Donizetti Tavares de Lima, le thaumaturge de Tambau (1882-1961)
Donizetti Tavares de Lima est né dans la ville de Cassia, au centre du Brésil, le 3 janvier 1882, dans une famille de neuf enfants. Il est le fils de Tristao Tavares de Lima, juriste, et de Francisca Candida Tavares de Lima, professeure. Alors qu’il n’a que quatre ans, sa famille s’installe dans la ville de Franca, dans l’État de Sao Paulo, où Donizetti fréquente l’école primaire et apprend les rudiments de la musique. Le jeune garçon travaille assidûment afin de subvenir aux besoins de sa famille et de payer une partie de ses futures études, moyennant quoi son père accepte de le laisser devenir prêtre. En 1894, à l’âge de douze ans, Donizetti entre au séminaire épiscopal, où il devient bientôt organiste, puis professeur de musique pour les séminaristes. Puis, en 1900, le jeune homme commence des cours de droit et, en 1903, sa formation philosophique et théologique en vue de son accession au sacerdoce.
Le 12 juillet 1908, à l’occasion de son ordination sacerdotale des mains de l’évêque de Pouso Alegre, Donizetti s’impose de sa propre initiative le vœu de pauvreté, qui n’est pourtant pas obligatoire pour le sacerdoce. Tout au long de son ministère, le père Donizetti aura en effet à cœur d’être proche du peuple, pauvre parmi les pauvres. Lorsqu’il est nommé curé de l’église Sant’Ana à Vargem Grande do Sul, dans le diocèse de Ribeirao Preto, en 1909, son engagement radical au service des pauvres lui vaudra d’être accusé de communisme par de riches détracteurs.
Le 24 mai 1926, le père Donizetti est nommé curé de l’église Saint-Antoine de Tambau. Il s’y dévoue sans compter pour les pauvres, les personnes âgées, les malades et les enfants. Proche de ses paroissiens, il fonde une crèche pour les petits, une école et un club de foot pour les enfants, organisant des cercles de travailleurs pour les ouvriers en usine, ou encore un centre d’approvisionnement alimentaire pour les pauvres. Le curé supervise aussi la construction de l’hospice Saint-Vincent-de-Paul pour les personnes âgées pauvres ou abandonnées, prend également en charge les immigrés italiens et visite régulièrement les personnes âgées. Si lui-même vit dans une pauvreté radicale, le père Donizetti, très bon administrateur, gère admirablement les ressources de la paroisse, dont il investit les revenus dans des œuvres sociales. C’est ainsi qu’il achètera des terres et des maisons pour ceux qui ne possèdent rien. Ayant eu vent de son expertise pratique sur le sujet, les autorités municipales, d’abord réticentes, finissent par demander conseil au père Donizetti sur les questions sociales ; au point que le curé devient rapidement une référence, même à l’échelle nationale.
Son désir radical de vivre comme les pauvres le conduit à une vie marquée par une grande pauvreté matérielle. Dans sa résidence, dépourvue de meubles, le père mange de la soupe de gombo au dîner, son unique repas, et dort sur une planche de bois plutôt que sur un lit, avec une pile de livres en guise d’oreiller. Préférant raccommoder lui-même sa soutane plutôt que d’en obtenir une neuve, il donne systématiquement aux pauvres les choses matérielles dont ses paroissiens lui font cadeau pour lui-même. « Le père Donizetti avait une vie austère, sans luxe ni raffinement », écrit José Wagner Azevedo dans son livre Le Père Donizetti de Tambau : « Son aspiration était de servir Dieu par-dessus tout. Il avait un zèle total pour les enfants et les personnes âgées, mais il accueillait chacun sans distinction. » Humble et recueilli, le père Donizetti se montre toujours accueillant, compréhensif, bienveillant et doux.
Le père Donizetti est également un homme profondément spirituel, rayonnant de sainteté. Il est connu comme étant « le thaumaturge de Tambau ». En effet, à partir des années 1920 et jusqu’à sa mort, un grand nombre de miracles lui sont attribués, contribuant à sa réputation de sainteté. L’un d’eux se produit dès 1927 : alors qu’une pluie torrentielle menace l’organisation de la procession d’une statue de Notre-Dame d’Aparecida, la tempête se calme lorsque le père Donizetti sort pour conduire la procession.
