{"id":7725,"date":"2017-11-17T11:15:15","date_gmt":"2017-11-17T11:15:15","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yogaesoteric.net\/yoga-fr\/la-meditation-yogie-1587-fr\/les-pouvoirs-de-lesprit\/"},"modified":"2017-11-17T11:15:15","modified_gmt":"2017-11-17T11:15:15","slug":"les-pouvoirs-de-lesprit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yogaesoteric.net\/fr\/les-pouvoirs-de-lesprit\/","title":{"rendered":"Les pouvoirs de l\u2019esprit"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-oct17\/17.11.2017\/8981\/8981_1.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" height=\"175\" align=\"right\" \/>Savez-vous que vous &#234;tes capable de r&#233;duire votre perception de la douleur ? Savez-vous que gr&#226;ce &#224; la technique du neurofeedback, vous pouvez accro&#238;tre votre empathie envers les autres en stimulant une petite zone derri&#232;re vos tempes, l&#8217;insula ? Dans son livre &#171; Les pouvoirs de l&#8217;esprit &#187;, Michel Le Van Quyen, sp&#233;cialiste de l&#8217;&#233;pilepsie explique comment il est possible d&#8217;apprendre &#224; contr&#244;ler ses ondes c&#233;r&#233;brales.<\/p>\n<p>Dans son ouvrage en forme de synth&#232;se &#224; la pointe des connaissances, Michel Le Van Quyen d&#233;taille les multiples pouvoirs de l&#8217;esprit. S&#8217;inspirant de ses propres travaux et des r&#233;sultats de Jon Kabat-Zinn, de Christophe Andr&#233; ou de Francisco Varela, l&#8217;auteur donne au lecteur les moyens de devenir acteur de son bien &#234;tre et de sa gu&#233;rison.<\/p>\n<p>&#171; Transformer son cerveau, c&#8217;est possible ! Il nous appartient juste d&#8217;en prendre conscience. Longtemps, les approches &#8220; corps-esprit &#8221; comme la m&#233;ditation, l&#8217;autosuggestion ont &#233;t&#233; per&#231;ues comme &#233;sot&#233;riques ou relevant de la seule spiritualit&#233;. Or, gr&#226;ce aux progr&#232;s des neurosciences, nous savons que ces pratiques ont une v&#233;ritable action sur notre cerveau. Chacun de nous peut, par la simple force de la pens&#233;e, litt&#233;ralement transformer cet organe &#224; la fois dans sa structure et dans son fonctionnement le plus intime. Nous avons un pouvoir d&#8217;auto-fa&#231;onnement biologique &#187; r&#233;sume Michel Le Van Quyen, chercheur &#224; l&#8217;Inserm.<\/p>\n<p>Michel Le Van Quyen dirige un groupe de recherche &#224; l&#8217;Institut du cerveau et de la moelle &#233;pini&#232;re &#224; l&#8217;H&#244;pital de la Piti&#233;-Salp&#234;tri&#232;re (Paris). Entour&#233; de psychologues, de physiciens et de math&#233;maticiens, ce chercheur &#233;tudie la possibilit&#233; de &#171; diriger son cerveau &#187;.<\/p>\n<p><strong>Extrait de l&#8217;ouvrage : &#171; Les pouvoirs de l&#8217;esprit &#187;<\/strong><\/p>\n<p>&#171; L&#8217;imagination seule est suffisante pour renforcer les circuits neuronaux. R&#233;p&#233;ter mentalement et pratiquer une activit&#233; activent les m&#234;mes zones du cerveau &#8211; autrement dit, imaginer, c&#8217;est faire. &#187;<\/p>\n<p><strong>Chapitre II : Remodeler ses neurones<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un retour &#224; la vie<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-oct17\/17.11.2017\/8981\/8981_2.