Décryptage de l’égo (3)

 

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Le très controversé apport scientifique

Dans son livre « Le serpent cosmique, l’ADN et les origines du savoir », l’anthropologue canadien Jeremy Narby explique le sens de la découverte à l’ère contemporaine de la structure de l’ADN, ce qui bien sûr est taxé d’explication pseudo-scientifique sinon d’imposture et de charlatanisme par les partisans de la doxa académique au prétexte – parfois justifié – que les marchands de pipeaux et autres gourous mystiques récupèrent les énoncés de la physique quantique, de la thermodynamique et de la génétique pour en faire à peu près n’importe quoi, tout particulièrement à partir d’internet, qualifié de « poubelle de désinformation » … Cet ostracisme caractérise ni plus ni moins le farouche et viscéral refus d’admettre qu’il puisse exister un lien entre la science et toutes sortes de traditions spirituelles et mythologiques, en raison de la fragmentation d’un savoir occidental placé sous le contrôle de la Force involutive de l’Ombre sinon des Ténèbres.

Symbole de la notion d’un principe vital ayant une forme serpentine et provenant du cosmos, la double hélice de l’ADN a été découverte conjointement par le généticien et biochimiste américain James Dewey Watson, et le physicien en biologie moléculaire britannique Francis Harry Compton Crick (1916/2004), tous deux prix Nobel de physiologie en 1962. Ce dernier a écrit et publié en 1982 un livre Life itself – Its Origin and Nature, intitulé en traduction littérale « La vie elle-même, son origine et sa nature ». Sa couverture montre la planète Terre, vue de l’espace, sur laquelle atterrit un objet assez indistinct, venu du cosmos. Le prix Nobel était en train par sa théorie de la « panspermie dirigée » de suggérer que la molécule de la vie était d’origine extra-terrestre, tout comme les peuples « animistes » qui affirment que le principe vital était un serpent cosmique !

Selon la théorie scientifique habituelle sur l’origine de la vie, des petites molécules appelées acides aminés, fondements de tous les processus vitaux, se seraient associées par hasard, dans une sorte de « soupe primordiale », pour former les premiers micro-organismes. Cette théorie tire ses racines des thèses évolutionnistes élaborées au milieu du dix-neuvième siècle, selon lesquelles l’ensemble des espèces avait évolué dans le temps, partant d’unicellulaires les plus simples et aboutissant, au bout d’un très long processus de sélection naturelle, aux organismes supérieurs les plus complexes. Si, partant des bactéries, on pouvait aboutir, avec suffisamment de temps, à l’être humain, il semblait raisonnable de croire que des molécules désorganisées puissent mener, au cours de leurs innombrables collisions aveugles, à une simple cellule. Pour Crick, toutefois, cette théorie du hasard créateur présente un sérieux défaut. Elle a en effet été élaborée avant que la science ne comprenne, à partir des années 1950 et grâce aux progrès de la biologie moléculaire, que les mécanismes de base de la vie sont non seulement identiques pour toutes les espèces, mais aussi extrêmement complexes. Et lorsque l’on essaie de calculer, même grossièrement, la probabilité d’une émergence fortuite d’une telle complexité, les chiffres que l’on obtient sont inconcevablement petits, pour ne pas dire nuls.

