Votre cerveau bientôt contrôlé grâce aux ultrasons?

Des biologistes moléculaires et des neurophysiologistes ont créé une nouvelle sous-espèce de vers ronds transgéniques, dont on peut contrôler le système nerveux par le biais d’ultrasons, écrit la revue Nature Communications.

« Contrairement à la lumière, l’ultrason de basse fréquence est capable de se propager à travers un corps animal sans se dissiper. Cela présenterait un avantage considérable dans le cas où on voudrait stimuler une partie profonde du cerveau sans impliquer d’autres parties du système nerveux », explique Stuart Ibsen, chercheur de l’Institut Salk pour les études biologiques (Etats-Unis).

 M. Ibsen et son équipe sont parvenus à « commander » des vers ronds (nématodes) grâce à des ultrasons et à des boules d’air dissoutes dans leur milieu nutritionnel tout en modifiant le génome des invertébrés de façon à ce que leurs neurones soient en mesure de percevoir des « ordres » ultrasonores.

Cette transformation est due à l’insertion d’un gène spécial dans l’ADN des vers. Celui-ci contient des instructions sur la biosynthèse d’une protéine assurant le transport des ions de calcium à travers la membrane cellulaire. Agissant sur les molécules de cette protéine, l’ultrason incite les cellules nerveuses à émettre une petite décharge électrique.

Tout cela permet de contrôler le fonctionnement de neurones isolés ainsi que du ganglion cérébral tout entier grâce à une source d’ultrasons et à des boules d’air spéciales couvertes d’une couche de lipides et de colorant, permettant aux scientifiques de focaliser à leur gré les signaux sonores sur certaines cellules nerveuses.

A présent, cette méthode destinée à « contrôler le cerveau », connue sous le nom de sonogénétique, n’est utilisable que pour les vers ronds. Selon M. Ibsen, rien n’empêche toutefois les scientifiques de l’adapter aux neurones d’un cerveau humain ou à d’autres animaux. A ces fins, il suffirait d’insérer le gène dans l’ADN de certains neurones et d’injecter quelques boules dans le sang du patient. Les scientifiques espèrent que ces systèmes aideront les médecins à soigner l’épilepsie et d’autres maladies mentales.

« La question principale est d’appréhender si la méthode est applicable aux mammifères. On a déjà entamé des recherches sur des souris de laboratoire. Si nous parvenons à faire une percée et que nous réussissions à adapter la sonogénétique aux besoins humains, nos collègues pourront trouver les moyens de contrôler ‘sans contact’ le fonctionnement des neurones », conclut Sreekanth Chalasani, un des scientifiques chargés des recherches.

 

yogaesoteric
22 février 2017

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