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" height=\"170\" align=\"right\" \/>En 1959, un vieux professeur espagnol &#233;migr&#233; aux &#201;tats-Unis est soudain foudroy&#233; par un accident vasculaire c&#233;r&#233;bral. Pedro a perdu le contr&#244;le de la moiti&#233; de son corps et son visage est compl&#232;tement paralys&#233;. Il ne peut plus parler. Le pronostic d&#233;livr&#233; par les m&#233;decins est sans appel : le voil&#224; condamn&#233; &#224; &#234;tre paralytique le restant de ses jours avec, probablement, seulement quelques mois &#224; vivre. Pourtant, son fils George, alors jeune &#233;tudiant en m&#233;decine, refuse de croire que son p&#232;re est perdu. Il a l&#8217;id&#233;e saugrenue de lui r&#233;inculquer tous les gestes, les uns apr&#232;s les autres, comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un nouveau-n&#233; : il commence par lui apprendre &#224; marcher &#224; quatre pattes &#8211; au grand dam des voisins, scandalis&#233;s que ce vieux monsieur puisse d&#233;ambuler dans le jardin comme un chien &#8211; puis &#224; se d&#233;placer &#224; genoux et enfin &#224; marcher de nouveau sur ses deux jambes.<\/p>\n<p>C&#8217;est ainsi qu&#8217;au bout d&#8217;un an d&#8217;exercices quotidiens Pedro retrouve spectaculairement toutes ses facult&#233;s : il parle normalement, rejoue du piano, danse et parvient m&#234;me &#224; redonner des cours &#224; l&#8217;universit&#233; de New York, &#224; la stupeur de ses m&#233;decins. Lorsque Pedro d&#233;c&#232;de plusieurs ann&#233;es plus tard d&#8217;une mort naturelle &#8211; en l&#8217;occurrence, d&#8217;une crise cardiaque apr&#232;s avoir escalad&#233; une montagne en Colombie ! &#8211;, l&#8217;autopsie de son cerveau r&#233;v&#232;le un ph&#233;nom&#232;ne stup&#233;fiant : 97 % des nerfs reliant son cortex c&#233;r&#233;bral &#224; sa colonne vert&#233;brale avaient &#233;t&#233; d&#233;truits par l&#8217;accident vasculaire. L&#8217;homme a donc v&#233;cu des ann&#233;es avec seulement 3 % de connexions entre son cerveau et le reste de son corps&#8230; Cela ne pouvait signifier qu&#8217;une chose : gr&#226;ce &#224; l&#8217;entra&#238;nement suivi, les quelques neurones qui lui restaient ont &#233;t&#233; formidablement r&#233;&#233;duqu&#233;s pour remplir toutes les fonctions normales du cerveau.<\/p>\n<p>C&#8217;est cette remarquable histoire qui a permis &#224; son deuxi&#232;me fils, Paul Bach-y-Rita, de d&#233;couvrir ce que l&#8217;on appelle maintenant la neuroplasticit&#233;, autrement dit la facult&#233; de notre cerveau &#224; pouvoir se rec&#226;bler tout seul apr&#232;s une l&#233;sion. Ainsi, m&#234;me &#226;g&#233;, handicap&#233;, voire amput&#233; de plusieurs lobes, le syst&#232;me nerveux central est &#224; m&#234;me de se remodeler. D&#8217;une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on sait aujourd&#8217;hui que le cerveau voit sa propre structure anatomique se modifier apr&#232;s un entra&#238;nement sp&#233;cifique, de la m&#234;me fa&#231;on qu&#8217;un entra&#238;nement physique fa&#231;onne notre musculature. L&#8217;analogie est toutefois beaucoup plus subtile&#8230;<\/p>\n<p><strong>Un prodigieux potentiel de changement<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-oct17\/17.11.2017\/8981\/8981_3.