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Le mythe du « rebelle modéré » kurde (1)


Cet article est consacré à l’enquête du projet de création d’un État kurde en dehors du Kurdistan historique et au détriment des populations arabes et chrétiennes, Sarah Abed dresse un constat terrible. Il pourra sembler partial à certains lecteurs. Cependant, tous les faits qui y sont rapportés sont authentiques et peuvent être facilement vérifiés.

Kurdes et Assyriens : des tensions anciennes toujours d’actualité

Une bonne partie de ce que les kurdes revendiquent comme étant spécifique à leur propre culture est en fait emprunté à des cultures plus anciennes, comme celle des Assyriens, des Arméniens et des Chaldéens. En fait, une grande partie, si ce n’est la totalité, du territoire à l’est de la Turquie que les kurdes revendiquent comme leur, a appartenu autrefois aux Arméniens. On comprend aisément, qu’ensuite, les Kurdes aient pu participer au génocide turc des Assyriens et à celui des Arméniens en 1915.

 

Un groupe d’hommes déterre les restes de victimes du génocide arménien de 1915, Deir ez-Zor, Syrie, 1938.

Également connu sous le nom de « Shato d’sayfo » ou l’« année de l’Épée », ce génocide a eu pour cible les chrétiens de l’Empire Ottoman au cours de la Première Guerre mondiale, principalement en 1915, entraînant une réduction de la population assyrienne de 75%.

Sur la plaine de Ninive, au nord de l’Iraq, les Kurdes habitent dans des villes, comme Dohuk (anciennement appelée Nohadra par les Assyriens) mais ces villes ne sont devenues les « leurs » que depuis qu’ils s’y sont récemment installés.

Si l’on se base uniquement sur le critère de l’identité culturelle et une authenticité historique vieille de plusieurs milliers d’années, ces terres sont, et ont toujours été, uniquement assyriennes. Ces terres ont été essentiellement « offertes » aux kurdes au début des années 70, dans le but de détourner leur attention de la ville iraquienne de Kirkuk et ses alentours, terres riches en pétrole. À cette fin, il y a eu une migration massive kurde vers Dohu qui a entrainé le déplacement, parfois forcé, d’Assyriens dont les revendications semblaient bien plus légitimes, à la fois sur le plan juridique et historique.

C’est une tactique communément employé par les kurdes afin de tenter de légitimer leur « quête sacrée » à savoir la création d’un État – chose qui n’a jamais eu lieu dans l’histoire –. En définissant comme « Kurdistan » tout endroit où les kurdes ont été amenés à vivre à un moment donné, il semble suivre la maxime « La propriété : c’est neuf-dixième de la loi » qui peut être pertinente pour aider à déterminer une responsabilité juridique, mais pas pour l’attribution d’un territoire.

Au début des années 70, les kurdes de Ninive ont commencé à prendre l’habitude de jouer le rôle de « pion » au service des intérêts états-uniens. Dans ce contexte, ils ont trahi leur pays d’accueil quand les États-Unis – par l’intermédiaire de leur marionnette, le shah d’Iran – ont commencé à les armer et à les encourager à se soulever contre le gouvernement.

Le gouvernement iraquien a sévi, forçant les kurdes à quitter la terre qu’ils avaient récemment acquise. L’Iraq et l’Iran ont réussi à trouver un arrangement sur le terrain diplomatique. Ainsi les kurdes se retrouvent à être le proverbial « dindon de la farce » dans ce qui finira par devenir un scénario récurrent. Un phénomène quasi-similaire s’est produit dans les années 80-90 quand, au cours de la première guerre du Golfe, a été établi une zone de restriction aérienne ce qui représente un soutien et une protection internationale tangible en faveur des kurdes.

 

Les guérilleros du Parti démocratique du Kurdistan gardent les portes d’Irbil en Irak, le 1er septembre 1996, après avoir pris la capitale « kurde » des mains du rival : l’Union Patriotique du Kurdistan, le 31 août 1996. Les forces du président iraquien Saddam Hussein ont pris d’assaut Irbil, délogeant ainsi l’Union Patriotique du Kurdistan, et permettant à leur rival, le PDK, de s’y installer. Des querelles internes ont tourmentés les 20 millions de Kurdes qui vivent dans les régions montagneuses où convergent les frontières syriennes, turques, iraniennes, irakiennes, arméniennes et azéries.

« Malgré l’oppression subie par les kurdes des mains turques, ils n’ont pas appris la tolérance. Dans la région du Kurdistan nord-iraquien, le gouvernement régional kurde (GRK) agit à la manière du gouvernement turc pendant 90 ans contre les kurdes et les Assyriens. Les rapports faisant cas de d’abus systémiques commis à l’encontre des Assyriens à l’intérieur du “ Kurdistan ” autonome iraquien sont en augmentation croissante. On assiste à un véritable harcèlement organisé, cautionné par les autorités kurdes. L’objectif est à l’évidence le même que celui visé par les Turcs, assimiler ou expulser les populations indigènes assyriennes qui vivent sur ce territoire depuis plus de 7.000 ans » a écrit Augin Haninke dans son article Les Kurdes, victimes et oppresseurs des Assyriens.

