Thérèse Neumann, une véritable énigme pour la médecine (1898 – 1962)

Aînée d’une famille de onze enfants, catholique pratiquante, Thérèse Neumann vient au monde à Konnersreuth, petit village de Bavière comptant moins d’un millier d’âmes. Son père, Ferdinand, est tailleur, et sa mère, Anna, est employée aux travaux des champs. Rapidement, Thérèse doit l’aider dans ses tâches quotidiennes. La fratrie est pauvre. Thérèse a fréquenté l’école primaire, tout en poursuivant ses devoirs agraires et domestiques.

Après avoir quitté l’école, Thérèse est d’abord placée chez un paysan du coin ; elle ne ménage pas ses forces et s’épanouit dans la nature, parmi les bêtes. Parallèlement, ses parents lui ont transmis le goût de la prière. Très tôt, elle veut servir Dieu en devenant religieuse, ou même missionnaire en Afrique. En 1914, son père est mobilisé. Il lui demande de ne pas entrer au couvent avant son retour, tant la maison a besoin d’elle.

Ferdinand rentre sain et sauf à Konnersreuth le 9 mars 1918. Le lendemain, Thérèse est victime d’un accident grave luttant avec d’autres contre un incendie qui s’est déclenché chez un voisin. Le pronostic est sombre : la colonne vertébrale est déboîtée et la moelle épinière est touchée. Son projet de vie contemplative s’écroule. Après des semaines d’hospitalisation, son état s’aggrave : paralysie des membres, trouble de la vue, etc. Un an après sa chute, jour pour jour, elle perd totalement la vue après être tombée d’une chaise où on l’avait assise. Les médecins diagnostiquent une lésion du nerf optique.

Thérèse reste alitée pendant quatre ans, jour et nuit, dans un état catastrophique : migraines, escarres, crampes……. Elle demande le secours particulier de la « petite Thérèse », qu’elle connaît et dont son père lui a rapporté une image de France. Le 28 avril 1923, elle s’endort aveugle. Le lendemain, jour de la béatification de Thérèse de Lisieux, elle a recouvré la vue. Mais son corps demeure malade. Elle ne peut ni se lever ni faire de mouvements importants. Le 17 mai 1925, jour de la canonisation de la bienheureuse Thérèse de Lisieux, elle retrouve l’usage de ses jambes sans aucune explication naturelle. Thérèse a expliqué qu’elle avait entendu une « voix » lui demander si elle voulait guérir ; elle lui a répondu qu’elle voulait simplement faire la volonté de Dieu.

L’année 1926 marque une étape décisive dans sa vie mystique : apparaissent les stigmates, les visions de la vie de Jésus, de Marie et de saints, comme sainte Bernadette Soubirous et saint Antoine de Padoue. La première plaie (au côté) naît d’une vision du Christ au jardin des Oliviers. Les semaines suivantes, les blessures aux mains, aux pieds et à la tête apparaissent à leur tour chaque vendredi, et se referment de manière inexplicable les dimanches. Ses parents, ses frères et ses sœurs, mais aussi plusieurs médecins rendus à son chevet, pensent d’abord à un phénomène naturel. On tente de cicatriser les blessures, mais en vain. Bandages, pansements et pommades n’ont pour effet que de faire enfler l’épiderme et d’accentuer les douleurs. À la fin de 1926, elle reçoit également la blessure de la couronne d’épines à la suite d’une vision de Jésus couronné : huit trous s’ouvrent spontanément autour de sa tête, laissant couler une quantité de sang incroyable.

Certains ont expliqué ces stigmates comme un signe corporel d’un conflit psychique, voire d’une « hystérie ». C’est une affirmation sans fondement d’aucune sorte : outre le fait que personne n’ait jamais observé l’apparition de telles plaies – profondes, sanglantes, irrespectueuses du processus naturel de cicatrisation – à la suite d’un déséquilibre psychologique, Thérèse fait tout son possible pour dissimuler les grâces extraordinaires dont elle bénéficie. Elle porte constamment des mitaines et des manches longues qui lui couvrent les mains.

