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La destinée ultime de l’homme est la sagesse (1)

 
Par le professeur de yoga Gregorian Bivolaru

 
Qu’est-ce que la sagesse ? Les opinions sont divisées.
La sagesse est une manifestation du vide béatifique”, dit Job. „Il est un point de vue complet et très profond sur les choses”, affirme Proust. „Sage est celui qui se connaît vraiment lui-même”, nous assure Lao Tze. „Sage est celui qui sait reconnaître très vite la sagesse de Dieu”, dit un autre sage. Et les yogis disent que la sagesse est intelligence bienfaisante, bon sens et amour pour la vérité de Dieu.

La sagesse est un état suprême d’équilibre intérieur (psychique, mental, spirituel), de sérénité béatifique et de réconciliation avec soi-même, de révélation de l’esprit divin immortel (ATMAN), de concordance totale entre la pensée et l’action, à laquelle arrive un être humain dont le centre subtil de force SAHASRARA est parfaitement dynamisé.

A l’état suprême de sagesse divine on arrive par une expérience spirituelle riche, approfondie par la réflexion et considérablement accélérée par la pratique conséquente et correcte des étapes supérieures du système de yoga.

La sagesse suppose en même temps une conception générale, harmonieusement intégrée à l’aide de l’intuition, sur le monde, sur l’homme, sur sa place dans l’univers et sur la réalité de l’existence de Dieu.

La sagesse implique une connaissance des valeurs morales de bien divin, de vérité ultime, de beauté parfaite, de pureté de l’âme, d’amour, de respect de soi et des gens, d’amour inconditionnel de Dieu, ainsi qu’une croyance stable en accord avec ces principes et valeurs.

La sagesse est une expression de la connaissance profonde et du contrôle totale de soi, d’un permanent guidage dans la vie selon les principes divins, universellement valables, qui ne contredisent pas le bon sens et l’intelligence créatrice. La sagesse véritable reflète le respect total envers les lois de la nature, telles qu’elles ont été créées par l’intelligence parfaite de Dieu.

Etre toujours ouvert envers les enseignements de la vie

L’homme sage” – dit un profond proverbe roumain– „ne fait que ce qu'il peut (il respecte en permanence les lois divines) et non pas ce qu’il veut.” Le sage fait sans arrêt des efforts pour s’approcher de toutes les grandes valeurs universellement valables et divines, qui ont été révélées par l’activité spirituelle de l’humanité entière au cours de l’évolution depuis des millénaires.
Il comprend, en unisson avec la volonté suprême, comment apporter une contribution effective, à la mesure de ses forces (extraordinairement grandes lorsqu’il a atteint l’état de sagesse), au développement spirituel et moral de l’humanité par des actions, des œuvres ou des enseignements (qui manifestent et qui reflètent l’harmonie, l’intelligence suprême divine) partagés avec les autres êtres humains, et surtout par l’éducation des enfants dans l’esprit du respect envers les grandes valeurs divines.

Le sage est sévère avec soi même et tolérant et plein d’amour avec les autres lorsque ceux-ci le méritent. Il construit sa vie progressivement, mettant presque toujours son expérience de vie riche et le fruit de ses méditations profondes en accord avec les enseignements et révélations reçues tant de Dieu que des autres gens desquels il apprend directement ou à travers leurs œuvres. Le sage considère que la VERITE ULTIME EST TOUT et c’est pourquoi il ne s’établit pas dans une formule rigide et définitive de vie ; il est comme un enfant, recevant à chaque moment de nouveaux enseignements de tous ceux et de tout ce qui l'entourent, étant toujours prêt à se corriger en cas de faute, sous son propre conseil ou le conseil d’un autre. Il unit la stabilité totale d’une position spirituelle et morale à la réceptivité envers de nouvelles valeurs authentiques et divines. Il connaît plein de détachement la vraie position envers soi et envers les autres, évitant toujours l’orgueil ou l’humilité théâtrale.

Elle apporte à l’âme le bonheur divin
 
La sagesse, fruit d’une connaissance supérieure, ultime et générale sur monde, inspirée par Dieu, conduit toujours à des actions bénéfiques, à une conduite pratique harmonieuse divinement intégrée et, en même temps, elle rend possible de fonder et d’expliquer cette conduite selon les principes divins.

Dans la même mesure, la sagesse exclut l’isolement des gens sans fondement, le placement excentrique hors de la vie de la communauté, mais aussi la sociabilité superficielle, facile.

En conséquence, la sagesse implique des rapports sincères et justes d’amitié affectueuse et d’amour détaché des intérêts et de l’égoïsme envers le gens, qui se modulent de façon naturelle selon le degré d’intimité personnelle, excluant, à l’exception des situations qui l’imposent, la parole froide, mais aussi une familiarité excessive.