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" height=\"151\" align=\"right\" \/>Jusqu&#8217;&#224; la fin des ann&#233;es 1970, un dogme central des neurosciences voulait que le cerveau adulte constitue un syst&#232;me pr&#233;c&#226;bl&#233;, sans capacit&#233; de se modifier. Les techniques modernes de neuro-imagerie ont montr&#233;&#8230; le contraire ! Au fil de la vie, plus les tissus c&#233;r&#233;braux sont sollicit&#233;s par des actions mais aussi par des pens&#233;es ou des &#233;motions, plus ils d&#233;veloppent les connexions n&#233;cessaires &#224; une fonction donn&#233;e. Ainsi, lorsque nous r&#233;p&#233;tons une action, m&#234;me par la simple imagination, le circuit neuronal correspondant se renforce d&#8217;autant, de sorte que la r&#233;alisation de cette action va devenir plus facile, plus rapide et plus automatique. En d&#8217;autres termes, aussi stup&#233;fiant que cela puisse para&#238;tre, le fonctionnement du cerveau modifie aussi sa structure intime.<\/p>\n<p>L&#8217;exemple certainement le plus connu de cette extraordinaire facult&#233; est celui des chauffeurs de taxi londoniens. &#192; bord de ces v&#233;hicules, il faut savoir qu&#8217;il n&#8217;y a ni GPS ni plan, de sorte que ces conducteurs particuliers se doivent de conna&#238;tre les 25.000 rues et ruelles de Londres par c&#339;ur. Pour cela, une formation proprement infernale apprend aux apprentis chauffeurs &#224; se d&#233;placer &#171; les yeux ferm&#233;s &#187; dans un labyrinthe de voies couvrant un rayon de 10 kilom&#232;tres. Et ce n&#8217;est qu&#8217;&#224; l&#8217;issue d&#8217;un entra&#238;nement intensif de trois ans, &#224; raison de quinze &#224; trente heures par semaine, que les candidats obtiennent dans le meilleur des cas la licence tant convoit&#233;e. Se pourrait-il que le cerveau de ces conducteurs en soit transform&#233; ? Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, une &#233;tude de l&#8217;University College de Londres, men&#233;e par Eleanor Maguire, a de fait prouv&#233; que la zone du cerveau responsable de la m&#233;moire spatiale, l&#8217;hippocampe, &#233;tait significativement plus d&#233;velopp&#233;e chez ces sujets ! Ainsi, leurs cerveaux ont &#233;t&#233; modifi&#233;s par l&#8217;acquisition d&#8217;un savoir sp&#233;cifique, et la r&#233;gion concern&#233;e a litt&#233;ralement gonfl&#233; de volume apr&#232;s cet apprentissage intensif. En outre, plus le nombre d&#8217;heures de pratique est grand, plus la transformation est importante. Fait troublant, m&#234;me si ces effets s&#8217;observent sans ambigu&#239;t&#233; apr&#232;s plusieurs ann&#233;es d&#8217;entra&#238;nement, les premiers changements se manifestent d&#233;j&#224; dans le cerveau en quelques heures d&#8217;exercice seulement&#8230;<\/p>\n<p><strong>La puissance de l&#8217;imagination<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-oct17\/17.11.2017\/8981\/8981_4.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" height=\"162\" align=\"right\" \/>La neuroplasticit&#233; est encore plus puissante, comme l&#8217;a d&#233;voil&#233; l&#8217;imagerie fonctionnelle c&#233;r&#233;brale : dans les ann&#233;es 1990, Alvaro Pascual-Leone, de l&#8217;universit&#233; de Harvard, a &#233;tudi&#233; les modifications du cerveau lorsque des individus apprennent &#224; jouer d&#8217;un instrument de musique, le piano en l&#8217;occurrence. Via l&#8217;imagerie c&#233;r&#233;brale, comme attendu, le chercheur a mis en &#233;vidence un plus grand volume pour la zone corticale motrice chez des d&#233;butants qui faisaient quotidiennement leurs gammes, et cela apr&#232;s une semaine de pratique seulement. Plus surprenant encore : sur un groupe de sujets qui ne faisaient qu&#8217;imaginer le mouvement des doigts sur le piano, une augmentation semblable a &#233;t&#233; observ&#233;e. Ainsi, l&#8217;imagination seule est suffisante pour renforcer les circuits neuronaux. R&#233;p&#233;ter mentalement et pratiquer une activit&#233; activent les m&#234;mes zones du cerveau &#8211; autrement dit, &#171; s&#8217;imaginer, c&#8217;est faire &#187;.