Comme expliqué dans la vidéo ci-dessus, les forces de sécurité kurdes en Syrie ont torturé puis assassiné le commandant militaire assyrien David Jindo après lui avoir adressé une fausse invitation à des fins soi-disant collaboratives. Cette manière de procéder n’est pas sans rappeler l’assassinat du Patriarche assyrien Mar Simon XIX Benjamin par Agha Ismail Simko, lorsque qu’il l’invita chez lui.

Le Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) du nord de l’Irak prétend être endetté à hauteur de 25 milliards de dollars, bien qu’ayant pu négocier la vente de son pétrole et recevoir une aide étrangère significative. Il est alors légitime de s’interroger sur le niveau de corruption qui existe au sein de l’administration kurde pour qu’elle soit dans la situation dans laquelle elle prétend être. Ceci a pour conséquences que de petites organisations caritatives sont livrées à elles-mêmes en ce qui concernent la facilitation et la distribution de l’aide aux Assyriens et aux Yézidis, pourtant prérogative supposée du gouvernorat du GRK.

 

Arborant une version corrigée de la phrase « la Mésopotamie, berceau de la Civilisation », ce panneau est situé près du site historique assyrien de Khinis dans la province de Dohuk. De tel endroits sont typiquement sans surveillance et souvent vandalisés.

En 2011, des imams de Dohuk ont appelés les kurdes sunnites à la destruction d’églises et de commerces chrétiens. En guise de représailles, des magasins ont été attaqués et des clubs assiégés par des bandes composées d’une centaine d’individus. Des hôtels et des restaurants ont été braqués à l’arme de poing. Ces dernières années, les kurdes n’ont cessé d’agir de manière « pas très catholique » envers les minorités chrétiennes, incluant les Assyriens, et même les Yézidis. Ces exactions ont largement dépassé le cadre du révisionnisme historique comme on peut le voir sur la photo ci-dessous. Un phénomène similaire a eu lieu au début du 19ème siècle quand les kurdes se sont réfugiés au nord de la Syrie et ont éconduit les arabes et les Arméniens hors de nombreuses villes.

Les kurdes autorisent Daesh à assassiner des Assyriens

En juillet 2014, lorsque Daech a commencé son incursion en territoire iraquien, le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) a entrepris un désarmement systématique des Assyriens afin d’utiliser leurs armes pour son propre combat.

 

Une directive de désarmement qui a été diffusée par le GRK dans les villes assyriennes de la plaine de Ninive.

Des avis ont circulé, promettant des punitions sévères à l’encontre de ceux qui n’obéiraient pas. Un certain degré protection assurée par les Peshmergas leur a été promis.

Mais au cours de l’avancée de Daech, les Peshmergas se sont mis à réquisitionner les armes et à fuir, suivant l’exemple de l’armée iraquienne.

Ceci a laissé les Assyriens et les Yézidis sans aucun moyen de se défendre face aux jihadistes. Certains rapports évoquent des Peshmergas abattant des Yézidis en les empêchant de fuir avec leurs armes.

Haydar Shesho, un commandant Yézidi qui a réussi à se procurer des armes par le biais du gouvernement iraquien, a été arrêté par les autorités du PDK, accusé d’organiser une milice « illégale ».

Cette scène s’est reproduite partout dans le pays, provoquant le départ de 150.000 Assyriens forcé de quitter leur terre ancestrale : la plaine de Ninive.

On ne peut voir là qu’une manigance orchestrée par les dirigeants kurdes visant à permettre l’éviction forcée de tous les résidents non-kurdes de la région par les forces étrangères et ensuite, avec l’aide des États-Unis, reprendre et « libérer leurs terres ».

Le 13 avril 2016, les forces de sécurité kurdes ont empêché des centaines d’Assyriens de manifester devant le parlement du Gouvernement régional kurde. Cette manifestation a été organisée pour réagir contre la confiscation en cours des terres assyriennes par les kurdes, au nord de l’Irak.

De nombreux témoignages ont été rapportés, comme cette déclaration faite devant le Parlement britannique par l’ex-captive yézidie, Salwa Khalaf Rasho, dans laquelle elle affirme que les peshmergas, désireux de fuir au-devant de la population yézidie, ont rejeté les desiderata des civils yézidis à savoir : une protection ou au moins la possibilité de conserver leurs armes. Ils ont même réaffirmé aux yézidis qu’ils avaient intérêt à retourner chez eux car ils y seraient défendus.

Certains peshmergas, face aux protestations de plus en plus énergiques, ont fini par ouvrir le feu sur les yézidis afin de permettre à leur convoi de passer sans obstacles. Yazda, une organisation qui se bat pour la reconnaissance du génocide yézidi, a écrit dans son mensuel de janvier 2016 : « s’ils [les yézidis] avaient été défendus ne serait-ce qu’une journée, ils auraient pu être évacués en toute sécurité et les massacres ainsi que leur mise en esclavage [par Daech] auraient pu être évités ».