Comprise comme une attitude générale de don de soi envers la vie supérieure, envers le Divin, la sagesse est un état profondément intégré et transfiguré. La sagesse, même si elle ne suppose pas un code rigide de prescriptions de conduite, impose cependant tout un fil d’attitudes pratiques harmonieuses, divines et supérieures, et elle est doublée d’actions bienfaisantes concrètes qui sont avant tout destinées à garder l’équilibre vital, affectif, mental et spirituel.

Cela nous permet de rester presque toujours dans une sérénité euphorique et de réconciliation avec soi, ce qui attire souvent spontanément l’installation du divin bonheur éternel (EXTASE), (état caractéristique à l’atteinte de la sagesse). Toutes les grandes voies spirituelles de l’humanité, parmi lesquelles le yoga occupe une place d’honneur, ont conduit ceux qui ont su les comprendre et avant tout les mettre correctement en pratique à la sagesse.
Les religions, le yoga, les principes divins de morale pratique, les philosophies authentiques, les grandes créations immortelles, géniales, littéraires et artistiques, les conceptions scientifiques, objectifs, générales sur DIEU, sur les monde, la vie et l’homme ont formé des conseils directs ou indirects à la sagesse et parfois ils sont une formulation plus ou moins explicite d’une certaine sagesse. Nous n’allons pas citer ici pour illustrer cette notion ou pour lui donner un fondement théorique de nom et de titre d’œuvre ; toute référence à ce genre serait d’ailleurs limitative, il faudrait faire référence dans ce sens à la spiritualité humaine comprise dans son ensemble, fruit d’une activité spirituelle divine de tous les peuples et de toutes les époques.

La sagesse, lorsqu’elle est une qualité innée qui a déjà été acquise par les efforts réalisés par  un certain être humain dans d’autres existences (par exemple, la pratique du yoga couronnée de succès par l’atteinte des plus hauts niveaux spirituels, dans une autre vie), est un dont avec lequel certains êtres humains sont nés ; en d’autres cas, la sagesse est le résultat d’une expérience personnelle et spirituelle atteinte par la pratique persévérante du yoga, en continu déroulement, au cours de la même vie.

Elle offre l’équilibre total à la personnalité
 
La sagesse est la capacité nettement supérieure de compréhension des choses et des aspects existants, impliquant une connaissance essentielle et profonde de la réalité, une expérience spirituelle riche, de la mesure, de l’équilibre total entre désir et possibilité, ainsi qu’une communion intime avec Dieu d’où source la sérénité euphorique réconciliée avec soi et le monde. La sagesse est intelligence suivie par du bon sens dans la conduite et dans l’appréciation juste, objective des événements et de la réalité. La sagesse s’acquiert suite à de riches expériences spirituelles (accessibles avec aisance par la réalisation de différentes techniques de yoga) et elle s’oppose aux excès de toute sorte.

La sagesse suppose non seulement la connaissance profonde de soi, de Dieu et du monde, une philosophie authentique et pratique de vie, mais elle implique aussi un parfait contrôle qui conduit à une transformation profonde de son propre être, en tant que moyen de transformation créatrice du monde environnant et pour impulser de façon bénéfique ceux avec lesquels le sage entre en contact.

Par la pratique du yoga correcte et réalisée avec persévérance, la sagesse n'est  plus l’apanage des personnes plus âgées, qui connaissent avec anticipation les conséquences des diverses actions et qui possèdent un extraordinaire sens de la relativité. Certains disent : „La vie te rend sage”, mais pourtant, dans le cas des jeunes yogis il est possible de développer la sagesse selon la mesure dans laquelle ils savent apprendre de leur propre expérience spirituelle et aussi des autres, selon la façon dont ils réussissent à apprécier les faits d’une perspective divine, harmonieuse, complexe, supérieure, corrélée et intuitivement rationnelle.

La sagesse est une vertu essentielle, à la fois gnoséologique et morale, impliquée dans la finalité même du système du yoga, qui réunit la révélation intérieure de l’existence de Dieu, la connaissance théorique des lois fondamentales du Macrocosme (qui expriment l’intelligence parfaite, reflétée de façon harmonieuse par Dieu dans la manifestation) et l’accomplissement de toute action correspondant à ce niveau supérieur atteint.
Dans l'antiquité, le concept de sagesse désignait „l’équilibre” total de la personnalité, la mesure en tout, le contrôle parfait et la sublimation des passions à l'avantage de la connaissance supérieure, rationnelle, la réconciliation de l’homme avec le monde, la sérénité euphorique spirituelle, l'expérience complète et l’unisson avec la volonté de Dieu dans la manifestation. Les stoïques et les épicuriens la définissaient comme l'absence de la souffrance, de la passion basse („aponia”, „apathia”) ou comme l'absence de l’inquiétude, de l’émotion négative („ataraxia”), „adiforia” etc.
 
Lisez ici la deuxième partie de cet article
 

yogaesoteric
2016