<\/p>\n<p>Ce ph&#233;nom&#232;ne est connu depuis longtemps des sportifs qui effectuent un entra&#238;nement mental afin d&#8217;am&#233;liorer leurs performances avant d&#8217;importantes &#233;preuves. (&#8230;)<\/p>\n<p><strong>La r&#233;silience neuronale<\/strong><\/p>\n<p>Si le cerveau est &#224; m&#234;me, par la simple force de l&#8217;esprit, d&#8217;apprendre de nouvelles capacit&#233;s, l&#8217;int&#233;r&#234;t est surtout de pouvoir gu&#233;rir, &#224; la suite d&#8217;une l&#233;sion c&#233;r&#233;brale par exemple.<\/p>\n<p>Ainsi, apr&#232;s un accident vasculaire, lorsque la r&#233;p&#233;tition d&#8217;un mouvement est devenue difficile ou, si un membre est immobilis&#233;, la simple repr&#233;sentation mentale de ce mouvement facilite la r&#233;cup&#233;ration d&#8217;un fonctionnement normal. C&#8217;est d&#8217;ailleurs par ce biais que certaines personnes ont r&#233;appris &#224; vivre normalement avec une partie r&#233;duite de leur cerveau.<\/p>\n<p>Voici un exemple extraordinaire d&#8217;une telle r&#233;cup&#233;ration. Un Marseillais de 44 ans vient consulter le professeur Pelletier &#224; l&#8217;h&#244;pital de la Timone pour un trouble de la marche. Son dossier m&#233;dical nous informe que, tout b&#233;b&#233;, il fut victime d&#8217;un exc&#232;s de liquide c&#233;phalo-rachidien dans le cr&#226;ne &#8211; de l&#8217;hydroc&#233;phalie &#8211;, une affection qu&#8217;une s&#233;rie d&#8217;interventions chirurgicales avaient finis par r&#233;gler &#224; l&#8217;&#226;ge de 8 mois. Ensuite, rien de notable : cet homme a men&#233; une vie parfaitement normale, est devenu fonctionnaire, s&#8217;est mari&#233;, eut deux enfants. Des tests lui attribuent certes un QI de 75, c&#8217;est-&#224;-dire l&#233;g&#232;rement au-dessous de la normale (la moyenne &#233;tant situ&#233;e &#224; 100), mais rien d&#8217;exceptionnel. Pour mieux comprendre l&#8217;origine de ses troubles moteurs, le professeur Pelletier lui fait passer un examen IRM de son cerveau. Ce qu&#8217;il voit est proprement sid&#233;rant&#8230; Le patient n&#8217;a (presque) pas de cerveau ! Il n&#8217;en reste qu&#8217;une fine couche, totalement aplatie et plaqu&#233;e contre la paroi du cr&#226;ne par le liquide c&#233;phalo-rachidien. Ainsi, ce patient a v&#233;cu trente ans sans s&#8217;apercevoir que le liquide s&#8217;accumulait graduellement dans sa t&#234;te. Et peu &#224; peu, son cerveau s&#8217;est adapt&#233; &#224; cette situation anormale, s&#8217;est rec&#226;bl&#233; pour pallier les multiples d&#233;ficits qui sont apparus au cours de sa vie. On peut donc affirmer sans ambigu&#239;t&#233; que ce qui a v&#233;ritablement sauv&#233; ce patient, c&#8217;est la plasticit&#233; c&#233;r&#233;brale&#8230;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-oct17\/17.11.2017\/8981\/8981_5.