\u00e9 un grand nombre de doctrines tao\u00efstes. Le Zen &#8211; qui signifie \u00ab <em>m\u00e9ditation<\/em> \u00bb &#8211; prend donc ses distances avec le bouddhisme orthodoxe pour se rapprocher du tao\u00efsme. Le tao\u00efsme, quant \u00e0 lui, se d\u00e9marque du confucianisme : il incarne l\u2019individualisme de l\u2019esprit chinois m\u00e9ridional, alors que le confucianisme repr\u00e9sente l\u2019esprit communautaire de la Chine du Nord.<\/p>\n<p><strong>Un culte de l\u2019Imparfait<\/strong><\/p>\n<p>Parmi les diff\u00e9rentes traductions du <em>Tao<\/em> figure \u00ab <em>la Voie<\/em> \u00bb, ou \u00ab <em>le chemin<\/em> \u00bb. Le tao\u00efsme met davantage l\u2019accent sur le processus que sur le r\u00e9sultat. En cela, il a \u00ab <em>trait au pr\u00e9sent<\/em> \u00bb, il s\u2019assimile \u00e0 un v\u00e9ritable \u00ab <em>art d\u2019\u00eatre au monde<\/em> \u00bb. Culte du mouvement, du Relatif, il consiste en un constant r\u00e9ajustement au milieu. Il enseigne \u00e0 l\u2019homme de \u00ab <em>conserver le sens de la proportion des choses<\/em> \u00bb, et de \u00ab <em>pr\u00e9server le sens de l\u2019unit\u00e9<\/em> \u00bb. Le mouvement, l\u2019unit\u00e9, dans la pens\u00e9e de Lao-Tseu, le ma\u00eetre du tao\u00efsme, trouvent leur origine dans le vide : \u00ab <em>Ce n\u2019est qu\u2019au sein du vide que demeure l\u2019essentiel<\/em>, explique Okakura. <em>La r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une chambre, par exemple, se d\u00e9couvre dans l\u2019espace vide d\u00e9fini par les murs et le plafond eux-m\u00eames. L\u2019utilit\u00e9 de la cruche r\u00e9side dans son espace vide, capable de contenir l\u2019eau, non dans sa forme ou sa mati\u00e8re. Le vide est tout-puissant parce qu\u2019il embrasse tout. Ce n\u2019est qu\u2019au sein de la vacuit\u00e9 que le mouvement devient possible.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Avec la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, le Zen, qui met sur un m\u00eame pied l\u2019existence temporelle et l\u2019existence spirituelle, accomplit l\u2019enseignement du tao\u00efsme. La chambre de th\u00e9 est appel\u00e9e \u00ab <em>Maison du Vide<\/em> \u00bb, un nom dans lequel on retrouve la th\u00e9orie du \u00ab <em>tout-englobant<\/em> \u00bb, mais aussi \u00ab <em>Maison de l\u2019Asym\u00e9trique<\/em> \u00bb. On y c\u00e9l\u00e8bre le \u00ab <em>culte de l\u2019Imparfait<\/em> \u00bb, la recherche de la perfection important davantage que la perfection elle-m\u00eame -le processus davantage que le r\u00e9sultat. La sobri\u00e9t\u00e9 du d\u00e9cor \u00ab <em>laisse volontairement une part d\u2019inachev\u00e9 que le jeu de l\u2019imagination peut compl\u00e9ter \u00e0 sa guise<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab <em>La vigueur de la vie et de l\u2019art r\u00e9side dans leurs possibilit\u00e9s de croissance<\/em> \u00bb, \u00e9crit Okakura. Car les principes de vie sont aussi des principes artistiques &#8211; Zen et tao\u00efsme ne font gu\u00e8re la diff\u00e9rence : \u00ab <em>L\u2019art, pour \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9 dans sa pl\u00e9nitude, doit s\u2019harmoniser avec la vie pr\u00e9sente.