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Chemsex : quand le mélange sexe et drogue se transforme en phénomène dangereux



De plus en plus de Britanniques, des hommes gays pour la plupart, se prêtent au jeu du « chemsex ». Ces orgies de plusieurs jours qui mélangent sexe et drogue mettent leur santé en danger. Une vie sexuelle saine et épanouie est l’un des fondements du bien-être. Les jeunes Britanniques sont également très enclins à prendre des drogues. Mais que se passe-t-il quand les deux se mélangent pour former une pratique addictive dangereuse ?

Le « chemsex » est un nouveau phénomène (ou plutôt un vieux en pleine expansion, avec un nouveau nom) qui consiste à avoir des rapports sexuels et prendre des drogues en même temps. Ce n’est pas nouveau, mais la consommation de drogue dans un contexte sexuel revient en force, et sous forme de pratique plus vicieuse que jamais.

De plus en plus de Britanniques, des hommes gays pour la plupart, prennent part à ce mouvement. Derrière les portes closes du milieu gay, ces orgies sexuelles qui durent plusieurs jours et où les drogues circulent contribuent au développement des dépendances aux drogues et des addictions sexuelles.

Vous pouvez argumenter que c’était la norme dans les années 1960 et que ce phénomène n’a rien d’inquiétant. Mais la multiplication des soirées chemsex a fait augmenter le risque de transmission du SIDA ou des hépatites, et le nombre de consommateurs de GHB (la drogue du violeur) et de méthamphétamine en cristaux. Certains disent même que le chemsex pourrait entraîner une « catastrophe sanitaire ».

Le cercle vicieux de l’autodestruction

Plusieurs médias, comme le Telegraph, expliquent que la pratique a fortement augmenté ces dernières années : aujourd’hui, 60 % des personnes qui se rendent dans certaines des cliniques londoniennes disent avoir participé à des orgies sexuelles de 72 heures impliquant des drogues. Les associations LGBT et les autorités de santé s’inquiètent des répercussions que cette pratique pourrait avoir sur la santé de personnes déjà vulnérables. Le Dr Richard Ma, qui est responsable d’un groupe sur le sexe et les drogues au Royal College of General Practicioners (RCGP) a expliqué : « Le chemsex est un modèle de consommation de drogue qui émerge rapidement, pas seulement chez les hommes qui ont des rapports avec des hommes comme on le présume souvent, mais aussi chez les patients hétérosexuels. Prendre des drogues récréatives pendant l’acte sexuel peut entraîner un nombre d’effets secondaires potentiellement dangereux, comme faciliter la propagation de MST et du VIH, mais aussi accentuer des problèmes de santé sérieux, comme l’anxiété, les psychoses et les tendances suicidaires. »

Les personnes qui pratiquent le chemsex, même si ça ne leur semble pas dangereux, jouent avec leur vie. Un jeune homme de 18 ans du nom de Miguel Jimenez est mort dans son sommeil après une orgie avec son petit ami, l’avocat Henry Hendron.

Dans une conversation sur le chemsex sur Reddit, un utilisateur du réseau social explique qu’il avait l’habitude de prendre des drogues et d’avoir des rapports sexuels en même temps, mais qu’il faut prendre du recul pour se rendre compte des problèmes de cette pratique.


Il explique que le parrain de son ex-petit ami, qui était accro aux drogues, lui avait expliqué que « la descente aux enfers est seulement visible par un observateur extérieur à la spirale ». C’est ce qu’il a pu constater par lui-même :
« On ne réalise pas qu’on glisse avant de toucher le fond du trou et d’être incapable de remonter à la surface tout seul. Beaucoup de mecs que je connais ont essayé des drogues plus dures (la meth, le crack, l’héroïne) alors qu’ils étaient ivres ou défoncés, et se sont lancés là-dedans, sans vraiment le choisir (en toute sobriété), et avant qu’ils ne le sachent, ils avaient glissé dans cette spirale autodestructrice. »

Mais cet utilisateur de Reddit précise que la mode du chemsex n’est bien évidemment pas une réalité pour tous les hommes gays, que les LGBT et les hommes ne sont pas les seuls à tomber dans la spirale. « Le stéréotype du gay qui participe à des orgies est probablement vrai pour je dirais au moins un tiers de la population gay, et le problème d’addiction à la méthamphétamine est probablement vrai pour un tiers ou un quart de ce tiers. Il doit y avoir environ 10 % des gay/bi/queer qui ont des sérieux problèmes d’addiction aux drogues, et c’est en effet un gros problème. »

Dans cette même conversation, un autre utilisateur explique que le chemsex « endémique » est « littéralement partout ». Si on n’observe pas de différences selon les communautés et les villes, la marginalisation des LGBT joue un rôle important.

Pourquoi le chemsex ?

La quête d’une intimité erronée, d’un plaisir perverse et du sentiment d’appartenance peut être ardue pour les LGBT. Certains sont incapables de se souvenir de ce qu’ils ont fait de leur corps pendant ces orgies. Mais ces personnes en quête de cette tordue affection se prêtent à un jeu dangereux qui les porte vers leur propre fin.



yogaesoteric
6 octobre 2017