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" height=\"188\" align=\"right\" \/>Un miracul&#233; donc, tout comme Pedro Bach-y-Rita &#233;voqu&#233; au d&#233;but de ce chapitre, qui r&#233;cup&#233;ra spectaculairement d&#8217;un s&#233;v&#232;re accident vasculaire c&#233;r&#233;bral. C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce succ&#232;s qui mit son fils Paul sur la voie des pouvoirs de la neuroplasticit&#233;. L&#8217;homme a un parcours hors-norme. Esprit iconoclaste, il adorait les d&#233;fis, de sorte que, son dipl&#244;me de m&#233;decin en poche, il d&#233;cida en 1959 de pratiquer son m&#233;tier dans un petit village recul&#233; du Mexique, sans eau ni &#233;lectricit&#233;, dont il devint le premier et unique docteur. Il y v&#233;cut plusieurs ann&#233;es, sans grands moyens face &#224; des cas souvent tragiques, touchant du doigt les limites de la m&#233;decine moderne. Convaincu de la n&#233;cessit&#233; de trouver des solutions simples et pratiques aptes &#224; soulager les malades, il reprit ses &#233;tudes et sillonna le monde pour se perfectionner en ing&#233;nierie biom&#233;dicale et en neurophysiologie. Et c&#8217;est muni de ce colossal bagage scientifique qu&#8217;il s&#8217;installa aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1970, et qu&#8217;il parvint &#224; d&#233;velopper, avec son &#233;quipe de l&#8217;universit&#233; du Wisconsin-Madison, plusieurs dispositifs qui r&#233;volutionn&#232;rent la r&#233;&#233;ducation m&#233;dicale.<br \/><strong><br \/>La neuroplasticit&#233; au secours du handicap<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;id&#233;e suivante, parmi les plus brillantes qui jaillirent de cet esprit fertile, m&#233;rite d&#8217;&#234;tre rapport&#233;e : lorsque certains circuits de communication sont perdus chez un patient apr&#232;s une l&#233;sion, pourquoi ne pas les contourner en empruntant des voies alternatives ? En effet, comme un r&#233;seau routier, le cerveau poss&#232;de de grandes autoroutes de communication qui relient de multiples centres sp&#233;cialis&#233;s. Mais des traverses moins fr&#233;quent&#233;es et plus difficiles d&#8217;acc&#232;s jouent aussi le m&#234;me r&#244;le&#8230; Paul Bach-y-Rita mit cette intuition en pratique &#224; travers un cas rest&#233; dans les annales : &#224; la suite d&#8217;un accident, une de ses patientes souffrait de l&#233;sions de l&#8217;oreille interne et pr&#233;sentait en cons&#233;quence des troubles de l&#8217;&#233;quilibre. Si nous tenons debout, en effet, c&#8217;est gr&#226;ce &#224; ce sens subtil assur&#233; par un petit organe, le syst&#232;me vestibulaire, cach&#233; tout au fond de notre oreille.<\/p>\n<p>Habituellement, nous ne prenons conscience de ce sens que dans certaines situations extr&#234;mes, en avion ou sur un bateau. La patiente de Bach-y-Rita en &#233;tait tout simplement priv&#233;e : elle souffrait de vertiges permanents et ne pouvait plus se tenir debout ni se d&#233;placer sans tomber. Le m&#233;decin eut alors un coup de g&#233;nie : il l&#8217;appareilla d&#8217;un casque pourvu d&#8217;un acc&#233;l&#233;rom&#232;tre. Ce dernier d&#233;tectait les mouvements de la t&#234;te, mouvements ensuite transmis &#224; une languette coll&#233;e &#224; la langue de la patiente. Or la languette &#233;tait h&#233;riss&#233;e de petites &#233;lectrodes, qui envoyaient de subtiles microstimulations &#233;lectriques en fonction de la position de la t&#234;te&#8230;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-oct17\/17.11.2017\/8981\/8981_6.