Par la suite, de nombreuses guérisons seront attribuées aux fameuses bénédictions du père Donizetti, attirant progressivement les foules. Entre le 30 mai 1954 et le même jour de l’année suivante, un flux continu de pèlerins se presse auprès du père Donizetti, au point qu’un jour, la foule atteint les 200.000 personnes, ce qui provoque un véritable désordre dans la ville. Devant les risques de fanatisme populaire, l’évêque du lieu demande au père Donizetti de cesser les grandes bénédictions publiques. La dernière aura lieu le 30 mai 1955, devant une foule immense, gagnée par l’émotion, alors qu’une pluie de pétales de roses est répandue sur la ville de Tambau par des avions. À l’issue de la bénédiction, le père Donizetti promet de continuer à prier pour tout le monde, fût-ce dans le secret de son cœur, seul dans sa chambre. Et, de fait, les miracles ne cessent pas….…
Au matin du 16 juin 1961, à 11 h 15, après avoir donné sa vie pendant trente-cinq ans à la paroisse de Tambau, le père Donizetti y meurt à l’âge de soixante-dix-neuf ans, assis sur une chaise, à la porte de la maison paroissiale. Le cœur du curé, qui s’épuisa d’amour pour chacun, s’arrête de battre à la suite d’insuffisances cardiaque et diabétique……. Jusqu’au lendemain, jour de l’enterrement, des milliers de personnes se rassemblent en l’église de Tambau pour un dernier adieu au père Donizetti.
En raison de sa grande réputation de sainteté, une enquête en vue de la béatification du père Donizetti est introduite rapidement. Le 26 septembre 2017, cardinaux et évêques reconnaissent que ce serviteur de Dieu exerça les vertus chrétiennes à un degré héroïque. Le 9 octobre de la même année, le pape François déclare le père Donizetti vénérable.
Moins de deux ans plus tard, le 6 avril 2019, le Vatican reconnaît la guérison miraculeuse de Bruno Henrique Arruda de Oliveira. Selon sa mère, Margarete Rosilene Arruda de Oliveira, Bruno a été diagnostiqué avec une malformation congénitale en 2006, juste après sa naissance, mais elle a eu du mal à obtenir un rendez-vous chez un orthopédiste spécialisé pour discuter du traitement. Après cinq mois d’attente, elle raconte que le médecin a confirmé ce qu’elle savait déjà : son fils aurait besoin d’un plâtre, de bottes orthopédiques, d’un appareil orthopédique et devrait subir des interventions chirurgicales. Émue, elle a décidé de demander un miracle au père Donizetti. Après avoir fait l’objet d’études pendant environ sept ans, le miracle qui a guéri les jambes tordues de Bruno Henrique Arruda de Oliveira a été reconnu par le pape François. Cela démontre à l’Église et aux fidèles qu’il n’existe aucune explication scientifique à cette guérison.
Un autre miracle qui a également été inclus dans le dossier est celui de José Alexandre Braga, le garçon connu sous le nom de Braguinha. Tout a commencé alors qu’il n’avait que 5 ans et souffrait d’une maladie dégénérative appelée ostéochondrite, à Guaxupé (MG), où il vivait avec sa famille. Braguinha raconte qu’un jour, un camion transportant des ouvriers est tombé en panne devant chez lui, et que les passagers ont parlé à son père du « père Donizetti de Tambaú ».
Même s’ils ne croyaient pas que cela donnerait des résultats, la famille a parcouru plus de 90 km à la recherche de la bénédiction, qui avait été annoncée par le garçon de 5 ans lui-même.
« Le prêtre m’a donné sa bénédiction et a dit à mon père que j’étais en bonne santé. Et mon père a répondu : ” Je suis désolé, mais je n’y crois pas, car selon les médecins, il est en phase terminale “. Mais il s’est souvenu que j’avais dit que j’irais à l’église. Alors le prêtre m’a pris dans ses bras, m’a retiré mon appareil respiratoire et je suis sorti en marchant », a-t-il raconté.
Ces miracles ont été officiellement reconnus par le Vatican, après avoir été validés par une commission médicale et théologique. À ce jour, les témoignages de guérisons obtenues par les pèlerins par l’intercession du père Donizetti continuent d’affluer.
yogaesoteric
23 mai 2026