La « pluie de roses » de Thérèse de Lisieux
Le 2 janvier 1873, Thérèse Martin naît à Alençon. Elle est la neuvième enfant des saints Louis et Azélie Martin, (béatifiés le 19 octobre 2008 à Lisieux, pour l’exemplarité de leur vie de couple, et canonisés à Rome le 18 octobre 2015), dont quatre enfants décèdent en bas âge. Azélie meurt d’un cancer du sein lorsque Thérèse a quatre ans, ce qui lui cause un profond traumatisme affectif. Louis et ses cinq filles quittent alors Alençon pour s’installer à Lisieux. Thérèse est fragile et scrupuleuse : à dix ans, après l’entrée au carmel de sa sœur Pauline, qu’elle avait choisie comme deuxième maman, elle tombe gravement malade. Après de grandes angoisses, elle est miraculeusement guérie par un « sourire de la sainte Vierge », le 13 mai 1883.
Cependant, elle reste marquée par un fort infantilisme : « J’étais vraiment insupportable par ma trop grande sensibilité. » C’est lors de la nuit de Noël 1886 qu’elle vit la « grâce de sortir de l’enfance » et le moment de « sa complète conversion ». Elle écrit : « En cette nuit où [Jésus] se fit faible et souffrant pour mon amour, il me rendit forte et courageuse, il me revêtit de ses armes et depuis cette nuit bénie, je ne fus vécue en aucun combat, mais au contraire je marchai de victoire en victoire et commençai pour ainsi dire, ” une course de géant ! “ » Thérèse sent alors naître en elle de grands désirs apostoliques et veut participer au salut de ceux qui sont loin de Dieu, comme le criminel Henri Pranzini, pour qui elle prie avec ardeur. Elle demande à entrer au carmel de Lisieux à l’âge de quinze ans et, face aux résistances de la hiérarchie, va jusqu’à adresser sa supplique au pape Léon XIII lors d’un pèlerinage à Rome.
Thérèse entre au carmel le 9 avril 1888. Elle fait sa profession religieuse le 8 septembre 1890 sous le nom de Thérèse de l’Enfant-Jésus de la Sainte-Face. Dans un contexte marqué par le jansénisme, elle comprend qu’il faut aller à Dieu par un chemin de confiance. L’année 1893 ouvre une période d’épanouissement jusqu’à l’expérience de l’amour miséricordieux du Seigneur, auquel elle s’offre le 11 juin 1895. Dans la fidélité aux petites choses de la vie quotidienne, elle est attentive à la présence de Dieu qui se donne à nous dans l’instant présent. Assumant la charge de maîtresse des novices, elle aide les jeunes sœurs de sa communauté à « vivre d’amour ».
Le Jeudi Saint 1896, Thérèse crache du sang, signe d’une tuberculose qui va la terrasser. À la douleur physique s’ajoute l’épreuve spirituelle : il lui semble que son âme est envahie de ténèbres. Elle entend des voix qui lui disent que la vie éternelle n’existe pas. Face à ces tentations, elle choisit d’affirmer sa foi et elle s’abandonne comme une enfant dans les bras du Père miséricordieux.
Lors des derniers mois de sa vie, elle entrevoit son rayonnement futur : « Je sens que je vais entrer dans le repos….… Mais je sens surtout que ma mission va commencer, ma mission de faire aimer le bon Dieu comme je l’aime, de donner ma petite voie aux âmes. Si le bon Dieu exauce mes désirs, mon Ciel se passera sur la terre jusqu’à la fin du monde. Oui, je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre. »
Elle « entre dans la Vie » le 30 septembre 1897 après ces paroles : « Oh ! Je l’aime !….… Mon Dieu….… Je vous aime….… » Elle est inhumée le 4 octobre au cimetière de Lisieux, dans une nouvelle concession, acquise pour le carmel. Ses manuscrits autobiographiques (Histoire d’une âme) dévoilent son itinéraire spirituel, celui d’une « petite voie » de confiance et d’amour offerte à tous. Mais il y a aussi ses lettres, poésies et prières à découvrir. Béatifiée en 1923 et canonisée en 1925, Thérèse est devenue co-patronne des missions en 1927 et docteur de l’Église en 1997. Elle est fêtée le 1er octobre.
Voici le texte dans lequel elle expose le mieux son message sur l’appel universel à la sainteté :
« J’ai toujours désiré d’être une sainte, mais, hélas !, j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé aux pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections, mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions, maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi, je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection […]. L’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n’ai pas besoin de grandir, au contraire, il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. »
Thérèse de Lisieux est considérée comme une grande sainte thaumaturge ou plutôt, comme un des meilleurs intercesseurs auprès de Jésus.
Cette qualité d’intercesseur, c’est elle qui semble l’avoir voulue, si l’on se fonde sur des paroles prononcées à la fin de sa vie et qui ont été rapportées par ses soeurs :
– Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses (La métaphore florale fait référence à deux aspects différents : le premier, avec la rose à effeuiller, définit la vie quotidienne de son engagement animé par l’amour pour Jésus ; le second, avec les roses à faire tomber, évoque la promesse d’actions bienfaisantes, empreintes de la grâce divine, après sa mort) ;
– Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre ;
– Je reviendrai.
Comme elle l’avait promis, sainte Thérèse de Lisieux passe sa vie au Ciel à faire le bien sur terre. Le couvent des Carmélites de Lisieux conserve environ 14.000 témoignages des interventions miraculeuses de cette sainte.
yogaesoteric
21 juin 2026