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" height=\"147\" align=\"right\" \/>Un dispositif aussi ing&#233;nieux qu&#8217;efficace, puisqu&#8217;en analysant les picotements ressentis, &#224; force d&#8217;entra&#238;nements r&#233;guliers, cette femme apprit &#224; reconna&#238;tre les mouvements de sa t&#234;te et parvint &#224; se tenir debout sans vaciller ! En d&#8217;autres termes, les picotements de la langue, normalement dirig&#233;s vers le cortex sensoriel, avaient fini par parvenir gr&#226;ce &#224; ce dispositif ing&#233;nieux &#224; la zone qui contr&#244;le l&#8217;&#233;quilibre. &#192; l&#8217;issue de plusieurs semaines d&#8217;utilisation quotidienne &#8211; deux fois par jour, pendant vingt minutes &#8211;, les chercheurs constat&#232;rent un ph&#233;nom&#232;ne remarquable : apr&#232;s chaque s&#233;ance, la patiente allait de mieux en mieux et pouvait conserver son &#233;quilibre sur une dur&#233;e toujours plus grande, tant et si bien qu&#8217;elle finit par ne plus avoir besoin de l&#8217;&#233;trange appareillage : elle se d&#233;pla&#231;ait comme vous, sans aucune assistance&#8230; C&#8217;est bien l&#8217;entra&#238;nement r&#233;gulier qui a permis aux neurones de &#171; se frayer &#187; une nouvelle voie dans le cerveau et donc de r&#233;tablir, d&#8217;une mani&#232;re durable, son sens de l&#8217;&#233;quilibre.<\/p>\n<p>Dans le m&#234;me esprit, Paul Bach-y-Rita proposera un incroyable dispositif qui permet &#224; des aveugles &#171; de voir avec la peau &#187;. Il s&#8217;agit d&#8217;une machine qui convertit des images, ici recueillies par une microcam&#233;ra fix&#233;e sur des lunettes, en une s&#233;rie de stimulations tactiles sur une partie du corps, l&#8217;abdomen, la poitrine ou la langue. Dans ce dernier cas, d&#8217;une mani&#232;re semblable au dispositif d&#233;velopp&#233; pour les troubles de l&#8217;&#233;quilibre, cet appareil utilise une languette qui reproduit l&#8217;image de l&#8217;environnement par des microstimulations &#233;lectriques sur la langue. Les tout premiers r&#233;sultats obtenus par Paul Bach-y-Rita montrent que les sujets adultes, qu&#8217;ils soient aveugles ou simplement les yeux band&#233;s, sont capables de percevoir les contours de formes simples, de s&#8217;orienter vers elles, voire d&#8217;indiquer la direction suivie par des cibles en mouvement ! Au bout d&#8217;un temps d&#8217;adaptation assez court, entre cinq &#224; dix heures d&#8217;entra&#238;nement, les sujets oublient totalement le dispositif plac&#233; dans leur bouche et per&#231;oivent les objets comme pr&#233;sents devant eux. Mieux : ils r&#233;ussissent &#224; identifier des formes tridimensionnelles, statiques ou en mouvement.<\/p>\n<p>De cette fa&#231;on, Paul Bach-y-Rita conclut que l&#8217;on peut &#171; voir avec la bouche &#187;, &#224; condition de s&#8217;entra&#238;ner suffisamment longtemps. D&#8217;ailleurs, le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne est &#224; l&#8217;&#339;uvre lorsqu&#8217;un aveugle apprend le braille. Il palpe mais c&#8217;est la r&#233;gion de son cortex visuel qui fonctionne : l&#8217;aveugle &#171; voit &#187; avec ses mains, en somme. Plus g&#233;n&#233;ralement, toutes les zones corticales &#171; sp&#233;cialis&#233;es &#187; dans telle ou telle fonction sensorielle (toucher, vision, audition, etc.) ou motrice (commandant nos centaines de muscles&#8230;) sont susceptibles de se remplacer mutuellement. C&#8217;est l&#8217;id&#233;e r&#233;volutionnaire de la &#171; substitution sensorielle &#187; : notre cerveau est capable de remplacer une modalit&#233; sensorielle d&#233;ficiente, principalement la vision, par une autre, principalement le toucher.