Bernadette Soubirous, bergère qui vit la Vierge (1844-1879)

Bernadette (née en fait Marie-Bernarde, Bernadette étant un diminutif) vient au monde à Lourdes le 7 janvier 1844 dans une famille pauvre. Son père est meunier et elle est l’aînée des huit enfants, dont quatre seulement vont atteindre l’âge adulte.

Elle passe les deux premières années de sa vie chez une nourrice, non loin de Lourdes, puis revient chez ses parents. Souffrante dès l’enfance, elle est entourée de beaucoup d’affection.

À la maison, il n’est guère question d’école. Bernadette a la responsabilité d’une grande partie des tâches ménagères et doit s’occuper des frères et sœurs plus petits.

En 1854, la famille est contrainte de quitter son moulin pour s’installer à Lourdes dans le fameux « cachot », rue des Petits Fossés, l’ancienne prison municipale, surnommé ainsi tant l’endroit est misérable. C’est le début d’un cycle infernal de la misère.

Bernadette loge alors une partie de l’hiver chez une tante possédant un café, qu’elle aide également, y compris à servir les clients. En septembre 1857, elle est engagée comme bergère par son ancienne nourrice, qui lui promet d’aller au catéchisme pour préparer sa première communion car, à cette date, la sainte ne connaît que son chapelet.

C’est en allant chercher du bois le long des rives du Gave, avec deux camarades, que tout commence, le 11 février 1858. Après avoir entendu à deux reprises un grand bruit, comme un « coup de vent », son regard se tourne vers la grotte en face d’elle. Là, au creux du rocher, elle perçoit une belle lumière de laquelle surgit la forme d’une « dame » vêtue de blanc, avec une ceinture bleue, une rose jaune sur chaque pied et un chapelet autour du bras. Surprise, elle veut faire un signe de croix, mais son bras ne répond pas ; l’apparition fait elle-même un signe de croix, mais ne dit rien.

Dix-sept autres apparitions vont se succéder au même endroit jusqu’au 16 juillet suivant. La Vierge assure à Bernadette, qui tombe en extase, qu’elle ne peut lui promettre le bonheur dans cette vie, mais dans l’autre. Le jeudi 25 février 1858, en présence de trois cent cinquante personnes, une source d’eau est découverte : c’est le commencement d’une pratique, ininterrompue depuis cette époque, accomplie par des dizaines de millions de personnes, selon l’invitation de Marie ce jour-là : « Allez boire à la fontaine et vous y laver. »

Puis, le 2 mars, la voyante reçoit trois secrets et l’ordre d’aller dire aux prêtres de venir en procession à la grotte et de faire construire une chapelle. Le 25 mars 1858, l’apparition décline son identité : « Je suis l’Immaculée Conception. »

Déjà, les premiers miracles de guérison sont attestés. Des foules se précipitent à chaque apparition. Les pouvoirs publics ferment un moment l’accès à la grotte de Massabielle. On interroge et on ausculte Bernadette. Rien d’anormal n’est relevé. La science ne peut expliquer la cohérence parfaite des récits de la petite sainte.

Le 18 janvier 1862, Mgr Laurence, évêque de Tarbes, rend son jugement : « Cette apparition revêt tous les caractères de la vérité […]. Les fidèles sont fondés à la croire certaine. »

En 1866, Bernadette quitte Lourdes pour le couvent des Sœurs de la Charité de Nevers, où elle va passer le reste de ses jours. Contrairement à ce que l’on a pu prétendre, la sainte n’a pas été retenue prisonnière à Nevers, et sa vocation religieuse a été longuement mûrie : après les apparitions, elle reste encore huit ans à Lourdes. Admise le 16 juillet 1860 comme pensionnaire à l’hospice de la ville, tenu par les sœurs de Nevers, elle donne sa réponse positive le 4 avril 1864, mais ne fait son entrée au couvent de Nevers que le 7 juillet 1866.

Elle y exerce la charge d’aide-infirmière, mais gère en réalité toute l’infirmerie.

Elle prononce ses vœux perpétuels en septembre 1878. Mais elle tombe gravement malade. Elle offre à Dieu ses souffrances dans un esprit d’humilité invraisemblable.

Le 11 décembre 1878, elle est contrainte de s’aliter dans l’infirmerie qu’elle a tenue jusqu’ici. Le 16 avril suivant, elle rend son dernier soupir.

La petite voyante, souffreteuse dès l’enfance, inculte et obstinée à défendre la vérité de ses récits, est béatifiée en 1925 par le pape Pie XI. L’Église proclame sa sainteté le 8 décembre 1933. Son corps, resté intact, est vénéré dans une châsse, dans la chapelle du couvent de Nevers.

Bernadette Soubirous est un modèle d’humilité, de courage et de renoncement : ses vertus n’ont jamais été prises en défaut de 1858 à sa mort, alors qu’elle subissait une pression incalculable de la part de ses contemporains, de ceux qui refusaient de croire aux apparitions comme de ceux qui y croyaient, ce second groupe voyant en elle une « sainte » avant la lettre, une élue de Dieu qu’il aurait fallu exalter, combler de richesses, isoler du monde.

La « petite Bernadette » a vécu sa vocation et les rapports humains sur le mode de l’effacement d’elle-même, qui est l’autre nom de la grandeur chrétienne.

 

yogaesoteric
14 juin 2026

 

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