<\/em> \u00bb En Extr\u00eame-Orient, explique Okakura, depuis que le Zen est pr\u00e9dominant, l\u2019art \u00e9vite la sym\u00e9trie. Celle-ci signifie la finitude, la monotonie, certes, mais aussi la r\u00e9p\u00e9tition, que la chambre de th\u00e9 bannit : pas question, par exemple, de juxtaposer une fleur fra\u00eeche et un tableau \u00e0 th\u00e8me floral. De m\u00eame, les Occidentaux accrochent leurs tableaux de cuisine dans une salle \u00e0 manger&#8230; c&#8217;est redondant. L\u2019\u00e9conomie permet de savourer pleinement ce que l\u2019on a sous les yeux ; elle seule permet la v\u00e9ritable compr\u00e9hension du beau : \u00ab <em>En v\u00e9rit\u00e9, jouir en permanence de la vue d\u2019un seul tableau n\u00e9cessite d\u00e9j\u00e0 une extraordinaire facult\u00e9 d\u2019appr\u00e9ciation.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p><strong>Une \u00ab Maison de la Fantaisie \u00bb construite \u00e0 seule fin \u00ab d\u2019abriter une impulsion po\u00e9tique \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Fid\u00e8les \u00e0 cette conception exigeante de l\u2019art, les ma\u00eetres de th\u00e9 s\u2019entourent d\u2019oeuvres soigneusement choisies, qui les touchent et correspondent au plus pr\u00e8s \u00e0 leur sensibilit\u00e9 individuelle &#8211; et \u00e0 celle de personne d\u2019autre. La chambre de th\u00e9 est construite dans cet esprit : son r\u00f4le est de satisfaire une exigence esth\u00e9tique personnelle. Un autre nom qui lui est donn\u00e9, \u00ab <em>Maison de la Fantaisie<\/em> \u00bb, \u00e9voque \u00ab <em>une structure \u00e9ph\u00e9m\u00e8re construite \u00e0 seule fin d\u2019abriter une impulsion po\u00e9tique<\/em> \u00bb. Les ma\u00eetres mots de la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, longuement d\u00e9taill\u00e9s par Sen Soshitsu dans sa postface, sont la puret\u00e9, la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et le respect. \u00ab <em>L\u2019\u00e9chec \u00e0 percevoir l\u2019humanit\u00e9 profonde d\u2019autrui constitue l\u2019une des plus grandes causes de conflits en ce monde<\/em> \u00bb, \u00e9crit Sen Soshitsu \u00e0 propos du respect. L\u2019abolition des distinctions sociales dans la chambre de th\u00e9 nous rappelle l\u2019essence d\u00e9mocratique du rituel.<\/p>\n<p>\u00ab <em>La simplicit\u00e9 d\u00e9volue \u00e0 la chambre de th\u00e9 et son absence de toute vulgarit\u00e9 en font un v\u00e9ritable sanctuaire contre les tourments du monde<\/em> \u00bb, r\u00e9sume Okakura. Ces tourments, il en prend toute la mesure : \u00ab <em>Le ciel de l\u2019humanit\u00e9 moderne s\u2019est bris\u00e9 en \u00e9clats dans la lutte cyclop\u00e9enne pour la richesse et la puissance.<\/em> \u00bb Il propose au lecteur de partager ce geste universel, comme un r\u00e9flexe de survie, une affirmation de son humanit\u00e9 : \u00ab <em>Mais en attendant&#8230; si nous savourions une tasse de th\u00e9 ?<\/em> \u00bb Tout est dans cet \u00ab <em>en attendant<\/em> \u00bb, qui cr\u00e9e une respiration dans notre quotidien, aussi \u00e9prouvant soit-il, et sollicite notre capacit\u00e9 \u00e0 nous abandonner, malgr\u00e9 tout, \u00ab <em>\u00e0 la folle beaut\u00e9 des choses<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>yogaesoteric<br \/>\n16 d\u00e9cembre 2021<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a pr\u00e8s d&#8217;un si\u00e8cle, Okakura Kakuz\u00f4, un \u00e9rudit japonais convaincu de la valeur universelle de la c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, a r\u00e9dig\u00e9 un trait\u00e9 en forme de manifeste \u00e0 l&#8217;intention du public occidental. 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