La Conférence de Munich sur la sécurité et l’éléphant américain dans le salon
La corruption et les crimes des élites occidentales sont désormais indéniables
La conférence annuelle sur la sécurité de Munich, qui s’est déroulée du 13 au 15 février, avait pour thème : « Sous tension. Le monde entre dans une période de politique destructrice ».
Cette année, le recours aux euphémismes et aux flatteries est de mise, alors que l’élite occidentale se réunit en Bavière.
Cependant, comme toujours, la Conférence évite de nommer la principale menace mondiale : les États-Unis d’Amérique.
C’est aberrant, mais pas surprenant. En effet, la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC) a toujours cherché à rationaliser la violence impérialiste occidentale en la présentant de manière plus acceptable sous la forme de « défis en matière de sécurité ».
La Conférence de Munich est la plus grande conférence mondiale sur la sécurité internationale organisée par des entreprises. Elle a été décrite de diverses manières, notamment comme « Davos, version armée » ou encore « Oscars des experts en politique de sécurité ». Créé en 1963, ce forum est dominé par les perspectives occidentales et étroitement aligné sur les gouvernements occidentaux, l’OTAN et des think tanks tels que l’Atlantic Council basé à Washington, le Chatham House à Londres, la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation Rockefeller et l’Open Society de Soros.
Parmi les sponsors de l’événement, on recense des fabricants d’armes occidentaux tels que Boeing, Lockheed Martin et Rheinmetall, des banques de Wall Street et européennes comme JP Morgan, Goldman Sachs et Commerzbank, et des géants technologiques comme Microsoft et Palantir.
On assiste donc à un conclave d’élites occidentales se réunissant chaque année en Bavière pour élaborer des politiques et des accords destinés à accélérer la domination de la planète par le capital occidental. On est en droit de se demander : « La sécurité, mais pour qui ? »
Cette année, les élites mondiales sont confrontées à deux crises majeures : d’abord les retombées du réseau pédophile transnational Epstein, qui a impliqué toute la classe dirigeante occidentale dans une corruption systématique et des crimes sordides de trafic sexuel d’enfants, et la pandémie de covid-19.
Comme pour la plupart des réactions de l’establishment occidental au scandale Epstein, l’ordre du jour de la Conférence était une tentative de le dissimuler.
Le deuxième défi de taille concerne la violence impérialiste débridée des États-Unis. Elle ne saurait être réduite au seul mandat de Donald Trump, 47ème président de la Maison-Blanche. La descente de l’Amérique dans la barbarie a commencé il y a des décennies. Elle s’est accélérée sous Trump (ami d’Epstein), alors que les États-Unis tentent désespérément de consolider leur hégémonie mondiale en déclin. Leur hystérie résulte de l’émergence d’un monde multipolaire plus équitable et de l’échec inhérent au capitalisme occidental dirigé par les États-Unis. La lutte existentielle pour préserver la domination américaine a entraîné une flambée de violence et de chaos sans précédent sur la scène internationale, qui menace également les privilèges des prétendus alliés des États-Unis.
Voici un aperçu des actes barbares commis sous Trump au cours de l’année écoulée :
- Bombardement de l’Iran et menaces permanentes d’anéantir le pays
- Attaque du Venezuela et enlèvement de son président, Nicolás Maduro
- Saisie de pétroliers russes et chinois dans les eaux internationales
- Blocus de Cuba et suspension de services publics essentiels
- Bombardements incessants de la Somalie, au moins 30 fois rien qu’en 2026
- Bombardement du Nigeria et envoi de troupes américaines sur place
- Menaces d’agression contre le Canada, le Groenland, la Colombie, le Mexique et le Panama
- Menaces de sanctions commerciales illégales contre de nombreux pays
Il va sans dire que toutes ces actions constituent des violations criminelles de la Charte des Nations unies et du droit international. Et pourtant, Trump estime être digne du prix Nobel de la paix, un décalage révélateur de démence. Le plus pervers étant qu’il s’agisse d’une diversion délibérée pour détourner l’attention de son association avec Epstein, violeur d’enfants et agent du Mossad.
Mais en vérité, les États-Unis se sont toujours arrogé le droit de violer le droit international, de recourir à la violence pour imposer des changements de régime et mener des guerres d’agression. Cette pratique remonte à des décennies. Leurs alliés occidentaux et les médias ont prétendu à tort que l’impérialisme criminel n’existe pas, se confortant dans l’illusion d’un « ordre fondé sur des règles », comme l’a naïvement admis le Premier ministre canadien, Mark Carney, lors du forum de Davos le mois dernier.