À partir de Noël 1926, Thérèse se met à éprouver un dégoût pour la nourriture et la boisson. Elle cesse bientôt de s’alimenter. Au début, elle accepte quelques gouttes d’eau après la communion eucharistique quotidienne, à l’occasion de laquelle elle absorbe la petite quantité d’eau (une cuillère à café) servant à humidifier l’hostie, puis elle renonce même à cela. Quand on lui demande de quoi elle vit, elle répond : « Du Rédempteur ».

Le cas de Thérèse est parvenu aux oreilles du pape Pie XI au début de l’année 1927. Celui-ci demande à l’évêque de Regensburg, Mgr Anton von Henle, de faire hospitaliser la mystique afin de déterminer si, oui ou non, il s’agit d’une fraude ou d’un cas authentique. Pendant deux semaines, sous la responsabilité du célèbre médecin Agostino Gemelli, elle est soumise à une surveillance absolue. Deux médecins, éminents spécialistes, gèrent l’opération : Otto Seidl, chirurgien en chef de l’hôpital de Waldassen, et le docteur Ewald, professeur de psychiatrie à la faculté d’Erlangen. Quatre infirmières se relaient jour et nuit au chevet de Thérèse, sans aucune interruption. Les ordres des praticiens sont catégoriques : Thérèse « ne sera jamais laissée seule un seul instant […]. L’eau servant aux soins de la bouche sera mesurée avant usage et ce qui sera recraché sera déposé dans une coupe puis mesuré […]. Toutes les excrétions corporelles seront recueillies, pesées puis expédiées à des fins d’analyse……. »

Au terme de deux semaines d’observation dans de telles conditions, le résultat laisse les médecins (très sceptiques au départ) sans voix : Thérèse n’a rien absorbé, ni liquide, ni solide, hormis des parcelles d’hostie, soit « environ 45 cm³ en 15 jours, et une infime quantité d’eau, environ 10 cm³ en tout ». De surcroît, son métabolisme n’a subi aucune dégradation. Son poids est resté invariable du début à la fin de l’expérience.

Le 30 juillet 1927, le docteur Seidl envoie son rapport à l’évêché de Regensburg, dans lequel il écrit : « Sur la foi de nos observations, les religieuses [infirmières] et moi-même avons la ferme conviction qu’il est impossible que, durant le temps de l’enquête, Thérèse Neumann ait ingurgité autre chose que la sainte hostie, les quelques gouttes d’eau qui lui en permettent l’ingestion, et lors de ses soins d’hygiène buccale, une infime quantité d’eau……. » De plus, les observations du psychiatre Ewald ne révèlent aucune pathologie psychique.

Pendant 36 ans, Thérèse Neumann n’a rien mangé ni bu, excepté l’hostie de la communion quotidienne. On appelle cela « l’inedie », c’est-à-dire la capacité de se nourrir exclusivement du Saint-Sacrement.

Au cours d’extases, Thérèse s’exprime dans des langues inconnues d’elle (araméen, portugais, français…….), parfaitement identifiées par des linguistes chevronnés, comme Franz-Olivier Wutz, professeur de langues bibliques à l’université d’Eichstätt, mais aussi dans un allemand remarquable, alors qu’elle s’exprime habituellement dans un dialecte bavarois caractérisé. Lors de ses extases, des lévitations ont été rapportées par des dizaines de témoins au-dessus de tout soupçon.

Thérèse jouit du charisme de clairvoyance, qui lui fait connaître des événements lointains et des paroles prononcées à des dizaines de kilomètres d’elle, par des inconnus.

Les qualités humaines de Thérèse sont connues : simplicité, dévouement, courage, oubli de soi, gentillesse, énergie….… et un sens de l’humour marqué. À l’un des innombrables visiteurs lui demandant si ses stigmates ne sont pas le fruit d’une autosuggestion, la marque d’un désir refoulé, elle lui répond de penser très fort qu’il est une vache pour voir si, par hasard, il ne lui pousserait pas des cornes.

Thérèse meurt d’une crise cardiaque à 64 ans. Plus de 10.000 personnes accompagnent dans son dernier voyage cette humble femme, amoureuse de Dieu, des fleurs et de ses animaux. Le processus de béatification et de canonisation de Thérèse Neumann a été officiellement ouvert le 13 février 2005 par Mgr Gerhard Mueller, évêque de Ratisbonne, en Allemagne ; elle est donc officiellement considérée comme « Servante de Dieu » par l’Église catholique.

 

yogaesoteric
12 juillet 2026

 

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