Ainsi, la molécule d’ADN, qui excelle pourtant dans le stockage et la duplication d’information, est incapable de s’assembler toute seule. Ce sont les protéines qui font ce travail, sans pour autant arriver à se reproduire sans l’information contenue dans l’ADN. La vie est donc une synthèse incontournable de ces deux systèmes moléculaires. Surmontant la fameuse question de l’œuf et de la poule, Crick calcula la probabilité qu’une seule protéine (susceptible de participer à l’assemblage du premier ADN) ait pu émerger par hasard. Or, dans toutes les espèces vivantes, les protéines sont constituées exactement des mêmes vingt acides aminés. La protéine moyenne est une chaîne longue d’environ deux cents acides aminés, choisis parmi ces vingt, et alignés dans le bon ordre. Selon les lois des combinaisons, il existe une chance sur vingt multiplié par lui-même deux cents fois, qu’une protéine spécifique émerge par hasard ! Il n’est pas possible d’imaginer l’ensemble des atomes de l’univers observable, et encore moins un nombre qui est des milliards de milliards de milliards de milliards de milliards (etc.) de fois plus grand. Par contre, une chose est certaine. Depuis le début de la vie sur terre, le nombre de chaînes d’acides aminés qui auraient pu être synthétisées par hasard ne représente qu’une infime fraction de l’ensemble des possibilités. Selon Crick, « La grande majorité des séquences n’a jamais pu être synthétisée du tout, à aucun moment. Ces calculs ne prennent en ligne de compte que la séquence des acides aminés. Ils ne considèrent pas le fait que de nombreuses séquences ne se déplieraient pas de façon satisfaisante en une forme stable et compacte. La fraction de toutes les séquences possibles qui le ferait n’est pas connue, mais on suppose qu’elle est assez petite ». Crick en conclut que la complexité organisée que l’on découvre au niveau cellulaire « n’a pas pu émerger par pur hasard ». La terre existe depuis environ 4,6 milliards d’années. A ses débuts, elle n’était qu’un agrégat radioactif dont la température de surface devait atteindre le point de fusion du fer. Pas vraiment le genre d’endroit propice à la vie … Or, il existe des fossiles d’êtres unicellulaires datant d’approximativement 3,5 milliards d’années. Et l’existence d’une cellule implique nécessairement la présence d’ADN, avec son langage à quatre lettres (A, G, C, T), et de protéines, avec leur langage à vingt lettres (les vingt acides aminés), ainsi que d’un mécanisme de traduction entre les deux puisque les instructions pour l’assemblage des protéines sont écrites dans le langage de l’ADN. Selon Crick, « Il est tout à fait remarquable qu’un tel mécanisme existe, et encore plus remarquable que chaque cellule vivante, qu’elle soit animale, végétale ou microbienne, en contienne une version. Une protéine équivaut à un paragraphe de deux cents lettres alignées dans le bon ordre. Si les chances sont infinitésimales qu’un seul paragraphe prenne forme en un milliard d’années dans une soupe terrestre d’acides aminés, les probabilités qu’en émergent par hasard, et durant la même période, deux langages et un mécanisme de traduction, paraissent, en effet, assez réduites ».

Autrement dit, le phénomène vital – l’ADN – décrit par Crick est un langage miniature qui n’a pas changé d’une lettre en quatre milliards d’années, restant parfaitement identique tout en se démultipliant dans une extrême diversité d’espèces. Et c’est cette unité cachée de la nature confirmée par la biologie moléculaire qu’affirment depuis toujours les traditions spirituelles … 

Le serpent mythique, ou l’ADN révélé

Le serpent mythique est presque invariablement associé à l’eau, tel l’anaconda sud-américain, espèce aquatique. Sa taille est extrêmement variable, pouvant être petit ou grand, simple ou double, parfois les deux en même temps. En effet, en tant que créateur de la vie, il est un maître de la métamorphose qui crée en se transformant. Et cela correspond en tous points à la description de l’ADN contenu dans le noyau d’une cellule humaine, car en l’étirant on obtient un fil de deux mètres dont le diamètre mesure à peine une dizaine d’atomes. Ce fil est un milliard de fois plus long que sa propre largeur. Qui plus est, un fil d’ADN est beaucoup plus petit que la lumière visible que les humains perçoivent, environ cent vingt fois plus étroit que la plus petite longueur d’onde visible. Comme le noyau d’une cellule mesure approximativement deux millionièmes d’une tête d’épingle, l’ADN, long de deux mètres, se compacte à l’intérieur de ce volume minuscule en s’enroulant à l’infini autour de lui-même, conciliant ainsi longueur extrême et petitesse infinitésimale.