Ce qui suit est un extrait du témoignage de Rasho à la Chambre des Communes britannique devant laquelle elle a imploré de l’aide après s’être échappée des mains de Daech où elle a survécu esclave durant huit mois, malgré plusieurs viols et de multiples tentatives de suicide.

« Je m’appelle Salwa Khalaf Rasho. Je suis née en 1998 et j’étais en 3ème. Je vivais une vie simple et modeste avec ma famille jusqu’au jour où Daech a attaqué Shengal, le 3 août 2014. J’étais très attachée à ma ville, Shengal. J’ai été élevée dans un climat de tolérance des différents membres de la communauté, indépendamment de leur coutume, idéologie ou religion parce que les valeurs de ma religion prohibent la haine et la discrimination envers autrui. »

Par conséquent, Shengal était réputée pour sa tolérance et sa diversité ethnique. Ce qui s’est passé fut choquant et inattendu, parce que nous voyions Daech comme nos frères. Je parle là des tribus arabes des villages qui appartiennent à Shengal. Tout à coup, ils sont devenus des monstres et des loups. Ils ont collaboré avec Daech alors que des femmes et des enfants Yézidis étaient mis en esclavage et les hommes abattus.

Il y avait environ 9.000 peshmergas dans ma ville qui possédaient divers types d’armes. Ils nous ont dit : « Nous vous protégerons et défendrons Shengal ; Daech ne pourra entrer qu’en enjambant nos cadavres. Nous défendrons Shengal jusqu’au bout.

Malheureusement, ils ont fui sans résister, sans avertir ou informer la population afin que nous puissions éviter de tomber entre les mains des monstres de Daech. Ils nous ont abandonné, femmes et enfants, à notre destin funeste. Moi et les gens qui m’accompagnaient, nous avons essayé de fuir dans les montagnes comme les autres. »

Une histoire de violation des droits de l’Homme

À la lumière de ces horreurs, il devient facile de comprendre pourquoi les kurdes ont tendance à tenter de s’approprier l’histoire arabe, assyrienne ou arménienne. Lorsqu’ils n’y parviennent pas, ils tentent d’en supprimer toute trace. Sur ce point, ils agissent à l’image de Daech.

À chaque fois que les kurdes ont vu leurs offensives contre la Turquie échouer, ils ont migré en Syrie en prétendant que cette terre leur appartenait. À titre d’exemple, ils ont agi de la sorte avec la ville d’Ayn al-Arab, la rebaptisant « Kobané. » Ce mot vient de « compagnie » faisant référence à une compagnie ferroviaire allemande qui a construit la ligne Konya-Bagdad. Les Kurdes ont aussi prétendu que la ville syrienne d’Al-Qamishli était leur capitale et l’ont rebaptisé « Qamišlo ».

Il est utile de préciser que les kurdes ne sont pas même majoritaires sur les terres qui prétendument leur appartiennent, au nord de la Syrie. Par exemple, dans le gouvernorat Al-Hasakah, ils représentent environ 30 à 40% de la population. Ces chiffres n’ont fait que diminuer depuis le début de la guerre contre la Syrie dans la mesure où de nombreux kurdes ont migré vers les pays européens.

La plupart ont atterri en Allemagne, où ils sont environ 1,2 million, soit un petit peu moins qu’en Syrie. Cependant, ils ne semblent pas chercher à gagner leur autonomie, là-bas. Ils réservent cette ambition aux pays du Moyen-Orient qui les ont accueillis – ceux-là même qu’ils veulent poignarder dans le dos au lieu de les remercier pour leur hospitalité –.

On ne peut donner de crédit aux nombreuses allégations d’Amnesty International en l’absence d’autres déclarations qui les corroboreraient. Toutefois, dans certain cas, ils sont dans le vrai lorsqu’ils sortent un article en 2015 accusant le YPG, la milice de la population kurde syrienne, de toute une série d’atteintes aux droits de l’Homme.

« Ces abus concernent notamment des déplacements forcés, la destruction de foyers, ainsi que le vol et la destruction de biens » a écrit l’ONG. « Dans certains cas, des villages entiers ont été détruits, apparemment en réponse au soutien accordé par leurs résidents arabes ou turkmènes à l’État islamique (EI) ou à d’autres groupes armés indépendants. » Amnesty International dénonce aussi l’utilisation d’enfants-soldats dixit Lama Fakih, conseillère expérimentée du programme de gestion de crise d’Amnesty International.

Les Kurdes affirment que leur « Kurdistan » est « multiculturel et pluriconfessionnel », propos malhonnêtes dans la mesure où les autres cultures sont celles de populations vivant à l’écart de la communauté kurde après que leurs terres aient été prises de force. Ces personnes pourraient éventuellement se prononcer contre la transformation de leur pays en un « Kurdistan » indépendant, mais du fait des transferts de populations, elles sont devenues minoritaires chez elles et seront donc dépouillées.

 

Lisez la deuxième partie de cet article 


 


yogaesoteric
20 juin 2018