La nouveauté, c’est que l’anarchie de l’impérialisme américain est désormais flagrante et ne s’embarrasse plus de prétextes tels que « la défense de la démocratie et du monde libre » et autres inepties. Autre nouveauté : les alliés occidentaux sont également menacés par la frénésie américaine à consolider sa puissance mondiale déclinante.
Le forum de Munich de cette année n’est qu’une mascarade consistant à aborder timidement le sujet sans le nommer clairement.

Wolfgang Ischinger, président de la Conférence, écrit dans l’avant-propos du rapport introductif de cette année :
« La Conférence de Munich sur la sécurité 2026 s’ouvre à l’heure de profondes incertitudes résultant de l’évolution du rôle des États-Unis dans le système international. Pendant des générations, les alliés des États-Unis ont non seulement pu compter sur l’influence américaine, mais aussi sur une compréhension largement partagée des principes qui sous-tendent l’ordre international. Aujourd’hui, cette certitude s’estompe, soulevant des questionnements complexes sur l’avenir de la coopération transatlantique et internationale. »
« Compte tenu du rééquilibrage significatif de la politique étrangère américaine, nous estimons qu’il est essentiel d’aborder de front le sujet qui fâche : l’évolution de la vision américaine de l’ordre international ».
Or, aborder le sujet qui fâche est précisément ce que la Conférence de Munich ne fait pas, en recourant à des euphémismes pour dissimuler ce qui n’est autre que de la violence impérialiste américaine.
Dans le résumé du rapport, les auteurs de la MSC poursuivent :
« Le monde est entré dans une période de politique destructrice ».
« La destruction massive, plutôt que des réformes prudentes et des correctifs politiques, est à l’ordre du jour. L’actuelle administration américaine est l’un des plus emblématiques représentants des leaders promettant de libérer leur pays des contraintes de l’ordre existant et de reconstruire une nation plus forte et plus prospère. En conséquence, plus de 80 ans après ses débuts, l’ordre international post-1945 dirigé par les États-Unis est aujourd’hui voué à la destruction ».
Une fois encore, c’est précisément le genre de déni odieux attendu d’un forum parrainé par l’élite capitaliste occidentale.
Le seul cas où la Conférence de Munich a laissé entrevoir la vérité remonte à 19 ans, lorsque le dirigeant russe Vladimir Poutine a prononcé un discours mémorable en 2007. Il avait alors suscité un tollé parmi l’élite occidentale et les médias en condamnant l’utilisation unilatérale de la « force militaire hyperpuissante » des États-Unis, ainsi que leur mépris du droit international, qui, selon lui, mènerait au chaos et à la destruction.
Dans son discours de 2007, Poutine a déclaré que :
« Nous constatons un mépris croissant pour les principes fondamentaux du droit international. Un État, les États-Unis, a outrepassé les limites de sa souveraineté dans tous les domaines ».
« Et bien sûr, c’est extrêmement dangereux. Un tel comportement entraîne une insécurité généralisée. Je tiens à le souligner : personne ne se sent plus en sécurité ! Personne n’est en effet en mesure de considérer le droit international comme un rempart protecteur ».
Près de deux décennies plus tard, cette condamnation est plus pertinente que jamais pour décrire le monde actuel, dominé par la barbarie débridée des États-Unis. « Le bal des vampires touche à sa fin », a ajouté Poutine lors d’une interview accordée à Dmitri Kiselev en 2024.
Une grande partie du problème réside dans l’impunité et la vassalité des États occidentaux à l’égard de l’empire. À l’instar du scandale Epstein et de ses agissements pervers, l’Occident s’est laissé aller à tel point que le système est désormais hors de contrôle et une menace pour tous.
Comme Davos, le G7, la Commission trilatérale, le groupe Bilderberg et autres rendez-vous de l’élite occidentale, la Conférence de Munich ne cherche qu’à occulter la vérité pour éviter toute responsabilité quant aux crimes et aux péchés du capitalisme occidental et de son impérialisme meurtrier.
Mais le jour du jugement dernier approche, car l’ampleur des obscénités du pouvoir occidental explose au grand jour.
yogaesoteric
17 février 2026