Un être humain moyen est constitué d’environ cent mille milliards de cellules. Cela veut dire qu’il y a deux cent milliards de kilomètres d’ADN dans un corps humain. Toutes les cellules, qu’elles soient humaines, animales, végétales ou bactériennes, contiennent de l’ADN. Elles sont toutes remplies d’eau salée, dont la teneur en sels minéraux ressemble à celle des océans primitifs. L’ADN baigne ainsi dans l’eau, celle-ci jouant un rôle crucial dans l’établissement de sa forme, et par là, de sa fonction. En effet, le milieu aquatique confère à l’ADN sa forme d’échelle torsadée, car les quatre bases de l’ADN (Adénine, Guanine, Cytosine et Thymine) sont insolubles dans l’eau, et elles se tournent vers l’intérieur de la molécule pour former, en s’associant, les barreaux de l’échelle ; puis, elles se torsadent, évitant au maximum le contact avec le milieu humide qui les entoure. Ainsi, la molécule d’ADN est une longue chaîne unique constituée de deux rubans entrelacés et reliés en leur milieu par les quatre bases. Celles-ci ne peuvent s’accoupler que par paires spécifiques, cela impliquant qu’un des deux rubans est le duplicata de l’autre et que le message génétique est double : il contient un texte principal sur un des rubans, qui est lu dans un sens précis par les enzymes de lecture, et un texte complémentaire de réserve, qui n’est pas lu, puisqu’il est à l’envers. Ce deuxième ruban joue deux rôles essentiels. Il permet aux enzymes de réparation de reconstituer le texte principal au cas où celui-ci aurait été endommagé, et surtout, il fournit le mécanisme pour la reproduction du message génétique par le biais de deux doubles hélices jumelles, en tous points identiques à l’originale. Sans ce mécanisme de duplication, une cellule ne pourrait jamais se dédoubler, et la vie n’existerait pas. Aussi l’essence même de l’ADN, véritable molécule de la vie, consiste à être à la fois simple et double.

Tel un support informatique * capable d’auto-duplication, la molécule d’ADN, large d’une dizaine d’atomes, constitue une sorte de technologie ultime : elle est organique et si miniaturisée qu’elle s’approche des limites mêmes de l’existence matérielle. En sa qualité de maître de transformation, l’ADN a façonné l’air que nous respirons et la couche d’ozone qui protège notre matière génétique contre les rayons ultra–violets et mutagènes, le paysage que nous voyons, et l’étourdissante diversité d’êtres vivants dont nous faisons partie. En quatre milliards d’années, il s’est démultiplié en un nombre incalculable d’espèces différentes, tout en restant rigoureusement le même. La Terre est entourée par une couche de vie à base d’ADN et il existe même des bactéries anaérobies vivant enfouies dans la croûte terrestre à plus d’un demi-kilomètre en-dessous des fonds marins, la planète étant ainsi câblée par cette biosphère jusque dans ses profondeurs. A l’intérieur du noyau, l’ADN se met en boucles et se déroule, il gigote et il ondule. C’est pourquoi les spécialistes comparent la forme et les mouvements de cette longue molécule hyper-sophistiquée à ceux d’un serpent, le serpent du Vivant.

* Certains biologistes décrivent l’ADN comme une « forme ancienne et élevée de biotechnologie », qui contient, à volume égal, « jusqu’à cent mille milliards fois plus d’information que nos puces informatiques les plus sophistiquées ».

Un culte civilisationnel originel

Le serpent – l’ουροβορος (Ouroboros en grec) – représente la force universelle, la loi des forces physiques (électromagnétisme et nucléaire) équilibrées émanées de cette force, la marche du Mouvement et la production qui en résulte, la Vie. Il est un pentacle, c’est-à-dire une image de l’Absolu, l’Alpha et l’Oméga fusionnés. Dans le Monde Divin, il traduit l’action du Père – l’Absolu – sur le « Fils » – le Relatif –, le fruit de Ce Qui Est dans toute sa diversité. Dans le Monde Intellectuel, il est l’action de la Liberté sur la Nécessité. Dans le Monde Matériel ou Physique, c’est l’action de la Force sur la Résistance.

Le Serpent donne aussi bien le venin de la Mort et l’antidote pour la Vie, suivant la compréhension de Ce qu’Il Est. Il est un symbole solaire positif. Le zodiaque des anciens est d’ailleurs un serpent ou un dragon. L’étoile centrale de l’antiquité est la constellation Draco (Dragon) qui forme une étoile à cinq (5) branches indiquant les étoiles circumpolaires composées de Ursa Major, Ursa Minor, Draco, Cepheus, Cassiopea et le Lynx, démontrant que la Terre est inclinée sur son orbite.