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/all_uploads\/uploads-oct17\/17.11.2017\/8981\/8981_7.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" height=\"161\" align=\"right\" \/>Le premier article de Paul Bach-y-Rita para&#238;t dans la revue Nature en 1969, mais il n&#8217;a que tr&#232;s peu d&#8217;impact ; il faudra attendre plusieurs d&#233;cennies avant qu&#8217;il soit vraiment pris au s&#233;rieux. Les syst&#232;mes de substitution sensorielle sont devenus monnaie courante. L&#8217;artiste catalan Neil Harbisson, qui ne peut voir les couleurs &#224; la suite d&#8217;un d&#233;ficit cong&#233;nital rare, utilise par exemple l&#8217;un de ces dispositifs. Il s&#8217;agit d&#8217;une petite cam&#233;ra portable fix&#233;e sur sa t&#234;te, dont les images &#8211; plus pr&#233;cis&#233;ment leurs couleurs &#8211; sont converties sous forme de sons qu&#8217;il entend directement par conduction osseuse. Avec ce syst&#232;me, les sons sont transmis &#224; l&#8217;oreille interne sous forme de vibrations &#224; travers les os de la bo&#238;te cr&#226;nienne, afin qu&#8217;il ne g&#234;ne pas ses voisins tout en restant &#224; leur &#233;coute. Comme une chauve-souris, Neil Harbisson voit avec ses oreilles en quelque sorte ! En outre, &#224; la fa&#231;on d&#8217;une v&#233;ritable chim&#232;re, il &#233;tend par ce syst&#232;me sa vision aux infrarouges et aux ultraviolets, inaccessibles &#224; nos yeux normalement&#8230;<\/p>\n<p>Reconna&#238;tre ces nouvelles couleurs n&#8217;a d&#8217;ailleurs pos&#233; aucune difficult&#233;, de sorte qu&#8217;aujourd&#8217;hui Neil Harbisson b&#233;n&#233;ficie d&#8217;une &#233;trange correspondance &#233;largie entre sons et couleurs. &#192; force d&#8217;entendre les couleurs, l&#8217;artiste a m&#234;me commenc&#233; &#224; d&#233;velopper un sens qui est, pour le coup, unique. Ainsi, telle exposition de peinture s&#8217;apparente pour lui &#224; un concert. &#192; l&#8217;inverse, faire ses courses dans un supermarch&#233; tient pour lui de la vir&#233;e en discoth&#232;que, tant les sonorit&#233;s produites sont diverses et changeantes ! De m&#234;me, lorsqu&#8217;il croise quelqu&#8217;un dans la rue, il per&#231;oit une tonalit&#233; propre &#224; chaque visage selon son teint, et tend &#224; sympathiser avec la personne qui &#171; sonne &#187; le mieux. Pour cet homme augment&#233;, ce dispositif est bien plus qu&#8217;une simple proth&#232;se : il s&#8217;agit d&#8217;un organe comme un autre, &#224; ceci pr&#232;s qu&#8217;il est artificiel. Il ne s&#8217;en cache pas, d&#8217;ailleurs : la petite cam&#233;ra qu&#8217;il porte en permanence au-dessus du front figure sur la photo d&#8217;identit&#233; de son passeport&#8230;<\/p>\n<p><strong>yogaesoteric<br \/>17 novembre 2017<\/strong><\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Savez-vous que vous &#234;tes capable de r&#233;duire votre perception de la douleur ? Savez-vous que gr&#226;ce &#224; la technique du neurofeedback, vous pouvez accro&#238;tre votre empathie envers les autres en stimulant une petite zone derri&#232;re vos tempes, l&#8217;insula ? 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