Il y a plusieurs types de reptiles dans le cercle du zodiaque, qui raconte une formidable histoire de régénération cosmique. Ainsi la constellation de l’hémisphère nord l’Ophiuchus, également connue sous le nom d’origine latine de Serpentaire, traversée par le Soleil du 29 novembre au 18 décembre. Elle se situe entre le Scorpion à l’ouest et le Sagittaire à l’est. Ophiuchus (le Serpentaire, le porteur de Serpents) est un médecin qui n’est absolument pas maléfique contrairement au Scorpion. Il symbolise la médecine et la science. Son venin est un anti-poison. Il protège également le Roi. Le serpent représente en fait l’inconscient humain, ce qui explique le culte du secret, cœur même du fonctionnement des sociétés secrètes et, plus globalement, des structures appartenant aux lignées des « élites » dont les membres au plus haut niveau doivent obligatoirement appartenir à la lignée des descendants de EA/Enki, le créateur de l’homme selon le mythe sumérien, mais soumis à l’influence de son frère tyrannique Enlil. Il est la treizième constellation du zodiaque, cachée à la connaissance de l’homme « vulgaire », car non initié. C’est la raison de la symbolique mystérieuse et source de fantasmes du chiffre 13, qui à l’instar de l’Arcane 13 du Tarot, peut être source de destruction (la « mort » de son union à son Soi supérieur, l’Esprit universel) ou de régénération salutaire (la mort du petit Moi, l’égo–mental). Selon la voie que l’être humain choisit lors de son parcours terrestre – résonance en mode « Service de Soi » ou « Service d’Autrui » –, il lui ouvre le chemin de son ascension de conscience, préparatoire à un changement de dimension de réalité, ou celui de son esclavage à la matière, prisonnier des boucles du temps (la roue karmique de Samsara) dans la Matrice de souffrance.

Dans certaines représentations, le Scorpion semble menacer de piquer le Serpentaire dans le pied. Cette disposition, souvent prise comme symbolique dans la littérature, a été inversée par les falsificateurs bibliques et mise en relation avec les mots prononcés par Dieu sur le serpent dans le jardin d’Éden (Genèse 3:15). C’est ainsi que dans le mythe biblique explicatif de la Création, « […] le grand dragon, le serpent ancien, appelé le Diable et Satan, qui séduit le monde, fut précipité en la terre, et ses Anges furent précipités avec lui ». [Apoc. 12:9]. L’archétype serpent et ses autres dérivés, tel le dragon, sont ainsi depuis associés de manière manipulatoire au démon, le diable, celui qui divise.

Le culte du serpent en Afrique occidentale et méridionale

Depuis les temps les plus reculés, le peuple noir d’Afrique rend au serpent des cultes divers dont ses membres ne sont pas encore affranchis. Ainsi les Dinkas, dans l’Afrique centrale, recueillent et soignent comme des parents certains serpents souvent fort bien apprivoisés, notamment les pythons. Ils voient en eux des êtres surnaturels vivant en ce monde, et en qui se sont transformés les esprits de leurs aïeux défunts, croyance qui existait aussi, quelque peu différente, chez les anciens Égyptiens *.

On retrouve des idées analogues, et parfois un culte qui exigeait, récemment encore, de sanglants sacrifices, dans le haut bassin du Zambèze, dans celui du Chari, aux Monts de la Lune, dans la vallée moyenne du Niger. Au Dahomey, actuel Bénin, les missionnaires se plaignaient de la place prépondérante que le serpent occupe dans la religion et le fétichisme des noirs, et de la crainte révérencielle dont il est honoré par eux : ils se prosternent devant ces reptiles comme devant des dieux intelligents et dangereux qu’ils n’aiment pas mais qu’ils redoutent. Les documents produits à l’Exposition Coloniale de 1931 ont confirmé ces données ethnologiques.

* Cf. André Demaison, « Les rois du Dahomey ».


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yogaesoteric
12 mars 2019

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